La Comedie du Monarque.
Les personnages.
- Le Monarque.
- Pasiphile flateur.
- Bon zele, precepteur du Monarque.
- Sappho, femme impudique.
- Bacchus.
- Verité.
- Atropos.
Virgilius.
Ut Venus enervat vires, sic copia vini,
Uno nanque modo vina, Venúsque nocent.
Le Prologue.
Nobles Esprits, qui apprestez l'aureille
Pour escouter, n'ayez ce jugement
Que nostre voix à cela s'appareille
Pour detracter et mesdire asprement.
La Comedie orrez tant seulement
Introduisant un Monarque honorable,
Qui delaissant le vray enseignement,
Premierement suyt volupté damnable.
Puis ayant peur de la Mort redoubtable,
Il se repant de son forfaict inique,
Se chastiant de Bacchus détestable,
Et des liens de l'amour impudique.
Le tout est fainct par sens allegorique
Ou vous prendrez plaisir (comme je croy)
Donc faictes tous silence pacifique,
Car commencer veult le Monarque et Roy.
Le Monarque commence.
Graces je rends au divin Createur
Qui tant d'honeurs me mect en evidence,
Et qui me rend Prince dominateur,
Ayant de biens copieuse abondance.
Sur tout cela je prise la prudence
De l'enseigneur dont j'ay fruition,
Car c'est Bon zele, homme plein d'excellence
Predestiné à mon instruction.
O Pasiphile, à ma conception
Soys ententif, appelle moy Bon zele
Mon precepteur, plein de perfection
Qui jour en jour sciences me revele.
Pasiphile.
Roy souverain, vostre servant fidele
Je fus, je suis, seray durablement,
Puis qu'il vous plaist que Bon zele j'appelle,
J'accompliray vostre commandement.
Bon zele.
Je voy venir vers moy presentement
Ce grand mocqueur, et flateur Pasiphile,
O que mon Prince est veritablement
Bien abusé de cest homme inutile?
Voyla le cours de ce Monde labile,
Flateurs tousjours sont aymez à la Court,
Et sont prisez plus qu'un conseil utile,
Que y feroit on? cest le Regne qui court.
Pasiphile.
Je voy Bon zele, aller vers luy tout court
Il me convient selon mon entreprise,
Il ne me chaut déstre subtil ou lourd
En mettant fin à ma charge entreprise.
Seigneur Bon zele, en Scavoir que lon prise,
Ce Prince grand dont estes precepteur,
Veult que par vous ores peine soit prise
D'aller vers luy, comme son instructeur.
Bon zele.
Le Souverain, celeste Redempteur
Vueille garder ce Prince debonnaire
De tous ennuys de ce Monde menteur,
Son servant suis, en tout luy veux complaire,
Allons vers luy, voicy l'heure ordinaire
Que j'ay apris de luy faire lecon.
Pasiphile.
Il ne m'en chaut, mais que je puisse faire
Un bon repas, oyant des plats le son.
Bon zele.
Il te souvient tousjours de ta chanson,
Du ventre plein tu fais ton Dieu et maistre,
Garde tu n'as d'engendrer marrisson
Quand trouveras bien à boire et repaistre.
Pasiphile.
Allons, allons, je voudroys desja estre
En la maison du Prince mon Seigneur,
Si Dieu m'eust faict un Riche Prince naistre,
J'aymeroys mieux le repas que l'honeur.
Le Monarque.
Voicy mon bon et fidele enseigneur,
Prester me fault l'aureille, pour l'entendre,
Car je ne scay plus sage gouverneur,
Pour la grandeur de ma noblesse aprendre.
Bon zele.
Prince d'honeur, que je desire rendre
De plus en plus exorné de Scavoir,
Dieu vous maintienne en santé pour comprendre.
Les grands vertus que doibt un Prince avoir.
Le Monarque.
Foy de Monarque, aise suis de vous voir,
Bon zele sage, honeste, et bien apris,
Car jour en jour je desire scavoir
Les biens, qui sont en grand vertu compris.
Bon zele.
Escoutez donc O Prince de hault pris,
Car à un Roy utile est la science.
Le Monarque.
Or poursuivez, comme avez entrepris,
Car des vertus me plaist l'experience.
Bon zele.
Je vous ay mis tousjours en apparence
Ceste excellente et divine vertu,
Dont un Monarque et Prince d'excellence
Doibt en tout temps avoir l'Esprit vestu,
C'est à scavoir que vice combatu,
Il se maintienne en droicture et justice,
Honeurs mondains ne prisant un festu
S'il n'ha en soy de vertu l'exercice.
Car la vertu est le moyen propice
Que les grands Roys augmentent leur pouvoir,
La vertu est des Richesses tutrice
Et des grands liens, qu'un Prince peut avoir.
Vous debvez donc de vertu vous pourvoir,
Qui le renom des Princes éternise,
A celle fin qu'on puisse appercevoir
Que le Seigneur du Ciel vous favorise.
Tous voz majeurs lesquelz on loue et prise,
Par les Escrits de sage antiquité,
Suyvoient vertu par sapience aprise,
Chassoyent le tort, ambrassoyent équité.
Ilz ont vescu en magnanimité;
Dont jusqu'icy en florist la memoire,
Ne voulez vous en mesme dignité
Aux successeurs espandre vostre gloire?
Le Monarque.
Vostre raison est clairement notoire,
Car mes majeurs sont en bruict florissant,
Leur corps est mort en ce bas Territoire,
Mais leur renom n'est pas déperissant.
Donc à voz dicts veux estre obeissant,
Pour ambrasser la vertu et l'ensuivre,
Si le plaisir est tel du Toutpuissant,
Avec vertu je veux mourir et vivre.
Bon zele.
De tout ennuy mon cueur est à delivre
Quand je vous voy en ceste voulonté,
Mais gardez vous de Bacchus, qui enyvre
Les sens humains, tant il est deshonté.
Jadis il à maint grand Roy surmonté,
En le rendant à tous vituperable.
Gardez vous donc destre pris et dompté
Par ce Bacchus seducteur execrable.
Fuyez aussi de Vénus détestable
Les fols attraicts, et soyez bien records
Que Vénus est bien autant dommageable
Que ce Bacchus, à la vigueur du corps.
Fuyez les deux, car par unis accords
Ils sont nuisans à toute creature,
Mesme à un Roy, qui loing de tous discords
Doibt estre chaste et sobre par droicture.
Puis vous avez Espouse chaste et pure
Pour enfans beaux et nobles d'elle avoir,
Sans vostre lict contaminer d'ordure,
Ne Concubine infame recevoir.
D'un Prince grand voyla le vray debvoir
Dieu à voulu que la cure je prinse
De vous instruire, et faire concevoir
Ce qui convient au magnanime Prince.
Le Monarque.
Bien heureux suis d'avoir en ma Province,
Un tel conseil, pour bien me gouverner,
Veu que je suis d'auctorité non mince,
Il me convient en prudence regner.
Amy Bon zele il fault vous guerdonner
Long temps y a qu'estes à mon service.
Sur ceux le chef je vous veux ordonner
Qui ont de moy charge, estat, et office.
Bon zele.
Graces vous ren de ce vouloir propice
Prince trescher, que j'honore humblement,
Dieu m'a pourveu d'un fort grand benefice
Que j'ay tousjours de peu contentement.
Si vous vivez fort vertueusement
En ensuivant mon conseil veritable,
Je ne demande à Dieu tant seulement
Que mon conseil vous soit bien proffitable.
Sappho.
Au Monde est il chose plus delectable
Que d'exercer le plaisir de Venus,
Plaisir si grand, si doux, et amiable,
Dont maints amants heureux sont devenus?
Je croy que non, car si bien sont cognus
Tous les plaisirs de la flame amoureuse,
De moy Sappho propos seront tenus
Comme de femme excellente et heureuse.
Fy de beauté qui est trop langoureuse,
En chasteté prenant tousjours son pli,
Follastre amour est bien plus savoureuse,
Quand doucement son oeuvre est accompli.
Vous amoureux, voyez, je vous suppli,
Ma grand beauté qui de graces abonde,
Roy n'est vivant, de chasteté rempli,
Qui me voyant, à m'aymer ne se fonde.
Aymer je veux un Monarque en ce Monde,
Pour m'enrichir de ses biens precieux,
S'il m'appercoit tant belle, exquise et monde,
En contemplant la grace de mes yeux,
En admirant mon maintien gracieux,
Mon doux parler, jestime sans doubtance,
Qu'il n'aura rien plus cher dessoubs les Cieux
Que de Sappho l'amoureuse acointance.
Parquoy convient que vers luy je m'avance
Pour l'aveugler de ma mondanité,
Bien, qu'il soit sage et remply de constance,
Bien qu'il ait maistre, ou gist maturité
Pour estre instruict, voire si verité
Vient en personne à luy monstrer sa voye,
Il ne sera pour moy moins incité,
Pourveu que tant gracieuse il me voye.
Bacchus.
J'ay en mon cueur tousjours soulas et joye
Quand pres de moy j'ay les frians morceaux,
Il ne me chaut de pluye, mais que j'oye
Que tousjours pleins de vin sont mes vaisseaux
Boire d'autant, remplir Flaccons et Ceaux,
Manger jambons, avaller chair sallee,
Et m'engresser comme sont les Porceaux,
Voyla comment ma vie est consolee,
Si voyt on bien ma louange extollee
Quand je produy l'excellente liqueur
De ce Nectar, liqueur emmiellee,
Liqueur de vin resjouissant le cueur.
Si me croyez estre quelque mocqueur,
Vous vous trompez, regardez moy en face,
Je suis Bacchus, il n'ha au Monde qu'heur,
Qui comme moy de boire ne se lasse.
Je suis Bacchus, la tant antique race
De Juppiter, je suis le gros Bacchus,
Bons biberons me suivent à la trace,
Je fay venir la guerre entre bas culs.
On ne verroit, sans moy, tant de cocus
Autres que ceux qui sont sur la Ramee,
A bref parler, par moy furent vaincus
Jadis maints Roys d'auctorité famee.
Mais que me sert ma haulte Renommee,
Si je ne mects à execution
Ma grand puissance en tous lieux Renommee
Sur quelque Roy de grand possession?
Or j'en scay un par admiration
Riche, excellant, de sublime pouvoir,
D'aller vers luy c'est mon intention,
Je luy feray ma puissance scavoir.
Sappho.
Comme je puis assez appercevoir
Je suis bien pres du Monarque honorable,
Je m'y en voys, je commence à le voir,
O combien m'est sa personne agreable?
Pasiphile.
Sire, voicy quelque dame louable,
Qui vient devers vostre magnificence,
Sa beauté est grande et imcomparable,
Je croy qu'elle est d'une noble naissance.
Sappho en saluant le Monarque.
Vostre Renom est de telle puissance
Prince d'honeur, que pour vous honorer,
Je vien vers vous, car j'ay la cognoissance
Qu'a tous Humains je vous doy preferer.
Et n'ay desir sinon de demourer
Avecques vous, de voz graces ravie,
Car je vous veux de ce bien asseurer
Que d'autre aymer je n'ay aucune envie.
Vostre grandeur à cela me convie,
Vous, de ma part aurez contentement,
Vostre seray le surplus, de ma vie.
Pour vous donner plaisir, esbatement,
Pour vous donner le vray soulagement
Que m'a apris la belle Cytheree,
Qui ambrassoit Adonis doucement
Quand avec luy elle estoit retiree.
Le Monarque.
Je ne scay pas qui vous à attiree
D'ainsi m'offrir vostre amitié honeste,
Mais ma pensee est allieurs retiree,
Vostre beauté toutefois m'admoneste.
Ah je cognoys ceste amour deshoneste
Estant l'Espoux de Royne de hault pris,
Puis par Bon zele homme de vertu nette,
Et selon Dieu j'en seroys fort repris.
Sappho.
Excellent Prince avez vous entrepris
D'obtemperer à instructeur moins sage
Que vous, en qui grand pouvoir est compris
Pour obtenir de voz plaisirs l'usage?
Prince changez cest endurcy courage,
Car vous pouvez vivre à vostre desir,
Laissez aux sots des vertus le presage,
Il n'est vertu que vivre à son plaisir.
Quand vous, verrez mes graces à loisir,
Et que seray entre voz bras couchee,
Si vous aviez au cueur tout desplaisir,
Plus ne sera vostre grandeur faschee,
Quand vostre levre aux deux miennes fichee
Prendra de moy un baiser savoureux,
Et que par vous sera ma chair touchee,
Sans fin de moy vous serez amoureux.
Regardez donc, Monarque vigoureux
A ne laisser telle resjouissance,
Qui vous rendra des Roys le plus heureux
Quand de Sappho vous aurez jouissance.
Le Monarque.
Sappho, bien fort me plaist la cognoissance
De vostre nom, je suis en grand esmoy,
Que doy je faire? Amour ha grand puissance,
Faictes sejour ce pendant avec moy.
O Pasiphile, apertement je voy
Que ton propos estoit fort veritable,
Ceste dame est tant belle, que je croy
Qu'il me faudra aymer sa grace aymable.
Pasiphile.
Prince excellant, Monarque inestimable,
Nul ne vous peut contredire en ce faict,
Vous ne serez pour ce moins redoubtable
Quand à voz veux vous aurez satisfaict.
Le Monarque.
Son doux maintien en cent graces perfaict,
Son entretien, sa tant douce parole,
Son beau visage, exquis, et tant bien faict,
Tout cela faict que mon cueur se console.
De grand soulas, certes, le cueur me vole
Quand je la voy tant pleine de beauté,
Et ce qui plus encor mon cueur affolle,
C'est sa naive et douce privauté.
Vaincu je suis de sa speciauté,
Deliberant l'aymer, et luy complaire,
Et l'enrichir soubs ma grand Royauté,
Bien que cela soit aux vertus contraire.
Bacchus.
Je voy le lieu ou je me doy retraire,
C'est vers ce Prince en Richesse excellant,
Je m'y en voys pour tost à moy l'attraire,
Il me fault estre en cela vigilant.
Pasiphile.
Sire, je voy homme, qui en pas lent
Vient saluer vostre Majesté haulte,
Il ha le nez rouge et estincellant,
O c'est Bacchus, il n'y à point de faulte,
De grand soulas, certes, le cueur me saulte,
Car je le voy garny de la Bouteille
Et de Jambon, o la personne caute,
C'est pour la soif qui souvent le resveille.
Bacchus en saluant le Monarque.
Prince, duquel la grandeur m'esmerveille,
A autre fin vers vous ne suis venu,
Que pour compter la force nompareille
Qui est en moy, quand bien m'aurez cognu.
Le Monarque.
Hé, qui es tu? je te tien incognu,
Je ne vy onc une si large face.
Dy moy ton nom, et ou tu t'es tenu,
Car ton regard n'est de mauvaise grace
Bacchus.
Mon nom est grand, et de grand efficace,
Je suis Bacchus en tous lieux Renommé,
Aux plus crainctifs donnant force, et audace,
Le Dieu Bacchus des anciens nommé
Par tout je suis, par tout suis estimé:
Par ma liqueur doucement violente,
Car qui en boyt, soubdain est assommé,
De doux sommeil qui à luy se presente.
Pasiphile.
Voyla mon cas, voyla ma vraye attente,
Je suis des tiens, o Bacchus mon amy,
Car il n'y à rien qui plus me contente
Que d'estre saoul, et puis bien endormy,
Puis destre fort contre mon ennemy,
Batre, frapper, (o plaisant exercice)
Boire d'autant, et non point à demy,
Vivre et mourir je veux soubs ton service.
Bacchus.
Monarque enten, les Roys ont soubs ma lice
Vescu jadis, ce grand Roy Alexandre
De mon pouvoir à receu la notice
Quand je l'ay faict à moy subject se rendre.
De Loth aussi un chascun peut entendre
Aux Escrits saincts, que ma main luy livra
Ce doux Nectar ou vous debvez pretendre,
Car ce bon Loth doucement s'enyvra.
Bref à jamais mon hault renom vivra,
Grands et petis ont de moy cognoissance,
En tous endroicts un chascun me suivra,
De ma liqueur cognoissant la puissance:
Puis ta Sappho ayme mon alliance,
Car sans Bacchus et Ceres, (comme on dict)
Froyde est Vénus en sa resjouissance,
Voyla comment j'ay vers elle credit.
Le Monarque.
Ce tien bruvage (ainsi que m'as predict)
Est il si doux, que Sommeil il procure?
Sil est ainsi, je veux sans contredict
En boyre un peu.
Bacchus.
Cher Prince, je vous jure
Qu'il est plus doux que miel, oultre mesure,
Et pour cela esprouver promptement,
Tenez, buvez, de ce je vous asseure
Que dormirez en grand contentement.
Le Monarque bura plusieurs fois, puis dira en se couchant sur un lict.
O doux bruvage, O doux allegement,
Succre ne Miel ne semblent rien au pris,
O doux Nectar, O doux soulagement?
Douce liqueur donnant joye aux Espris?
Certainement de sommeil suis espris,
Vien Pasiphile, appareille ma Couche,
Si que par moy soudain repos soit pris
Faire ne puis que tost je ne me couche.
Bacchus.
C'est faict, il n'est homme aucun si farouche
Qui endormi ne soit de mon bruvage,
Bruvage fort, qui jusques au cueur touche
Et rend subject ce Roy, grand personnage.
Jugez, mortels, si je porte dommage,
Ou bien proffit, au corps de tous Humains,
En voulez vous plus certain tesmoignage
Que d'un Monarque endormi par mes mains?
Je suis utile et nuisant en lieux maints,
Utile à ceux qui selon suffisance
De ma liqueur usent, aux inhumains,
Nuisant je suis par leur intemperance,
Ce Roy n'a sceu user de temperance,
En prenant trop du bruvage ordonné,
Voyla pourquoy il se sent à outrance
De ma liqueur, qui l'a tout estonné.
Verité.
Ce Redempteur de vierge mere né,
Seul toutpuissant, celeste, veritable,
Pour les Humains en croix passionné,
Ayme celluy qui n'est point decevable,
Et un chacun luy sera agreable,
Qui sera plein de paix et charité,
C'est luy qui est mon pere charitable,
Sa fille suis, qu'on nomme Verité.
Envers les bons j'ay grand auctorité,
Le cueur desquelz en erreur ne se plonge,
Mais les remplis d'erreur et vanité,
Sont mes haineux, comme pleins de mensonge,
Comme ambrassans idolastrie et songe,
Comme suivans toute deception,
Mais des parfaicts l'esprit à rien ne songe
Qu'à honorer ma grand perfection.
Aux vertueux j'ay ma dilection,
Voire aux meschans (s'ils laissent leur fallace)
Je porteray fidele affection,
Les retenant en mon amour et grace.
Et pourautant il me fault pourvoir à ce
Que ce Monarque endormi par ses vices,
Chasse Bacchus, et Sappho, dont la face
Trop belle, l'a aveuglé de delices.
Aller luy veux remonstrer ses malices
Par saincts, divins, salutaires propos,
Et luy donner enseignemens propices,
Pour desormais le rendre plus dispos,
Il dort, il prent un excessif repos
Qui à son ame et corps fera nuisance
Si corrigé par crainte d'Atropos,
Il ne revient en sa force et puissance.
Bon zele.
Voyci le temps ou fault que je m'avance
Vers mon Seigneur le Prince, pour le voir,
Et humblement luy faire reverance
Pour luy monstrer quelque utile scavoir:
Mais je crains fort que pour le decevoir,
Par devers luy Bacchus sa voye applique,
Ou bien qu'il vueille avec soy recevoir
Quelque Lais, ou Sappho impudique.
Je voy venir le flateur lunatique
De mon Seigneur, Pasiphile, ou vas tu?
Pasiphile.
Je vien vers vous, Docteur scientifique.
Bon zele.
Que faict mon Prince amoureux de vertu?
Est il tousjours de santé revestu?
Dy moy comment sa majesté se porte.
Pasiphile.
Bien mal, Bacchus l'a si fort abatu
Que ne l'ay veu onc dormir de la sorte.
Et ce qui plus encores le transporte,
C'est que Venus le retient en ses laqs:
Car chasteté dedans son cueur est morte
Pour sa Sappho, qui est tout son soulas.
Bon zele.
Ce que j'ay crainct, est advenu, helas
Rien ne luy a servi ma remonstrance
Il a esté bien soudainement las
De se tenir en sobre temperance.
Allons vers luy en prompte diligence,
Pour luy monstrer combien il a forfaict,
A celle fin que pure repentance
Dedans son cueur obtienne quelque effaict.
Le Monarque en s'esveillant, et se regardant en un Miroir.
O que je suis triste, palle et deffaict
D'avoir dormi tant excessivement?
O qu'à Bacchus j'ay par trop satisfaict
De trop complaire à son enseignement.
Pour plaisir court, je recoy long torment,
Et grand douleur, car il fault que je die
Que des le jour de mon couronnement
Vexé ne fus de telle maladie.
Je perds le sens, j'ay la teste estourdie,
Je ne senti oncques telle douleur,
Et ma poictrine est si fort réfroidie,
Qu'en moy je n'ay naturelle chaleur.
Bon zele.
Ah mon Seigneur, Prince de grand valeur,
Je suis marri de vostre adversité,
Bacchus vous a causé ce grand malheur,
Venus aussi vous a debilité.
Laissé avez vostre tranquillité,
Et le moyen ou vous teniez mesure,
Voila pourquoy fault par necessité
Que vostre corps griefvement en endure.
Et toutefois il fault que l'on procure
Vostre vigueur, et premiere santé,
Qui se fera, si de Sappho impure,
Et de Bacchus voulez estre exempté.
Le Monarque.
N'en parlez plus, je suis trop tormenté,
Sappho me plaist, quant à Bacchus infame,
Je n'en veux plus, qu'il soit tost absenté
De ma maison, car trop il me diffame.
Pasiphile.
Voila Bacchus dechassé, sur mon ame,
Adieu Bacchus, o dur departement?
Bacchus s'en va que par tout on reclame,
Avec lequel je buvois largement,
De gras jambons je perds l'allegement
Pour carreller mon ventre, et bien repaistre,
Il m'en desplaist, mais je voy clairement
Qu'un chacun doit obeir à son maistre.
Bon zele.
Prince d'honeur, puis qu'avez, peu cognoistre
Combien Bacchus vous est pernicieux,
Aussi debvez hors vostre maison mettre
Ceste Sappho de cueur tant vicieux.
Le Monarque.
N'en parlez plus, c'est mon bien precieux,
Je ne la puis effacer d'oubliance,
Tant que seray vivant dessous les Cieux,
J'auray tousjours Sappho en souvenance.
Verité.
Je voy la Court du Prince d'excellance
Dont Sappho a sceu le cueur penetrer,
Il me convient luy faire reverance,
Puis doucement sa faute luy monstrer.
Bon zele.
O combien j'ay d'heur à te rencontrer
O Verité, de Dieu l'humble pucelle?
Je te supply avecques moy entrer
Chez mon Seigneur, que Monarque on appelle.
A mon conseil il n'a esté rebelle
D'avoir chassé Bacchus de sa maison:
Mais sa Sappho impudiquement belle
Chasser ne veult par aucune raison.
O verité, il est heure et saison
Que ton conseil luy oste l'amour folle,
Qui son corps blesse, et sans comparaison
Son noble esprit plus tormente et affolle.
Verité.
Allons vers luy, veritable parole
Aucunefois à l'homme est proffitable,
Verité suis qui tout homme console
Quand il requiert secours medicinable.
Bon zele en presentant Verité au Monarque.
Puis que de moy, O Prince venerable,
Ne vous a pleu le conseil d'equité,
A tout le moins, comme Roy raisonnable,
Prestez l'aureille à dame Verité.
Verité.
Prince qui es en grand auctorité,
Enten à moy, je suis du Ciel venue
Par le vouloir de la benignité
Du Toutpuissant, qui m'a chere tenue.
Le Monarque.
Je suis troublé, que me sert ta venue,
Fors d'augmenter mon ennuy et tourment?
Verité.
O Roy, quand bien par toy seray cognue,
Tu en auras un grand emolument.
Le Monarque.
Je t'entendray, parle donc promptement,
Mais que Sappho de moy point ne s'absente.
J'obeiray à ton enseignement,
Car par Sappho ma pensee est contente.
Verité.
Las, je cognois qu'esprit malin te tente,
O Prince enten ce que tu dois scavoir,
Le cours n'est rien de la vie presente,
On doibt plus hault son esperance avoir.
Dieu t'a voulu d'un grand Regne pourvoir,
Premierement pour exercer droicture,
Puis pour tousjours chasteté recevoir
Avec ta femme honeste, chaste, et pure.
Ne scais tu pas que par sa forfaicture
Le Roy David fut blasmé aigrement
Par l'Ange sainct, et que pour telle ordure
La peste occist son peuple abondamment?
Prince aveuglé, croy moy certainement
Qu'hommes tachez de soillure impudique,
N'auront les Cieux, ou perdurablement
Doibt vivre l'homme ayant esté pudique.
Veux tu laisser ce thresor magnifique
Des Cieux hautains, qui à ceux est promis
Dont le desir à chasteté s'applique
Dessoubs les piedz ayant tout vice mis?
Change conseil, sois en vertu remis
Suyvant les dicts de ton maistre Bon zele,
Qui a esté pour t'instruire commis
Pour aspirer à la vie eternelle.
Si à cela qu'ores je te revele
Tu es contraire et desobeissant,
Tu souffriras punition cruelle
Lors que ton corps sera deperissant.
Le Monarque.
Tant que seray de santé jouissant,
Sappho tousjours me sera acceptable,
J'entretiendray son estat florissant
Je la feray grand dame et honorable.
C'est mon arrest et propos immuable,
Deporte toy doncques o Verité,
Ton conseil est sainctement equitable:
Mais j'ay le cueur au contraire incité.
Verité.
O des Humains la grand temerité,
Ce Roy cognoist sa detestable offense,
Et toutefois par grand austerité
Il ne veult point venir à repentence.
O qu'il y a maint homme qui offense
En cest endroict, ses pechez cognoissant,
Et toutefois il faict perseverance
En ses pechez, et va Dieu offensant.
Bon zele.
Prince d'honeur: d'auctorité puissant,
Adjoustez foy à ceste vierge saincte,
C'est Verité, d'elle rien n'est yssant
Qui ne soit bon, de fraude elle n'est ceincte
Toute malice en son cueur est estaincte,
Gardez vous bien que pour ne consentir
A son conseil, ou gist vertu non faincte,
Vous ne veniez troz tard au repentir.
Le Monarque.
Vous perdez temps, pour vous en advertir,
Sappho me plaist, c'est ma resjouissannce,
Mon cueur ne peut d'elle se departir,
Elle sera avec moy demourance.
Verité.
Puis que je voy sa rebelle ignorance
Continuer en son premier propos,
Il est besoing que mon chemin j'avance
Vers la cruelle et hydeuse Atropos.
Je m'y en voys, d'un courage dispos
Pour la prier, (pource qu'elle est terrible)
Venir troubler du Prince le repos
Avec son chef serpentin, et horrible.
Puis qu'il n'a creu à bon zele, paisible,
N'a moy qui suis Verité de hault pris,
Il recevra une craincte indicible
Par Atropos qui faict peur aux Esprits.
Atropos ayant cheveux serpentins.
Tant de fureur en mon cueur est compris
Qu'a tous Humains je suis espouventable,
Il n'y a Prince ou Roy si bien apris,
Qui me voyant, ne soit foible, et peu stable,
Atropos suis, Chimere detestable,
Chacun me crainct, et non pas à grand tort,
Car quand je veux, suis si peu pitoyable,
Que du vivant je pourchasse la Mort.
Aux uns soulas, aux uns suis desconfort,
Soulas à ceux, qui ensuivent prudence,
Et desconfort à ceux qui n'ont cueur fort
Pour en vertu faire leur residence.
Ainsi les uns craignent ma violence,
Quand en leurs cueurs la vertu n'est emprainte,
Les autres ont en Dieu tant de fiance,
Que de la Mort ils n'ont aucune craincte.
Aux uns je suis utilité non faincte
Quand je les fay ayans la foy mourir,
Car Dieu alors par sa clemence saincte
Maugré mon vueil les faict aux Cieux florir.
Aux autres suis nuisante, quand perir
Je les contrains avecques leur ordure,
Trop endurcis, ne voulans acquerir
Contrition, ne vie saincte et pure.
Ainsi aux bons je fay plaisir qui dure,
Et aux mauvais, perpetuel tourment.
Qui voudra donc ne me trouver trop dure,
Au Monde bas doibt vivre sagement,
Sans se fier à son seul jugement:
Mais en croyant au conseil veritable
Qui vivre faict l'Ame éternellement
Aux lieux, ou Dieu recoit l'homme équitable.
Verité.
J'approche fort d'Atropos l'execrable,
Prier la fault de venir avec moy,
Pour de propos severe, et raisonnable
Espouventer ce miserable Roy.
Il en aura craincte, comme je croy,
Car Mort à tous donne craincte certaine,
Or il est temps de parler, car je voy
En son sejour la Chimere villaine.
Atropos.
Je mesbahis dont verité hautaine
Vient en ce lieu de Serpens tout rempli,
De son vouloir je suis toute incertaine,
Ne quel il est, ni ou il prent son pli.
Verité.
O Atropos, parle je te suppli,
Ne veux tu pas quelque plaisir me faire?
S'il est par toy promptement accompli,
Je m'emploiray à bien te satisfaire.
Atropos.
Preste je suis pour en tout te complaire,
Fille de Dieu, qui ne mens nullement,
Descouvre moy la fin de ton affaire,
J'obeiray à ton commandement.
Verité.
Avecques moy il fault presentement
Que viennes voir en ton horrible face
Un Prince grand troublé recentement,
Et que ta voix terrible peur luy face.
Atropos.
Je le veux bien, pour acquerir ta grace,
Marche devant, tu me passes d'honeur,
Je te suivray lentement à la trace
Jusqu'au Palais de ce riche Seigneur.
Verité.
Le tout puissant, unique gouverneur
Qui est aux siens piteux et debonnaire,
Vueille donner au Prince si bon heur,
Que de Sappho il se puisse deffaire.
Bon zele.
O qu'il me doit bien griefvement desplaire
De n'avoir sceu reduire aucunement
Ce Prince grand, ne son desir distraire
De folle amour, par mon enseignement?
Que verité n'a peu semblablement
Le convertir à juste penitence.
Si ay je espoir en Dieu fidelement
Qu'il perviendra au fruict de repentence.
Car le Seigneur plein de haulte clemence
Ha des pecheurs souventefois mercy,
Je le supply que sa bonté immense
En face autant de ce Monarque ici.
Las, son erreur me mect en grand souci,
O Toutpuissant par ta misericorde,
Ren de ce Roy le cueur plus adouci,
A celle fin qu'à ton vueil il accorde.
Atropos en parlant au Monarque.
Pense Monarque à la conscience orde
Qui tient ton ame en grand captivité,
Regarde moy, et ores te recorde
De ton forfaict conceu d'iniquité,
Tu as suivi prudence et equité
Bien longuement, mais la perseverance
N'a ensuivi ce moyen limité,
Car en erreur tu fais ta demourance.
En bref mourras, recoy ceste asseurance
Non en perdant le corps tant seulement,
Mais l'ame aussi en extresme souffrance
Qui durera perpetuellement.
Le Monarque.
O Dieu que j'ay en moy grand tremblement
De ceste voix, et vision mortelle?
Approchez vous de moy soudainement
Mon enseigneur et vray ami, Bon zele.
Je ne receu onc une craincte telle,
Las, c'est la Mort, O laide vision?
O face horrible, execrable et cruelle?
Mon cueur recoit humble contrition.
Je recognois mon imperfection,
Je recognois ma rebelle imprudence,
O Toutpuissant plein de perfection
Tu m'as produict ma coulpe en evidence.
Plus avec moy ne fera residence
Ceste Sappho, qui m'a faict tresbucher,
Preferer veux honeste continence
Aux fols souhaicts et plaisirs de la chair.
Doncques mon Dieu, dont le nom je tien cher,
Je te suppli par ta misericorde
Me pardonner, et me faire approcher
De chasteté, de paix, et de concorde.
Quant à Sappho, à present je m'accorde
Qu'on la dechasse ainsi qu'il est raison,
Car je ne veux que soillure si orde
Denigre plus ma Royalle maison.
O Dieu qui m'as en idoyne saison
Faict recognoistre et ma faulte et mon vice,
Graces te ren, et par humble oraison
Je te suppli d'oublier ma malice.
Ren moy constant en ta saincte justice
A l'entretien de paix et charité,
Graces vous ren O Bon zele, propice,
A vous aussi ma dame Verité.
Bon zele.
Prince excellant en haute auctorité,
Dieu soit loué de son sainct benefice,
Dont vostre sens loing de temerité
A recognu son charnel malefice.
Du Tout puissant la saincte main tutrice
En grand santé vous vueille maintenir,
Tant que vivray, j'emploiray mon office
Pour vostre honeur garder et soustenir.
Verité.
Prince, pour donc vray salut obtenir,
Chassez Sappho, comme chose damnable,
Plus desormais ne fault la retenir,
Car devant Dieu elle est abominable.
Le Monarque.
Ainsi me plaist, Pasiphile amiable,
Mets la dehors de mon Palais Royal,
Vivre je veux au lien honorable
De mariage, ainsi qu'Espoux loyal.
Pasiphile.
Ca dame, ca, le vueil imperial
M'a commandé hors ce Palais vous mettre,
Sortez deshors, cherchez lict nuptial,
Sans plus d'amour folle vous entremettre.
Sappho.
O qui est cil qui t'a voulu permettre
D'ainsi chasser une dame d'honeur?
Plaindre m'en voys au Monarque ton maistre
Qui de ses biens m'est liberal donneur.
Bon zele en poussant Sappho.
Dehors, dehors, ce n'est que deshoneur
De vostre faict, le Prince venerable
Plus ne vous quiert, car ce n'est pas bon heur
D'entretenir femme vituperable.
Sappho en s'en allant hors de la Court du Monarque.
Las, que je suis dolente et miserable,
J'ay bien perdu ma joye et mes esbas,
O que tu es, fortune, variable
De mettre ainsi tous mes honeurs au bas.
Fortune aveugle à bon droict tu me bas,
Car j'ay de moy eu trop de confidence
Par ma beauté qui durable n'est pas,
Mais s'en ira bien tost en decadence.
Tout mon plaisir n'estoit qu'outrecuidance,
En fardement, en diverse dorure,
En vanitez d'excessive abondance,
En jeux, en ris, en prodigue parure.
De jour et nuict je n'avoys autre cure
Qu'a me farder par quelque intention,
Pour mieux complaire à mainte creature
Qui à Vénus mect sa dévotion.
Chaste ne fut onc mon affection,
Tousjours m'a pleu folle concupiscence,
Tousjours tendant à ma perdition.
Sans d'un vray Dieu chercher la cognoissance,
Dames d'honeur qui vivez en plaisance,
Consyderez mon infelicité,
De fols plaisirs laissez la jouissance,
Peu durera vostre felicité.
Felicité? c'est plus tost vanité,
Prenez exemple au torment que j'endure,
Je fus jadis en haulte dignité,
Ores je suis en peine griefve et dure.
Plaisir terrien c'est chose qui peu dure,
Honeur mondain subit son cours à pris,
Bref ce n'est rien du Monde qu'une ordure.
Ou encor plus de malheur est compris.
Doncques humains, soyez tant bien apris
De délaisser volupté délectable,
Suivez l'amour qui conjoinct deux Espris
En une chair, à Dieu chose acceptable.
Chastes soyez en ce joug venerable,
Sans, comme moy, ensuivir amour folle,
Lors vous aurez le soulas perdurable,
Qui les Espris divinement console.
Pasiphile.
De grand soulas ores le cueur me vole,
Le Prince est sain tant d'Esprit que du corps
Sappho s'en va, mais dont je me désolé,
C'est de Bacchus, duquel je suis records,
Car luy et moy faisions joyeux accords
Buvans d'autant, o perte nompareille,
Ce n'est qu'esmoy, ce ne sont que discords
De perdre ainsi la sacree Bouteille.
Bon zele.
Fault desormais que vostre Esprit s'esveille
(Roy souverain) en magnanimité,
Et à garder une amytié pareille
A vostre Espouse ayant tant merité.
Vous estes sain, dispos, plein d'equité,
Perseverez en toute temperance,
Et l'Eternel qui hayt iniquité,
Tousjours fera en vous sa demourance.
Le Monarque.
Bon zele, ayez de moy ceste asseurance
Que par l'instinct du Seigneur toutpuissant
Je me tiendray selon vostre esperance
En vertu haulte et honeur florissant,
Point ne seray (Dieu aydant) flechissant,
Car je cognoys que pour au Ciel attaindre,
Et de salut devenir jouissant,
Il fault un Dieu aymer, servir, et craindre.
Verité en concluant.
Conclusion, pour les vices estaindre,
Et pour avoir l'heritage des Cieux,
Craindre il convient l'Eternel, sans se faindre.
Et Atropos mettre devant les yeux,
Comme avez veu par un Roy vicieux
Non amendé du conseil veritable,
Mais seulement du regard furieux
De ceste Mort à tous espoventable.
O Peuple humain qui d'excessive table
Fais ton seul Dieu, pour bien remplir ta pance,
Et dont le cueur du Monde insatiable
Trop enyvré, rien que tout mal ne pense,
Voy que celluy qui bien et mal compense
Te damnera, si desir ne te mord
De demander pardon de ton offense
A Christ, qui faict revivre l'homme mort.
Fin de la Comedie du Monarque.