XXVI.

Exil de Marie de Médicis.

Gaston n'avait pas tardé à prendre l'alarme, et s'était réfugié de nouveau dans le duché de Lorraine. Marie de Médicis, exaspérée, refusait de se retirer à Moulins, sorte d'exil qu'on lui destinait. Elle ne voulait pas quitter le château de Compiègne, où elle s'était réfugiée, et avait déclaré «qu'elle n'irait point à Moulins, à moins qu'on ne l'y traînât par les cheveux.» Elle vit ses amis, ses créatures, son médecin même jetés à la Bastille. Elle-même se crut bientôt prisonnière dans l'asile qu'elle avait choisi; elle en sortit pour se mettre sous la protection du gouverneur de la Capelle, avec qui elle avait des intelligences; mais Richelieu, au courant de cette intrigue, l'avait déjouée. Les portes de la Capelle lui furent fermées, et cette malheureuse reine, maudissant son fils et le terrible cardinal qui l'emportait sur elle, quitta la France, qu'elle ne devait plus revoir (19 juillet 1631). Elle se réfugia d'abord en Belgique.