SCENE II.

ARMILLE, qui a entendu ce qu'il a dit.

Sa colere l'emporte.

EVANDRE.

Il l'entend assez bien.

ISMENIE.

Vous nous trouvez brouillez.

ARMILLE.

Madame, il me le semble,
Quand je vous ay quittez vous estiez mieux ensemble;
Et d'où vient, s'il vous plaist, que vous estes si mal?

ISMENIE.

Il s'est imaginé qu'il avoit un rival,
Et depuis ce temps là je l'ay treuvé si rare
Qu'Evandre vous dira qu'il vaut mieux que Tenare,
Pour moy je l'ayme mieux.

EVANDRE.

Il me plaist plus aussi.

ARMILLE.

Si bien que l'un & l'autre ont fort bien reussi,
Vrayment j'en suis bien ayse estant cause en partie
Du plaisant entretien qui vous a divertie.

ISMENIE.

Je le confesse, Armille, & je vous en sçay gré,
Vous ne pouviez me plaire en un plus haut degré:
Mais quitons ce discours, & me dites de grace
Si mon frere & le Roy sont venus de la chasse?

ARMILLE.

Oüy, Madame, & de plus par moy fort bien instruits
De l'humeur des Messieurs que je vous ay produits.

ISMENIE.

Où les avez vous veus?

ARMILLE.

Dans la cour de l'Ovale;
Mais quand je suis venuë ils montoient à la salle.

ISMENIE.

Allez les donc chercher vous qui les gouvernez.

EVANDRE.

Qui, Madame?

ISMENIE.

Vos fous, & nous les ramenez.

EVANDRE.

Pour Tenare il accourt, si je puis le connestre,
C'est luy, reste à treuver son fantasque de maistre,
Qui ne manquera pas à se faire prier.