CHAPITRE LX.
[202]Cf. Jean le Bel, Chron., t. II, chap, LXXII, p. 85 à 93. Aux études spéciales sur la bataille de Crécy déjà citées dans les notes qui précèdent, nous croyons utile d’ajouter l’indication des ouvrages suivants qui nous ont été obligeamment communiqués par notre confrère M. A. Demarsy:
- 1º Une troisième édition de la brochure déjà citée de M. le baron Seymour de Constant, augmentée de quelques observations sur un mémoire récemment publié par M. Ambert. Abbeville, Jeunet; Paris, Dumoulin; 1851, in-18 de 95 pages.
- 2º Notice historique sur Crécy, par M. de Cayrol; extrait des Mémoires de la Société d’Émulation d’Abbeville, 1836 et 1837.
- 3º Itinéraire au Champ de bataille de Crécy, lu à la Société des Sciences morales le 2 décembre 1836 par l’abbé Caron et publié après sa mort par le docteur Boucher. Versailles, 1849, in-8.
- 4º Études historiques sur Édouard III, Philippe de Valois et la guerre de 1346, par de Pongerville; articles publiés dans le Journal de l’instruction publique et reproduits dans la Picardie, nº du 15 septembre 1855.
[203]Ce bois est celui de Crécy-Grange qui figure encore aujourd’hui au Dictionnaire des Postes comme écart de la commune de Crécy-en-Ponthieu; il est situé un peu au nord du bourg de Crécy et de la commune de Wadicourt, à égale distance de ces deux localités. «Après avoir laissé la forêt de Crécy sur la gauche, l’armée anglaise avait pris position sur une hauteur, en appuyant son aile droite à Crécy et étendant sa gauche du côté de Wadicourt. Elle dominait ainsi, devant son front, un ravin en pente douce, nommé la Vallée des Clercs; cette excellente position militaire, défendue, du côté de Crécy, par plusieurs rideaux placés l’un sur l’autre, en escalier, devient un peu plus accessible en s’éloignant de ce bourg, et peut être tournée du côté de Wadicourt. Afin d’obvier à cet inconvénient, le roi d’Angleterre barricada sa gauche avec des palissades et des chariots, laissant néanmoins une ouverture pour sortir et entrer quand il serait temps; plaça son bagage derrière lui, dans le bois, à gauche du chemin qui conduit de Crécy à Ligescourt; fortifia ce bois avec des abatis, et fit ainsi de son poste un vaste camp retranché que protégeait encore la petite rivière de Maie qui coule dans la vallée de Crécy.» (Hist. d’Abbeville, par F. C. Louandre, t. I, p. 229.) Dans cette position, l’armée anglaise était retranchée sur sa droite, sur sa gauche et sur ses derrières. Édouard III ayant son extrême gauche un peu au delà de Wadicourt, à cheval sur l’ancienne chaussée Brunehaut d’Abbeville à Hesdin qui depuis la bataille du 26 août a reçu dans le pays le nom de Chemin de l’armée, Édouard III pouvait en cas d’échec opérer sa retraite par ce chemin en allant passer l’Authie à Ponche.
[204]La mention de cet ordre, empruntée à Jean le Bel (p. 91), ne se trouve que dans le manuscrit d’Amiens (p. [406]).
[205]D’après la tradition du pays, Philippe de Valois, trompé par un faux rapport, se dirigea d’abord, en quittant Abbeville, vers Noyelles, dans l’espérance d’acculer les Anglais au milieu des marais de l’Authie. Ce ne fut qu’après avoir fait deux lieues sur cette route qu’il acquit la certitude qu’Édouard se trouvait à Crécy. Ce qui est certain, c’est que la route qui conduit d’Abbeville à Noyelles, porte encore le nom de Chemin de Valois; et il n’est pas un habitant du pays qui ne vous dise, si vous l’interrogez, que cette désignation vient du passage de Philippe de Valois. (V. Itinéraire à Crécy, par l’abbé Caron, p. 18, et Bataille de Crécy, par le baron Seymour de Constant, 3e éd., p. 67).
[206]Ce passage de la première rédaction (p. [174]), supprimé dans la seconde (p. [413] et [416]), est emprunté presque textuellement à Jean le Bel (Chron., t. II, p. 89); on le retrouve dans la troisième rédaction (p. [415] et [416]) modifié de la manière suivante: «Ce que j’en ai écrit, je l’ai su par des chevaliers anglais qui assistèrent à cette bataille et étudièrent avec grand soin les mouvements des Français: ce furent Jean Chandos et Barthélemy de Burghersh et, du côté des Français, le sire de Montmorency et des chevaliers de la suite de monseigneur Jean de Hainaut, car ces deux hauts barons tinrent pendant toute cette journée la bride du cheval du roi de France.»
[207]«Tous les historiens, dit l’abbé Caron, tous les chroniqueurs qui ont décrit la bataille de Crécy rapportent qu’Édouard échelonna son armée sur la colline après l’avoir divisée en trois corps distincts qui formaient trois lignes ou, comme on disait alors, trois batailles, qu’il donna à son fils, le prince de Galles, alors âgé de quinze ans seulement, le commandement de la première bataille ou de la première ligne qui occupait la partie inférieure de la colline, et qu’il se réserva la direction de la troisième ligne située sur la partie la plus élevée. A l’aspect des lieux, il est facile de reconnaître ces dispositions de l’armée anglaise. Les trois lignes de bataille sont encore tracées sur le terrain, et séparées les unes des autres par des rideaux ou tertres de gazon qui se prolongent sur toute l’étendue de la colline et que dans le pays on appelle raidillons. On les a conservés intacts, et sans les mettre en culture. Ils servent aujourd’hui à soutenir les terres du champ de bataille qu’on cultive.» (Itinéraire au champ de bataille de Crécy, p. 31.)
[208]Il existe encore entre le bois de Crécy-Grange et la Vallée-aux-Clercs un moulin qui, d’après la tradition locale, aurait servi de poste d’observation à Édouard pendant la bataille. Ce moulin, du haut duquel la vue s’étend sur toute l’étendue de la Vallée aux Clercs, «porte, dit un savant du pays qui l’a visité, le cachet de la vétusté, et il est le seul des environs d’une construction aussi solide, établi sur une embase de grès taillés, désigné par l’histoire et par la tradition comme le moulin d’Édouard» (Bataille de Crécy, par le baron Seymour de Constant, 3e édit., Abbeville, 1851, p. 60).—«La tour de ce moulin, dit M. l’abbé Caron, a cinq pieds d’épaisseur.» (Itinéraire au champ de bataille de Crécy, Versailles, 1849, p. 34.)
[209]Nous avons ici, comme l’a bien vu M. Rigollot (Mém. de la Soc. des Antiq. de Picardie, t. III, p. 135, 180) la version anglaise de la bataille de Crécy; la version française de cette même bataille, empruntée presque textuellement à Jean le Bel, n’est donnée que par le ms. d’Amiens ou seconde rédaction; nous pensons seulement, à l’encontre du savant antiquaire d’Amiens, que la version anglaise est antérieure à la version française (V. notre introduction au premier livre, en tête du t. I de cette édition). Si Froissart a reproduit de préférence sa première version, malgré la couleur anglaise qui la distingue, dans le manuscrit de Rome, c’est sans doute parce que le chroniqueur de Valenciennes semble avoir composé sa troisième rédaction surtout pour faire disparaître de son premier livre ses emprunts trop textuels à Jean le Bel, ce que nous appellerions aujourd’hui ses plagiats.
[210]Ce chiffre semble exagéré. Le nombre de six mille donné par Villani, particulièrement bien informé quand il s’agit des mercenaires italiens au service de la France, est plus vraisemblable. D’après le chroniqueur florentin, on avait fait venir ces Génois de Harfleur où ils formaient l’équipage de trente-trois galées ancrées dans ce port; ils étaient sous les ordres de Charles Grimaldi et d’Ayton Doria. L’arme des Génois était l’arbalète à manivelle, machine pesante et d’un maniement assez compliqué qui lançait des quarreaux ou viretons.
[211]Cet incident, rapporté aussi par les continuateurs des Chroniques de Nangis et de Saint-Denis, mais passé sous silence par Villani, n’est mentionné que dans les première et troisième rédactions; Froissart l’a supprimé dans le manuscrit d’Amiens ou seconde rédaction.
[212]Ce passage du ms. d’Amiens, qui nous fournit la version française de la bataille de Crécy, n’est que la reproduction presque textuelle, sauf une addition relative à l’emploi de canons par les Anglais, du texte de Jean le Bel (Chron., t. II, p. 87 à 89). Le chroniqueur liégeois lui-même tenait ce récit de Jean de Hainaut qui fut toute cette journée à la bride du cheval du roi de France.
[213]Cette mention de l’emploi de canons par les Anglais à la bataille de Crécy, qui ne se trouve que dans la seconde rédaction de Froissart, est confirmée par le continuateur des Chroniques de Saint-Denis et par Villani; ce dernier donne aux canons des Anglais, au nombre de trois selon le chroniqueur de Saint-Denis, le nom de bombardes. «Un des canons très-curieux, dit M. Louandre, dont les Anglais firent usage à Crécy, et qui était conservé à la Tour de Londres, fut retrouvé presqu’entier parmi les décombres, après l’incendie de cette Tour en 1841 (voir le Journal des Débats du 8 novembre 1841).» (Hist. d’Abbeville, éd. de 1844, t. I, p. 236, en note.) D’un autre côté, on lit dans le Courrier de la Somme du 5 septembre 1850: «Samedi dernier, M. Davergne, cultivateur, a trouvé en labourant sur le champ de bataille de Crécy, un boulet en fonte du poids de 560 grammes, d’une circonférence de 24 centimètres; il est tout détérioré par la rouille.»
[214]L’arme des archers anglais était l’arc simple ou arc à main qui lançait la flèche ou saiette (sagitta). D’après Villani, les archers anglais, pour un quarreau d’arbalète que les Génois avaient lancé, leur décochaient trois saiettes. Les Anglais, au quatorzième siècle, s’étaient si bien approprié le maniement de l’arc à main que Gaston Phœbus, comte de Foix, dans son Traité de la chasse, l’appelle arc turquois ou anglais et renvoie à l’école des Anglais ceux qui veulent s’y perfectionner. Dans les miniatures des manuscrits des Chroniques de Froissart où l’on a représenté la bataille de Crécy, notamment dans les beaux mss. du quinzième siècle provenant de la collection du seigneur de la Gruthuse, on a très-bien marqué la différence des arbalètes à manivelle si massives des Génois et des arcs à main si légers et si commodes des Anglais.
[215]Miles VI du nom, seigneur de Noyers et de Vendeuvre, maréchal, porte-oriflamme et grand bouteiller de France, ne fut pas tué à Crécy; il mourut fort âgé au mois de septembre 1350. (V. Anselme, Hist. généal., t. VI, p. 648.)
[216]Sans doute Raismes, Nord, ar. Valenciennes, c. Saint-Amand-les-Eaux.
[217]Les qualifications mises entre crochets ne se trouvent que dans le ms. de Rome (p. [420]). On avait cru jusqu’à présent que Froissart, en donnant à Jean de Bohême le prénom de Charles, avait reproduit une erreur de Jean le Bel: le roi de Bohême a-t-il été réellement rebaptisé sous le prénom de Charles, ainsi qu’on le lit dans la rédaction de Rome; ou le chroniqueur de Valenciennes a-t-il essayé de pallier après coup une erreur qu’il avait commise? Nous laissons à des érudits plus complétement renseignés que nous le soin de choisir entre cette alternative.
[218]Le savant Sinner, dans son Catalogus codicum mss. bibliothecæ Bernensis (t. II, Berne, 1770, p. 220 à 241), décrivant le ms. donné en 1697, à la bibliothèque de Berne, par le comte Alexandre de Dohna, et trouvant dans ce ms. le nom de ce chevalier écrit: le Moyne de Bascle, avait émis l’opinion qu’il appartenait à une illustre maison de Bâle, en Suisse, appelée le Moyne; mais la forme Bascle n’est donnée que par une dizaine de manuscrits de la même famille; ce nom est écrit: Basèle, Baselle et même Baselée dans tous les autres manuscrits (V. p. [412]). Il est aujourd’hui démontré que l’habile et courageux chevalier dont les sages conseils, si on les eût suivis, auraient sauvé l’armée française à Crécy, était originaire de l’ancien comté de Luxembourg. Un Alard de Basailles (en latin: de Basellis) figure en 1307 parmi les feudataires de Henri, comte de Luxembourg, auquel il prête serment de foi et hommage en promettant de le servir envers et contre tous, excepté l’évêque de Liége (Bibl. nat., dép. des mss., fonds latin, nº 10163, fº 67 vº). Il y avait au moyen âge deux seigneuries et deux châteaux de Bazeilles, l’un sur l’Otain (Meuse, ar. et c. Montmédy), l’autre sur la rive droite de la Meuse à 3 kil. E. S. E. de Sedan (Ardennes, ar. et c. Sedan). L’héroïque compagnon d’armes de Jean de Luxembourg à Crécy devait tirer son nom et son origine du Bazeilles voisin de Sedan, car un «Obertin de Baseilles» est cité dans un acte du 11 juin 1359 parmi les hommes de fief de la châtellenie de Bouillon. (V. Table chronologique des chartes de l’ancien comté de Luxembourg, par Fr. X. Wurth-Paquet, Luxembourg, 1869, in-4º, p. 65.) D’après M. Jeantin, cité par M. Kervyn (t. V de son édition des Chroniques de Froissart, p. 475 et 476), les seigneurs de Bazeilles devaient ce surnom de moine à leur cimier qui portait un moine ou un hermite tenant un chapelet. Le nom du petit village de Bazeilles se trouve ainsi associé d’une manière glorieuse à deux des plus grands désastres de notre histoire.
[219]Une croix, nommée dans le pays Croix de Bohême, sise à Fontaine-sur-Maye, sur le Chemin de l’Armée, rappelle l’endroit où est mort Jean de Bohême.
[220]L’écuyer dont il s’agit ici est Lambert IV de Dammartin de Warfusée, seigneur d’Oupeye, dont le père, Lambert III, maréchal de l’évêque et prince de Liége, était mort le 1er janvier 1346 (n. st.). On voit par un acte du 11 juin 1359 que Lambert d’Oupeye était prévôt de Bouillon. (V. Table chronol. des chartes du Luxembourg, in-4º, 1869, p. 65.)
[221]Charles IV, fils de Jean de Luxembourg, roi de Bohême, avait été élu roi des Romains le 11 juillet 1346.
[222]Buhot est un mot de l’ancien français, qui s’est conservé dans divers patois et notamment dans le patois normand, et qui désigne ici une sorte d’étui où reposait l’extrémité de la hampe.
[223]Auj. Belgique, prov. Luxembourg, ar. Bastogne.
[224]Nord. ar. Avesnes, c. Quesnoy.
[225]Pas-de-Calais, ar. Montreuil-sur-Mer, c. Hesdin. Labroye, par où le roi de France vaincu se replia sur Amiens, est un peu à l’est de Crécy. L’armée anglaise était adossée au petit bois de Crécy-Grange, appuyant sa droite au bourg de Crécy et à la Maye, son centre au fameux moulin à vent, sa gauche à Wadicourt; son front dominait la Vallée des Clercs, principal théâtre de l’action. L’armée française tournait le dos à Labroye, sa gauche formée par les Génois en avant de Fontaine, vis-à-vis la Vallée des Clercs, son centre à Estrées, sa droite à la ferme de Branlicourt voisine de Labroye. C’est ce qui explique pourquoi, lorsque la gauche et le centre de l’armée française, c’est-à-dire les Génois et le comte d’Alençon, eurent été mis en déroute par le prince de Galles et les archers anglais, Philippe de Valois, qui commandait la droite, opéra sa retraite par le château de Labroye.
[226]Jean V de Harcourt, comte d’Aumale, fils de Jean IV, comte de Harcourt tué à Crécy, fut seulement blessé dans la bataille du 26 août 1346: le roi Jean le fit décapiter en 1355.
[227]D’après l’Art de vérifier les dates (t. II, p. 778) Jean de Châtillon, comte de Saint-Paul, serait mort avant 1344, et son fils et successeur Gui V était trop jeune en 1346 pour se battre à Crécy.
[228]Ce châtelain, nommé Jean Lessopier, dit Grand-Camp, était entièrement dévoué à Philippe de Valois.
[229]La section du chemin d’Abbeville à Hesdin située entre Marcheville et Wadicourt, qui longe la Vallée-des-Clercs, s’appelle encore le Chemin de l’armée. L’écrasement dont parle Froissart eut lieu sans doute au fond du ravin qui donne accès dans la Vallée des Clercs du côté de Wadicourt en un lieu-dit nommé par les gens du pays le Marché à Carognes.
[230]Cette indication concorde bien avec la situation topographique des deux armées. L’armée française, développant ses lignes parallèlement au Chemin de l’armée avec Crécy pour objectif, avait la face tournée vers l’ouest; et comme le combat commença vers quatre heures de l’après-midi, elle devait avoir le soleil dans les yeux.
[231]Nicolas Roger, archevêque de Rouen, oncle du pape Clément VI, ne fut pas tué à Crécy; il mourut à Avignon en 1347. (V. Gallia Christiana, t. XI, col. 79.)
[232]La plaine, où s’était engagé le fort du combat, nommée auparavant Bulecamp ou Bulincamp, prit du recensement des morts fait par ces clercs le nom de Vallée-aux-Clercs qu’elle porte encore aujourd’hui. On y voit deux larges fosses, l’une à l’angle formé par cette vallée et celle de la Maye, l’autre près d’un ravin descendant de la colline où se trouvaient les Anglais. (V. Histoire généalogique des comtes de Ponthieu et maieurs d’Abbeville, par Jacques Sanson, en religion frère Ignace, p. 334. Paris, 1657, in-fol. Cf. Itinéraire, etc., par l’abbé Caron, p. 36, et Notice historique sur Crécy, par de Cayrol, Compiègne, 1836, p. 6.)]
[233]Nous ignorons quel est ce prélat. Michel de Northburgh se trompe en rangeant parmi les morts l’évêque de Nîmes et l’archevêque de Sens. (Hist. Edw. III, p. 139.)
[234]Ce chiffre est, selon toute vraisemblance, très-exagéré. Northburgh porte le nombre des morts, pour le samedi 26, à 1542, non compris les fantassins et gens des communes, pour le dimanche 27, à 2000; or le clerc d’Édouard III a dû augmenter plutôt qu’atténuer les pertes des Français.
[235]Raoul, duc de Lorraine; Charles, comte du Perche et d’Alençon; Louis de Châtillon, comte de Blois; Louis, dit de Nevers et de Crécy, comte de Flandre; Jean IV, comte de Harcourt; Jean II, comte d’Auxerre et de Tonnerre; Louis II, comte de Sancerre; Simon, comte de Salm, succombèrent en effet à Crécy. Jean V de Harcourt, comte d’Aumale, fut seulement blessé, comme nous l’avons dit plus haut. En revanche, on peut ajouter à la liste, donnée par Froissart, des grands seigneurs tués à Crécy, Henri IV, comte de Vaudemont, gendre du roi de Bohême, et Jean V, comte de Roucy.
[236]Il était dans la destinée de Jean de Bohême d’être aussi errant après sa mort que pendant sa vie. Quoi qu’en aient dit les auteurs de l’Art de vérifier les dates (t. III, page 458, note 1), le cœur seul de Jean de Luxembourg a dû être déposé dans l’église des Dominicaines de Montargis, dont une tante de ce prince était prieure et une autre religieuse. Les restes de ce preux, déposés provisoirement dans l’abbaye de Valloires (auj. couvent de la comm. d’Argoules, Somme, ar. Abbeville, c. Rue), furent transportés, du vivant de l’empereur Charles son fils, en grande pompe, à Luxembourg et inhumés dans la crypte des Bénédictins d’Altmunster, près Luxembourg, puis dans l’église des Récollets, ensuite dans celle de Munster au Grunt, d’où le vandalisme révolutionnaire les fit passer dans le cabinet d’antiquités de M. Buch Buchmann, propriétaire d’une faïencerie près de Trèves; ils se trouvent aujourd’hui à Castel, à une lieue et demie environ au sud de Saarburg (Prusse, prov. Bas-Rhin, rég. Trèves). V. le beau livre de M. le professeur Schœtter, Johan, graf von Luxemburg und könig von Böhmen. Luxemburg, Bück, 1865.
[237]Maintenay ou Maintenay-Roussent, Pas-de-Calais, ar. Montreuil-sur-Mer, c. Campagne-lès-Hesdin, sur la rive droite de l’Authie, à 13 kil. S. S. E. de Montreuil. Maintenay n’était pas une abbaye, comme le dit Froissart, mais un prieuré du diocèse d’Amiens.
[238]Aujourd’hui Vieil-Hesdin, Pas-de-Calais, ar. Saint-Pol-sur-Ternoise, c. le Parcq, à une l. E. S. E. de la ville moderne de Hesdin fondée, comme on sait, en 1554, par Charles-Quint.
[239]Pas-de-Calais, ar. et c. Montreuil-sur-Mer.
[240]Aujourd’hui Beaurain-Château, hameau de la commune de Beaurainville, Pas-de-Calais, ar. Montreuil-sur-Mer, c. Campagne-lès-Hesdin.
[241]Aujourd’hui Blangy-sur-Ternoise, Pas-de-Calais, ar. Saint-Pol-sur-Ternoise, c. le Parcq.
[242]Pas-de-Calais, ar. et c. Montreuil-sur-Mer.
[243]Pas-de-Calais, ar. Montreuil-sur-Mer.
[244]Pas-de-Calais, ar. Montreuil-sur-Mer, c. Samer.
[245]Aujourd’hui hameau et château de la commune de Condette, Pas-de-Calais, ar. Boulogne-sur-Mer. La forêt de Hardelot, marquée sur la carte de Cassini, contenait encore, en 1667, douze cent vingt arpents et vingt verges; les bois de Boulogne-sur-Mer, situés un peu plus au N. E., contenaient à la même époque quatre mille quatre cents arpents environ. V. Les forêts de la Gaule, par A. Maury, éd. de 1867, p. 177.
[246]Pas-de-Calais, ar. Boulogne-sur-Mer, c. Marquise.
[247]Abbaye d’hommes de l’ordre de Cîteaux, au diocèse d’Amiens, à trois l. N. O. de cette ville; aujourd’hui couvent et château de la commune de Crouy, Somme, ar. Amiens, c. Picquigny. Le célèbre manuscrit du premier livre des Chroniques de Froissart, qui fait aujourd’hui partie de la bibliothèque de la ville d’Amiens, le seul qui nous ait conservé la seconde rédaction du premier livre de notre chroniqueur, provient de l’abbaye du Gard.
CHRONIQUES
[248]Mss. B 4, 3, fº 87 vº.—Ms. B 1: «que ne.» Mauvaise leçon.
[249]Mss. B 4, 3, fº 87 vº.—Ms. B 1 (lacune).
[250]Ms. B 3, fº 90 vº.—Mss. B 1, 4 (lacune).
[251]Mss. B 4, 3, fº 88 vº.—Ms. B 1, fº 133 vº (lacune).
[252]Ms. B 4, fº 88 vº.—Mss. B 1, 3, fº 134 (lacune).
[253]Mss. B 4, 3, fº 89.—Ms. B 1, fº 134 vº (lacune).
[254]Mss. B 4, 3, fº 89.—Ms. B 1 (lacune).
[255]Mss. B 4, 3, fº 89.—Ms. B 1 (lacune).
[256]Mss. B 4, 3, fº 89.—Ms. B 1, fº 135 (lacune).
[257]Mss. B 4, 3, fº 89 vº.—Ms. B 1 (lacune).
[258]Mss. B 4, 3.—Ms. B 1 (lacune).
[259]Mss. B 4, 3, fº 89 vº.—Ms. B 1 (lacune).
[260]Ms. B 4, fº 90 vº.—Mss. B 1, 3, fº 137 (lacune).
[261]Ms. B 4: «ly ennemis en parloient.» Fº 90 vº.
[262]Mss. B 4, 3, fº 91 vº.—Ms. B 1, fº 138: «devant Hembon.» Mauvaise leçon.
[263]Ms. B 3, fº. 95.—Mss. B 1, 4: «que.» Fº 139 vº.
[264]Mss. B 4, 3, fº 92 vº.—Ms. B 1, fº 139 vº (lacune).
[265]Mss. B 4, 3.—Ms. B 1: «et furent pris devant le barrière en bon convenant.»
[266]Ms. B 4, fº 92 vº.—Ms. B 1, fº 140 (lacune).
[267]Mss. B 4, 3.—Ms. B 1: «baron.» Mauvaise leçon.
[268]Ms. B 4.—Ms. B 1 (lacune).
[269]Ms. B 4: «veurrent.» Fº 93.—Ms. B 3: «volurent.» Fº 94 vº.
[270]Mss. B 4, 3, fº 93.—Ms. B 1, fº 140 vº (lacune).
[271]Mss. B 4, 3, fº 93 vº.—Ms. B 1, fº 141 vº: «avoient.» Mauvaise leçon.
[272]Mss. B 4, 3, fº 93 vº.—Ms. B 1, fº 141 vº: «l’arriegade.» Mauvaise leçon.
[273]Mss. B 4, 3, fº 94.—Ms. B 1 (lacune).
[274]Ms. B 3, fº 95 vº.—Ms. B 1, fº 142: «quatre tans.»—Ms. B 4: «quatre contre ung.» Fº 94.
[275]Mss. B 4, 3, fº 94.—Ms. B 1, fº 142: «l’ost.» Mauvaise leçon.
[276]Mss. B 4, 3, fº 94 vº.—Ms. B 1, fº 142 vº: «savoient.» Mauvaise leçon.
[277]Mss. B 4, 3, fº 94 vº.—Ms. B 1: «sannable.» Mauvaise leçon.
[278]Mss. B 4, 3, fº 95.—Ms. B 1, fº 143 vº (lacune).
[279]Ms. B 3, fº 96 vº.—Mss. B 1, 4: «sannables.» Mauvaise leçon.
[280]Ms. B 4: «samblable.» Fº 95.—Ms. B 3: «semblablement.» Fº 97.
[281]Mss. B 4, 3, fº 95 vº.—Ms. B 1, fº 144 (lacune).
[282]Mss. B 4, 3, fº 96.—Ms. B 1, fº 144 vº (lacune).
[283]Mss. B 4, 3, fº 96.—Ms. B 1, fº 145 (lacune).
[284]Mss. B 4, 3.—Ms. B 1 (lacune).
[285]Mss. B 4, 3, fº 96.—Ms. B 1, fº 145 vº (lacune).
[286]Ms. B 3, fº 98: «de Laigle.»—Mss. B 1, 4: «Laille.» Fº 145 vº.
[287]Mss. B 4, 3, fº 96 vº.—Ms. B 1, fº 145 vº: «conte.» Mauvaise leçon.
[288]Ms. B 3, fº 98.—Mss. B 1, 4: «Lescuc.» Mauvaise leçon.
[289]Mss. B 4, 3, fº 96 vº.—Ms. B 1, fº 145 vº (lacune).
[290]Mss. B 4, 3.—Ms. B 1 (lacune).
[291]Mss. B 4, 3, fº 97.—Ms. B 1, fº 147: «contes.» Mauvaise leçon.
[292]Ms. B 3, fº 100 vº.—Ms. B 1, fº 148 vº: «Piereguis.»
[293]Mss. B 4, 3, fº 98 vº.—Ms. B 1: «la Montgis.»
[294]Mss. B 4, 3, fº 98 vº.—Ms. B 1: «trairoient.» Fº 148 vº.
[295]Ms. B 3, fº 100 vº.—Ms. B 1, fº 148 vº: «Pieregnis.»—Ms. B 4, fº 98 vº: «Pierogorth.»
[296]Ms. B 4, 3, fº 98 vº.—Ms. B 1, fº 139: «s’aploit.» Mauvaise leçon.
[297]Mss. B 4, 3.—Ms. B 1: «la Montgis.»
[298]Ms. B 3, fº 101 vº.—Ms. B 1, fº 149 vº: «Pieregnis.»—Ms. B 4, fº 99: «Pieregorth.»
[299]Ms. B 3, fº 102.—Mss. B 1, 4, fº 149 vº: «Lescuc.» Mauvaise leçon.
[300]Mss. B 4, 3, fº 100.—Ms. B 1, fº 151 (lacune).
[301]Ms. B 4, fº 101.—Ms. B 1 (lacune). Fº 152 vº.—Ms. B 3: «s’ilz laissoient.» Fº 103 vº.
[302]Mss. B 4, 3, fº 101.—Ms. B 1, fº 153 (lacune).
[303]Mss. B 4, 3, fº 101.—Ms. B 1, fº 153: «savoient.» Mauvaise leçon.
[304]Ms. B 3, fº 103 vº.—Mss. B 1, 4: «de Pennebruc.» Fº 153.
[305]Mss. B 1, 3, 4: «Herbi! Herbi!» Fº 153 vº.
[306]Mss. B 1, 3, 4: «il.»
[307]Mss. B 4, 3, fº 102.—Ms. B 1, fº 154 (lacune).
[308]Mss. B 4, 3.—Ms. B 1 (lacune).
[309]Mss. B 4, 3, fº 103 vº.—Ms. B 1, fº 155 vº (lacune).
[310]Ms. A 2, fº 119 vº.—Mss. B 1, 3, 4, fº 155 vº: «Sainte Basille.» Mauvaise leçon.
[311]Mss. B 4, 3, fº 105 vº.—Ms. B 1, fº 159 vº (lacune).
[312]Mss. B 4, 3, fº 106.—Ms. B 1, fº 160 (lacune).
[313]Mss. B 4, 3, fº 107.—Ms. B 1, fº 162 (lacune).
[314]Mss. B 4, 3, fº 107.—Ms. B 1, fº 162 (lacune).
[315]Mss. B 4, 3, fº 107 vº.—Ms. B 1, fº 162 vº (lacune).
[316]Ms. B 4, fº 107 vº.—Ms. B 1: «malmenés.» Mauvaise leçon.
[317]Ms. B 4: «besongnoit.» Fº 107 vº.
[318]Ms. B 4, fº 108: «hamer.»
[319]Ms. B 4: «tourblés.» Fº 108 vº.—Ms. B 3: «courroussé.» Fº 112.
[320]Ms. B 4, fº 109.—Mss. B 1, 3, fº 165 vº: «vendre.» Mauvaise leçon.
[321]Mss. B 4, 3, fº 109.—Ms. B 1, fº 165 vº: «mère.» Mauvaise leçon.
[322]Mss. B 4, 3, fº 110.—Ms. B 1, fº 166 vº (lacune).
[323]Mss. B 4, 3, fº 110.—Ms. B 1, fº 167 (lacune).
[324]Mss. B 4, 3, fº 111.—Ms. B 1: «commencent.» Fº 168 vº.
[325]Ms. B 3, fº 115.—Mss. B 1, 4, fº 168 vº (lacune).
[326]Mss. B 4, 3, fº 111 vº.—Ms. B 1, fº 169 (lacune).
[327]Ms. B 3, fº 115 vº.—Mss. B 1, 4, fº 169 vº (lacune).
[328]Ms. B 3, fº 116.—Mss. B 1, 4, fº 170 (lacune).
[329]Ms. B 3, fº 116: «en peu de temps.»
[330]Ms. B 3: «de Valoigne.» Fº 119 vº.—Mss. B 1, 4: «Davaloigne.» Fº 175.
[331]Mss. B 4, 3, fº 116.—Ms. B 1, fº 175 vº: «leurs.» Mauvaise leçon.
[332]Mss. B 1, 3, 4, fº 176 vº (lacune).
[333]Mss. B 4, 3, fº 116 vº.—Ms. B 1, fº 177 (lacune).
[334]Mss. B 4, 3, fº 116 vº.—Ms. B 1, fº 177 (lacune).
[335]Ms. B 3: «et là feit venir le conte de Hantiton.» Fº 121.—Mss. B 1, 4: «le fist venir li contes.» Fº 177. Mauvaise leçon.
[336]Mss. B 4, 3, fº 117 vº.—Ms. B 1, fº 178 (lacune).
[337]Mss. B 4, 3, fº 117 vº.—Ms. B 1, fº 178: «fussent.» Mauvaise leçon.
[338]Mss. B 4, 3, fº 118 vº.—Ms. B 1, fº 180: «avoit.» Mauvaise leçon.
[339]Ms. de Rome, fº 115.—Mss. A et B: «Messien.» Mauvaise leçon.
[340]Mss. B 4, 3, fº 109.—Ms. B 1, fº 180 (lacune).
[341]Ms. B 3, fº 123 vº.—Mss. B 1, 4, fº 180: «gardaissent.» Mauvaise leçon.
[342]Mss. B 4, 3, fº 109.—Ms. B 1, fº 180 vº (lacune).
[343]Mss. B 4, 3, fº 119 vº.—Ms. B 1, fº 181: «avoient.» Mauvaise leçon.
[344]Mss. B 4, 3, fº 120.—Ms. B 1, fº 182 (lacune).
[345]Mss. B 4, 3, fº 121.—Ms. B 1, fº 183 vº: «de.» Mauvaise leçon.
[346]Mss. B 4, 3, fº 122.—Ms. B 1, fº 185: «savoit.» Mauvaise leçon.
[347]Ms. B 3, fº 122.—Mss. B 1, 4: «isteroient.» Mauvaise leçon.
[348]Mss. B 4, 3, fº 122 vº.—Ms. B 1, fº 185 vº (lacune).
[349]Mss. B 4, 3, fº 122 vº.—Ms. B 1, fº 186 (lacune).
[350]Mss. B 4, 3, fº 122 vº.—Ms. B 1, fº 186 (lacune).
[351]Mss. B 4, 3, fº 124.—Ms. B 1, fº 188 (lacune).
[352]Ms. B 4, fº 124 vº.—Ms. B 1, t. II, fº 3 vº (lacune).
[353]Mss. B 4, 3, fº 125.—Ms. B 1, t. II, fº 3 vº: «amis.» Mauvaise leçon.
[354]Mss. B 4, 3.—Ms. B 1: «ennemis.» Mauvaise leçon.
[355]Ms. B 4, fº 125.—Ms. B 1, t. II, fº 4 (lacune).
[356]Mss. B 4, 3, fº 126.—Ms. B 1, t. II, fº 5 vº (lacune).
[357]Mss. B 4, 3, fº 126 vº.—Ms. B 1, t. II, fº 6 (lacune).
[358]Mss. B 4, 3, fº 127 vº.—Ms. B 1, t. II, fº 7 vº (lacune).
VARIANTES
[359]Ms. B 6: Et y avoit entre les Englès Gallois à piet qui ont usaige de poursievir ost, que on appelle pillars et rubaudaille; et portoient par usaige grandes coustilles: sy s’en venoient tout en muçant tout soiement entre leurs archiés et les gens d’armes. Fº 327.
[360]Ms. B 6: messire Mille de Noiiers, ung chevalier de Bourgongne, vaillant homme d’armes; mais il ala sy avant que luy et la banière demorèrent. Fº 329.
[361]Ms. B 6: et prist la banière du dessus dit seigneur, l’en ala porter entre les Englès, et là mourut; et fu la banière jettée par terre. Fº 330.
[362]Un feuillet du ms. du Vatican a été arraché en cet endroit; et l’intérêt exceptionnel qui s’attache à la bataille de Crécy, rend cette lacune doublement regrettable.
[363]Voy. l’introduction au premier livre, placée en tête du tome premier de notre édition, p. XXXV et XXXVII.
[364]Voy. sur ces miniatures l’intéressante brochure du docteur Alwin Schultz, Beschreibung der Breslauer Bilderhandschrift des Froissart, Breslau, 1869, in-4º de 19 pages avec la reproduction photographique d’une miniature et 6 dessins. Cf. J. E. Scheibel, Nadendilen von den Merkeowrdigkeilen der Rheingerschen Bibliotheck, Breslau, 1794.
[365]A la suite des dernières lignes du quatrième volume, on lit ces mots: «Cy fine le quart et dernier volume des Croniques messire Jehan Froissart touchant les histoires et advenues de France et d’Angleterre, grossé par David Aubert l’an de grace Nostre Seigneur 1468. Nul ne s’y frote. B. de Bourgogne.» (Nul ne s’y frote est la devise et B. de Bourgogne la signature autographe d’Antoine, bâtard de Bourgogne).