CHAPITRE LVI.

1344. BANNISSEMENT DE GODEFROI DE HARCOURT.—1345. MORT DE JACQUES D’ARTEVELD ET DU COMTE DE HAINAUT.—1346. JEAN DE HAINAUT EMBRASSE LE PARTI DE PHILIPPE DE VALOIS[100] (§§ [236] à [240]).

Godefroi de Harcourt, frère du comte de Harcourt et sire de Saint-Sauveur-le-Vicomte en Normandie, s’attire la haine de Philippe de Valois qui le bannit du royaume[101]. Godefroi de Harcourt se réfugie d’abord en Brabant[102] auprès du duc Jean son cousin; plus tard il passe en Angleterre[103] où il fait hommage à Édouard III qui l’accueille favorablement et lui assigne une pension. P. [96] et [97], [313] et [315].

Alliance étroite d’Édouard III et de Jacques d’Arteveld qui entreprend de déshériter, non-seulement Louis, comte de Flandre, mais encore Louis de Male, le jeune fils du dit comte, et de faire ériger le comté de Flandre en duché au profit du prince de Galles[104], fils aîné du roi d’Angleterre. Edouard III et son fils viennent à l’Écluse[105] avec une flotte nombreuse pour mettre à exécution ce projet. Les tisserands de Gand [excités sous main par Jean, duc de Brabant[106], qui veut marier sa fille à Louis de Male], font alors de l’opposition à Jacques d’Arteveld qui périt un jour dans une émeute de la main d’un tisserand nommé Thomas Denis[107]. Édouard III est transporté de fureur en apprenant la fin tragique de Jacques d’Arteveld; il quitte l’Écluse et regagne son royaume[108]. Les bonnes villes de Flandre envoient alors des députés à Londres pour se disculper et calmer le ressentiment du roi anglais. Ces députés déclarent que le désir des Flamands est de marier le jeune Louis de Male, héritier présomptif de leur comté, à l’une des filles du roi d’Angleterre; celui-ci se tient pour satisfait et rend aux bonnes villes de Flandre son amitié[109]. P. [97] à [105], [315] à [321].

Siége et prise d’Utrech par Guillaume, comte de Hainaut. Ce prince entreprend une expédition contre les Frisons; il est battu et tué à Staveren[110]. «A la suite de ce désastre, les Frisons ne furent plus inquiétés jusqu’en 1396.... En cette année, sur une marche qu’on dit le Vieux Cloître, Guillaume, comte d’Ostrevant, fils du duc Aubert, vengea grandement la mort de son grand oncle Guillaume de Hainaut; il alla plus avant en Frise que personne ne fût allé auparavant, ainsi qu’il vous sera raconté et déduit ci-après en l’histoire, si moi Froissart, auteur et compilateur de ces Chroniques, puis avoir le temps, l’espace et le loisir, et que je m’en puisse voir suffisamment informé[111].» Après la mort du comte de Hainaut, Jeanne sa veuve, fille aînée du duc Jean de Brabant, se retire dans la terre de Binche[112] qui forme son douaire; et Jean de Hainaut, qui vient de s’échapper à grand peine des mains des Frisons, gouverne le comté en attendant que Marguerite de Hainaut, sœur du comte défunt et femme de l’empereur Louis de Bavière, prenne possession[113] de l’héritage de son frère. P. [105] à [107], [321] à [324].

En considération de son gendre le comte Louis de Blois, neveu du roi de France, et sur les instances des seigneurs de Fagneulles, de Barbenchon, de Senzeilles et de Ligny, Jean de Hainaut renvoie son hommage au roi d’Angleterre[114] et prête serment de fidélité à Philippe de Valois[115]. Le roi de France lui assigne une pension[116] pour le dédommager de la perte de celle qu’il touchait sur la cassette d’Édouard III. P. [107] et [108], [324] et [325].