CHAPITRE LXVIII.

[128] Geoffroi de Charny, seigneur de Pierre-Perthuis, de Montfort et de Savoisy, avait servi, en qualité de bachelier, avec six écuyers dans la bataille de Raoul, comte d’Eu, connétable de France, du 9 mars 1339 au 1er octobre 1340, sur les frontières de Flandre; il était venu de Pierre-Perthuis sous Vézelay (Yonne, arr. Avallon, c. Vézelay;--De Camps, portef. 83, fº 317, à la Bibl. nat.). Le 2 août 1346, Geoffroi promu chevalier était au siége devant Aiguillon où, par acte daté de Port-Sainte-Marie, il donnait quittance de 150 livres sur ses gages et ceux des gens d’armes de sa compagnie (Anselme, hist. généal., t. VIII, p. 202); le 6 janvier 1352, il était chevalier de l’ordre de l’Étoile de la première promotion (Pannier, hist. de Saint-Ouen, p. 95 et 96); le 10 septembre 1352, il était à l’abbaye d’Ardres où il faisait payer 50 livres à Robert de Varennes, capitaine de la bastide de Guines (Anselme, Ibid., p. 203); en octobre 1353, dans un acte où il est qualifié «conseiller du roi», il obtenait l’amortissement de 62 livres 10 sous tournois pour la dotation d’une chapelle ou église collégiale dont il avait projeté la fondation dès 1343 dans son manoir de Lirey (Aube, arr. Troyes, c. Bouilly;--JJ82, p. 28); en juillet 1356 il était gratifié par le roi Jean de deux maisons confisquées sur Joceran de Mâcon et sises à Paris, l’une en face l’église Saint-Eustache, et l’autre à la Ville-l’Évêque, et cette donation était confirmée le 21 novembre 1356, à la requête de Jeanne de Vergy sa veuve, par Charles duc de Normandie, en faveur de Geoffroi de Charny, fils mineur du dit Geoffroi «tué à la bataille livrée dernièrement près de Poitiers.» (Arch. nat., JJ84, p. 671.) Geoffroi de Charny avait été choisi, en effet, le 25 juin 1355, pour porter l’oriflamme, et il se fit tuer à Poitiers en couvrant le roi Jean de son corps. Comme Boucicaut, comme le petit sénéchal d’Eu, comme Jean de Saintré et la plupart des chevaliers de son temps, Geoffroi de Charny était lettré; il est l’auteur d’un ouvrage en prose intitulé: «Demandes pour le tournoy que je, Geoffroi de Charni, fais à haut et puissant prince des chevaliers de Nostre Dame de la Noble Maison.» (Galland, Mém. de l’Acad. des Inscriptions, t. II, p. 739.) M. Léopold Pannier a bien voulu nous signaler en outre dans le ms. nº 25447 du fonds français, à la Bibliothèque nationale, une pièce de vers inédite dont l’auteur est un Geoffroi de Charny.

[129] Cette date, confirmée par les Grandes Chroniques de France (éd. P. Paris, t. V, p. 491) et par Robert de Avesbury (181), est donnée par vingt manuscrits de la première rédaction proprement dite (p. 313) qui sont ici plus exacts que ceux de la première rédaction revisée.

[130] L’affaire fut chaude, et le roi d’Angleterre y fut serré de près, car quinze jours après cet engagement, le 15 janvier 1350, on le voit donner deux cents marcs de rente annuelle à Gui de Bryan «considerantes grata et laudabilia obsequia nobis per dilectum et fidelem nostrum Guidonem de Bryan a diu multipliciter impensa ac bonum gestum suum, in ultimo conflictu inter nos et quosdam inimicos nostros Franciæ apud Calesium habito, vexillum nostrum ibidem contra dictos inimicos nostros prudenter deferendo et illud erectum sustinendo strenue et potenter....» Rymer, Fœdera, vol. III, p. 195.

[131] Les princes et les grands seigneurs portaient à cette époque de chapeaux ou chapelets du plus grand luxe. En 1359, le comte d’Étampes, empruntant de Guillaume Marcel, changeur et bourgeois de Paris, mille moutons d’or, à raison de quatre cents moutons d’intérêt pour six semaines, afin de racheter aux Anglais le pays d’Étampes qu’ils occupaient, donne à son prêteur, en gage du payement de cet intérêt, son «chapeau d’or du pris de deux cenz moutons». Arch. nat., sect. hist., JJ91, p. 399.

[132] Édouard voulut sans doute se rattraper de cet acte de générosité chevaleresque sur ses autres prisonniers. Il est certain du moins qu’il soumit Geoffroi de Charny à une rançon énorme, puisque le roi Jean, pour aider ce chevalier à la payer, lui fit donner, le 31 juillet 1351, douze mille écus d’or. Anselme, Hist. gén., t. VIII, p. 201.

[133] Jeanne, fille de Robert II, duc de Bourgogne, mourut le samedi 12 décembre 1349, d’après les Grandes Chroniques de France (éd. de M. P. Paris, in-12, t. V, p. 490). Les Bénédictins se sont trompés en faisant mourir cette reine le 12 septembre 1348.

[134] D’après l’épitaphe qu’on voyait sur le tombeau de cette princesse, dans l’abbaye de Maubuisson, Bonne de Luxembourg mourut le 11 septembre 1349. (Dacier, édit. de Froissart, p. 366, note 2, et L’Art de vérifier les dates, t. I, p. 600.) Elle serait morte le vendredi 11 août 1349, d’après les Grandes Chroniques de France (t. V, p. 490).

[135] Le 29 janvier 1350, d’après l’Art de vérifier les dates (t. I, p. 597), le mardi 11 janvier 1350, d’après les Grandes Chroniques de France (t. V, p. 491), Philippe de Valois se remaria à Blanche, fille de Philippe d’Évreux, roi de Navarre.

[136] Jean, fils aîné du roi de France, duc de Normandie, se remaria à Jeanne, comtesse de Boulogne, le mardi 9 février 1350, d’après les Grandes Chroniques de France (Ibid., p. 492), et non le 19 février 1350, comme on l’a imprimé par erreur dans l’Art de vérifier les dates, t. I, p. 600.