MONADOLOGIE

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I.—NOTICE

C'est en 1714 que Leibniz composa la Monadologie. Il l'écrivit en français, pendant son dernier séjour à Vienne, pour le prince Eugène de Savoie. Ce prince mit le manuscrit dans une cassette et l'y conserva comme un trésor d'un prix inestimable. «Il garde votre ouvrage, écrivait à Leibniz M. de Bonneval, ami intime du prince, comme les prêtres de Naples gardent le sang de saint Janvier. Il me le fait baiser, puis il le renferme dans sa cassette[319].»

[Note 319: Guhrauer, t. II, p. 286.]

Le texte français de la Monadologie fut publié pour la première fois en 1840, dans l'édition de J. Ed. Erdmann. Kœlher en avait déjà fait une traduction allemande; et Hansche, de Leipzig, une traduction latine, qui parut en 1721 dans les Acta eruditorum, sous ce titre: Principia philosophiæ seu theses in gratiam principis Eugenii conscriptæ.

Comme l'indique ce titre, la Monadologie est un résumé de la philosophie de Leibniz. Mais ce résumé, il est difficile de le bien entendre, si l'on ne connaît pas déjà la doctrine dont il formule les idées principales. Et c'est la raison pour laquelle on a cru devoir commencer par un exposé général de la pensée de l'auteur.

Bien que divisée en propositions numérotées, la Monadologie a un plan assez net, qui comprend quatre parties. Leibniz y parle: 1° de la nature de la Monade et de ses degrés de perfection (1-35); 2° de l'existence et des attributs de Dieu (36-48); 3° de l'univers considéré du point de vue divin (49-83); 4° de la morale (84-90).