III.

Louis XIII en effet, bien que d'un naturel opiniâtre et emporté qui se montre de très-bonne heure, devait toute sa vie subordonner sa volonté à celle de ses favoris et de ses ministres, et ne voir jamais le jour où il s'appartiendrait entièrement. Étant enfant, il disait à ses petits chiens en les caressant: «Ha! je voudrois que vous pussiez manger Mamanga;» et comme son maître d'hôtel et son aumônier l'entendaient, il se retournait vers eux et leur recommandait de ne pas rapporter cette parole à la gouvernante. Que de fois le jeune Roi dut en dire autant, soit à ses chiens, soit à ses familiers, en parlant tout bas de M. de Souvré et, plus tard, du connétable de Luynes ou du cardinal de Richelieu! Héroard, l'un de ses plus intimes confidents, en laisse entrevoir quelque chose, malgré la concision des dernières années de son journal, lorsque, quelques mois après la mort du duc de Luynes, le Roi, étant au lit, parle de la fortune et de la famille du connétable (10 avril 1622); ou quand, dans un séjour en Bretagne, le Roi «va à la Haye voir M. le cardinal de Richelieu avant de se mettre au lit». Le Roi, ajoute Héroard, «se met en colère, ne se peut apaiser; en soi-même se plaint à moi qu'il avoit tort.» (18 août 1626.)

Le meurtre de Concini avait été la suite de ces plaintes sourdes que le jeune Louis laissait échapper contre le favori de Marie de Médicis, depuis la journée du 22 novembre 1616 surtout, où le Roi était dans la grande galerie du Louvre «en l'une des fenêtres qui regardoit sur la rivière, quand le maréchal d'Ancre entra, accompagné de plus de cent personnes, et s'arrêta aussi à une des fenêtres, sans aller vers le Roi, se faisant faire la cour par tous, tête nue; mais il savoit bien que le Roi étoit là, car on lui avoit dit, l'ayant demandé en la chambre.» Le Roi s'en était allé aux Tuileries, «le cœur plein de déplaisir» contre l'insolent, pour qui le Dauphin avait eu déjà une répugnance précoce, si l'on en juge par la petite scène que raconte Héroard à la date du [1er février 1603]: «Le sieur dom Garcia, le sieur Conchino arrivent à l'heure de l'habiller. Il se jouoit à un carrosse du palais où il y avoit quatre poupées; l'une étoit la Reine, les autres: Mme et Mlle de Guise, et Mme de Guiercheville. On les lui faisoit montrer, les nommant par leurs noms; il les montroit du doigt. Le sieur Conchino va lui demander: «Monsieur, où est la place de ma femme?» En disant: Ah! il lui montre une avance qui étoit par dehors, au cul du carrosse. Il ne veut point prendre un grain de fenouil confit au sieur Conchino, à qui Mme de Montglat l'avoit baillé pour le lui donner, s'en recule du tout, le regardant, comme importuné.»

Bien que le nom de Marie de Médicis se retrouve presque à chaque page de son journal, sauf la période de l'exil à Blois, Héroard ne cite d'elle qu'un petit nombre de ces traits caractéristiques qui abondent pour Henri IV. On peut juger seulement, en se reportant à quelques passages antérieurs ou postérieurs à la mort du Roi, que les actions et les paroles de la Reine-mère vis-à-vis de son fils n'étaient pas moins libres que celles de son époux.

Il en est de même pour Anne d'Autriche; la première partie du journal révèle beaucoup de particularités relatives au projet d'union avec l'Infante et aux dispositions peu bienveillantes du Dauphin pour les Espagnols; mais, si l'on en excepte les faits qui se rapportent à la célébration et à la consommation du mariage, faits pour la publication desquels nous avons été prévenus par M. Armand Baschet, dans le curieux livre qui a pour titre: Le Roi chez la Reine, Héroard n'a presque rien à nous apprendre sur le caractère et la manière d'être de la jeune Reine.

Son affection toute paternelle pour l'enfant qu'il avait vu naître n'aveugle pas le premier médecin du Dauphin sur les infirmités et les défauts qui se révèlent au fur et à mesure de la croissance, et Héroard a pris soin de noter en marge de son manuscrit de nombreuses remarques sur le tempérament et sur le naturel de Louis XIII. Né sain et robuste de corps, d'après la minutieuse description écrite au moment même où il vient au monde, le Dauphin avait dû pourtant, dès le lendemain, subir une petite opération; comme «il avoit peine à téter, il lui fut regardé dans la bouche et vu que c'étoit le filet qui en étoit cause; sur les cinq heures du soir ([28 septembre 1601]) il lui fut coupé à trois fois par M. Guillemeau, chirurgien du Roi». L'opération avait été mal faite ou l'enfant avait un défaut naturel dans la conformation de la langue, car, lorsqu'il commence à prononcer quelques mots, on s'aperçoit qu'il bégaye en parlant et «il se fâche quand il ne peut prononcer autrement». Plus tard Héroard remarque encore ([1er décembre 1604]) qu'il «bégaye fort en parlant». C'est surtout lorsqu'il est ému, qu'il s'anime ou qu'il se met en colère que le Dauphin mâche «sa grosse langue, comme il avoit accoutumé de faire quand il faisoit quelque chose avec grande ardeur». Le [22 décembre 1609], le Dauphin est «mené chez la Reine, mandé par elle, pour lui avoir été dit que son bégayement provenoit pour avoir encore le filet; il fut jugé» qu'il n'était pas nécessaire de faire une nouvelle opération. «Il craignoit qu'on lui voulût couper la langue quand on la lui faisoit tirer; il dit: «Comment me la veut-on couper?» et commençoit d'en pleurer.» Cette infirmité persiste et cependant ne devait pas être très-forte puisqu'elle pouvait disparaître à un moment donné; ainsi, la veille du jour où il doit «aller à la cour de Parlement pour se déclarer majeur», le jeune Roi «fait vœu à Notre-Dame des Vertus, s'il peut, le lendemain, au Palais, prononcer sans faire faute ses paroles pour sa majorité,» et en effet, le 2 octobre 1614, il prononce son discours «hautement, fermement et sans bégayer».

D'un tempérament très-actif, ayant peine à rester une minute en place, ce qui lui rendait l'étude très-pénible, le jeune Louis était pourtant sujet à des accès de rêverie maladive, qui font comprendre l'expression mélancolique de ses traits. Ces accès lui prennent d'abord à ses repas; un soir, le [2 août 1605], «en soupant, ayant été quelque temps sans dire mot, comme il étoit aucune fois réservé et tout ainsi que s'il eût songé à de grandes affaires, il dit: «Mais, c'est Thomas!» Voyant qu'il ne disait plus mot, le médecin lui demande: «Monsieur, qui est ce Thomas?—C'est un homme de pierre; je l'ai vu à Poissy, dans une chapelle, rangé là, à un petit coin.» Il y avoit environ quatorze mois qu'il fut à Poissy, où il vit et entendit nommer cette image du nom de saint Thomas et au lieu où il la représentoit.» Un [autre soir] «il songeoit en regardant le feu; sa nourrice lui demande: «Monsieur, à quoi songez-vous?—Je songe à quoi je me jouerai.» On a vu plus haut le jeune Roi s'absorber dans des préoccupations plus graves le lendemain de la mort de son père. Héroard caractérise cet état par une expression latine: Quasi aliud agens.

Le sommeil de Louis XIII était fréquemment agité par des cauchemars qui prenaient quelquefois le caractère du somnambulisme. Le [3 octobre 1606], il s'éveille «à une heure après minuit, en sursaut, avec un cri haut extrêmement et effroyable. Sa nourrice et Mlle de Ventelet (qui aidait à le veiller) vont à lui, demandant ce qu'il avoit: «Hé! c'est que papa s'en va sans moi,» dit-il en pleurant et fondant en larmes, «hé! je veux aller avec papa; attendez-moi, papa!» Il le songeoit et s'en éveille... se rendort à peine, ayant le cœur saisi. Le matin sa nourrice lui demande: «Monsieur, qu'aviez à songer et à crier cette nuit?—Doundoun, c'est que je songeois que j'étois à la chasse avec papa; j'ai vu un grand, grand loup qui vouloit manger papa et un autre qui me vouloit manger, et j'ai tiré mon épée, puis je les ai tués tous deux.» Nous regrettons d'avoir à dire que le bon Héroard, avec l'esprit superstitieux qui le caractérise, voit sans doute dans ce cauchemar un présage favorable, et écrit en marge de son journal: Augurium.

Le 29 juillet 1614, le Roi éveillé à une heure, en sursaut, «se veut lever sans dire la cause; ses valets de chambre, les sieurs de Heurles et Armaignac, l'en veulent empêcher, croyant qu'il rêvât: «Laissez-moi, laissez-moi,» dit-il; il se lève en chemise, et ainsi veut aller à la salle.» Le 8 septembre suivant «il raconte comme il avoit songé qu'il voyoit des poissons volants et appeloit de Heurles, son premier valet de chambre; il dormoit et parloit. Il étoit hors des draps sur le milieu du lit, se vouloit élancer pour en aller prendre.» Le 31 novembre 1616, le Roi est pris d'une syncope, à la suite de laquelle il est saigné pour la première fois. Voici une autre indication donnée par Héroard à la date du 4 juillet 1622: «Éveillé à trois heures après minuit, il se plaint, criant et me disant avoir eu froid étant couché dans le lit, et fort peu dormi, les yeux chauds et la tête pesante. Levé, blême, il se sent foible et lassé.» Cette lassitude ne l'empêche cependant pas de partir à quatre heures du matin de la ville de Toulouse, où il était arrivé huit jours avant, et de faire à cheval une dizaine de lieues jusqu'à Villefranche de Lauraguais, où «il se plaint encore des mêmes choses qu'il avoit fait ici dessus». A son entrée à Arles le 30 octobre suivant, le Roi, entouré du peuple qui «crioit en son langage: Vive notre bon roi Louis,» est saisi d'une impression de sensibilité nerveuse «et l'on lui a ouï dire ces paroles: «Dieu vous bénie mon peuple, Dieu vous bénie!» Le soir, pensif, il dit à son médecin «qu'il avoit été triste tout le jour».

Louis XIII passait alternativement et presque sans transition des exercices les plus pénibles et que le corps le plus robuste pouvait seul supporter, à un état de langueur qui le faisait se mettre au lit «avec inquiétude», ou se coucher au milieu du jour «pour ne savoir que faire». Une indication du journal d'Héroard qui peut servir à dater les portraits de Louis XIII et à juger de son tempérament se rencontre dans le journal au 1er août 1624; le Roi, alors âgé de près de vingt-trois ans, «se fait raser la barbe pour la première fois; il ne y avoit que du poil imperceptible».

A cette nature rêveuse et mélancolique, à cette figure silencieuse et qui se déridait rarement (Héroard remarque à plusieurs reprises que le Dauphin n'est ni parleur ni rieur, et que lorsqu'il rit, c'est d'un gros «rire d'hôtelier» comme quelqu'un qui n'en a pas l'habitude), Louis XIII joignait cependant un esprit assez vif; il avait parfois des reparties pleines de bon sens, parfois aussi il raillait et se moquait; mais en avançant en âge ses saillies deviennent plus sévères et plus âpres. Un jour d'hiver ([19 février 1605]) le porteur de charbon entre dans sa chambre pendant qu'il se lève et lui dit: «Bonjour, mon maître.—Qui est son maître?» demande l'enfant à son aumônier.—«C'est le Roi et vous.—Qui est le plus grand?—C'est papa et vous après, répond l'aumônier.—Non, c'est Dieu qui est le plus grand!» reprend le Dauphin, qui de sa nature «n'aimoit pas la flatterie». Le lendemain «l'on parloit d'un homme condamné à être pendu, le Dauphin demande: «Qui le pendra?» L'on répond que ce seroit le valet du bourreau, il dit: «Je ne veux donc point avoir un valet.» Peu après il appelle Birat, huissier de sa chambre; il avait l'habitude de lui donner le nom de valet et de lui dire: Valet, faites ceci ou cela; ce jour-là il le nomme par son nom: «Quoi, Monsieur, dit Birat, vous ne m'appelez pas votre valet!—Hé! c'est le bourreau qui a un valet,» répond le Dauphin. Un autre jour Mme de Montglat lui demande après qu'il vient de prier pour le Roi: «Aimez-vous bien papa?—Oui.—Comment l'aimez-vous?—Je l'aime plus que Pataut (le chien de sa nourrice).—Monsieur, reprend la gouvernante, il ne faut pas dire ainsi, il faut dire plus que vous-même.—Plus que moi-même! Eh! il ne faut pas aimer soi-même! il faut aimer des hommes, mais pas soi-même!»

Le Dauphin se plaisait aussi à jouer sur les mots et sur les noms; nous nous bornerons en ce genre à une seule citation où figure le poëte Racan. Le [14 octobre 1606] il y avait à son souper «un page de la chambre auquel il demanda: «Comment vous appelez-vous?—Monsieur, je m'appelle Des Ars.—Vous êtes donc un arc? Il vous faut attacher une corde au nez et au bout des jambes, et puis y mettre une flèche et tirer.» D'un autre page de la chambre qui se nommoit Racan, il dit à sa gouvernante: «Mamanga, velà l'arc en ciel, pour ce qu'il tournoit le nom en son entendement, imaginant Arcan et ajoutoit ciel en sa petite fantaisie. Il se plaisoit à des pareilles rencontres.»

Voici, à la date du jour des Rois, une jolie conversation sur le nombreux personnel de la maison du Dauphin: «Il tenoit une peinture du Roi sur du papier, où étoient les nom, surnom et qualités; il les lisoit. M. de Ventelet lui demande: «Monsieur, quand vous serez un jour le Roi, comment mettrez-vous?» Il répond brusquement: «Ne parlons point de cela!—Mais, Monsieur, vous le serez, s'il plaît à Dieu, un jour après papa.—Ne parlons point de cela!—Monsieur, c'est que vous voulez dire qu'il faut prier Dieu qu'il donne longue vie à papa?—Oui, c'est cela.» En dînant il demanda si, pour son souper, il ne y auroit pas un gâteau pour faire les rois; M. de Ventelet lui dit que oui et qu'il seroit le roi. «Ho! non, dit-il, c'est papa.—Monsieur, j'entends le roi de la fève, ce n'est que pour jouer;» et là-dessus je lui dis: «Monsieur, il faudra s'il vous plaît des charges à tous vos serviteurs; que donnerez-vous à M. Birat?—Ce sera le fou.—Et à M. de Ventelet?—Ce sera le bon vieux homme.—Et à moi, Monsieur?—Vous serez l'imprimeur.» M. Boquet, mari de sa nourrice, lui demande une charge.—«Vous serez maître Guillaume,» c'étoit le fou du roi. Je poursuis à lui demander: «Et à M. de Malleville, que lui donnerez-vous? (Il étoit exempt aux gardes écossoises servant près de lui.)—Ce sera Pantalon;» il avoit la barbe assez grande.—«Et M. de la Pointe? (archer du corps qui étoit gros).—Ce sera le gros ventre.—Et M. d'Origny? (son compagnon).—Ce sera le cuisinier;» il étoit un peu malpropre.—«Et maître Jean? (son sommelier).—Ce sera l'ivre.—Et maître Gilles? (son pannetier).—Il sera confiturier.—Et votre huissier de salle? (il faisoit des vers).—Féfé Vaneuil a un petit chien qui s'appelle Joly; quand ils seront ensemble ils feront des vers et Joly les fera par le c...—Et de Vienne? (c'étoit son cuisinier).—Ce sera Sibilot;» c'étoit le fol du feu Roi.—«Et Champagne? (garçon de garde-robe).—Ce sera mon verseur de m...—Et M. Guérin? (son apothicaire).—Ce sera Frely;» c'étoit le nom que ledit Guérin avoit donné à l'un des chiens.—«Et M. de Cressy? (enseigne de la compagnie qui étoit fort grand).—Ce sera le petit Marin;» c'étoit le nain de la Reine.—«Et M. Aude? (huissier de chambre de Madame qu'il voyoit souvent enveloppé au visage).—Ce sera l'enrhumé.» M. Boquet, qui n'étoit pas content d'être maître Guillaume, le pressoit pour lui en donner une autre; M. Birat entre en la chambre, M. Boquet lui dit: «Monsieur, voilà M. Birat; quelle charge lui donnerez-vous?—Ce sera maître Guillaume.—Et moi, Monsieur, lui dit Boquet, que serai-je maintenant que je ne suis plus maître Guillaume?—Vous serez maître Guillaume Dubois, le poëte de mousseu de Roquelaure (c'étoit un fol qui avoit été maçon et se faisoit croire qu'il faisoit bien des vers); mousseu Héroua, il me venoit voir souvent à Fontainebleau, sur la terrasse de ma chambre; il me montroit des vers qui étoient si mal faits, si mal faits,» me dit-il avec action, comme s'il se y fût connu et en souriant.—«Et à M. de Bernet? (porteur de M. d'Orléans).—Ce sera le nouveau tondu;» il avoit ses cheveux et sa barbe faits de nouveau.—«Et Bourgeois? (l'un des huissiers de sa chambre qui étoit vêtu de noir, portant le deuil).—Ce sera la corneille.—Et Montalier? (valet de garde-robe, portant le deuil).—Ce sera le corbeau.» ([5 janvier 1608].)

Une autre repartie du Dauphin pourrait s'appeler le Dauphin terrible. Le [30 juillet 1608], il jouait avec des figurines en faïence dont une représentait un singe. Henri IV le vient voir et lui dit que ce singe ressemblait à M. de Guise. «Peu après M. de Guise arrive et lui demande: «Monsieur, qu'est cela?—C'est votre ressemblance.—Comment le savez-vous?—Papa le dit.» Le [21 décembre] suivant, le Dauphin se fâche contre les petits gentilshommes attachés à sa personne, «veut qu'ils aient le fouet. Mme de Montglat lui dit qu'il leur falloit pardonner et que le Roi pardonnoit à tout le monde.—A tout le monde! il n'a pas pardonné au maréchal de Biron!»

Le [28 avril 1610], peu de temps avant le couronnement de Marie de Médicis qui devait être suivi d'une entrée solennelle, on disait au souper du Dauphin «que les enfants de Paris qui devoient être à l'entrée de la Reine auroient des éperons dorés. «Ho! dit-il, s'ils en ont de dorés, j'en veux avoir de fer noir.»

Citons encore trois ou quatre mots du jeune Roi qui achèvent de peindre une des faces de son caractère et la tournure que prend peu à peu son esprit. Le 15 juillet 1610, il fait donner à boire à son petit chien et demande: «Pourquoi donne-t-on à boire aux chiens?» Il lui fut répondu: «De peur qu'ils n'enragent.» Il repart soudain: «Les ivrognes donc n'ont garde d'enrager, car ils boivent toujours.»

Le 11 décembre 1612 «la Reine avoit commandé qu'on lui fît la mine pour n'avoir point voulu prendre sa médecine: il s'en aperçut ou il le sut, et s'adressant à Mlle de Vendôme, lui dit tout bas: «La Reine ma mère a commandé que l'on me fasse la mine, mais ils seroient bien tous étonnés si je la faisois.» Soudain il va à Mme la douairière de Guise: «Eh bien, madame de Guise, êtes-vous de celles qui me font la mine?» et s'en va, lui faisant la moue et le hausse-bec.»

Le 9 avril 1616, il construisait un petit fort et y plaçait «des petits canons tirés par des chiens, l'un desquels fait difficulté de passer outre sur une planche qui faisoit du bruit. Il le bat rudement et en colère, le chien passe sans difficulté; lors il dit froidement et de façon sérieuse: «Voilà comme il faut traiter les opiniâtres et les méchants,» et, lui donnant du biscuit, «et récompenser les bons, les hommes aussi bien que les chiens.»

Le 30 décembre 1622, il y avait eu «dispute entre les sieurs d'Ecquevilly et de Sourdis, enfants d'honneur qui portoient des oiseaux de la chambre»; d'Ecquevilly avait été appelé en duel, et on disait au Roi qu'il fallait les empêcher de se battre: «Non, non, répond-il en colère. Qu'on ne les empêche pas; laissez-les battre. Je les séparerai bien; je leur ferai trancher la tête.»

Les inclinations de Louis XIII pour les armes et pour la chasse se montrent chez lui de très-bonne heure; mais, malgré son caractère hautain, il apportera dans ces exercices, comme en toutes choses, des instincts au-dessous de son rang, un esprit subalterne, et il sera plutôt soldat que capitaine, plutôt piqueur que grand veneur. Héroard remarque à plusieurs reprises que le Dauphin «se familiarise de son mouvement avec les soldats plutôt qu'avec toute autre sorte de personnes, faisant du pair et du compagnon avec eux». Son premier favori est un soldat aux gardes, qu'il appelle son mignon Descluseaux; «mais il ne vouloit pas qu'il fût assis à table avec lui pource que, disoit-il, il est pas gentilhomme.» Un jour qu'il faisait ses exercices militaires devant le Roi, avec ses frères naturels MM. de Vendôme et de Verneuil, et les deux petits Frontenac, fils du gouverneur de Saint-Germain, «le Dauphin disoit qu'il vouloit être mousquetaire, et néanmoins il avoit accoutumé de reprendre ceux qui ne faisoient pas bien; le Roi lui dit: «Mon fils, vous êtes mousquetaire et vous commandez!» C'est exactement ce que Louis XIII sera toujours, et roi il joue encore au soldat. Le 23 janvier 1611, après déjeûner, il prend un bâton, se fait mettre en sentinelle par le jeune Loménie, qu'il fait caporal, fait demander à M. de la Curée (lieutenant des chevau-légers) par M. de Préaux (son sous-gouverneur) s'il connoît point ce soldat. M. de la Curée répond que non.—«Il a été aux guerres de Flandre,» dit M. de Préaux.—«Il a bonne mine,» répond M. de la Curée, puis adressant la parole au sentinelle: «Mon compagnon, d'où êtes-vous?—De Gâtinois, répond le Roi.—Comment vous appelez-vous?—Capitaine Louis.—Vous êtes bien habillé! il y a quelque sergent qui est votre camarade, qui vous fournit ce qu'il vous faut?—Oui.»

A l'âge de quinze ans et encore dans sa seizième année, le Roi continue le même jeu. Le 2 septembre 1616, «il s'amuse à faire la garde lui-même, se couche sur la paillasse, s'endort; Descluseaux qui faisoit le caporal l'éveille, le tire par les pieds hors de la paillasse, le met en sentinelle où il se rendort. Descluseaux le y trouve, le met en prison; ce fut en son lit.» Le 20 juin 1617, après avoir, dans la journée, été au conseil et donné une audience à l'ambassadeur de Savoie, et après la cérémonie de son coucher terminée, il se relève dans la soirée et «vêtu légèrement, il descend au jardin, s'amuse à faire la garde, se fait mettre en sentinelle, reçoit le commandement du sergent (c'étoit Descluseaux), y est jusques à une heure après minuit.»

Cinq ans après le jeu devient plus sérieux et produit même une impression pénible. Le Roi qui assiége la ville de Saint-Antonin, occupée par les protestants, descend du rôle de commandant d'armée à celui de simple «artillier»; le 16 juin 1622 «il va au camp à dix heures, au-dessus d'une batterie où il y avoit deux couleuvrines, en pointe par deux fois, tire sur des paysans qui remparoient; à la deuxième fois il en tue deux.» Héroard cite pourtant beaucoup de traits d'humanité de Louis XIII envers les hommes et même envers les animaux, mais ici le désir de prouver son adresse, de se montrer bon soldat, lui fait oublier qu'il n'appartient pas à un roi de tirer sur ses sujets, même révoltés.

Dans son goût passionné pour la chasse, Louis XIII se montre le même. Enfant, il entretient de préférence le veneur maître Martin, lui parle «de tous ses chiens, sait ou demande leurs noms, ce qu'ils savent faire, comme il dresse les jeunes». Roi, il élève lui-même ses oiseaux et leur donne «la mangeaille». Il va seul au bois et à la volerie, en si simple appareil qu'un jour, à Saint-Germain (19 février 1619), un meunier court après lui «le prenant pour un fauconnier, disant et opiniâtrément que c'étoit lui qui lui avoit pris sa poule; à quoi il prenoit plaisir et à le faire contester». Dans un âge plus avancé, il va de Saint-Germain coucher le soir à Versailles, y dort tout vêtu afin d'être plus tôt prêt pour aller à la chasse, et le lendemain (3 août 1624), «éveillé à trois heures, il prend son limier et va au bois pour détourner le cerf, y est deux ou trois heures, et revient tout mouillé à Marly. Il se jette sur un méchant lit sans dormir et, après dîner, va courir son cerf qu'il avoit détourné. Il ne le prend point et revient à Saint-Germain.»

Héroard nous montre encore le Dauphin «curieux de vouloir tout savoir», ayant «l'œil et l'oreille à tout», se plaisant «toujours à quelque exercice pénible». Son goût pour «les œuvres mécaniques» lui fait, tantôt suivre «un maçon qui raccoustroit», tantôt regarder «des charpentiers qui mettoient des cloisons». Voici par exemple une journée où l'on voit la diversité de ses occupations et de ses instincts: Le [10 août 1607] «il se fait mettre dans son petit carrosse découvert jusqu'à la chapelle où il entend la messe, faisant des gambades sur son carreau. Il va à son carrosse, y fait mettre dedans Madame, la petite Vitry et le petit Gramont de la Franche-Comté. Il dit à l'oreille à Hindret, son joueur de luth, qui le menoit: «Je veux être le valet de pied, mais le dites pas.» Deux pages tirent le carrosse, il va à côté branlant les bras et marchant de l'air d'un laquais, se fait appeler le petit Louis. Mené en sa chambre, il se met sur les outils de menuiserie; il a deux pages et deux garçons de la chambre auxquels il commande, leur fournit la besogne et se fait appeler maître Louis. Il vient en ma chambre, me demande papier et encre, se met à peindre, fait un oiseau, puis se met à faire Dondon, sa nourrice.» Une autre fois, «il s'amuse à maçonner une maison, porte lui-même les pierres», ou bien il pave lui-même un chemin, «porte le pavé, le met en œuvre». Roi, il s'amusera «à faire des paniers de menu jonc», clouera «les tapis du pied de son lit avec le tapissier», travaillera avec un émailleur ou avec un excellent tourneur allemand qui lui apprendra à tourner. Le 15 octobre 1614, «il s'amuse lui-même à travailler avec le menuisier, à dresser le jeu de billard,» et le 12 janvier 1617 à établir «une batterie de petits canons qu'il avoit lui-même fondus à sa forge».

Nous avons vu Louis XIII demander à sa mère de lui ôter son gouverneur M. de Souvré, parce qu'il ne «pouvoit plus durer avec cet homme-là»; quinze jours avant il lui avait servi de cuisinier et de maître d'hôtel. Le 13 octobre 1614 il était allé faire collation dans une maison particulière; après avoir mangé, «il entre en la cuisine, met M. le comte de la Rocheguyon à la porte pour huissier, et lui se fait porter des œufs, ayant été auparavant au poulailler pour en prendre. Il donne deux écus à une femme qui lui en apporta six et un poulet, se prend à faire des œufs perdus et des œufs pochés au beurre noir, et des durs hachés avec du lard, de son invention. M. de Frontenac, premier maître d'hôtel, fait une omelette; le Roi commande au petit Humières de prendre un bâton et de servir de maître d'hôtel, au sieur de Montpouillan d'huissier, à d'autres de prendre des plats, et lui prend le dernier et marche ainsi à la salle où étoit M. de Souvré, auquel il avoit commandé d'attendre ce qu'on alloit lui servir. Il fait l'essai du plat qu'il portoit».

Le Dauphin montre des goûts plus élevés dans ses dispositions naturelles pour la musique et le dessin. Suivant l'usage de l'époque, deux musiciens étaient attachés à sa personne «pour l'endormir»; l'enfant les écoutait avec transport, retenait les termes de leur art et voulait même faire sa partie avec eux. Le [23 février 1608], il joue du «tabourin de basque fort bien, en concert avec Hindret, son joueur de luth, et Boileau, son violon; il avoit appris de lui-même. Mené pour donner le bonsoir au Roi et jouer leur concert, il s'arrête à la porte du cabinet et ne voulut jamais entrer pour jouer, comme ayant reconnu que c'étoit chose messéante à sa qualité; le Roi le sut et le trouva bon». Le [11 août 1609], «il fait chanter et chante en concert des chansons d'amour; mis au lit, il fait encore chanter Laudate en concert de voix, d'un luth et d'une mandore».

Un jour de la fête de Sainte-Cécile, «M. de Souvré le vouloit mener à Notre-Dame»; le jeune Roi s'y refusait «à cause, disoit-il, qu'il y auroit une grande messe.—Oui, Sire, lui dit M. de Souvré, mais il y aura de la musique que vous aimez tant!—Oui, mais il y en a de deux sortes; il y en a une que j'aime point»; c'étoit le plain-chant.» La musique que le Roi préférait était celle que lui faisaient à son coucher La Chapelle, «excellent joueur d'épinette qui étoit à lui», et Bailly qui chantait en s'accompagnant du luth. «Quand ils cessoient: «Chantez, chantez,» disoit-il, ainsi que souloit faire le feu Roi son père, duquel il avoit toutes les mêmes actions.» Le 1er septembre 1612, le Roi «commence à apprendre à jouer du luth par Ballard,» et à la fin de l'année 1616 on le voit encore chanter en concert avec les orgues, «sur lesquelles jouoit le sieur de La Chapelle».

Louis XIII enfant avait moins d'ardeur pour la danse, peut-être parce que cet exercice faisait partie de son éducation, tandis que la musique et le dessin n'étaient que des arts d'agrément qui ne lui étaient pas imposés. Cependant, le [21 février 1608], il danse fort bien son ballet des Falots devant Henri IV qui «en pleure de joie»; mais plus tard Héroard écrit à la date du 5 janvier 1611: «Dansé à regret; il n'aimoit pas la danse de son naturel, et si il faisoit bien; il le fait pour faire les révérences à M. de Souvré qui le forçoit à les bien apprendre.» Dans les années suivantes au contraire le Roi figure lui-même dans plusieurs ballets, et on sait qu'il se plaisait à en composer.

Dès l'âge de trois ans, le Dauphin commence à «crayonner sur du papier» et Héroard a conservé précieusement ces premiers griffonnages, dans lesquels il voit déjà une «merveilleuse inclination à la peinture»; on les retrouve dans le manuscrit de son journal, ainsi que les premiers essais d'écriture de l'enfant. Ces dispositions pour le dessin se développèrent un peu plus tard, pendant les séjours à Fontainebleau où de nombreux artistes, à la tête desquels se trouvait Martin Fréminet, continuaient les travaux de décoration commencés sous François Ier. Le [14 décembre 1606], le Dauphin s'amuse à peindre «ayant fait venir un peintre qui lui apprend; il l'écoute et suit ce qu'il lui dit, maniant aussi dextrement le pinceau que l'ouvrier, et tenant les couleurs au pouce comme le peintre, qui lui fait tirer un visage». Le matin, il avait dit à Mme de Montglat: «Je peindrai, je vous ferai un beau petit chérubin.—Ho! lui dit la gouvernante, vous êtes un beau peintre! Vous ne sauriez peindre le beau temps.—Si ferai.—Comment ferez-vous?—Je prendrai du blanc, puis des couleurs de chair et du bleu.—Mais vous ne sauriez faire le soleil ne la lune.—Si ferai.—Comment ferez-vous le soleil?—Je prendrai du jaune et du rouge, et je les mêlerai.—Et la lune?—Je prendrai du blanc et du jaune, je les mêlerai, puis je ferai un visage, puis ce sera la lune.» Le lendemain, «il envoie quérir deux jeunes peintres, dit qu'il veut apprendre à peindre; étant arrivés, il prend les couleurs au pouce, peint des cerises après le crayon du peintre, demande: «Que faut-il que je fasse? Faut-il du blanc, du rouge?» et besogne dextrement et avec attention.»

Deux jours après, c'est Fréminet lui-même qui vient donner au Dauphin une leçon dont Héroard a conservé les dessins, et son journal nous fait assister à la petite scène d'intérieur qui se passe entre le prince et le premier peintre du Roi. Aussitôt que Fréminet entre dans sa chambre, le Dauphin lui montre ses peintures des jours précédents et lui dit: «J'ai fait ces cerises, j'ai fait cette rose.» M. Fréminet, «peintre du Roi, excellent personnage», lui dit: «Monsieur, vous plaît-il que je vous fasse faire un oiseau avec la plume?» Il lui répond gaiement: «Oui; Mamanga, envoyez quérir mon écritoire;» il met son papier sur sa petite table et commence à griffonner tout seul un oiseau dont le corps est semé de grosses taches d'encre: «Les taches noires du milieu, dit-il, ce sont les plumes.» Fréminet lui propose alors de lui conduire la main et lui fait dessiner un perroquet, mais ce n'est pas sans peine, à cause de l'impatience de l'enfant qui veut aller plus vite que l'artiste. Fréminet dessine ensuite une tête de profil et dit au prince: «Faites un visage comme celui-là.—Ho! ho! dit-il en souriant, je ne saurois.» Fréminet lui reprend alors la main et lui fait dessiner deux profils, puis, pour terminer la leçon, l'artiste retourne le papier et dessine une belle tête de guerrier coiffé d'un casque; l'enfant ravi lui donne pour le remercier une grosse poire.

Le [6 février 1607], le Dauphin, qui est toujours à Fontainebleau, parle dans son lit, avant de s'endormir, «sur les peintures qu'il a faites, d'un bois, d'une montagne, du ciel; qu'il n'avoit pas les couleurs pour faire les ombrages du soleil et de la lune; que demain il achèvera, peindra la chasse au blaireau pour la présenter à papa; il n'en pouvoit sortir tant il y prenoit de plaisir». En effet, [le lendemain], «il s'assied et accommode une petite toile carrée, et la cloue sur un petit ais pour peindre dessus, ayant auprès de lui le petit-fils de l'un de ses jardiniers, qui savoit peindre et qui lui montre. Il le suit avec son pinceau, froidement, attentivement, dextrement et avec vouloir et affection d'apprendre. Ce désir l'avoit fait lever plus matin que de coutume, il y avoit de l'inclination comme aux autres sortes de mécaniques. Ayant achevé son bocage, il dit au petit peintre: «Faites l'accoustrer.—Monsieur, lui dit le peintre, y ferai-je faire un châssis?—Oui, oui.—Monsieur, je n'ai point d'argent.—Mamanga, donnez-moi de l'argent pour faire un châssis à mon petit tableau.» Elle lui baille deux quarts d'écu; il va au peintre et lui dit: «Tenez, velà deux quarts d'écus, gardez-en un pour en faire un autre.» Trois jours après le Dauphin «tire de son pupitre le paysage qu'il avoit fait avec le petit peintre; Mme de Montglat lui dit: «Monsieur, il vous faut écrire.—Non, Mamanga, qu'on aille quérir le petit peintre;» il aimoit la peinture», répète encore Héroard.

Une autre fois c'est Dupré, le graveur en médailles, qui donnera au jeune prince, toujours à Fontainebleau, une leçon de modelage. Le [6 juin 1607], le Dauphin, qui pose pour un sculpteur en cire nommé Paolo, s'amuse pendant ce temps à «tirer en cire» son mignon Descluseaux. Dans l'après-midi «il s'amuse, avec de la cire, à faire un visage, pendant que M. Dupré, statuaire du Roi, le tire pour en faire une médaille; il sait tout ce qu'il faut faire et travaille fort dextrement, polit, fait les cheveux, perce les yeux, les oreilles, tout sur la trace grossière que M. Dupré lui en avoit faite». Le lendemain il dit à son médecin qu'il le «veut peindre en cire pendant que M. Dupré l'achèvera» et qu'il lui fera la barbe pointue comme une épingle.

Plus tard le Dauphin fait faire par Boileau, son joueur de violon, et fait lui-même des copies d'après quelques-uns de ces dessins dont la mode s'était conservée depuis le seizième siècle et que l'on nommait des crayons; c'est tantôt Duguesclin ou Louis XII, tantôt ses deux grands-pères Antoine de Bourbon et le duc de Toscane; lui-même pose pour Boileau et il fait attacher ces crayons sur la tapisserie de sa chambre. Héroard a joint à son manuscrit une copie de la main du Dauphin d'après un crayon représentant la marquise de Ménelay. Une autre fois le Dauphin copie le portrait de la reine Jeanne de Sicile et «en huile le portrait du Roi qui étoit devant lui; il étoit fort reconnoissable».

Louis XIII conserva toute sa vie son goût pour la peinture et le dessin. Lorsqu'au mois de février 1611, Marie de Médicis veut lui acheter à la foire Saint-Germain une chaîne de diamants, «il n'en veut point, dit mieux aimer des tableaux», et à diverses reprises il se remet à peindre «ayant fait venir Bunel, l'un de ses peintres et excellent». Le 25 juillet 1622, étant à Béziers, le Roi «s'amuse à peindre en crayon, ne laisse pas d'entendre ses affaires par M. de Puisieux, secrétaire d'État»; et au mois d'août 1627 on le retrouve à Versailles, s'occupant encore «à peindre». Si Héroard avait vécu jusqu'aux derniers jours de son maître il l'aurait vu, quelques semaines avant sa mort, ainsi que le rapporte Dubois, l'un des valets de chambre du Roi, «travaillant fort longtemps à peindre certains grotesques, à quoi il se divertissoit ordinairement».