CHANT DEUXIÈME.

Lorsqu'un Priape de papier

Dérive avant de dévier,

Il fait l'éloge de géole,

Et se voile d'une viole ;

Il veut verser pour se sevrer,

Trouer la roture et l'outrer ;

Il met ses veines dans Venise,

Sa salive dans sa valise,

La plus jeune dans son enjeu,

Et la plus neuve à son neveu :

Aussi sa grive est-elle givre

Dans un cuvier tout plein de cuivre.

Jusqu'en son verre il veut rêver,

Et dans son verger se gréver ;

Il recule en voyant l'ulcère.

Privée et pris par sa vipère,

Il unit les époux la nuit

Et trop mutin il les munit

D'un alfier qui vole et qui flaire

Pour égaler une galère.

C'est un agent comme un géant ;

Il est ganté comme un étang.

Il veut huer avec sa hure,

A puer elle devient pure ;

De tendre elle ferait denter,

Trop brute elle ferait buter.

L'ilote prendra de la toile

Avec une olive de voile,

S'il rencontre un algérien ;

Il le fera galérien.

De l'alezan la voix nazale

Des faciles fera fiscale ;

Il ira chercher l'alevin

Pour lui tenir lieu de levain.

Le gardien prendra la gradine

Pour aller dans l'Inde où l'on dine ;

S'il fait un diné d'un déni

Par le nitre il sera terni.

Dans Ternate il verra Tarente

Et dans tenter il mettra trente,

La tarte le fera tâter

Et tarer le fera rater.

Mettez une clape à sa place

Le ressac donnera la crasse

Par la ponte ayez le peton

Et par le potin le piton,

Il s'est perdu pour une prude

Dont la mine était dure et rude

Prenant le platré d'un prélat,

D'un lacet vous verrez l'éclat ;

A tarder vous aurez la dartre,

Mais pour tramer prenez la martre.

L'hymne vous donnera l'hymen

Pour chanter l'ange dans Agen.

Avec l'armet on suit la trame

Dans la mare on verra la rame ;

Pour noter avec un tenor

Il lui donne la corne encore.

La brue aura l'habit de bure,

La sueur viendra de l'usure ;

Lorsqu'on est sure un peut suer

Et si l'on ruse il faut user.

Lorsque du porche on sera proche

Le cocher buveur ira croche ;

Caduque puise à l'aqueduc

Pour y trouver le cul de Luc ;

S'il en voit la couleur vermeille,

Il crie : ah! c'est une merveille!

Ici le brave doit baver,

Pour veler il faut se lever,

Car de Minerve la vermine

De saine deviendrait asine :

Si dans le Mein tu vois le mien,

Dans ton sein tu verras le sien.

Lorsque dans la Meuse une truite

Se repait avec la turite ;

Le fiacre aura soin du cafier

D'Hipocrate pot à chier.

Si tu mets la tortue en tourte,

Ne fais pas la croute trop courte ;

La souris puera le roussi,

Le crime nous criera merci.

Si l'on voulait ambrer du marbre

D'une barre on ferait un arbre.

Quoique le lac vous fasse un cal,

Soyez malingre en germinal.

La cigale abonde en Galice,

Avec la cive on a le vice :

Mon dessein est de le claquer

Parce qu'il veut toujours calquer.

Lorsque les ânes sont dans l'anse,

Le nacre peut devenir rance ;

L'ingrat mangera le gratin,

La graine fournit le regain.

Le créateur, la créature ;

Et le graveur et la gravure,

Font que les grains sont bien garnis,

Que par le supin je punis.

Certaine drogue est une gourde

Qu'on veut souder lorsqu'elle est sourde.

Nicodème est comédien

Lorsqu'on veut nier on n'a rien.

Si mon ménage est un manége,

Mon génie ira dans la neige.

Si vous voyez pauvre paveur

Garantissez-lui la vapeur.

Avec de l'encre on fait le cerne

Lorsque l'on entre l'on est terne.

Le bétail est bien établi

Lorsque son poil est bien poli.

Je vous accorde une cocarde,

Prenez-donc le grade du garde.

Pour admirer un madrier,

J'admire le jeu du damier.

L'épicerie et l'épicière

Font un recueil de la culière.

Au carmel on verra Marcel,

Prendre les, pronom, pour du sel.

L'émigré fuit notre régime,

C'est sa manie, elle l'anime.

Un haricot comme un chariot

Porte un trope comme un Perot.

Il est digne d'aller à Gnide,

D'en passer la digue sans guide.

On a beau curer un recru,

Duper la prude, il est perdu.

A ce singe faites-vous signe?

Le linge sera sur la ligne ;

Si le frêne chauffe l'enfer,

Le cancre ira vers le cancer.