CHAPITRE LXVI.

[82] Cf. Jean le Bel, Chroniques, chap. LXXX et LXXXI, p. 127 à 142.

[83] Philippe de Valois était à Montdidier le 27 avril 1347 (Bibl. nat., dép. des mss., Chartes royales, t. III, p. 70; Arch. nat., JJ68, p. 281); il était à Moreuil, entre Montdidier et Amiens, au mois de mai (JJ68, p. 140); il passa la plus grande partie du mois de mai à Amiens (JJ68, p. 167); il quitta cette ville avant la fin de mai, car plusieurs actes qui portent la date de ce mois sont donnés, soit sur les champs entre Beauquesne (Somme, arr. et c. Doullens, entre Amiens et Doullens) et Lucheux, soit à Lucheux (Somme, arr. et c. Doullens, entre Doullens et Arras) JJ68, p. 137, 272, 301.

[84] Ce curieux passage, où l’on voit si bien les préventions passionnées de Philippe de Valois et de sa noblesse contre l’emploi des villains à la guerre, ne se trouve que dans la rédaction de Rome (p. [270 et 271] de ce volume). Des trois combats cités, il y en a un au moins où les villains firent très-bonne figure, c’est celui de Caen, dont les bourgeois, d’après les propres paroles d’Édouard III lui-même, «se defenderent mult bien et apertement, si que la melle fut très fort et lung durant.» Voyez Jules Delpit, Collection générale des documents français qui se trouvent en Angleterre, in-4º, 1847, p. 71.

[85] Nord, arr. Dunkerque, à l’est de Calais.

[86] Aire-sur-la-Lys, Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, au sud-est de Calais et de Saint-Omer, entre Thérouanne à l’ouest et Saint-Venant à l’est. En novembre 1348, Philippe de Valois accorda aux maire, échevins et commune d’Aire, en récompense de leur fidélité, des priviléges confirmés en 1350 par le roi Jean (JJ80, p. 97). En novembre 1353, le roi Jean accorda à la ville d’Aire au comté d’Artois, en considération de ce qu’elle avait souffert pendant les guerres, une foire annuelle durant quatre jours, à partir du lundi avant la Pentecôte (JJ82, p. 151).

[87] Pas-de-Calais, arr. Béthune, c. Lillers.

[88] Nord, arr. Hazebrouck.

[89] Nord, arr. Hazebrouck, c. Merville.

[90] Nord, arr. Hazebrouck, c. Merville.

[91] Pas-de-Calais, arr. Béthune.

[92] Le pays de Laleu, au diocèse d’Arras, était situé à peu près au point de jonction de ce diocèse avec ceux de Saint-Omer, d’Ypres et de Tournai.

[93] Philippe de Valois et son fils Jean passèrent à Arras la plus grande partie du mois de juin (JJ68, p. 170, 300, 323); le roi de France était à Hesdin à la fin de ce mois (JJ68, p. 335).

[94] Le roi de France reçut sans doute à Arras l’admirable lettre que lui adressa Jean de Vienne dans le courant du mois de juin 1347. Les Anglais interceptèrent une copie de cette lettre le 26 juin, et voici dans quelles circonstances. Le lendemain de la Saint-Jean (25 juin 1347), les comtes de Northampton et de Pembroke surprirent, à la hauteur du Crotoy, une flotte de quarante-quatre vaisseaux français envoyés pour ravitailler Calais et la mirent en déroute. Le 26, à l’aube du jour, les Anglais s’emparèrent d’une embarcation, montée par des Génois, qui essayait de sortir du port du Crotoy. Le Génois qui commandait cette embarcation, n’eut que le temps de jeter à la mer, attachée à une hache, une lettre très-importante adressée par Jean de Vienne, capitaine de Calais, au roi de France, pour lui exposer sa détresse et celle des habitants de Calais; on la retrouva à marée basse. «Sachiés, disait Jean de Vienne, que ly n’ad rieus qui ne soit tut mangé et lez chiens et les chates et lez chivaux si qe de vivere nous ne poions pluis trover en la ville si nous ne mangeons chars des gentz, qar autrefoiz vous avez escript que jeo tendroy la ville taunt que y aueroit à mangier; sy sumes à ces points qe nous n’avoms dount pluis vivere. Si avons pris accord entre nous que, si n’avoms en brief socour, que nous issiroms hors de la ville toutz à champs pour combatre, pour vivre ou pour morir, qar nous avoms meulz à morir as champs honourablement que manger l’un l’autre.» (Robert de Avesbury, Hist. Ed. III, p. 157 et 158.) Si l’on songe que ces lignes étaient écrites dès le mois de juin et que Calais se rendit seulement le 3 août, on ne saurait trop admirer la résistance vraiment héroïque de Jean de Vienne, de la garnison et des bourgeois de Calais.

[95] Philippe de Valois s’arrêta en effet assez longtemps à Hesdin (auj. Vieil-Hesdin, Pas-de-Calais, arr. Saint-Pol-sur-Ternoise, c. le Parcq); car, arrivé dans cette ville dès la fin de juin (JJ68, p. 335), il y était encore le 10 juillet (JJ68, p. 321), il campa ensuite près d’Auchy (auj. Auchy-lès-Hesdin, au nord-est de Hesdin; JJ68, p. 337), et il était devant la Coupele (auj. Coupelle-vieille, Pas-de-Calais, arr. Montreuil-sur-Mer, c. Fruges, entre Hesdin au nord et Fauquembergue an sud) les 17 et 18 juillet (JJ68, p. 288 et 289).

[96] Auj. Blangy-sur-Ternoise, Pas-de-Calais, arr. Saint-Pol-sur-Ternoise, c. le Parcq.

[97] Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer. Philippe de Valois était campé près de Fauquembergue le 20 juillet (JJ68, p. 316).

[98] Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Aire-sur-la-Lys.

[99] Alquines est aujourd’hui un village du Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Lumbres. Froissait se sert, en plusieurs passages de ses Chroniques, du mot Alequine pour désigner l’ancien pays des Morins. Philippe de Valois était près d’Ausques (auj. Nordausques, Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Ardres, sur la voie romaine de Leulingue, au nord-ouest de Saint-Omer et au sud-est de Guines), le 24 juillet (JJ68, p. 299^2 et 310), le même jour entre Ausques et Tournehem (JJ68, p. 299^2), enfin près de Guines (Pas-de-Calais, arr. Boulogne-sur-Mer, à trois lieues environ au sud de Calais) le 26 juillet (JJ68, p. 261).

[100] Pas-de-Calais, arr. Boulogne-sur-Mer, c. Calais, à 10 kil. de cette ville. Ce que Froissart appelle le mont de Sangatte est une falaise haute de 134 mètres, située entre la mer et de vastes marécages, aujourd’hui desséchés en partie. Puisque Philippe de Valois était encore à Guines le 26, il ne put arriver à Sangatte que le vendredi 27 juillet au plus tôt: c’est du reste la date donnée par Édouard III lui-même dans une lettre rapportée par Robert de Avesbury: «ceo darrein vendredy proschein devant le goul d’aust.» Hist. Ed. III, p. 163.

[101] Froissart veut sans doute désigner ici l’antique voie de communication, marquée sur la carte de Cassini comme Chemin de Leulingue, ancienne route des Romains, qui aboutit à Sangatte et dont une prolongation va tout droit, comme dit le chroniqueur, de Sangatte à Calais.

[102] Guines est au sud de Calais; Marck et Oye sont à l’est de cette ville, du côté de la Flandre.

[103] Pas-de-Calais, arr. Boulogne-sur-Mer, c. Calais.

[104] Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Audruicq.

[105] Le pont de Nieuley devait être situé, comme nous l’avons dit plus haut, non loin de l’emplacement du fort actuel de Nieuley, au sud-ouest de Calais, près de la basse ville, du côté de Sangatte. Ce pont était jeté sur la rivière de Hem qui, des environs d’Ardres où elle prend sa source, passe à Guines et vient se jeter dans la mer à Calais.

[106] La rivière de Gravelines est l’Aa.

[107] D’après la lettre d’Édouard III déjà citée, ce défi ne fut porté que le mardi 31 juillet, après trois jours de négociations infructueuses. «Et puis le marsdi vers le vespre, viendrent certayns graunts et chivalers de part nostre adversarie, à la place du treté, et offrirent à nos gentz la bataille de part nostre adversarie susdit par ensy que noz vousissoms venir hors le marreis, et il nous durroit place convenable pur combatre, quele heure qe nous pleroit, entre cele heure et vendredy à soir proschein suaunt (3 août); et vorroient que quatre chivalers de noz et aultre quatre de lor esleirent place covenable pur l’une partie et pur l’autre.» Le roi d’Angleterre prétend qu’il fit répondre dès le lendemain mercredi 1er août à Philippe de Valois qu’il acceptait son défi; Jean le Bel (t. II, p. 130 et 131) et Froissart rapportent le contraire. Il y a lieu de croire, comme l’ont pensé Bréquigny (Mémoires de l’Académie des inscriptions, t. L, p. 611 à 614) et Dacier (p. 346 de son édition de Froissart, note 1) qu’Édouard III dut accepter en principe le défi du roi de France: le point d’honneur chevaleresque exigeait impérieusement cette acceptation qui au fond n’engageait à rien le roi anglais, puisqu’il lui restait mille moyens d’éluder ou de différer le combat, quand on en viendrait à la mise en pratique, à l’exécution. Il semble, à vrai dire, que le défi n’avait guère été porté plus sérieusement par Philippe qu’il ne fut accepté par Édouard; et le roi de France ne proposa sans doute la bataille à son adversaire que pour dérober sa retraite ou du moins se ménager une explication honorable.

[108] Ces deux légats étaient Annibal Ceccano, évêque de Frascati, et Étienne Aubert, cardinal prêtre du titre des Saints Jean et Paul. Du reste, Clément VI n’avait pas cessé, depuis le commencement de la guerre, d’intervenir pour la conclusion d’une paix entre les deux rois. Il avait même adressé des reproches assez vifs au roi d’Angleterre, par lettres datées d’Avignon le 15 janvier 1347, au sujet du peu d’égard que ce prince avait eu à la médiation des légats du saint-siége. Voyez Robert de Avesbury, p. 146 à 153 et Rymer, vol. III, p. 100 et 101.

[109] Les plénipotentiaires français étaient, d’après la lettre d’Édouard, les ducs de Bourbon et d’Athènes, le chancelier de France (qui était alors Guillaume Flotte, sire de Revel), Gui de Nesle, sire d’Offémont, et Geoffroi de Charny.

[110] D’après la lettre d’Édouard, les plénipotentiaires anglais étaient bien ceux indiqués par Froissart; il y faut ajouter seulement le marquis de Juliers et Barthélemy de Burghersh, chambellan du roi anglais. Voyez Robert de Avesbury, p. 164.

[111] Édouard dit que Philippe de Valois décampa précipitamment le jeudi (2 août) de grand matin: «.... jeosdi, devaunt le jour.... s’en departi od toutes ses gentz auxi comme disconfit, et hasterent taunt et hasterent tant qu’ils arderent lor tentes et graunt partie de lor herneys à lor departir; et noz gentz lez pursuerent bien près à la cowe: issint, à l’escrivere de cestes, n’estoient ils mye unqore revenuz....» (Ibid., p. 166). Nous devons dire que la date des actes émanés de Philippe de Valois, au commencement d’août, s’accorde bien avec le témoignage du roi anglais. Plusieurs pièces ont été données devant Calais (JJ68, p. 297) ou près de Sangatte (JJ68, p. 132) «ou mois d’aoust» c’est-à-dire le 1er août; mais il résulte de deux actes (JJ68, p. 122 et 283) que, dès le 3 août, le roi de France était à Lumbres (Pas-de-Calais, ar. Saint-Omer, au sud-ouest de cette ville), après avoir passé (JJ68, p. 290) à Ausques (auj. Nordausques, Pas-de-Calais, ar. Saint-Omer, c. Ardres ou Zudausques, c. Lumbres), et que le 7 août il était à Hesdin (JJ68, p. 271) après avoir passé à Fauquembergue (JJ68, p. 292 et 207).

[112] Cet épisode du dévouement des six bourgeois de Calais est emprunté à Jean le Bel (Chroniques, t. II, p. 135 et 136). Un savant académicien du dernier siècle, Bréquigny, a élevé des doutes sur l’exactitude du récit de Froissart dans deux dissertations, l’une relative à des recherches sur l’histoire de France faites à Londres (Mémoires de l’Académie des inscriptions, t. XXXVII, p. 538 à 540), l’autre consacrée au siége et à la prise de Calais par Édouard III (Ibid, t. L, p. 618 à 621). Bréquigny se fonde, pour mettre en doute le dévouement d’Eustache de Saint-Pierre et de ses compagnons, sur les quatre actes suivants qu’il avait eu le mérite de découvrir dans les Archives de Londres et de signaler le premier: 1º Une concession à vie faite le 24 août 1347 à Philippe, reine d’Angleterre, des maisons que Jean d’Aire possédait à Calais avec leurs dépendances (Cales. Rol. pat., an. 21 Ed. III, memb. 2);--2º une pension de 40 marcs sterling constituée le 8 octobre 1347 au profit d’Eustache de Saint-Pierre «pro bono servicio nobis pro custodia et bona disposicione ville nostre Calesii impendendo, pro sustentacione sua.... quousque de statu ejusdem Eustacii aliter duxerimus providendum.» (Rymer, vol. III, p. 138.)--3º La restitution faite le 8 octobre 1347 au dit Eustache de Saint-Pierre de quelques-unes des maisons qu’il possédait à Calais et qui avaient été confisquées «dum tamen erga nos et heredes nostros [Eustachius et sui heredes] bene et fideliter se gerant et pro salva custodia et municione dicte ville faciant debite quod debebunt» (Ibid.);--4º la concession faite à Jean de Gerwadby en date du 29 juillet 1351 des biens situés à Calais qui avaient appartenu à Eustache de Saint-Pierre et qui avaient été confisqués après sa mort sur ses héritiers «que per forisfactum heredum ipsius Eustachii, qui adversariis nostris Francie contra nos adherentes existunt, ad manus nostras devenerunt....» (Rot. Franc., an. 25 Ed. III, memb. 5). Bréquigny aurait pu ajouter que le jour même où Édouard restituait à Eustache quelques-uns de ses biens, c’est-à-dire le 8 octobre 1347, il distribuait encore à trois Anglais, à Jean Goldbeter, à Jean Clerc de Londres, à Jean Dalmaigne, des propriétés qui avaient appartenu à ce même Eustache de Saint-Pierre. Il suffit de citer les arguments de Bréquigny pour montrer qu’ils n’infirment nullement le témoignage de Jean le Bel et de Froissart. Eustache de Saint-Pierre, âgé de soixante ans lors de la capitulation, puisque dans un acte de 1335, où il figure comme témoin, il déclare avoir quarante-huit ans, aura voulu mourir dans sa ville natale, dans cette ville qui lui avait inspiré son dévouement: en quoi cela est-il en contradiction avec le récit de Froissart? Voyez l’excellent livre de M. Auguste Lebeau, intitulé: Dissertation sur le dévouement d’Eustache de Saint-Pierre et de ses compagnons en 1347, Calais, 1839, in-12 de 232 pages.

[113] Comme l’a fait observer Dacier (p. 354 de son éd. de Froissart, note 1), cette date n’est pas tout à fait exacte: c’est une des nombreuses erreurs empruntées par Froissart à Jean le Bel (t. II, p. 139). La tête de la décollation de Saint-Jean tombe le 29 août, et le roi d’Angleterre, au rapport de Robert de Avesbury (Hist. Ed. III, p. 140) n’arriva devant Calais que le 3 septembre. D’après le même historien (Ibid., p. 166), cette ville se rendit le vendredi 3 août, le lendemain du décampement de Philippe de Valois et de son armée: le siége avait duré par conséquent juste onze mois.

[114] «Dominus rex, semper misericors et benignus, captis et retentis paucis de majoribus, communitatem dictæ villæ cum bonis suis omnibus graciose permisit abire, dictamque villam suo retinuit imperio subjugatam.» (Robert de Avesbury, p. 167.) D’après Gilles li Muisis, Édouard III laissa à Calais vingt-deux des plus riches bourgeois «pour rensegnier les hiretages», selon l’expression de Froissart. Eustache de Saint-Pierre était désigné par sa position de fortune et la considération qui l’entourait pour être l’un de ces vingt-deux; ainsi s’expliquent les faveurs, très-relatives, d’Édouard en faveur d’Eustache: «.... pro bona dispositione villæ Calesii, quousque de statu ejusdem Eustachii duxerimus providendum.»

[115] Cette erreur a été empruntée par Froissart à Jean le Bel (t. II, p. 140). Philippe de Valois, par une ordonnance antérieure au 7 septembre 1347 et qui fut renouvelée en septembre 1349 (Arch. nat., JJ78, p. 162 et 169) fit don de toutes les forfaitures qui viendraient à échoir dans le royaume aux habitants de Calais chassés de leur ville par les Anglais; le 7 septembre 1347, il accorda aux dits habitants, en considération des pertes que leur avaient fait éprouver les ennemis, tous les offices dont la nomination lui appartenait ou au duc de Normandie, son fils aîné (Arch. nat., K187, liasse 2, p. 97; une copie de cette pièce originale: JJ68, p. 245, est datée d’Amiens le 8 septembre). Enfin le 10 septembre suivant, il leur octroya, par une nouvelle ordonnance, un grand nombre de priviléges et franchises qui furent confirmés sous les règnes suivants (Recueil des Ordonnances, t. IV, p. 606 et suivantes). Ces promesses ne restèrent pas à l’état de lettre morte; un grand nombre d’actes authentiques attestent qu’elles furent tenues. En mai 1348, le roi de France donne une maison sise à Provins à Thomas de Hallangues, bourgeois et habitant de Calais (JJ76, p. 10); en septembre 1349, il concède les biens confisqués d’un usurier lombard, sis au bailliage de Vitry, à Colart de Londeners, jadis bourgeois de Calais, «en consideration de ce qu’il a souffert au siège de cette ville» (JJ68, p. 390); le 9 mars 1350, il indemnise Mabille, veuve d’Enguerrand dit Estrecletrop et Marguerite, fille de feu Lenoir, sœurs, lesquelles avaient perdu leurs biens durant le siége de Calais (JJ80, p. 226). En juillet 1351, Jean de Boulogne, comte de Montfort, lieutenant du roi Jean, son neveu ès parties de Picardie et sur les frontières de Flandres, donne à Jean du Fresne le Jeune, fils de Jean du Fresne, à présent prévôt de Montreuil, jadis bourgeois de Calais, des biens sis à Bouvines et en la comté de Guines confisqués sur Gillebert d’Aire qui est allé demeurer à Calais avec les Anglais. JJ82, p. 271.

[116] Gui de Boulogne n’eut aucune part à ces trêves qui furent conclues le 28 septembre 1347. Les médiateurs furent les cardinaux Annibal Ceccano et Étienne Aubert. La trêve ne devait durer que quinze jours après la fête de Saint-Jean-Baptiste de l’année 1348, c’est-à-dire environ dix mois, et non pas deux ans, comme l’avance le chroniqueur trompé sans doute par les prolongations accordées à différentes reprises. Froissart se trompe aussi en disant que la Bretagne fut exceptée de ces trêves. (Rymer, Fœdera, vol. III, p. 136 à 138.) Dacier avait déjà rectifié Froissart sur tous ces points. Voyez son édit. de Froissart, p. 356, note 2.

[117] C’est Jean de Montgommery, et non Aimeri de Pavie, qui fut nommé capitaine de Calais, avant le départ du roi d’Angleterre, le 8 octobre 1347 (Rymer, vol. III, p. 138). Jean de Montgommery fut remplacé le 1er décembre de cette même année par Jean de Chivereston (Ibid., p. 142). C’est seulement le 24 avril 1348 qu’Édouard nomme son amé Aimeri de Pavie, non capitaine de Calais, mais capitaine et conduiseur de ses galées et de tous les arbalétriers et mariniers montant les dites galées (Ibid., p. 159). Aimeri de Pavie, chargé sans doute comme capitaine des galées de défendre les approches de Calais du côté de la mer, remplit-il en outre par intérim ou autrement les fonctions de gouverneur de cette ville? On en est réduit sur ce point à des suppositions.

[118] Le 12 août 1347, le roi d’Angleterre fit annoncer par tout son royaume qu’il concéderait des maisons, des rentes et ferait toute sorte d’avantages à ceux de ses sujets qui voudraient s’établir à Calais avant le 1er septembre suivant. V. Rymer, vol. III, p. 130.

[119] Le 3 décembre 1347, Édouard confirma les statuts donnés à la ville de Calais en 1317 par Mahaut, comtesse d’Artois. (Rymer, vol. III, p. 142 à 144.) Les dispositions que le roi avait ajoutées à ces statuts dès le 8 octobre 1347 sont relativement libérales. (Ibid., p. 139.) V. Bréquigny, Mém. de l’Académie des Inscriptions, t. 50, p. 623 à 627.

[120] Le témoignage de Froissart est contredit par George de Lesnen, médecin de Charles de Blois, et Olivier de Bignon, son valet de chambre, qui déclarent, dans l’enquête faite pour la canonisation de ce prince, que les Anglais le soumirent à une captivité très-dure. V. dom Morice, Hist. de Bretagne, t. II des Preuves, p. 6 et 7.

[121] Charles de Blois était fils de Marguerite, et Philippe de Hainaut était fille de Jeanne, toutes deux sœurs de Philippe de Valois.