LIVRE PREMIER
L'âme des foules.
- CHAPITRE PREMIER.—Caractéristiques générales des foules.—Loi psychologique de leur unité mentale [11]
- Ce qui constitue une foule au point de vue psychologique.—Une agglomération nombreuse d'individus ne suffit pas à former une foule.—Caractères spéciaux des foules psychologiques.—Orientation fixe des idées et sentiments des individus qui les composent et évanouissement de leur personnalité.—La foule est toujours dominée par l'inconscient.—Disparition de la vie cérébrale et prédominance de la vie médullaire.—Abaissement de l'intelligence et transformation complète des sentiments.—Les sentiments transformés peuvent être meilleurs ou pires que ceux des individus dont la foule est composée.—La foule est aussi aisément héroïque que criminelle.
- CHAPITRE II.—Sentiments et moralité des foules [23]
- § 1. Impulsivité, mobilité et irritabilité des foules.—La foule est le jouet de toutes les excitations extérieures et en reflète les incessantes variations.—Les impulsions auxquelles elle obéit sont assez impérieuses pour que l'intérêt personnel s'efface.—Rien n'est prémédité chez les foules.—Action de la race.—§ 2. Suggestibilité et crédulité des foules.—Leur obéissance aux suggestions.—Les images évoquées dans leur esprit sont prises par elles pour des réalités.—Pourquoi ces images sont semblables pour tous les individus qui composent une foule.—Égalisation du savant et de l'imbécile dans une foule.—Exemples divers des illusions auxquelles tous les individus d'une foule sont sujets.—Impossibilité d'accorder aucune créance au témoignage des foules.—L'unanimité de nombreux témoins est une des plus mauvaises preuves que l'on puisse invoquer pour établir un fait.—Faible valeur des livres d'histoire.—§ 3. Exagération et simplisme des sentiments des foules.—Les foules ne connaissent ni le doute ni l'incertitude et vont toujours aux extrêmes.—Leurs sentiments sont toujours excessifs.—§ 4. Intolérance, autoritarisme et conservatisme des foules.—Raisons de ces sentiments.—Servilité des foules devant une autorité forte.—Les instincts révolutionnaires momentanés des foules ne les empêchent pas d'être extrêmement conservatrices.—Elles sont d'instinct hostiles aux changements et aux progrès.—§ 5. Moralité des foules.—La moralité des foules peut, suivant les suggestions, être beaucoup plus basse ou beaucoup plus haute que celle des individus qui les composent.—Explication et exemples. Les foules ont rarement pour guide l'intérêt qui est, le plus souvent, le mobile exclusif de l'individu isolé.—Rôle moralisateur des foules.
- CHAPITRE III.—Idées, raisonnements et imagination des foules [48]
- § 1. Les idées des foules.—Les idées fondamentales et les idées accessoires.—Comment peuvent subsister simultanément des idées contradictoires.—Transformations que doivent subir les idées supérieures pour être accessibles aux foules.—Le rôle social des idées est indépendant de la part de vérité qu'elles peuvent contenir.—§ 2. Les raisonnements des foules.—Les foules ne sont pas influençables par des raisonnements.—Les raisonnements des foules sont toujours d'ordre très inférieur.—Les idées qu'elles associent n'ont que des apparences d'analogie ou de succession.—§ 3. L'imagination des foules.—Puissance de l'imagination des foules.—Elles pensent par images, et ces images se succèdent sans aucun lien.—Les foules sont frappées surtout par le côté merveilleux des choses.—Le merveilleux et le légendaire sont les vrais supports des civilisations.—L'imagination populaire a toujours été la base de la puissance des hommes d'État.—Comment se présentent les faits capables de frapper l'imagination des foules.
- CHAPITRE IV.—Formes religieuses que revêtent toutes les convictions des foules [60]
- Ce qui constitue le sentiment religieux.—Il est indépendant de l'adoration d'une divinité.—Ses caractéristiques.—Puissance des convictions revêtant la forme religieuse.—Exemples divers.—Les dieux populaires n'ont jamais disparu.—Formes nouvelles sous lesquelles ils renaissent.—Formes religieuses de l'athéisme.—Importance de ces notions au point de vue historique.—La Réforme, la Saint-Barthélemy, la Terreur et tous les événements analogues, sont la conséquence des sentiments religieux des foules, et non de la volonté d'individus isolés.