Le 8 Décembre.
Le temps était plus doux aujourd'hui, et j'ai repris mon ouvrage; mais il m'est arrivé un accident, dont je n'ai fait d'abord que rire, et qui pouvait cependant avoir des suites fâcheuses. J'avais déjà enlevé beaucoup de neige, et je croyais approcher de la fin de mon travail, lorsque le monceau que j'avais rejeté au-dessus de ma tête s'est éboulé sur moi, et m'a couvert tout entier. Mon grand-père, qui venait de rentrer dans le chalet, ne pouvait se douter de rien, parce qu'il m'avait donné les directions nécessaires pour me préserver de cet accident; je les avais négligées, et je ne l'ai pas appelé d'abord, de peur de l'effrayer; j'espérais me tirer d'affaire moi-même. Je suis, en effet, parvenu à dégager ma tête, mais c'est tout ce que j'ai pu faire sans secours. Après m'être longtemps agité inutilement, parce que la neige n'offrait pas à mes pieds une base dure et solide, j'ai été forcé d'appeler mon grand-père à mon aide.
Il est venu tout alarmé, et s'est traîné péniblement jusqu'à la place où j'étais presque enseveli. Quand un de mes bras s'est trouvé libre par son secours, j'ai été bientôt dégagé, mais j'aurai de la peine à obtenir qu'il me laisse continuer ce travail, dont mon étourderie aura seule empêché le succès.