CHAPITRE LXII.
[9] Cf. Jean le Bel, Chroniques, t. II, chap. LXXV, p. 106 à 108.
[10] Le comte de Derby ne se tint pas à Bordeaux, au moins pendant le dernier mois du siége d’Aiguillon. Le 12 août 1346, il partit de la Réole pour Bergerac, et il reçut dans cette ville des messagers du duc de Normandie, qui venaient lui demander une trêve; il ne voulut pas l’accorder, parce qu’il venait d’apprendre le débarquement d’Édouard III en Normandie, et c’est sans doute la nouvelle de ce débarquement qui força le fils du roi de France à lever précipitamment le siége d’Aiguillon. Robert de Avesbury, Hist. Ed. III, p. 141 et 142.
[11] Le 12 septembre 1346, Derby inaugura cette chevauchée en Saintonge par la prise d’Aubeterre (Aubeterre-sur-Dronne, Charente, arr. Barbezieux) suivie de celle de Chateauneuf-sur-Charente (Charente, arr. Cognac). Robert de Avesbury, Hist. Ed. III, p. 142 et 143.
[12] Derby dit dans sa lettre déjà citée qu’il avait seulement mille hommes d’armes. Ibid., p. 242.
[13] Peut-être Mirambeau (Charente-Inférieure, arr. Jonzac). D’après Jean le Bel, dont Froissart reproduit ici la narration, en intervertissant l’ordre des faits d’une manière très-malheureuse, Derby prit successivement Taillebourg, Surgères, Aulnay, Saint-Jean-d’Angély, Niort, Saint-Maixent, Lusignan, Vivonne, Montreuil-Bonnin, Poitiers.
[14] Aujourd’hui Aulnay-de-Saintonge, Charente-Inférieure, arrond. Saint-Jean-d’Angély.
[15] Charente-Inférieure, arr. Rochefort-sur-Mer.
[16] Charente-Inférieure, arr. la Rochelle, c. Courçon.
[17] Charente-Inférieure, arr. la Rochelle.
[18] Mortagne-sur-Gironde, Charente-Inférieure, arr. Saintes, c. Cozes.
[19] L’assaut de Lusignan précédé et suivi de la prise de Mortagne et de Taillebourg semblerait indiquer Saint-Germain-de-Lusignan (Charente-Inférieure, arr. et c. Jonzac); mais on voit par la lettre de Derby que le Lusignan qui fut pris par les Anglais est le célèbre Lusignan au Poitou (Vienne, arr. Poitiers).
[20] Charente-Inférieure, arr. Saint-Jean-d’Angély, c. Saint-Savinien.
[21] La prise de Saint-Jean-d’Angély, qui suivit celle de Saintes (Grandes Chroniques, éd. in-12, t. V, p. 464 et 465), eut lieu vers le 21 septembre 1346; Derby resta huit jours dans cette ville. Robert de Avesbury, Hist. Ed. III, p. 143.
[22] Deux-Sèvres, arr. Niort.
[23] Vienne, arr. Poitiers, c. Vouillé. Il n’est question dans la lettre de Derby ni de l’attaque de Niort ni de la prise de Saint-Maixent et de Montreuil-Bonnin. Henri de Lancastre dit seulement qu’en chevauchant de Saint-Jean-d’Angély vers Poitiers, il s’empara du château de Lusignan, l’un des plus forts de France et de Gascogne, et qu’il y laissa une garnison de cent hommes d’armes, sans compter les gens de pied. Ibid. p. 143 et 144.
[24] D’après la lettre de Derby, Poitiers tomba au pouvoir des Anglais «le proschein mersquerdy après le Seint Michel», c’est-à-dire le 4 octobre 1346. Ibid., p. 144.
[25] L’évêque de Poitiers et quatre barons qui avaient essayé de résister aux envahisseurs, s’étant sauvés à la prise de la ville, les Anglais firent main basse sur tout ce qu’ils trouvèrent. Harbert Bellant, l’un des seize hommes d’armes de la garnison de Poitiers, fut dépouillé de tous ses biens meubles évalués six mille livres. (Arch. nat., sect. hist., JJ81, p. 450.) «.... apparuit episcopum, capitula, collegia et alias gentes ecclesie ville Pictavis, in capcione facta per inimicos nostros de dicta villa, omnia bona que tunc habebant, libros, calices, vestimenta, vasa argentea.... amisisse....» Il résulte d’une enquête faite en 1351 que les parties du diocèse de Poitiers qui souffrirent le plus, tant de la chevauchée de Henri de Lancastre en 1346 que de la peste de 1348, ce furent les archiprêtrés et lieux de Lisigniaco (Lusignan, Vienne, arr. Poitiers), de Sanxaio (Sanxay, Vienne, arr. Poitiers, c. Lusignan), de Boyno (Bouin, Deux-Sèvres, arr. Melle, c. Chef-Boutonne), de Roffiaco (Rouffiac-d’Aubeterre, Charente, arr. Barbezieux, c. Aubeterre), de Romio (Rom, Deux-Sèvres, arr. Melle, c. Lezay), de Chauniaco (Chaunay, Vienne, arr. Civray, c. Couhé), de Exoduno (Issoudun, Creuse, arr. Aubusson, c. Chénérailles), et partie des archiprêtrés et lieux de Gencayo (Gençay, Vienne, arr. Civray) et de Melle. JJ80, 778.
[26] Derby dit qu’il resta à Poitiers huit jours seulement, après quoi il revint à Saint-Jean-d’Angély d’où est datée la curieuse lettre qui contient le récit de son expédition. Aux conquêtes de Derby mentionnées plus haut, des pièces du Trésor des Chartes nous autorisent à ajouter Tonnay-Charente (JJ76, p. 821), le château de Soubize (JJ81, p. 147), les châtellenies de Loudun (JJ80, p. 577), de Soubize, de Taillebourg (JJ77, p. 34) et la plupart des forteresses de Saintonge, Poitou et Périgord (JJ77, p. 51).
[27] Derby était de retour à Londres le 14 janvier 1347, jour où il s’entretint à la Tour avec David Bruce, roi d’Écosse.