X
— Un aide, père Martin ! c’est déjà bien du changement dans votre vie !
— Du changement ? oh ! si peu ! Il y avait trop de pratiques !
— Tant mieux, père Martin ! trop de travail enrichit !
Et il sourit aussi, comme sa femme.
Du changement ? il ne comprend pas. Non, elle n’est point changée, son existence ; voilà bien la place, l’église et la fontaine, les mêmes choses, les mêmes bruits, les mêmes paroles. Des morts qui passent, sous le drap noir ; des enfants que l’on va baptiser. Les hommes marchent, les souliers s’usent. Tac ! tac ! pan, pan ! mais cela va finir. La maison va se construire. Elle se construit, elle monte. Voici déjà tout le premier étage… On en parle dans le pays ! La maison du père Martin ?… Elle masquera la vue de la plaine à la maison du notaire, qui n’est pas content. Encore quelques jours, brave homme, et à force de besogner, tu auras gagné le jour du repos ! Besogne ! besogne ! Elle chante clair, la fontaine ! Demain tu ne l’entendras plus. Le bruit de ton marteau semble sonner la joie. La maison neuve a deux étages. Les maçons, sur les toits, contre la cheminée blanche, ont planté le drapeau, orné d’un bouquet de laurier-rose ! Ton rêve est réalisé ! Ta maison est debout. Ton drapeau flotte, ma foi ! comme celui de la mairie aux jours des fêtes ! Allons, Martin ! paie aux maçons bouteille ! Choisis pour cela un dimanche, un beau, un bon dimanche, et qu’on baptise la maison !…
… Tu ne tireras plus l’alène et tu peux poser ton marteau !