CHAPITRE LIX.

[163]Cf. Jean le Bel, Chron., t. II, chap. LXXI et LXXII, p. 75 à 80.

[164]D’après Michel de Northburgh (Hist. Ed. III, p. 136), Édouard III arriva à Poissy la veille de l’Assomption (14 août) 1346.

[165]Le château de Montjoie était situé dans la forêt de Marly; il venait d’être démoli lorsque Ducange publia son Dictionnaire. V. cet ouvrage au mot Mons Gaudii.

[166]Le premier soin d’Édouard III, dès qu’il fut arrivé à Poissy, fut de faire travailler à la reconstruction du pont rompu par les Français, pont dont il avait besoin pour passer sur la rive droite de la Seine. Un certain nombre de gens d’armes à la tête des contingents fournis par les villes environnantes et notamment par la Commune d’Amiens, essayèrent, sans doute suivant l’ordre du roi de France, de s’opposer à cette reconstruction. Cette tentative échoua: les Français furent repoussés, après avoir perdu cinq cents des leurs, par le comte de Northampton (Hist. Ed. III, p. 136 et 137). Telle est la version de Michel de Northburgh rapportée par Robert d’Avesbury. La mention des gens d’armes de la Commune d’Amiens dans ce récit, d’ailleurs un peu différent de celui de Froissart, indique clairement que le clerc d’Édouard III a voulu parler de la même affaire que Jean le Bel (Chroniques, t. II, p. 77) auquel le chroniqueur de Valenciennes a emprunté cet épisode. Seulement, nous voyons, grâce au témoignage d’un témoin oculaire et, qui plus est, d’un ennemi, que Jean le Bel s’est trompé en reprochant durement à Philippe de Valois (p. 76) de n’avoir rien fait pour s’opposer à la reconstruction du pont de Poissy par les Anglais; et Froissart a eu raison de ne pas reproduire les critiques injustes et passionnées adressées à cette occasion par le chroniqueur liégeois au roi de France.

[167]D’après Michel de Northurgh (Hist. Ed. III, p. 137), Édouard III partit de Poissy pour s’avancer en Beauvaisis et passa la Seine le 16 août, le lendemain de l’Assomption. Philippe de Valois fut grossièrement dupe d’une feinte d’Édouard III, auquel l’archevêque de Besançon vint apporter à Poissy des lettres de défi de la part du roi de France. Ces lettres de défi, datées de Saint-Denis le 14 août 1346, ne nous sont connues que par une mauvaise traduction latine conservée à Oxford; et elles ont été publiées par M. Kervyn de Letthenhove (t. IV de son édition de Froissart, p. 496 et 497). Dans ces lettres, Philippe de Valois proposait la bataille à son adversaire, soit entre Saint-Germain-des-Prés et Vaugirard, soit entre Francheville et Pontoise, pour le jeudi, le samedi, le dimanche ou le mardi suivant. Le rusé monarque anglais, voyant à qui il avait affaire, se contenta de répondre pour le moment de vive voix qu’il se disposait à prendre le chemin de Montfort (Montfort-l’Amaury, Seine-et-Oise, ar. Rambouillet), où on pouvait le venir chercher. En même temps, pour donner plus sûrement le change sur la direction qu’il était résolu à prendre, l’habile stratégiste chargeait son fils le prince de Galles, établi à Saint-Germain-en-Laye, de menacer l’ouest et même le sud de Paris, comme si les Anglais eussent voulu passer la Bièvre et la Seine en amont de Paris: de là les incursions à Saint-Cloud, à Boulogne et à Bourg-la-Reine. Le roi de France tomba dans le piége que son adversaire lui tendait: il alla se poster avec le gros de ses forces au pont d’Antony pour défendre le passage de la Bièvre au moment même où le roi anglais, exécutant, le mercredi 16 août, un rapide mouvement rétrograde, franchissait la Seine sur le pont refait de Poissy. Le lendemain jeudi 17 août, quand le tour fut joué, Édouard III adressa de Grandvilliers une hautaine et ironique réponse aux lettres de défi de Philippe de Valois où il lui dit: «... nous ne sommes mie avisés d’estre tailliés par vous, ne de prendre de vous lu et jour de bataille.» Ces curieuses lettres d’Édouard III à Philippe de Valois, dont le texte est, comme on le voit, en français, sont conservées dans les Archives du collége de Corpus Christi, à Cambridge; elles ont été publiées, d’après une copie de M. Snell, par M. Kervyn de Lettenhove (t. IV de son édition de Froissart, p. 497 et 498). Une collation de ce document, faite par M. Riley, apporte au texte de M. Kervyn d’importantes corrections (t. V de son édition, p. 551). Cf. Grandes Chroniques, éd. in-12, t. V, p. 457, et le continuateur de Nangis, éd. de Géraud, t. II, p. 199.

[168]Jean le Bel (Chron., t. II, p. 77) et tous les manuscrits de Froissart, à l’exception de celui de Rome, appellent cette abbaye Saint-Messien. Cette leçon n’est pas aussi absolument mauvaise qu’on pourrait le croire au premier abord, car les restes de saint Messien (sanctus Maximianus) reposaient à côté de ceux de saint Lucien, son compagnon, dans l’abbaye de ce nom, de l’ordre de Saint-Benoît, diocèse et ville de Beauvais. En réalité, le feu ne fut mis qu’au faubourg de l’Hôtel-Dieu et n’atteignit que très-faiblement l’abbaye de Saint-Lucien.

[169]Oise, ar. Beauvais, c. Marseille-le-Petit.

[170]Cet évêque était le belliqueux Jean de Marigny, qui fut promu l’année suivante à l’archevêché de Rouen. V. Gallia christ., t. IX, col. 721.

[171]Oise, ar. Beauvais. D’après Michel de Northburgh (Ibid., p. 137 et 138), un engagement fut livré à Grandvilliers entre l’avant-garde de l’armée anglaise et des gens d’armes de la maison du roi de Bohême. Les Anglais eurent d’abord le dessous et perdirent Thomas Talbot; mais ils reprirent bientôt l’avantage grâce à un renfort amené par le comte de Northampton. Les Français eurent douze morts, huit blessés et furent poursuivis jusqu’à deux lieues d’Amiens.

[172]Oise, ar. Beauvais, c. Grandvilliers.

[173]Somme, ar. Amiens. Michel de Northburgh ne parle ni de l’incendie de Saint-Lucien et des faubourgs de Beauvais ni de la halte à Milly. D’après le clerc d’Édouard III (Ibid., p. 137), le roi anglais passa à Poix le lendemain de son départ de Poissy et n’y coucha point; cette place fut prise par l’arrière-garde de son armée, malgré les efforts de trois cents Français qui périrent en la défendant. D’après l’auteur de l’Histoire des maieurs d’Abbeville (p. 321), Oulphart de Ghistelles, chevalier flamand au service d’Édouard III, commandait les Anglais qui s’emparèrent du très-fort château de Poix.

[174]Somme, ar. Amiens, c. Molliens-Vidame, à trois lieues et demie O. N. O. d’Amiens et à la même distance S. E. d’Abbeville.

[175]Aujourd’hui Nampty-Coppegueule, Somme, ar. Amiens, c. Conty. Froissart reproduit un passage de Jean le Bel dont voici le texte: «Il (Philippe de Valois), se loga en une ville qu’on appelle Copegueule, qui siet à trois lieues prez de la cité d’Amiens...» Les copistes de Froissart prenant le premier u de Copegueule pour un n, le second u pour un i ou un y, et réunissant la dernière syllabe de ce mot: le, aux deux mots qui suivent: qui siet, ont été conduits à forger un nom de lieu imaginaire: Copegney ou Copegni le-qui-siet, imprimé d’ordinaire dans les éditions antérieures et aussi dans la nôtre: Copegni l’Equisiet. Copegny l’Equisiet est purement fictif et ne provient que d’une mauvaise lecture de trois mots de Jean le Bel: Copegueule qui siet; en réalité ce n’est pas autre chose que Copegueule, localité placée, comme le dit Jean le Bel, à environ trois lieues d’Amiens et à cinq ou six lieues d’Airaines où campait Édouard III. Le nom de cette localité, située précisément sur la route de Beauvais à Amiens que suivait Philippe de Valois, est défiguré sur la carte de Cassini sous la forme Coppeguette, mais il a été rétabli sous sa vraie forme sur la carte de l’état-major (feuille de Montdidier), et il s’est conservé jusqu’à nos jours dans le nom de la commune de Nampty-Coppegueule.

[176]Aujourd’hui Longpré-les-Corps-Saints, Somme, ar. Abbeville, c. Hallencourt.

[177]Somme, ar. Abbeville, c. Ailly-le-Haut-Clocher. Le pont de l’Étoile (Somme, ar. Abbeville, c. Picquiguy) ayant été rompu, les Anglais essayèrent vainement de passer la Somme en amont d’Abbeville à Hangest et à Pont-Remy, où ils furent repoussés par le roi de Bohême. (Histoire chronologique des maieurs d’Abbeville, p. 321.)

[178]Somme, ar. Abbeville, c. Hallencourt.

[179]Somme, ar. Abbeville, c. Ailly-le-Haut-Clocher.

[180]Somme, ar. Amiens.

[181]D’après Jean le Bel (Chron., t. II, p. 80 et 81), le roi de France alla directement de Coppegueule (aujourd’hui Nampty-Coppegueule) à Airaines, sans passer par Amiens.

[182]Le Vimeu, ancien pagus Vimnaus, s’étendait entre la Somme et la Brêle; Saint-Valery-sur-Somme en était la ville principale.

[183]Aujourd’hui hameau de la comm. d’Offoy, Somme, ar. Péronne, c. Ham.

[184]Somme, ar. Amiens, c. Oisemont.

[185]Aujourd’hui Mareuil-Caubert, Somme, ar. et c. Abbeville. Cette localité est à quelque distance de la rive gauche de la Somme, à une demi-lieue au sud d’Abbeville; il n’y avait pas d’abbaye proprement dite, comme l’indique Froissart, mais seulement un prieuré dépendant de l’abbaye de Breteuil. L’église de Saint-Christophe de Mareuil figure en 1164 au nombre des biens, situés dans le diocèse d’Amiens, dont l’évêque Thierri confirme la possession à l’abbaye de Breteuil, au diocèse de Beauvais. V. le Gallia Christiana, t. X, Instrumenta, col. 263.

[186]Une attaque fut aussi dirigée contre Abbeville par le comte de Warwick et Godefroi de Harcourt, mais elle fut vigoureusement repoussée par le mayeur Colard Le Ver, V. Hist. d’Abbeville, par F. C. Louandre, éd. de 1844, t. I, p. 222 et 223.

[187]Somme, ar. Amiens, à quatre lieues au sud d’Abbeville. Le grant hospital dont parle Froissart était une commanderie de Saint-Jean de Jérusalem. M. Joachim Ambert, auteur d’une assez volumineuse dissertation sur la bataille de Crécy (Paris, 1845, petit in-8 de 144 pages avec une carte) croyant que ces mots: grant hospital désignent un hospice, croit retrouver cet hospice dans un enclos situé à Vismes qui porte aujourd’hui le nom de Maladrerie (V. p. 71 de son mémoire). On est exposé à ces méprises quand on croit pouvoir interpréter les textes en ancien français sans avoir appris suffisamment cette langue. Charles V, accordant en novembre 1372 certains priviléges à Oisemont en Vimeu, dit qu’il lui a été exposé «par nostre amé et féal conseiller le prieur et les frères de l’ordre de l’ospittal de Saint-Jehan de Jherusalem ou prieuré de France, et leurs hommes et subgiés les habitants de la ville d’Oysemont en Vimeu, que, vint et six ans a ou environ, ladite ville, laquelle estoit lors moult notable et bien peuplée, et y avoit bon marchié deux jours chascune sepmaine, et en laquelle nostre prevost de Vimeu tient son siège et ses plais deux fois la semaine, fut pieça, quant les Anglois ennemis de nostre royaume chevauchèrent par ledit pais en venant de Normandie à Calais.... arse, gastée et destruite, et pluseurs des habitans d’icelle les aucuns mors, et les autres prins et raenconnès par les dis ennemis.» (Arch. nat., JJ103, fº 142 vº, p. 304.)

[188]Saint-Valery-sur-Somme, Somme, ar. Abbeville.

[189]Passage de la Somme situé entre Abbeville et Saint-Valery, à une lieue et demie de l’une et l’autre de ces villes, en face des communes de Noyelles-sur-Mer et de Port-le-Grand, sur la rive droite, de Mons et de Saigneville, sur la rive gauche. Ce passage, autrefois le seul guéable en aval d’Abbeville, tire son nom, d’après Froissart, d’un amas de marne blanche qui forme à marée basse un atterrissement au milieu du cours de la rivière; il a été appelé quelquefois par corruption Blanquetade. «Cassini s’est trompé, dit M. F. C. Louandre, en plaçant le gué de Blanquetaque à l’embouchure de la Somme, au-dessus du Crotoy. Ce que les marins nomment Blanquetaque, c’est-à-dire tache blanche, est le point le plus apparent de la falaise crayeuse qui forme, au-dessus de Port-le-Grand, une longue bande de couleur blanche. C’est donc à douze ou quinze cents mètres environ, à l’aval de ce village, que nous devons placer l’endroit où se trouvait ce passage. Sur tous les points de la Somme, depuis Port-le-Grand jusqu’au Crotoy, le fond de la rivière est mobile comme ses flots: chaque marée le creuse ou l’exhausse alternativement; mais le gué de Blanquetaque n’a jamais varié. Dans les longues guerres du moyen âge, il a toujours servi de passage aux nombreuses armées qui ravagèrent le pays. Aujourd’hui, comme au temps de Gobin Agache, ce gué «est à gravier de blanche marle, fort et dur, sur quoi on peut fermement charrier.» Mais maintenant le fleuve est entièrement guéable depuis Port-le-Grand jusqu’à Noyelles.» (Dissertation sur la bataille de Crécy, par F. C. Louandre, dans la Revue anglo-française, t. III, p. 248). Le rédacteur des Grandes Chroniques est d’accord avec la tradition immémoriale du pays sur la position du gué de Blanquetaque: «il (le roi d’Angleterre) laissa son disner et s’en desparti et s’en ala à Saigneville, au lieu qui est dit Blanchetache» (éd. in-12, t. V, p. 459 et 460); Saigneville (Somme, ar. Abbeville, c. Saint-Valery-sur-Somme) est situé sur la rive gauche de la Somme, précisément en face de Noyelles et de Port-le-Grand.

[190]D’après Michel de Northburgh (Hist. Ed. III, p. 138), Édouard III passa la Somme le jour de la Saint-Barthélemy (24 août) 1346.

[191]Somme, ar. Abbeville, c. Ailly-le-Haut-Clocher.

[192]Somme, ar. Abbeville. Rue, sur la rive gauche de la Maye, se composait de deux paroisses, l’une sous le titre du Saint-Esprit, et l’autre sous celui de Saint-Wulphy.

[193]Aujourd’hui Montreuil-sur-Mer, chef-lieu d’arrondissement du Pas-de-Calais.

[194]Somme, ar. Abbeville, c. Rue.

[195]D’après Michel de Northburgh, le roi de France avait ordonné cinq cents hommes d’armes et trois mille gens des Communes pour garder le passage. Le combat fut acharné, puisque deux mille gens d’armes furent tués du côté des Français; en outre, beaucoup de chevaliers et d’écuyers furent faits prisonniers, et ceux qui parvinrent à s’échapper furent poursuivis jusqu’aux portes d’Abbeville.

[196]La rédaction d’Amiens ou seconde rédaction est la seule, comme l’a fait remarquer M. Rigollot, qui mentionne (p. [398]) cette blessure de Godemar du Fay (V. Mémoires de la Société des antiquaires de Picardie, t. III, p. 140). Godemar du Fay, qui avait sous ses ordres Jean de Picquigny, le sire de Caumont et Jean du Cange, trésorier des guerres, paraît avoir recommencé le combat entre Noyelles-sur-Mer et Sailly-le-Sec (Somme, ar. Abbeville, c. Nouvion-en-Ponthieu), sur la route d’Abbeville, où l’on découvre encore journellement, disait M. Seymour de Constant en 1831, des sarcophages entourés d’une grande quantité d’ossements épars. (V. Mémoire sur le plan et la position des deux armées à la bataille de Crécy, par le baron Seymour de Constant, p. 12. Abbeville, 1831, in-18 de 46 pages, avec une carte). Jean du Cange, que nous voyons chargé de défendre avec Godemar du Fay les passages de la Somme, devait connaître à fond le pays, car l’abbé de Corbie ayant demandé la permission d’établir un système de ventailles (écluses) en certains relais de la Somme et de faire payer un droit aux navires profitant de ces écluses, Philippe de Valois enjoignit en mars 1343 «à son amé vallet Jehan du Cange» de faire une enquête (Arch. nat., JJ74, p. 427, fº 246). L’insuccès de l’affaire de Blanquetaque ne fit encourir aucune disgrâce à Jean du Cange, qui était trésorier des guerres et gouverneur du comté de Ponthieu en décembre 1346 (Arch. nat., JJ100, fº 51, p. 151.)

[197]Aujourd’hui Noyelles-sur-Mer, Somme, ar. Abbeville, c. Nouvion-en-Ponthieu. Noyelles est à deux lieues et demie N. O. d’Abbeville. D’après M. F. C.T198 Louandre (Hist. d’Abbeville, éd. de 1844, t. I, p. 227), la plaine entre Noyelles et Port s’appelle encore aujourd’hui Blanquetaque.

[198]Froissart, en disant que la comtesse d’Aumale était sœur de Robert d’Artois, reproduit une erreur de Jean le Bel (Chron., t. II, p. 84). Catherine d’Artois, qui, dans un vidimus du 12 février 1347 où elle confirme la charte de commune de Ponthoile, prend le titre de «dame de Noyelles et de Pontoilles,» veuve en 1342 de Jean II de Castille-Ponthieu, comte d’Aumale, était fille, et non sœur, de Robert d’Artois. Blanche sa fille, mariée en 1340 à Jean de Harcourt, était nièce de Godefroi de Harcourt. (Bibl. nat., dép. des mss., collection de dom Grenier, vol. 214, fº 250.)

[199]Michel de Northburgh parle en ces termes de la prise et du pillage du Crotoy: «Et mesmes le jour (jeudi 24 août) mounsignour Hugues le Despenser prist la ville de Crotoie, et luy et sa gent tuèrent illesques quatre cens hommes d’armes et tendrent la ville et trouvèrent graunt plenté du vituailles» (V. Robert d’Avesbury, Hist. Ed. III, p. 138). Les archives du Crotoy ne furent pas plus épargnées que les habitants, car Philippe de Valois, confirmant en décembre 1346 une charte de priviléges octroyée en 1209 par Guillaume, comte de Ponthieu et de Montreuil, motive ainsi cette confirmation: «comme par souffiants relation nous soit apparu que les lettres et priviléges de Crotoy et de Maioc aient esté arses ou perdues par la venue du roi d’Angleterre nostre ennemi ou de ses gens, ou mois d’aoust derrain passé.» Arch. nat., JJ100, fº 51, p. 151.

[200]D’après Michel de Northburgh, Édouard III se tint sur le bord de la Somme pendant toute la journée du jeudi 24 août, et même il y coucha dans la nuit du 24 au 25, afin d’être en mesure d’empêcher le roi de France qui le suivait de passer à son tour au gué de Blanquetaque; mais Philippe de Valois n’osa tenter le passage en face de toute l’armée anglaise et prit la direction d’Abbeville.

[201]D’après le clerc d’Edouard III, le roi anglais passa la journée du vendredi dans la forêt de Crécy; il y a donc lieu de penser que passant par l’ancien chemin Vert et par Forest-l’Abbaye (Somme, ar. Abbeville, c. Nouvion-en-Ponthieu) il traversa la forêt de Crécy dans la partie comprise entre le Titre et la vieille ferme sise à Crécy qu’on nomme le Donjon.