LA CHAPELLE SAINT-SYMPHORIEN.

Cette chapelle, qui fut détruite dans le dix-septième siècle, étoit située dans la rue des Cholets, vis-à-vis le collége qui porte le même nom. Son origine, sur laquelle on n'a aucun renseignement, devoit être fort ancienne, car il en est fait mention dans le testament d'Hermentrude. On la trouve citée depuis dans la charte de Philippe-Auguste de 1185, et dans le cartulaire de Sainte-Geneviève à la date de 1220. Sauval dit qu'elle subsistoit encore de son temps; il devoit ajouter aussi qu'il l'avoit vu détruire, car il n'est mort qu'en 1670, et alors il y avoit huit ans que cette chapelle, tombant en ruines, avoit été vendue au collége de Montaigu, par contrat du 2 septembre 1662.

La chapelle Saint-Symphorien avoit été bâtie au milieu d'un clos de vignes qui s'étendoit jusqu'à Notre-Dame-des-Champs (les Carmélites). Ce vignoble appartenoit au roi et à différents seigneurs. D'anciens titres nous apprennent que le monarque avoit, entre l'église Saint-Étienne et le collége de Lisieux, un pressoir, dans lequel on portoit le vin qui se recueilloit au clos des Mureaux. Ce clos, situé au faubourg Saint-Jacques, étoit nommé, au treizième siècle, Murelli, dans le suivant de Murellis, aliàs de Cuvron. On donnoit le nom de clos Saint-Étienne aux vignes plantées près de cette église.

LES RELIGIEUSES DE LA VISITATION DE SAINTE-MARIE.

Nous avons déjà parlé de l'origine de ces religieuses et de leur établissement à Paris en 1619[328]. Leur nombre s'étant considérablement augmenté dès le commencement, ce fut une nécessité de chercher presque aussitôt un lieu convenable pour y fonder un nouveau monastère et y établir une colonie de ces saintes filles. L'archevêque de Paris leur en accorda la permission en 1623. Elles achetèrent en conséquence, au faubourg Saint-Jacques, une maison dite Saint-André, avec quelques bâtiments et jardins qui l'environnoient, et firent disposer le tout dans la forme propre à y recevoir une communauté. Ce second établissement, dans lequel elles entrèrent le 13 août 1626, fut confirmé par des lettres patentes données en 1660.

La maison du faubourg Saint-Jacques étant devenue, dans le courant du siècle dernier, l'une des plus considérables de l'ordre, ces dames se trouvèrent dans une situation assez prospère pour penser à faire reconstruire leur église en entier et une partie de leurs bâtiments. Ce projet fut exécuté quelques années avant la révolution. L'église, qui existe encore, est petite, mais d'une architecture élégante[329]. Le portail en est simple et de bon goût.

CURIOSITÉS DE L'ÉGLISE DE LA VISITATION.

Sur le maître-autel, dédié à saint François-de-Sales, un tableau représentant ce saint évêque; par Le Brun.

Dans un des bas-côtés, à droite, la Visitation; par Suvée.

Dans le bas-côté, à gauche, le tableau des Sacrés-Cœurs; par Mauperin.

Ces dames possédoient en outre plusieurs tableaux de La Fosse, renfermés dans l'intérieur de leur maison.