LES AMBASSADEURS


En l’absence de la reine et des membres de sa famille, l’honneur de représenter l’Angleterre revenait de droit à sir Elliot, ambassadeur à Constantinople de Sa Majesté Britannique.

Sir Henri-George Elliot est d’une race illustre. Son grand-père était gouverneur général du Bengale; son père, le deuxième comte de Minto, a rempli successivement les fonctions de premier lord de l’Amirauté et celles de lord du sceau privé. Lui-même s’est acquitté avec talent et succès de diverses missions diplomatiques et il connaît à fond les questions orientales.

Le général Ignatieff, ambassadeur de la Russie à Constantinople, avait mission de représenter son maître le czar Alexandre.

Au traité de Paris, en 1856, à Khiva, à Boukhara, en Chine et au Japon, M. Ignatieff a fait apprécier les ressources d’un esprit solide et délié tout à la fois.

Le général Ignatieff est aujourd’hui considéré comme l’un des plus habiles diplomates de l’Europe.

Enfin M. de Beust, président du conseil des ministres d’Autriche, et M. Andrassy, président du ministère hongrois, accompagnaient Sa Majesté l’empereur et roi François-Joseph Ier.

On sait le rôle important que jouent dans la monarchie austro-hongroise ces deux hommes d’État, dont le patriotisme éclairé a tant contribué à rattacher dans un système qui respecte les traditions et l’autonomie de chacune d’elles les deux races principales de l’Empire.

On n’ignore pas non plus quelle libérale influence ils ont exercée sur les institutions de leur patrie.

L’impératrice Eugénie s’était aussi fait accompagner d’un certain nombre de personnes dont les noms seront cités dans le cours de ce récit. Il en sera de même pour les envoyés des autres gouvernements.

Nous avons hâte, pour le moment, et l’on reconnaîtra que c’est justice, de faire enfin entrer en scène les initiateurs, les ouvriers, les héros véritables de l’entreprise.