CHAPITRE LXI.

[1] Cf. Jean le Bel, Chroniques, t. II, chap. LXXIII et LXXIV, p. 95 à 103.

[2] D’après Michel de Northburgh, chapelain et confesseur d’Édouard III, qui accompagnait ce prince dans l’expédition de 1346, les Anglais arrivèrent devant Calais le 2 septembre 1346. (Hist. Ed. III, par Robert de Avesbury, p. 140 et 141.) Ainsi le roi d’Angleterre mit le siége devant cette place forte une semaine seulement après sa victoire de Crécy. On nous permettra de citer ici une pièce d’une importance capitale, relative à l’incident le plus décisif de cette dernière bataille, que nous avons connue postérieurement à la publication du troisième volume de notre édition. En novembre 1375, des lettres de rémission furent octroyées à Pierre Coquet, âgé de cinquante ans, de l’Étoile (Somme, arr. Amiens, c. Picquigny), «du fait de la mort des Geneuoiz et autres estrangiers qui, après la desordenance qui fu sur la rivière de Somme quant Edwart d’Angleterre nostre adversaire et ses alliez passèrent la Blanche Tache, et au retour du conflict de la bataille de Crecy, trente ans a ou environ, avint en plusieurs lieux ou pais de Picardie, pour ce que renommée et voix publique couroit que yceulx Geneuois et estrangiers avoient tray le roy Phelippe nostre ayeul, que Dieu absoille, nostre dit ayeul fesist dès lors general remission et abolicion.... de ce que ou temps dessus dit ot aucuns des diz Geneuoys ou autres estrangiers occis, en la ville de l’Estoille sur la dite rivière de Somme, à une lieue de Lonc en Pontieu ou environ où il demouroit et encore demoure, par les habitanz d’icelle. (Arch. nat., sect. hist., JJ107, fº 150, p. 310.)

[3] D’après la plupart des manuscrits de Froissart, Jean de Vienne aurait appartenu à une famille de Champagne; mais c’est une erreur: le défenseur de Calais descendait d’une des plus illustres familles de Bourgogne. Jean de Vienne, de la branche des seigneurs de Pagny et de Seignelay, l’un des quatre fils de Jean de Vienne et de Jeanne de Genève, seigneur de Pollans et de Rothelanges, reçut le 14 novembre 1338 une pension sur le trésor royal de cent livres portée à trois cents le 17 septembre 1340 et à six cents en 1348; il mourut à Paris le 4 août 1361 (Anselme, hist. généal., t. VII, p. 806). Il faut bien se garder de confondre le héros du siége de Calais avec Jean de Vienne, amiral de France sous Charles V, de la branche des seigneurs de Rollans, de Clairvaux et de Listenois.

[4] Il s’agit sans doute ici de la rivière de Hem qui passe à Guines et vient se jeter dans la mer à Calais.

[5] Le pont de Nieuley se trouvait près de remplacement qu’occupe aujourd’hui le fort de Nieuley, au sud-ouest de Calais, dans le voisinage de la basse ville, du côté de Sangatte; il était jeté sur la rivière de Hem.

[6] Le siége d’Aiguillon fut levé dès le 20 août (v. t. III de notre édition, sommaire, p. XXXII, note 2 [note 132 de l’édition Gutenberg]); et Philippe de Bourgogne ne mourut que le 22 septembre 1346. Par conséquent si Grimouton de Chambly fut fait prisonnier avant le 26 août, il ne put donner à Gautier de Mauny des nouvelles de la journée de Crécy. Froissart se trompe en attribuant à Philippe le titre de duc de Bourgogne. Philippe, marié en 1338 à Jeanne, comtesse d’Auvergne et de Boulogne, était simplement le fils et l’héritier présomptif du duc Eudes IV qui ne mourut qu’en 1350.

[7] Philippe de Chambly, dit Grismouton, était, comme le dit Froissart, un des favoris du duc de Normandie. Par lettres datées d’Arras en août 1347, Jean, duc de Normandie, céda à son amé et féal chevalier Philippe de Chambly, dit Grismouton, frère de son amé et féal Pierre de Chambly, chevalier, moyennant 1000 livres tournois, une rente de 100 livres sur les halles et moulins de Rouen achetée 1000 livres de Pierre de Chambly et donnée par Philippe de Valois à son fils aîné (Arch. nat., sect. hist., JJ68, p. 198, fº 108).

[8] Nous apprenons par une lettre de Derby (Robert de Avesbury, p. 143) qu’avant le 20 septembre des gens de la suite de Gautier de Mauny avaient été arrêtés, malgré leur sauf-conduit, à Saint-Jean-d’Angély d’où Gautier lui-même s’était sauvé à grand’peine avec deux compagnons.