M

M', ma; devant une consonne. Ex.: Le tiroir de m'table. P.

M', me.

MA, mal.

MACHACRE, maladroit, mauvais ouvrier.

MACHACRER, massacrer.

MACHIN, MACHINE, mot par lequel on désigne une personne ou un objet dont on ne se rappelle pas le nom. B.-N. P.

MACHON, maçon.

MACHOQUER, bossuer; signifie mal choquer. P.

MACRIAU, maquereau. En picard, c'est macrieu. Autrefois, quand il y avait des maquereaux à la poissonnerie d'Amiens, on criait au coin des rues: «On vous foet assavoir qui vient d'arriver eine grande déballation d'macrieux; i gn'o des macrieux à mosieu, des macrieux à procureux, des macrieux à povers geins» (Glossaire du patois picard, page 523).

MADAME, dame. P.

MADELEINE, poire à manger; précoce.

MADLON, Madeleine.

MAGUE, bosse, ventre.

MAGÜE (bouteille), qui a un gros ventre. B.-N.

MAGUETTE, quatrième cavité de l'estomac des veaux, dont on extrait la présure qui sert à faire cailler le lait avant de le transformer en fromage. H.-N.

MAHON, coquelicot. P.

MAI, moi.

MAIGRIER, maigre.

MAILLARD, nom donné au canard mâle. P. Voy. Bourre.

MAIN DE (être à), être en mesure de. H.-N.

MAIN (être en à), outil d'un usage facile. Ex.: Cette faucille est bien en à main.

MAINOTTE, petite main. P.

MAINTIENT, manche du fléau à battre le blé; la main le tient. B.-N.

MAISON. Ce mot est généralement employé pour désigner une cuisine. Ex.: S'il n'est point dans la maison, il est dans la chambre.

MAIS QUE, quand; avec le présent du subjonctif. Ex.: Je vous donnerai quelque chose, mais que j'aille à la ville. H.-N.

MAITE, maître.

MAITRE, titre qu'on donne aux cultivateurs en le faisant précéder de leur nom de baptême. Ex.: Maître Jean, maître Pierre, etc. M. Auguste. Le Prevost regarde cette locution comme devant avoir une origine fort ancienne (Voy. notre Essai sur Londinières, p. 103).

MAITRE-PIERRE, pomme à couteau, très-tardive, et se conservant fort longtemps; nous en avons vu qui étaient récoltées depuis près de deux ans.

MALADIE (faire une), éprouver une maladie.

MALAISE (à), à plus forte raison.

MALANDRE, coup, blessure, ulcère. Comme on le voit, ce mot a beaucoup de rapport avec maladrerie, lieu où l'on retenait les lépreux (Voir notre Essai sur Neufchâtel, pag. 62 et suiv.).

MALE, marne. Une charte de 1318 fait mention de terres mallées de blanc malle pris et champ meismes, x toises en parfont (Etudes, etc., par M. L. Delisle, page 267).

MALER, marner. On disait autrefois mailler.

MAL-EN-TRAIN, souffrant. P. B.-N.

MALFAVEUR (coup de), mauvais coup, coup de maladresse.

MALGRÉ QUE, quoique.

MALHU, malheur.

MALHUREUX, malheureux. P.

MALIÈRE, trou d'où l'on tire le mâle.

MAL INCOMMODE, fort incommode.

MALINE (fièvre), fièvre maligne; on l'appelle aujourd'hui fièvre ataxique.

MALON, morceau de marne.

MAL-SAINT N.... (être tenu du), expression dont se servent les bonnes femmes pour désigner diverses maladies, en conseillant d'aller en pélerinage au saint dont le malade est tint, afin qu'il soit guéri.

MAN, mon; devant une consonne.

MANANT, misérable, homme sans délicatesse.

MANCHONS, MANCHERONS. Voy. Hames; de manica, manche. H.-N.

MANGE-TOUT (des), espèces de petites fèves dont on mange les cosses au moment de la formation du grain.

MANIQUET, selle de femme, couverte d'une peau de mouton. Les meuniers se servent aussi de maniquets pour leurs chevaux, mais ils sont recouverts de peaux de veau et n'ont point de dossier.

MANJURE, démangeaison. Ex.: J'ai manjure à la tête.

MANS, larves du hanneton. B.-N.

MAQUE-ÉPAIS, gourmand.

MAQUER, manger; en parlant des animaux.

MAQUER, manger; nourriture des animaux.

MARCHER, parcourir. Ex.: Avez-vous marché les terres de la ferme? H.-N.

MARCOU, chat mâle. B.-N.

MARETTE, petite mare. P.

MARGANNER. V. Déganer.

MARGAU, fille d'une conduite équivoque.

MARGOTON, Marguerite.

MARGOUILLER, mâcher, manger malproprement.

MARGOULETTE, bouche d'enfant. B.-N.

MARGUITE, Marguerite.

MARICAUDER, noircir le visage ou les habits; de l'espagnol mascarar ou de l'italien mascharare.

MARICHA, maréchal ferrant.

MARJOLLES, chair rouge qui pend sous le bec des dindons et des coqs. Se dit aussi des hommes très-gras, en parlant de leur double ou triple menton. B.-N.

MARMOUZETS, statues.

MARONNER, MARMONNER, murmurer en secret. P.

MAROTE, Marie. H.-N.

MARQUE. Le bois de charpente se mesure à la marque. On en distingue de deux sortes: 1o la grande marque, qui contient 300 chevilles, et la petite marque, qui n'en renferme que 96. La grande marque égale 0,71 décistères, et la petite marque, 0,23.

MARS (faire les), se livrer aux travaux agricoles du printemps.

MARS EN CARÊME (arriver comme), arriver à propos; c'est une corruption de marée en carême.

MARTIAU, marteau. P.

MASIÈRE, bord d'un bois, d'un fossé, etc. P.

MASURE. On désigne ainsi tout herbage attenant à une habitation. Cette expression est commune dans les actes des XIIe et XIIIe siècles.

MASTOQUE, lourdaud. P.

MATÉRAUX, matériaux. H.-N.

MATIFAS, mortier fait de chaux, de sable et de bourre.

MATIN, juron; mauvais drôle.

MATINES, livre d'heures à l'usage des laïques.

MATINEUX, matinal, qui se lève matin.

MATTE, martre.

MATTES, lait coagulé par suite de la chaleur de l'été. B.-N.

MATTES (fond de). Ce qu'on désigne ainsi est en réalité le dessus des mattes, auxquelles se trouve mêlé un peu de fleurette.

MATTONNÉ (temps), couvert de petits nuages arrondis. H.-N.

MAU, mou. P.

MAUCŒURANT, qui fait mal au cœur. P.

MAUGRAI, malgré, P. C'est le vieux mot français maugré.

MAUVAISETÉ, méchanceté. P.

MAUVIAR, espèce de merle.

MÉCANIQUE, appareil adapté aux voitures et destiné à ralentir leur marche, dans les descentes, au moyen d'une vis.

MÉCHANT, pauvre. Ex.: C'est un méchant porte-balle. B.-N.

MÉCREDI, mercredi. On le prononçait ainsi au XVIIe siècle. P.

MÉDECHIN, médecin.

MEIGLE, petit lait.

MÊLE, merle.

MÊLES, nèfles. B.-N. Cette dénomination est ancienne.

MÊLIER, néflier. B.-N.

MELLE, merle. B.-N.

MÊLI-MÊLO, mic-mac. B.-N.

MÊME CHOSE (la), de même, pareillement. Ex.: J'irai la même chose dimanche.

MÉMÉRE, grand'mère, femme qui a de l'embonpoint. P.

MÉNAGER, petit cultivateur. P. Meuble en bois où l'on dispose les plats et les assiettes.

MENDRE, faible. Ex.: Cet enfant est bien mendre. Peu important. Ex.: On punit pour la mendre faute. Vient de moindre, minor.

MENON, chat.

MENTIRIE, mensonge. P.

MENTÊCHE (c')? comment est-ce? B.-N.

MÈRE-MAQUETTE (baptême de la), Angelus de midi, dont le son annonce l'heure du dîner.

MÉRIENNE, méridienne.

MÉROTTE (petite), femme petite et replète.

MERQUER, marquer, tacher.

MÉS, mes; devant une consonne.

MESANGLE et MÉSANGUE, mésange.

MÊT, espèce d'auge en planches dans laquelle on pétrit le pain et où on le serre, quand il est cuit. B.-N. P.

MESURE (à), de temps en temps. P.

MÉTIER DE (avoir), avoir besoin de. Ex.: J'aurais métier de partir demain.

MEULE, amas de gerbes qu'on garnit d'une couverture, en attendant que les bâtiments de la ferme soient libres pour recevoir les gerbes ainsi amassées.

MEURDRIR, meurtrir, H.-N. P. En 1408, on paya quatre sous deux deniers au geôlier des prisons du Pont-de-l'Arche pour avoir nourri en prison, pendant vingt-quatre jours, un porc qui avait muldri et tué un petit entant, et qui, en expiation de ce crime, fut pendu à un des poteaux de la Justice du Vaudreuil (Etudes, etc., par M. L. Delisle, p. 107).

MEURISON, maturité. P.

MI, moi. P.

MI-AOUT, quinze août. La manière dont on prononce généralement ce mot rappelle cette réflexion de M. de Bellièvre: «Il me semble entendre miauler des chats, disait-il, lorsqu'on prononce autour de moi la MI-A-OU pour la MI-OU.»

MIDI (sur les), vers midi.

MIE, point. Ex.: On ne peut mie siffler et bâiller en même temps. P.

MIETTE (une), un peu. P.

MIEUX (au), très-bien.

MIGOT, provision.

MIGOT (pommes de), pommes de dessert qu'on conserve pour l'hiver et le printemps.

MIGOTER (faire), faire bouillir un mets doucement; placer des fruits dans la paille pour les faire mûrir, après qu'ils sont cueillis.

MIGNARD, enfant gâté.

MIGNARD (faire le). Se dit d'un enfant qui demande à être caressé.

MILICE (être), être la dupe.

MIN, mon. P.

MINABLE, misérable, qui inspire la pitié. B.-N.

MINETTE, lupuline. P. Chatte.

MINNE (grande), mesure de pommes contenant huit boisseaux. La petite minne n'en contient que six.

MINNUIT, minuit. H.-N.

MINON, chat.

MINUTE! dans un moment.

MIOCHE, petit garçon. B.-N.

MIONNER, manger avidement un morceau de pain.

MIOT (un), un peu. B.-N.

MIOTS, miettes. B.-N.

MIOUT (la). La fête de l'Assomption de la sainte Vierge, la mi-août.

MIREUX, miroir. H.-N.

MISTIGRI, nom donné an valet de trèfle.

MITAN, moitié, milieu. Les auteurs assignent diverses origines à ce mot. M. André de Poilly le fait venir de deux mots grecs: ÊMI pour ÊMISU et TAMUÔ, diviser par moitié. M. l'abbé Corblet croit qu'il vient du tudesque MITTAN, milieu. M. Auguste Le Prevost le tire de MEDIETAS, le milieu. Quoi qu'il en soit, Monet nous apprend que cette expression était généralement admise en 1636.

MITON, poire à manger, précoce.

MITONNÉE (soupe), soupe dans laquelle le pain a bouilli. H.-N.

MITONNER (faire), faire bouillir lentement. H.-N.

MITOUCHE (singe), hypocrite. On a fait venir ce mot de saint-n'y-touche. H.-N.

MIYEU, meilleur.

M'N, mon; devant une voyelle. P. «Nos paysans, dit M, Alfred Darcel, dans ses notes sur la Chanson de Roland, poème du XIe siècle, disent me n'épée pour ma n'épée avec l'n euphonique. Les lettrés disent et écrivent mon épée pour mo n'épée avec cette lettre euphonique. Or, lequel a raison? du paysan qui, sans changer le genre de l'adjectif, arrive á l'euphonie en intercalant une lettre dont il indique la raison d'être, ou du lettré qui en change le genre, sans garder par l'écriture aucune trace de l'origine de ce changement. M'est avis que c'est le paysan (Revue de Rouen, année 1851, page 448).»

MO, mon.

MODEUSE, modiste. H.-N.

MOIDOUX, moisson.

MOIDOUX (être dans le), être entré dans le temps de la moisson; dans le mois d'août.

MOIDOUX (faire), travailler à la moisson.

MOIE. Voy. Meule. P.

MOGNON, moignon.

MOIGNAU, moineau.

MOISILLON. On désigne sous le nom de moisillons les filles de la ville qui portent robes et rubans, cherchant à prendre des airs de grandes dames auprès des villageoises.

MOISON, maison, de mansis. P.

MOISSE, portion de lait que la vache donne en une seule fois.

MOISSON, moineau.

MOLACHE, faible, flexible.

MOLLE, botte de cercles dont le nombre diminue en proportion que les cercles sont plus grands. Cette expression était en usage dans le moyen-âge.

MOLLET (un petit), un peu.

MOLLIR, baisser de prix. Ex.: Le blé a molli à la halle. B.-N.

MOLTON, étoffe de laine.

MOMENT (du), en ce moment. H.-N.

MONCORNE, mélange de pois, de vesce, d'orge et d'avoine qu'on sème au printemps. L'usage de ce mélange de semences est ancien; il en est question dans une charte de 1199, duas acras de mancorn'; il est aussi question, dans le cartulaire de la Trinité de Caen, de 80 acres de mancor. A défaut de renseignements, M. L. Delisle avait pensé qu'il fallait peut-être entendre par mancor le blé-méteil (Etudes, etc., page 320).

MON DIEU (être hors des), ni beau, ni laid.

MONGNAN, chaudronnier ambulant. Ce mot vient peut-être, par quelque chemin détourné, de l'italien magnano, serrurier.

MONGNE, soufflet. Ex.: Donnez-lui une mongne, s'il pleure.

MONGNER, donner des mongnes.

MONNÉE, blé qu'on porte au moulin, ou farine qu'on en rapporte. B.-N.

MONNIER, meunier.

MONSIEU, monsieur.

MONT, tas, monceau. P.

MONTARDE, moutarde. Un professeur du collége des jésuites, à Dijon, mit un jour l'énigme suivante au tableau: Multùm tardat Divio rixam. L'inscription parut séditieuse, mais chaque mot expliqué calma les jugements prématurés: multùm, moult (vieux mot français qui signifie beaucoup), tardat, tarde, Divio, Dijon, rixam, noise; ce qui donne: Moutarde dijonnoise (Glossaire des Noels bourguignons, de Bernard de la Monnoye, au mot Moutarde.)

MONTEUX (pied), pied gauche du cheval, du côté qu'on monte.

MONTON, mouton.

MONTRER, enseigner. Ex.: Je lui montrerai l'algèbre.

MORCET, morceau.

MORCIAU, morceau.

MORDIENNE (à la bonne), simplement, sans façon.

MORFILE (avoir du), se dit d'un couteau dont le taillant n'a pas été adouci par la pierre, après avoir été aiguisé sur la meule.

MORICAUD, noir.

MORNIFLE, soufflet.

MORZIEU! espèce de juron.

MOUCHES A MIEL, abeilles. Lorsqu'il meurt une personne dans la maison de celui qui possède des ruches, on a l'habitude de placer à chaque ruche un morceau de tissu noir, afin de faire faire le deuil aux abeilles, sans quoi, dit-on, elles mourraient. Nous ignorons ce qui a pu donner lieu à cette crédulité; mais nous pouvons assurer que nous avons eu la preuve qu'elle ne reposait sur aucun fondement.

MOUCHET, amas, monceau. B.-N.

MOUCHEUX, mouchoir.

MOUCHEUX-DE-COS, cravate.

MOUCHIAU, monceau.

MOUFFLES, gros gants de peau dont on se sert pour se préserver les mains en coupant les épines et en réparant les haies. B.-N.

MOUFLU. Se dit d'un pain ou d'un gâteau bien levé. P.

MOUILLES, moules.

MOULÉ. Imprimé. H.-N.

MOULÉE, sciure de bois.

MOUQUE, mouche.

MOUQUE-A-MIET, mouche à miel, abeille.

MOUQUER, moucher. Ex.: Mouquez la chandelle.

MOUQUERON, moucheron.

MOURMAUD, morose.

MOURON, salamandre terrestre. B.-N.

MOUSIEU, monsieur.

MOUSIEU (poire de), bonne à manger; précoce.

MOUSSE (rose), rose moussue.

MOUTARD, petit garçon.

MOUTE, chatte. H.-N.

MOUTON, poire à manger; assez précoce.

MOUTURE, orge ou avoine moulus grossièrement pour donner dans l'étable aux porcs ou autres bestiaux. D'après M. L. Delisle, on entendait, au moyen-âge, par mouture, le blé de qualité moyenne (Etudes, etc., p. 520.)

MOUVETTE, cuiller de bois qui sert à remuer les sauces. B.-N.

MOUYEU, noyau de noix, de cerise, etc.

MOYEN (être), être faible, malade.

M' S', mes; devant une voyelle.

MUCHER, cacher. P. Du vieux verbe musser.

MUCHE-TAN-POT (à), en cachette. D'après M. Hécart, ce mot vient de ce que certains marchands vendaient de la bière à meilleur marché que leurs confrères; mais comme ils ne payaient pas de droit, il fallait l'emporter en cachette, mucher san pot. P.

MUCRE, humide. B.-N.

MUID, tonneau contenant quarante-deux veltes.

MULE. Voy. Meule.

MULETTE, estomac intérieur.

MULON. Voy. Meule.

MULOT, pomme à cidre; précoce.

MURES, fruits de la ronce. Nous croyons voir là un fait à l'appui de l'opinion de M. L. Delisle qui, en donnant le détail des arbres et arbustes de la Normandie, au moyen-âge, se demande si la ronce ne se serait pas appelée mûrier (Etudes, etc., page 358).

MURISON, maturité. P.

MUSETTE, musaraigne; petit mammifère qu'on regarde à tort comme dangereux.

MUSOTTER, s'occuper à peu de chose.

MUYEU, meilleur.