A SYLVIE SUR LA MORT DE SA COUSINE D. L.
SONNET.
Beaux yeux ne pleurez plus cette belle cousine,
Qui dans ses premiers jours rencontre son tombeau,
Jamais rien de mortel n'eust un destin si beau
Que par le seul excés de la grace divine.
Ses maux trouvent leur fin avant leur origine,
Elle quitte le monde en quittant le berceau,
Et son esprit s'envolle en ce sejour nouveau
Où jamais le bon-heur ne meurt ny ne decline.
Ainsi sur une mer ou les vents & les flots
Ne cogneurent jamais l'usage du repos,
Où les plus asseurez craignent pour leur naufrage,
Cette jeune beauté dont vous plaignez le sort
Rencontre les douceurs du port,
Sans avoir resenti les rigueurs de l'orage.