XV
FÊTE IMPÉRIALE
Depuis le matin, monté sur le mamelon d'El-Kouffa, le lieutenant Clapeyron fouillait les profondeurs de la plaine, mais il avait beau mettre à tous les points sa lorgnette, il ne voyait rien venir sur le chemin grisâtre qui noyait ses zigzags dans les profondeurs du bleu. Cependant, la petite commandante avait promis d'être au Bordj avant dix heures; mais qui peut se fier aux promesses et à l'exactitude des femmes et surtout d'une Parisienne! car c'était une Parisienne et une vraie, toute blonde, toute gracieuse, toute charmante, toute jeune et jolie, celle qu'on attendait et qui allait, vaillante comme les filles de sa race, rejoindre son mari dans la région des sables.
Et on peut dire que jamais Juifs n'attendirent avec plus d'impatience le Messie que les officiers du Bordj la délicieuse petite épouse du commandant supérieur de Tuggurt. Car une fête sans femme, c'est une mer sans voiles, une tête sans cheveux, un repas sans vins, un oeil sans rayons, des lèvres sans sourire, enfin l'amour absent de la vie.
On avait bien, il est vrai, convoqué les beautés de la Smala; et spahis, goumiers, sheiks, et jusqu'au caïd Ali, désireux de plaire au commandant du Bordj, avaient à l'envi amené épouses, filles et soeurs; mais de Bédouines, on en voyait assez l'année durant, et ce qu'il fallait, c'était une Française pour présider la fête. D'ailleurs, toutes ces filles de Fathma, le visage caché, et enveloppées comme des fantômes, ce qui est irritant pour les amateurs aimant à recueillir l'encouragement tombant de lèvres rieuses, ces mauresques roides et impénétrables comme des sphinx de pierre, ne rompent leur solennel mutisme que pour lancer des you-you de commande semblables à des bâillements coupés.
Le capitaine Fleury voulait des stimulants plus gais. De moulaïas, de foutahs et de musc, on était fatigué jusqu'à l'écoeurement; on aspirait aux crinolines et au patchouli, la crinoline savamment troussée, découvrant le bas immaculé et le mollet doux à l'oeil, la crinoline impériale, invention raffinée de la merveilleuse souveraine qui trônait dans des flots de gaze et de soie au palais des Tuileries.
Les Tuileries! nous en étions loin, là-bas, sur les confins du Bled-el-Djerid, et c'est pourquoi nous aspirions à humer, au moins une fois l'an, dans le balancement des jupes empesées, quelque parfum de la patrie.
Quand je dis qu'on manquait de crinolines, j'exagère; il s'en épanouissait un tas aux alentours du Bordj, mais pas présentables. D'abord: Fifi-la-Gouapeuse, qui lorsqu'elle s'attardait par les sentiers bordés d'aloès laissait l'odeur de son haleine absinthée; Paquita l'Écumoire; Zizi dite Caniche; Blondinette Riche-en-Gueule, Camélia Richepanse et Dolorès la Plumée. Toutes ces dames, épouses des mercantis campés, cantonnés, enhutés sous les murs du Bordj, faisaient en temps ordinaire l'ornement du pays et la joie de la garnison, mais on ne pouvait songer décemment à déparer la cérémonie de ces crinolines souillées.
Il fallait une femme honnête, pour représenter le pays, une Française sans reproche, et c'était celle-là, qu'en vedette sur le chemin de Biskara, le petit lieutenant Clapeyron attendait, car depuis huit jours le bureau arabe de cette ville avait prévenu du passage de la jolie visiteuse qui gracieusement acceptait l'honneur de présider la fête, d'assister aux joutes et de distribuer les prix.
Joutes et jeux et fantasia! Le général Desvaux avait donné des ordres pour que, dans ce poste avancé, rien de ce qui pouvait éblouir et charmer les indigènes ne fût négligé. Il devenait urgent, chez ces tribus indécises et remuantes, de rendre populaire le nom de l'Empereur: double paye aux spahis et aux mokalis, un franc par tête et un burnous neuf aux cavaliers du goum, régals et traitements princiers aux caïds et aux sheiks, tandis que pour les formidables appétits de la foule, rôtissaient, embrochés sur des brasiers immenses, des guirlandes de moutons et de boeufs.
Aussi, avec des faims d'une année, tous les douars d'alentour accouraient à cette ripaille homérique.
Ah! les vaillants coups de dents et les grands remuements d'infatigables mâchoires! le mirifique tableau!
Il fallait voir les longs doigts osseux et bruns de ces gueux, et les petites mains maigres des enfants hâves, et les têtes et les cous et les torses tendus vers le boeuf décroché et porté fumant, grésillant, onctueux et tout parfumé de son savoureux jus au milieu des groupes avides.
Comme les ongles le dépècent en longues bandelettes, comme les faces s'épanouissent, comme on l'engloutit par bouchées gourmandes. Voilà la carcasse rongée, nettoyée, raclée comme après le passage d'une bande de chacals. Ce n'est pas assez; à coups de pierre on broie les os pour en extirper la moelle ne laissant aux chiens efflanqués accourus, eux aussi, à la ripaille, que des tibias vidés.
Après, un mouton, et encore après, un boeuf et après ceux-ci d'autres et toujours ainsi jusqu'au moment où le couchant se teint de la couleur des cuirs de Cordoue, et que tout ce peuple, dévoré par la taille, la corvée, la taxe, la surtaxe, l'impôt de paix, l'impôt de guerre, autant et plus que ne le furent jamais les serfs de la glèbe, s'allonge et digère dans la plénitude de l'estomac enfin repu, et oubliant la longue faim qui a tordu ses entrailles, dans sa joie de brute satisfaite et sa reconnaissance du ventre pour un jour gorgé, crie à l'image du César, emblème des maîtres qui toute l'année l'affament:
Vive l'Empereur!
Une fête sans pareille comme nul de là-bas n'en avait vue. On en parlerait longtemps dans les hauts plateaux du Tell. Courses en sac, courses à cheval, courses à âne et le reste; et fantasias, et coups de fusil, et un spectacle extraordinaire destiné à émerveiller ces hommes naïfs, lequel spectacle serait suivi d'une distribution générale de burnous, haïks, berimas, chechias, aux nécessiteux, c'est-à-dire à tous.
Déjà de longues pétarades déchiraient les échos, les chevaux impatients mordaient le frein et piétinaient le sol, les djellals brochées d'or flottaient sur les croupes et les regards anxieux se tournaient vers la route de Biskara ne voyant rien venir.
Un peu avant midi, on vit arriver Clapeyron, tout triste et découragé, avec ses spahis. Au lieu de la séduisante commandante, il ramenait un vieux chaouia porteur d'une dépêche. Elle annonçait que la dame indisposée retardait son voyage d'un jour.
Que faire? On ne pouvait cependant reculer la fête, remettre au lendemain et changer la date solennelle. Tout était prêt. Le beau caïd Ali, sous-lieutenant à l'escadron, attendait avec ses mokalis, son gynecée, ses chameaux et son goum. Et tous les chefs du Bou Djellell au Djebel Hanmarah, arrivés de la veille, fronçaient le sourcil sur leurs chevaux frémissants.
—Diablesses de femmes, avec leurs indispositions! s'écria le capitaine Fleury en mâchant son cigare avec rage, la fête de l'Empereur sera ratée. Ça n'arrive qu'à nous, ces guignons-là!
Mais soudain, il se frappa le front. Il venait de songer à Mme Michu.
Ce n'était pas la première venue que Mme Michu, mais l'épouse légitime de M. Michu, entrepreneur des travaux du Bordj, colon sérieux, homme d'importance, maire honoraire du village naissant.
Devant rester au moins six mois pour l'achèvement des travaux et, désireux de charmer son exil, il avait récemment appelé de Constantine son épouse.
Comme position régulière, morale et sociale, elle ne laissait donc rien à désirer et comme femme c'était une grosse brune, encore désirable. Un fin duvet très marqué ornait sa lèvre vermillonne, un renflement très accentué le haut du buste et le bas des reins.
On n'affirmait pas que c'était une vertu; là-bas, vertus ne poussent pas comme chiendent et s'il fallait en croire la chronique, elle avait planté autant de cornes sur la tête de Michu qu'il poussait d'oliviers dans la forêt des Adjouzes; on allait même plus loin: on parlait d'une innocence effeuillée jadis dans diverses maisons suspectes. Mais où en serions-nous s'il fallait s'en rapporter aux dires! Puis, dans la plaine du Souf, on est bien obligé de passer la jambe à certains préjugés qui font courber les têtes dans celle de Saint-Denis.
Après tout, c'était l'affaire de Michu. Il avait voulu couvrir le petit cadavre du passé de sa femme sous les fleurs d'oranger, pouvions-nous être plus exigeants que lui!
Parbleu la brave dame arrivait comme marée en carême, et le capitaine en personne alla sans plus tarder l'inviter à présider la fête.
Elle se fit un peu prier, par modestie, et vexée sans doute qu'on n'y eût pas songé plus tôt, mais finalement accepta, toute suffoquée de joie, et on la conduisit en pompe sur l'estrade où elle s'assit avec une grande dignité.
Attiffée de ses plus beaux atours, couverte d'or comme un général persan, bien conservée en dépit des assauts sans nombre et de trois douzaines d'étés sous le ciel africain, riche en chair et en couleur, montrant épaules de portefaix et croupe de jument limousine, elle souleva dans la foule un murmure d'admiration.
Koulouglis, Chaouias, Bédouins, tous amateurs de grasses viandées, ouvraient sur la superbe présidente des yeux ardents et goulus, tandis que les Français, officiers et spahis, montraient visiblement que si les bouchées eussent été permises, nul n'était disposé à laisser aux camarades sa part.
L'estrade d'honneur se dressait au fond de la grande cour du Bordj, où se pressaient deux mille Arabes. Le capitaine Fleury avait royalement fait les choses. De riches tapis de Tunis, prêtés par le caïd Ali en couvraient les escaliers, et les côtés étaient tendus de frechias multicolores où s'accrochaient des trophées de guerre. Mais le fond surtout excitait l'admiration de tous. Au centre d'un soleil formé de lames de yatagans et de sabres, s'épanouissait en plâtre doré le buste impérial, et au-dessous, en caractère d'or et en langue Arabe, s'étalait sur une bande rouge cette fière devise: Il éclaire le monde. Des étendards entre-croisés couronnaient le tout.
Officiers et chefs indigènes, drapés majestueusement dans leurs burnous écarlates, garnissaient le haut de l'estrade, et, un peu plus bas, s'échelonnaient assises sur des taharas les femmes et les filles des kebirs, impassibles et graves sous leurs voiles et leurs moulaïas de soie comme des statues du Mystère. Près d'elles, s'amoncelaient les prix: armes, djebiras, longs éperons aux attaches brodées d'or, étriers damasquinés, ceintures et turbans brochés, thémaques luxueuses, foulards et haïks.
Consciente de son importance, fière et solennelle, Mme Michu trônait sur cette assemblée. Des nuages cependant commençaient à tacher l'azur de sa joie intime; de petites pointes acérées s'enfonçaient dans son coeur.
En bas, à ses pieds, perdues dans la foule vile, elle se sentait des ennemies. Des regards hostiles s'attachaient obstinément sur les siens, la troublaient, l'emplissaient de malaise.
C'était Fifi la Gouapeuse, Paquita l'Écumoire, Zizi Caniche, Blondinette Riche-en-Gueule, Camélia Richepanse et Dolorés la Plumée. Que pouvait faire à son triomphe cette troupe misérable et dédaignée; ces concubines immondes de colons marécageux? Hélas! elle venait de reconnaître en elles des amies de jeunesse, au temps où comme elles, vierge folle, elle jetait ses jambes en l'air et son jupon par-dessus les moulins, et ces délaissées, ces humiliées, ces déclassées, dévisageaient la nouvelle venue, la parvenue triomphante, avec des yeux envieux et mauvais.
Blondinette Riche-en-gueule interpelait Fifi la Gouapeuse, ricanait même tout haut et Mme Michu entendait de ces mots qui font jaunir les visages.
Misères! Être salie ainsi dans sa gloire; entendre des roquets hargneux à ses trousses quand on s'avance vainqueur! Si Mme Michu avait eu quelque littérature, elle se fût souvenue que les triomphateurs romains subissaient l'affront d'un insulteur gagé, attaché à leur char, et se fût consolée; mais Mme Michu ignorait l'histoire et elle fut prise de grande honte et d'une sourde colère qui lui donna de terribles démangeaisons dans la langue et les doigts et se retint pour ne pas crier: «Tas de salopes, fichez le camp ou je descends vous crêper le chignon.»
Elle se tourna vers son époux Michu qui, grave et gourmé, ceinturé de son écharpe-municipale et cravaté de blanc, lui parut plus laid et plus bête que jamais: «Imbécile allait-elle lui dire, voyez donc ces créatures!» mais le petit lieutenant Clapeyron la regardait et le capitaine Fleury lui faisait des yeux tendres.
Alors elle sourit, et les jeux commencèrent. Tout marchait à souhait et Mme Michu, absorbée par l'importance de son rôle de distributrice des récompenses, oubliait ses infimes ennemies, lorsque tout à coup il se fit un grand bruit vers la porte, et deux spahis, le fusil haut sur la cuisse, entrèrent en caracolant dans le Bordj.
Puis, presque aussitôt, une jeune dame blonde et charmante, la tête couverte d'un grand chapeau de paille et le corps enveloppé d'un burnous de soie, parut, assise sur une mule blanche, escortée d'un groupe de cavaliers arabes.
Les officiers descendirent avec empressement l'estrade, et perçant la foule, allèrent saluer la jolie femme du commandant de Tuggurt, sur laquelle on ne comptait plus.
En coquette Parisienne, elle arrivait toute parée pour la fête, ayant fait sa toilette à un demi-kilomètre du Bordj, sous une des tentes du caïd Ali et, resplendissante, adorable, mignonne, s'excusant de venir si tard, elle accepta le bras du capitaine Fleury et gravit lestement, devant les hommages des sheiks et des caïds, tête courbée et main sur le coeur, les marches de l'estrade.
Mais le fauteuil de présidence était occupé, et Mme Michu, pâle et lèvres pincées, s'y tenait ferme, regardant, l'air hautain et sourcil froncé, monter cette rivale maudite.
Alors, le képi à la main, Fleury très embarrassé, s'avança.
—Madame, mille excuses. Mais voici Madame la commandante de Tuggurt qui devait présider la fête…
—Madame n'avait qu'à venir à l'heure, répondit sèchement et sans bouger
Mme Michu.
—Oh! certainement, balbutia la jeune femme confuse, j'ignorais… je ne viens pas prendre la place de Madame. Je vais m'asseoir à ses côtés.
—Qu'on aille chercher un second fauteuil, dit le capitaine; nous aurons deux présidentes au lieu d'une, ajouta-t-il galamment; la fête n'en aura que plus de charme.
—Deux présidentes! s'écria Mme Michu, jamais! Je cède ma place à Madame. Aussi bien je ne sais trop pourquoi je me suis commise ici avec toute sorte de monde. Michu, partons.
Elle venait d'apercevoir Fifi la Gouapeuse et Camélia Richepanse ricaner dans le groupe, et Blondinette Riche-en-Gueule entendant ces paroles, cria de sa voix aiguë de faubourienne:
—Allons donc, madame Cochon, ne fais pas ta Sophie. On te connaît.
Tu n'étais pas si fière à la Patte du chat, rue de l'Échelle, à
Constantine, quand tu t'appelais Marie la Lune. Eh! Va donc!
—De quoi! de quoi! répliqua Mme Michu.
—Oui, oui, répétèrent les autres, Marie la Lune!
—Madame, dit Fleury aux abois, je vous en prie, remettez-vous…
Et comme le bruit continuait et que les kebirs et leurs femmes ouvraient des yeux énormes, il cria pour faire diversion:
—Clapeyron! mon ami, enlevez le ballon, lâchez tout.
Ce ballon était le spectacle extraordinaire annoncé; celui sur lequel il comptait le plus pour plonger dans l'admiration les douars de la plaine, et donner aux tribus venues à la fête une haute idée de la France et de son Empereur. On le dissimulait, tout gonflé, derrière les draperies de l'estrade, prêt à s'élever majestueusement au-dessus du trophée impérial entraînant une pièce d'artifice à laquelle travaillait depuis plus d'un mois un garde d'artillerie zélé, représentant l'aigle glorieux d'Austerlitz devant s'allumer et lancer la foudre à vingt mètres en l'air.
L'on ne devait couper la corde qu'à l'instant où le soleil disparaissait sous l'horizon, mais voulant détourner l'attention de l'horrible scandale qui grossissait, le capitaine hâtait le moment.
—Le ballon, répéta-t-il. Enlevez, Clapeyron, enlevez!
—C'est celui de la Michu qu'il faut enlever, cria d'en bas Blondinette
Riche-en-Gueule.
—Qu'elle descende, nous nous en chargeons!
—On ne sait pas me faire respecter, riposta Mme Michu ivre de rage. Vous m'embêtez à la fin. Tenez, chipies, le voilà le ballon, et vous tas de mufles, voici le cas que je fais de votre fête.
Et avant qu'il eut été possible de prévoir ce qu'elle allait faire, elle se précipita sur le bord de l'estrade.
En ce moment, le soleil glissait sur l'horizon, et les bâtiments du
Bordj noyaient la foule dans leurs grandes ombres crues.
Mais l'estrade placée en face de l'échancrure des deux bastions qui flanquaient la porte principale restait en pleine lumière, et le buste impérial tout empourpré dans la flamboyante auréole de son étoile d'armures étincelant dans le bleu des étendards croisés, fut tout à coup salué par de frénétiques clameurs.
Était-ce bien l'image de César qu'on acclamait ainsi?
Au-dessous, juste au-dessous, les deux reines de la fête nageaient dans un limbe lumineux, mais tandis que les feux de l'Occident caressaient les blonds cheveux de la jeune femme, et semblaient entourer son visage d'une limbe virginale, ils éclairaient sur Mme Michu une toute autre face.
Dos tourné et corps courbé en deux, reprise subitement dans sa furie d'une habitude de sa jeunesse, elle étalait, à la foule interdite, ce que, dit-on, M. Thiers exposa un soir à ses amis entre deux chandelles.
Et dans les splendeurs du couchant, ces grasses chairs éblouissantes parurent pendant une seconde au milieu d'une poussière d'or.
Il y eut d'abord un silence de stupéfaction profonde, puis un formidable cri d'enthousiasme que couvrit presque aussitôt une terrible détonation.
L'aigle d'Austerlitz, maladroitement allumé, partait derrière l'estrade faisant crever le ballon. Et la foule bédouine, inconsciente de ce qui se passait et croyant assister au spectacle merveilleux promis, ivre d'allégresse et de gratitude pour le sultan des Francs qui leur offrait gratis un si réjouissant tableau, acclama les appas de Mme Michu: aux cris mille fois répétés de «Vive l'Empereur!» Et s'imaginant que l'autre belle dame était montée sur l'estrade pour donner le même spectacle, et s'indignant de la voir immobile, elle réclama énergiquement cette partie du programme: L'autre! l'autre! l'autre! A ton tour! à ton tour!