CHAPITRE LVI.
[100]Cf. Jean le Bel, Chroniques, chap. LXVI, p. 35 à 37.
[101]L’arrêt de bannissement, entraînant la confiscation des biens de Godefroi, est du 15 juillet 1344 (Arch. nat., sect. jud., X 8837, fº 204 vº). V. Delisle, Histoire du château et des sires de Saint-Sauveur-le-Vicomte, p. 56 et Preuves, p. 105. Valognes, 1867, in-8.
[102]L’exil de Godefroi semble avoir commencé au plus tard en 1343, comme en témoigne une charte originale datée du château d’Aerschot, le 6 mai de cette année. Godefroi possédait cette seigneurie du chef d’Alix de Brabant sa mère. V. Delisle, Ibid., p. 59 et Preuves, p. 96.
[103]Godefroi de Harcourt dut passer en Angleterre au commencement de 1345, car les lettres patentes par lesquelles Édouard III le prend sous sa protection et spéciale sauvegarde, sont du 13 juin de cette année. V. Rymer, Fœdera, vol. III, p. 44.
[104]Des lettres patentes datées de l’Écluse (en flamand Sluis) et conservées à Londres, au Record Office, que M. Kervyn de Lettenhove a publiées pour la première fois (Œuvres de Froissart, t. IV, p. 469 et 470), prouvent qu’Édouard III n’avait plus, à la date de ces lettres, c’est-à-dire le 19 juillet 1345, le projet de faire du prince de Galles un duc de Flandre; mais il serait peut-être téméraire d’en conclure, à l’exemple de l’érudit belge, que le roi anglais et Jacques d’Arteveld n’avaient jamais conçu le projet que leur prête Froissart.
[105]Édouard III s’embarqua à Sandwich pour l’Écluse le dimanche 3 juillet 1345 (Rymer, Fœdera, vol. III, p. 50). Nous voyons par une lettre d’Édouard III au vicomte de Lancastre que son voyage à l’Écluse avait été nécessité par les dangers qui menaçaient ses alliés en Flandre: «... ordinato nuper propter hoc passagio nostro supra mare, propter aliqua nova subita quæ venerunt nobis, super procinctu dicti passagii, de perditione terræ nostræ Flandriæ et quorumdam alligatorum nostrorum, nisi illuc statim personaliter veniremus.» Rymer, ibid., vol. III, p. 55.
[106]Le passage mis entre crochets appartient à la rédaction de Rome, la seule qui mentionne (p. 317) le rôle actif joué par le duc de Brabant dans le mouvement dont Jacques d’Arteveld fut victime. Cette addition du texte de Rome est de tout point conforme à la vérité historique. Une alliance intime, quoique secrète, fut conclue en 1345 entre le comte de Flandre et le duc de Brabant; et la main de ce dernier tendit habilement tous les fils de la trame où le grand agitateur des communes flamandes périt enveloppé.
[107]Ce Thomas Denis était sans doute de la même famille que Gérard Denys, alors doyen du métier des tisserands. Deux lignes des Comptes de la ville de Gand pour 1345, grattées avec soin et peut-être de la main de Gérard Denys lui-même, constatent que ce personnage distribua des sommes considérables aux ouvriers qui se mirent avec lui en grève (la grève ou le ledig-gang était défendue par les lois de la commune). V. Kervyn de Lettenhove, Œuvres de Froissart, t. IV, p. 472.
[108]Édouard III était de retour en Angleterre et débarqua à Sandwich le 26 juillet 1345. V. Rymer, Fœdera, vol. III, p. 53.
[109]L’alliance était redevenue étroite entre le roi d’Angleterre et les bonnes villes de Flandre dès le 8 septembre 1345. En effet, à cette date, Édouard III conclut un traité avec les communes flamandes sur la monnaie d’or dite la Noble qui devait avoir cours en Flandre et même y être frappée à son effigie (Rymer, Fœdera, vol. III, p. 59). Le 10 octobre de la même année, il donne pleins pouvoirs à Guillaume de Stury, à Thomas de Melcheburn et à Gilbert de Wendlynburgh, pour traiter de la confirmation des anciens traités qui stipulaient l’hommage de la Flandre à Édouard III, et en retour le devoir pour celui-ci de la protéger envers et contre tous (Rymer, ibid., p. 61).
[110]Staveren ou Stavoren, ville de Hollande, à l’extrémité S. O. de la province de Frise, ar. de Sneek, c. d’Hindelopen, sur le Zuiderzée. D’après la seconde rédaction (p. 105), l’expédition de Frise aurait commencé vers la Saint-Remi (1er octobre); et d’après la troisième rédaction (p. 322), la bataille de Staveren se serait livrée vers la Saint-Luc (18 octobre). Il résulte de plusieurs documents authentiques et contemporains que l’affaire de Staveren eut lieu en septembre 1345. V. Butkens, Trophées de Brabant, t. I, p. 433.
[111]Cette addition appartient en propre à la troisième rédaction et ne se trouve que dans le manuscrit de Rome (p. 323).
[112]Belgique, prov. Hainaut, ar. Charleroi, sur la rive droite de la Haine. Jeanne se remaria en 1347 à Wenceslas, duc de Luxembourg, frère de l’empereur Charles IV et fils de l’héroïque Jean de Bohême; elle succéda à son père Jean III dans le duché de Brabant en 1355. Lestinnes-au-Mont, dont Froissart fut curé grâce à la protection de Wenceslas et de Jeanne, n’est qu’à une lieue de Binche.
[113]Marguerite, impératrice des Romains, comtesse de Hainaut, Hollande, Zélande et dame de Frise, n’avait pas encore pris possession de son comté en mars 1346, car dans un acte qui porte cette date, on expose à un personnage que l’on nomme serenissime domine (sans doute l’empereur Louis de Bavière), la nécessité de faire arriver promptement l’impératrice Marguerite sa femme, pour prendre possession des comtés de Hollande, de Zélande et de la seigneurie des deux Frises (Archives du Nord, fonds de la Chambre des Comptes de Lille, B 803).
[114]Le 25 juin 1346 (Rymer, Fœdera, vol. III, p. 83), Édouard III nomme Thierri, seigneur de Montjoye et de Falkyngburgh (en français Fauquemont) son arbitre et le charge de régler les difficultés qui menacent de s’élever (... cum suboriri timeatur materia quæstionis) au sujet de la succession de Guillaume, comte de Hainaut, pour la part d’héritage qui revient à la reine Philippe sa femme. Ces difficultés, où Jean de Hainaut put prendre parti contre Édouard III, contribuèrent peut-être à pousser le seigneur de Beaumont dans le parti français. V. Rymer, ibid., p. 80.
[115]L’acte par lequel Jean de Hainaut, sire de Beaumont, se reconnaît vassal du roi de France, à cause des biens donnés par le dit roi en foi et hommage, est du 21 juillet 1346 (Cop. parch., Archives du Nord, fonds de la Chambre des Comptes de Lille, B 804).
[116]Par acte du 21 juillet 1346, Philippe, roi de France, mande à ses receveurs en Vermandois de payer à Jean de Hainaut, sire de Beaumont, une rente viagère à lui donnée en foi et hommage (Orig. parch., Archives du Nord, B 804). La pension que Jean de Hainaut toucha en Angleterre jusqu’à la fin de 1345, était de mille marcs.