F
FABRIQUE (être de la), membre du conseil de fabrique d'une église.
FACHON, façon. P.
FACHONS ou FAÇONS (faire des), ne pas vouloir accepter ce que l'on offre dans un repas, quoiqu'on ait besoin de manger ou de boire.
FAGOTÉ (mal), habillé d'une manière disgracieuse. H.-N.
FAGOTS (conter des), rapporter de fausses histoires.
FAIGNANT, fainéant. P. H.-N.
FAILLIR, manquer de courage; tomber de faiblesse. Ex.: Le cœur me faillit.
FAIN, foin.
FAIS, fois; foie.
FAISELLE, lieu où l'on presse les pommes pilées, pour obtenir le cidre. H.-N.
FAISELLIER, petite faiselle sur laquelle on met le fromage en presse.
FALBALAS, objets de toilette, tels que robes, bonnets, rubans, etc. A proprement parler, ce mot est employé pour désigner l'ensemble d'une toilette recherchée, et non pour indiquer le falbala qu'on appelle aujourd'hui volant. L'etymologie de falbala a été l'objet de bien des recherches. «On rapporte, dit Charles Nodier, qu'un prince fort spirituel du XVIIIe siècle a inventé le nom de falbala...... Il visitait une boutique de modes si bien assortie, qu'on ne pensait pas qu'il y manquât rien de tous les éléments d'une toilette élégante. Décidé à pousser à bout l'imperturbable assurance de la marchande, qui était probablement jolie, il forgea dans sa tête le mot le plus bizarre qu'il lui fut possible de trouver, et demanda des falbalas. Elle se hâta de lui présenter cette garniture de robe qui a pris depuis le nom de volant, à cause de sa légèreté, et qui se divisait alors par le bas en pointes légères et flottantes» (Notions de Linguistique, chap. XI, note J). Suivant le Dictionnaire de Trévoux, l'inventeur du mot serait M. de Langlée qui aurait dit à la marchande que cela s'appelait ainsi à la cour. A part ce petit conte, Leibnitz, Le Duchat et le président de Brosse donnent pour origine au mot falbala l'allemand faldplat, jupe plissée. M. Hoffmann et M. Eloi Johanneau le dérivent de l'anglais furbelow, mot composé qui signifie fourrure en bas. Boiste et Napoléon Landais le font venir du latin flabella, éventails, festons, etc. (Voir l'Essai sur le langage, par M. A. Charma, p. 209 et 306).
FAMELOTTE, petite femme.
FAMEUX, gros, important. Ex.: Voilà un fameux fruit.
FAMINNE, famine.
FANCHON, Françoise.
FANGES, fanes de pommes de terre et des autres plantes légumineuses.
FAQUIN, élégant, habillé avec prétention. P. B.-N.
FARAUD, élégant, qui aime à être bien mis. P. B.-N.
FARCE, farceur. Ex.: C'est un homme farce.
FARFOUILLER, chercher en remuant sans précaution. P.
FAUCHILLE, faucille.
FAS, faux, instrument pour faucher.
FAUDE, lieu où se fait le charbon de bois.
FAUQUER, faucher.
FAUQUET (faire le), donner un croc-en-jambe. B.-N.
FAUQUEUX, faucheur.
FAUT (personne comme il), personne honnête.
FAVAS, tiges de fèves dont on a retiré le grain. B.-N.
FEMELLE, femme; souvent en mauvaise part. H.-N.
FENER, faner.
FENTE, terrain qui reste à labourer entre deux endos.
FERDAINES, fredaines.
FERLATÉ, frelaté.
FERLÉE, gelée blanche, frimas.
FERLOQUÉS (habits). Voy. Désaillés.
FERLUQUET, freluquet.
FERMILLE, fourmi.
FÉRON, fil de laiton.
FERTILLER, fretiller.
FERTIN, fretin.
FESSU (n'être pas bien), être souffrant et malade.
FÉTE, faîte, toit.
FEUILLU, garni de feuilles. P.
FEUMIÈRE. On désigne sous ce nom la fumée qu'on voit sortir du tuet.
FEUNNER, faner.
FEURRE, paille. On dit une botte de feurre, comme on dit une botte de foin. P. B.-N.
FÈVES (grosses), fèves de marais. H.-N.
FICHANT (c'est), c'est contrariant. P. B.-N.
FICHELLE, ficelle.
FICHER, donner. H.-N. P.
FICHER (s'en), s'en moquer. P.
FICHER LE CAMP, s'en aller.
FICHU, perdu, condamné. B.-N. P.
FICH'TRE! juron; exclamation de surprise. H.-N.
FIEFFÉ (menteur, voleur), qui a l'habitude de mentir ou de voler. H.-N.
FIENS, fumier, de fiente. Il est souvent question de fiens dans les conventions du moyen-âge.
FIER, irascible, fameux. P.
FIERCIR (se), se mettre en colère.
FIÈREMENT, beaucoup. P.
FIÉRIR (se), se mettre en colère.
FIÉROT, un peu fier. P. H.-N.
FIEUX, fils.
FIÈVES (avoir, trembler les), avoir une fièvre intermittente.
FIGNOLER, s'habiller avec recherche. H.-N. P.
FIGNOLEUX, élégant. B.-N.
FIL (avoir le), s'y bien prendre pour réussir.
FILER, FILER DE BAS, s'échapper furtivement. P.
FILLOLE, filleule. P.
FILLOT, filleul. P.
FIN. Mot explétif qui se met devant un adjectif ou un nom, pour lui donner plus de force. Ex.: Il est tombé au fin fond de l'eau.—Il est fin bête.—J'en veux tout fin plein ma bouteille. H.-N. P.
FIN (à celle), à cette fin. H.-N.
FIN-FOND (au), tout au fond.
FINI. Adjectif qui se joint à certains mots pour en renforcer le sens. Ex.: C'est une canaille finie. H.-N.
FINITE, finie. Ex.: Ma tâche est finite.
FINOIN, poire à manger, excellente.
FION (avoir le), s'y prendre adroitement pour réussir dans un jeu ou un ouvrage des mains. B.-N. P.
FION (donner le coup de), finir un ouvrage, le polir. B.-N. P.
FISÉE, poire dont on fait des confitures.
FISÉE, petits éclats de bois enduits d'argile, qu'on place en travers sur les solives pour recevoir l'aire d'un grenier en terre. H.-N.
FISQUER, fixer, regarder. B.-N.
FISSIAU, bâton transversal du bas d'une chaise; de fuseau.
FIXER QUELQU'UN, arrêter ses regards sur une personne.
FLABIN. Voy. Contepet. H.-N.
FLAINDRE, reculer, ne pas aller franchement. B.-N.
FLAINDRE DU PIED, l'appuyer légèrement et avec précaution, de peur de se blesser.
FLAIR, mauvaise odeur. Ex.: Cette viande a du flair. P.
FLAIS, fléau a battre le blé.
FLAMBE, flamme. P.
FLAMMER, ouvrir un abcès au moyen d'une flamme. H.-N.
FLAMEUCHE, flammèche.
FLANÉE, causerie familière.
FLANIER, qui aime à aller chez les voisins pour apprendre les nouvelles.
FLANQUET, portion du bas de la chemise qui est fendue de chaque côté. H.-N.
FLAQUET, petite flaque d'eau. H.-N.
FLANQUETTE (à la bonne), sans cérémonie, tout bonnement. P.
FLATTER, dénoncer pour faire reprendre ou punir.
FLATTEUX, qui flatte.
FLAUDRÉE, rossée.
FLAUDRER, rosser.
FLÉCHIR, dégeler légèrement.
FLEUR-DE-MAI, pomme à couteau; précoce.
FLEURS D'ORAGE, petits nuages agglomérés qui annoncent l'orage.
FLEURETTE, crême excellente qu'on recueille après douze heures de séjour du lait dans la terrine. H.-N.
FLIGÉE (sauce), figée. On dit, en parlant d'une sauce claire et mal faite: Celle-là ne fligera pas sur le cœur. H.-N.
FLIPE, punch au cidre; espèce de boisson composée de cidre, d'eau-de-vie et de sucre, qu'on prend chaude; de l'anglais flip, cordial. B.-N.
FLOBER. Voy. Flaudrer. P.
FLORAISON, fleuraison.
FLOTTE, espèce d'anneau plat qui se mettait entre la roue et l'euche, avant que celle-ci fût remplacée par un écrou.
FOIRE, faire.
FOIRET, forêt.
FOIREUX, qui a la foire. On dit aussi les foireux, en parlant de ceux qui vont aux foires.
FONÇU, objet creux et plus ou moins profond. H.-N.
FONTANGE, large ruban de soie.
FORBU (cheval), fourbu, qui ne peut continuer sa route, parce qu'on ne lui a rien donné à manger, à un lieu où il a l'habitude de s'arrêter. On dit aussi d'un homme qu'il a été forbu, quand on ne lui a rien offert chez une personne où il s'attendait à dîner.
FORCIR, se développer. Ex.: Cet arbre, ou cet enfant, forcit. H.-N.
FORGES, forces qui servent à tondre les moutons.
FORGIONS, habitants du canton de Forges.
FORIÈRE, extrémité d'une pièce de terre sur laquelle les chevaux tournent à chaque sillon, et qu'on laboure après coup.
FORIÈRES, terres en friche le long des chemins, où les bergers mènent paître les moutons. M. A. Le Prevost a trouvé ce mot dans une Charte de HENRI II, en faveur de Bondeville. H.-N. On appelle aussi forières les chemins qui longent les herbages et les séparent des terres en labour.
FORTUNÉ (homme), riche, qui a de la fortune. H.-N.
FOUAILLER, fustiger. P.
FOUÉE (faire une), mettre le feu à une brassée de bourrée. B.-N.
FOULON, frelon. P. H.-N.
FOURCÉE, portée d'un animal qui met bas; se dit surtout de la truie.
FOURE, excrément, foire. B.-N.
FOUREUX, qui a la foure.
FOURQU, fourchu.
FOURQUE, fourche, fourchet. Dans un acte de 1291, il est question d'une fourque à espandre le fumier.
FOURQUEFILE, fourche à deux dents de fer, qui sert à donner les gerbes au charretier qui charge une charrette ou un chariot. P.
FOURQUET, entre-deux des jambes. On dit aussi le fourque. B.-N.
FOURQUETTE, fourche de bois, à deux dents, qui sert pour faner. Dans un acte de 1427, il est question de service de fain, c'est assavoir le tiers d'une FOURQUETE (Etudes, etc., par M. L. Delisle, p. 82). Il s'agit probablement ici d'un tiers de journée employé à faner.
FOUTET (petit), petit garçon. P.
FOUTINER, ne point avancer à son travail, s'amuser à des riens.
FOUTINIER, qui s'agite beaucoup et fait peu de besogne.
FOUTRE, donner. Ex.: Il m'a foutu un coup de poing. Ce mot est regardé comme grossier, ainsi que les trois suivants.
FOUTRE! juron.
FOUTRE LE CAMP, s'en aller.
FOUTU, perdu sans ressource.
FOYER (mouton), agneau d'un an, qui a été nourri dans les herbages.
FRAIQUE, fraîche, mouillée. P.
FRAIQUIR, fraîchir.
FRAIS, mouillé par la pluie. P.
FRAIS (suivre le), en parlant d'un chien qui suit la trace d'un lièvre ou d'un autre animal, en respirant les miasmes qu'il a laissés sur son passage.
FRASE, fraise d'un animal.
FRATRES, barbier.
FRÊLER, fêler.
FREMER, fermer. P.
FRÉMIE, fourmi. H.-N.
FRÉMILÈRE, fourmilière.
FRÉMILLER, fourmiller. H.-N.
FRÉMILLONS, petites fourmis.
FRÉMIR. Commencer à bouillir. H.-N.
FRÉREUX (cousin), cousin germain. H.-N.
FREULÉE. V. Flaudrée. B.-N.
FREULER, battre. B.-N.
FRICHONNER, frissonner.
FRICHONS, frissons.
FRICOT, festin, et plus généralement toute espèce de met. Ex.: As-tu du fricot avec ton pain? P.
FRICOTER, faire bombance. B.-N. P.
FRIGOUSSE (faire), fricoter.
FRIMOUSSE, visage. P.
FRINNE, farine.
FRIPPER (se), se frotter le dos dans ses habits quand on ressent quelque démangeaison.
FROMAGE MAU, fromage nouveau qu'on délaye dans la crème, tandis qu'il est encore mau, mou. P.
FROU-FROU (mamezelle). Nom qu'on donne à une fille qui fait ses embarras.
FU, feu. P.
FUMELLE, femelle. H.-N. P.
FUMER, être vexé. B.-N.
FUNQUER (faire), mettre du bois sécher sur le feu, afin qu'il brûle mieux. Se dit aussi d'une personne qu'on fait attendre. Ex.: Il m'a fait funquer sur le chemin, pendant une heure.
FUNQUIÈRES, fougères.
FURIEUSEMENT, beaucoup, extrêmement. P.
FUROLE, feu follet qu'on aperçoit au commencement de l'hiver dans les endroits marécageux. On assure que les furoles se plaisent à égarer les voyageurs; mais on dit qu'en mettant son couteau en terre, la pointe en haut, la furole vient danser dessus; et le voyageur a le temps de reprendre son chemin. On ajoute que le couteau reste couvert du sang de la furole. La foi aux absurdités débitées sur ces feux follets n'est pas encore entièrement éteinte. En Picardie, on les appelle fofu, faux feu.
FUT, alla. Ex.: Il fut trouver son ami. Il ne faut pas confondre les temps du verbe ALLER avec ceux du verbe ÊTRE. Voici la remarque de M. Lévi: «Dites est allé toutes les fois que vous voulez exprimer l'action de se transporter d'un lieu à un autre; dites a été lorsque votre intention est de marquer le séjour dans un lieu désigné. Il y a entre ALLER et ÊTRE la même différence que entre le mouvement et le repos.» (Les Omnibus du langage, 8me édit., page 5.)
FUTEUX, fâcheux dans le boire et le manger.