ANNÉE 1617.
[Ballets].—[Chasses].—[Mariage de Mlle de Soissons avec M. de Longueville].—[Baptême de Mlle de Pluvinel].—[Retour du chancelier de Sillery].—[Jeux militaires du Roi].—[Meurtre du maréchal d'Ancre].—[La Reine mère].—[Courses à Saint-Germain et à Fontainebleau].—[Mort de la maréchale d'Ancre].—[Portrait du Roi par Fernand].—[Nombreuses courses du Roi aux environs de Paris].—[Il touche par grâce quatre Espagnols].—[Mariage de M. de Luynes].—[Le prince de Condé sort de prison].—[Départ pour Rouen].—[Mantes].—[Gaillon].—[Pont-de-l'Arche].—[Entrée à Rouen].—[Dieppe].—[L'hôtesse de l'Écu de Bretagne].—[Retour à Rouen].—[Mort de M. de Villeroy].—[Réception des cours souveraines].—[Assemblée des Notables].—[Retour à Saint-Germain].
Le 1er janvier, dimanche.—Confessé, communié, touché quatre cent six malades.
Le 4, mercredi.—Il va chez la Reine, y recorde son ballet.
Le 12, jeudi.—Vêtu de son habit de ratine et de sa robe, il s'amuse à dresser une batterie de petits canons qu'il avoit lui-même fondus à sa forge, dresse la garde autour des canons et fait tout ainsi que s'il eût été à une armée.
Le 15, dimanche.—Paré pour aller au bal chez la Reine sa mère, il y descend à neuf heures et demie, où il y eut bal et y dansa, et revint à deux heures après minuit.
Le 19, jeudi.—Il recorde son ballet deux fois dans la journée. Entretenu le soir en se couchant, il dit qu'il n'aime plus la chasse; les deux jours précédents, il n'y avoit point eu de plaisir. Il faisoit mauvais temps.
Le 22, dimanche.—A neuf heures et demie il va chez Janv
1617 la Reine sa mère, pour y voir le ballet de M. le comte d'Auvergne, en revient à une heure et demie après minuit.
Le 29, dimanche.—Il va souper en la chambre de M. de Luynes, aux Tuileries, qui boit à sa santé. Le soir il donne son ballet, qui ne commence, par suite de difficultés, qu'à deux heures et demie, et entre dans la salle de bal avec beaucoup de peine, à cause de la foule du monde, où il se trouve une demoiselle qui se prend à ses chausses, disant: «Si vous entrez, j'entrerai».—Il entre, et danse le ballet dont le sujet étoit les Amours d'Armide et de Renaud; cela dure jusques à cinq heures[264].
Le 2 février, jeudi.—Mis au lit, il s'amuse à faire habiller huit ou dix des siens de certains habits qui avoient servi à d'autres ballets, les fait danser au violon, lui jouant du tambour.
Le 4, samedi.—Il va à la volerie, en l'étang de Massy et à Longjumeau, où il prend le héron dans le jardin de maître Jehan Philippy, chirurgien ordinaire de Sa Majesté. Le soir il va voir jouer une tragi-comédie espagnole par les filles de la Reine.
Le 6, lundi.—Il fait encore la collation chez le sieur Philippy, mange des cerises sèches, en met dans sa pochette. Après son souper il va chez la Reine, où il s'endort, sur deux escabeaux qui plient et un oreiller, jusques à près d'onze heures; à minuit il va chez la Reine sa mère, où il voit danser un ballet de la Reine; revient à une heure.
Le 7, mardi.—Il va chez la Reine sa mère, où il voit danser le ballet du prince de Joinville, en revient à deux heures après minuit.
Le 11, samedi.—Il va aux Tuileries où il court un Fév
1617 chevreuil avec ses petits chiens, va aux Feuillants. En dînant il me dit qu'il ne se trouve pas bien, qu'il râle, a l'estomac pesant, et est dégoûté; il étoit enrhumé, dit qu'il pense qu'il auroit besoin de prendre quelque chose. Après son dîner il va chez sa mère, chez la Reine, retourne aux Tuileries. Avant de se coucher il va chez la Reine sa femme, jusques à onze heures.
Le 19, dimanche.—Il s'amuse doucement, gaiement, fait battre à coups de poing les petits pages de la musique, et puis leur donne un écu à chacun.
Le 21, mardi.—A une heure et demie il entre en carrosse, va vers les Bonshommes, où il fait conduire des petites pièces de canon et tire aux corneilles. Il en tue une; c'étoit une nouvelle sorte de chasse.
Le 2 mars, jeudi.—Il va à sa forge, puis aux Tuileries, puis en la place Royale, voir la compagnie de la Reine sa mère.
Le 4, samedi.—Il s'amuse à faire son équipage pour ce qu'il veut partir pour son voyage. Le soir il va chez la Reine.
Le 5, dimanche.—Il va chez la Reine sa mère, où se passa le contrat de mariage de Mlle de Soissons avec M. le duc de Longueville[265].
Le 2 avril, dimanche.—Il va chez la Reine, chez la Reine sa mère, va chez M. de Pluvinel, l'un de ses écuyers près de sa personne, en l'absence de M. de Souvré, et de là à Saint-Thomas du Louvre pour tenir à baptême sa fille avec Madame[266]; y a goûté à la collation.
Avr
1617
Le 13, jeudi.—Il va au conseil et deux fois chez M. de Luynes, en sa chambre.
Le 17, lundi.—Il va chez la Reine, laquelle ce jourd'hui fut saignée du pied droit, en présence du docteur de la Serva, son premier médecin, et du médecin du duc de Mantoue. Le Roi va la voir le soir.
Le 24, lundi.—Le maréchal d'Ancre tué sur le pont du Louvre entre dix et onze heures du matin[267].
Le 25, mardi.—M. le chancelier de Sillery[268] arrive, et, mandé par le Roi, va chez la Reine. Il se rend seul au conseil, pour la première fois avec ses secrétaires.
Le 28, vendredi.—Il va à la chambre de M. de Luynes, chez la Reine chez sa mère.
Le 3 mai, mercredi.—A deux heures et demie le Roi descend dans l'antichambre de la Reine sa mère, pour lui dire adieu. Elle part pour Blois, et lui pour le bois de Vincennes[269].
Le 7, dimanche.—Il voit Mesdames, ses sœurs, qui étoient venues le visiter. Il s'amuse à voir combattre des dogues et des ours. Il va chez la Reine le soir, revient chez lui, et s'amuse à démonter des canons de harquebuses.
Le 8, lundi.—Il va au conseil, puis au parc, à son fort.
Le 10, mercredi.—A son parc, il fait sentinelle sur Mai
1617 le bord du fossé, à l'avenue de la porte, le mousquet sur l'épaule. Il devoit défendre le fort, et M. de Rohan le devoit attaquer; cela est diverti et la trêve publiée à son de trompe.
Le 12, vendredi.—Il donne audience au nonce[270].
Le 14, dimanche.—Il va à la messe à la chapelle de Bourbon, communie, touche sept cent quatre malades. Il va chez la Reine à deux heures, puis au sermon. Le soir encore chez la Reine.
Le 17, mercredi.—Il va chez la Reine, en la galerie, où il donne audience à des ambassadeurs, va au conseil après. Le soir chez la Reine; il revient à onze heures trois quarts.
Le 27, samedi.—Il part de Paris et va à Saint-Germain en Laye, arrive à deux heures au château neuf, va se promener partout, va par les terrasses, et à pied à la garenne. Il revient à huit heures trois quarts, décrit de sa main et donne les relais, pour le lendemain, à courre le cerf.
Le 29, lundi.—Il revient à Paris, soupe à la Chaussée, maison de M. le président Chevalier, va trouver la compagnie qui soupoit, se met entre M. de Mayenne et M. de Nevers. A sept heures et un quart il entre en carrosse à Paris, va chez la Reine à huit heures et demie, puis va se mettre au lit à neuf heures trois quarts[271].
Le 1er juin, jeudi.—A Rueil dîné; il va s'asseoir à table avec la compagnie, y mange peu, va aux grottes, y mouille, y est mouillé, revient à six heures chez la Reine, puis va souper et revient chez la Reine.
Le 4, dimanche.—Comme on lui reprochoit de ne Juin
1617 pas aller voir la Reine, il répondit que cela l'échauffoit.
Le 5, lundi.—Il avoit cessé de jouer à la paume pendant quelque temps; il s'y est remis.
Le 6, mardi.—Il ordonne de son équipage de canons qu'il veut faire mener à Fontainebleau; va en son écurie, au conseil, chez la Reine. Le soir il va chez la Reine.
Le 7, mercredi.—Il entre en carrosse à cinq heures et part de Paris pour aller à Fontainebleau, arrive à huit heures et demie à Essonne, où il dîne. A dix heures et un quart il rentre en carrosse jusqu'à Pont-Thierry, où il prend le petit, à quatre personnes, et le conduit lui-même au grand trot jusques à la forêt, et de là par ses petits cochers jusques à Fontainebleau, où il arrive à une heure et demie. Débotté, il va jouer à la paume, puis se va promener jusques à cinq heures, puis soupé. Il va encore se promener; à huit heures mis au lit.
Le 8, jeudi.—Il se va promener derrière le chenil, à travers les blés et les sables, à pied, va chez la Reine; va en carrosse, à la garenne d'Avon, fouiller aux renards et aux blaireaux, de là fait tout le tour du parc à pied, peu dedans le carrosse, revient et se met dans une nacelle sur l'étang. Il va chez la Reine, puis se promener.
Le 20, mardi.—Il va chez la Reine, au conseil, puis en la chambre ovale, donne audience au marquis de Lancy, ambassadeur extraordinaire de Savoie pour le remercier de sa bonne volonté à son secours. Après son souper, mis au lit, levé, vêtu légèrement, il descend au jardin, s'amuse à faire la garde, se fait mettre en sentinelle, reçoit le commandement du sergent (c'étoit Descluseaux), y est jusques à une heure après minuit.
Le 23, vendredi.—Il voit jouer les artifices faits pour la Saint-Jean.
Le 24, samedi.—Il s'amuse le soir à des fusées et à chanter, va chez la Reine et en revient à minuit.
Le 26, lundi.—Le soir il se va promener, fait mettre le feu à toute la paille vidée des paillasses, va chez la Juin
1617 Reine, à neuf heures fait descendre son lit, ne se couche point, descend au jardin, où il est jusques à une heure trois quarts, se jette sur une paillasse, où il est dormant légèrement, tout vêtu.
Le 27, mardi.—Il part de Fontainebleau, arrive à Paris à dix heures et demie[272].
Le 30, vendredi.—Il va enfin chez la Reine de huit heures à minuit et demi.
Le 2 juillet, dimanche.—Il va à Saint-Germain-en-Laye.
Le 5, mercredi.—A trois heures il donne audience à M. l'ambassadeur d'Espagne, puis va jusques au clos de M. de Frontenac.
Le 6, jeudi.—Il va courir le cerf, revient disant qu'il a grand faim, va chez la Reine, qui n'avoit pas dîné et y a mangé et encore dîné. Le soir il retourne chez la Reine, et vient se mettre au lit à huit heures trois quarts.
Le 8, samedi, à Saint-Germain.—Il va à l'assemblée à Maisons, ensuite à la chasse voir mourir le cerf, puis va chez la Reine; à huit heures pansé, mis au lit. A pareille heure la maréchale d'Ancre décapitée et brûlée en Grève, à Paris; on lui en parla si souvent et si longtemps qu'il fut en continuelle appréhension[273], sans se pouvoir endormir jusques à trois heures et demie après minuit, qu'il s'endort jusques à huit heures un quart.
Le 10, lundi.—Éveillé à six heures après minuit comme il l'avoit commandé, il va à Saint-Germain-en-Laye où il a dîné; revient en carrosse à Paris à dix heures et Juil
1617 demie. Débotté et, jusques à une heure, amusé, il va au conseil, au jeu de paume, chez la Reine; à cinq heures et demie soupé, puis chez la Reine, il en revient à neuf heures et demie, et est mis au lit.
Le 15, samedi.—Il va chez la Reine, et donne audience aux ambassadeurs de Venise et de Savoie, va au parc, y fait mettre son petit canon et fait mettre un chapeau contre une motte de terre, y pointe sa petite pièce de deux cents pas, donne demi-pied à côté, main droite, et à la deuxième fois donne dedans. Il va vers les Bonshommes, où il a goûté; bu dans son chapeau du vin clairet et de l'eau; il fait boire ainsi M. de Guise et d'autres.
Le 24, lundi.—Il va sur la rivière faire pêcher le cormoran, le soir chez la Reine, à la comédie en la galerie.
Le 25, mardi.—Il va chez la Reine, puis va vers les Bonshommes; baigné à la rivière, la première fois depuis qu'il est Roi, enroué après.
Le 27, jeudi.—Il va à Saint-Germain, se baigne à la rivière à main droite, vers la pointe de l'île de la Garenne, y est un quart d'heure.
Le 31, lundi.—Le matin baigné en sa chambre. Le soir il entend la comédie en sa chambre.
Le 2 août, mercredi.—Au bain en sa chambre, il est peint par Fernand[274], peintre excellent, étant dans l'eau. Le soir il voit jouer la comédie.
Le 4, vendredi.—Il va aux Tuileries, où il fait courir trois renards par ses petits chiens; l'on y avoit apporté les renards. Le soir il va chez la Reine.
Le 15, mardi.—Il va au sermon du P. Arnoux, jésuite, voit la Reine en la maison où il fait la collation; c'étoit à Saint-Germain.
Août
1617
Le 25, vendredi.—Il part de Paris pour aller à Lésigny et au bois de Piple; il arrive à une heure, va aux Fontaines, se trouve las, se couche sur un matelas, court un blaireau après.
Le 29, mardi.—Il va sur l'étang (il faisoit une extrême chaleur) revient à Paris. Il se plaint de tranchées au ventre, ce qui l'empêche d'aller dîner au faubourg Saint-Honoré, chez M. de Vendôme, et de tenir à baptême son fils.
Le 2 septembre, samedi.—Il va chez la Reine, puis part de Paris pour aller à Nanterre chasser à la garenne du Vésinet, arrive à Saint-Germain par les terrasses, va jouer à la paume au jeu du bourg, puis se promener.
Le 3, dimanche, à Saint-Germain.—Il va au vieux château pour voir l'endroit où le tonnerre vient de tomber. C'étoit auprès de la chapelle, au-dessus de la voûte du château, d'où il remonta de la cour après avoir pirouetté autour de trois ou quatre personnes qui y étoient.
Le 6, mercredi.—Il va chez la Reine, fait tirer des fusées dans le préau, joue aux barres, va à l'assemblée à Joyenval, y dîne, ayant fait quatorze lieues dans le jour sans être aucunement las, ayant chassé beaucoup.
Le 8, vendredi, à Saint-Germain.—Confessé par le P. Arnoux, il va à la chapelle de la terrasse, où il entend la messe, communie, entend encore la grande messe, puis touche quatre Espagnols malades, par grâce, à cause des maladies qui avoient cours. Il va chez la Reine après son dîner, et à deux heures à l'église, au village, au sermon du frère Paolo di Cesena, Italien, général des Capucins, qui prêcha en son langage, et y entend vêpres, revient à quatre heures. Il va au préau jouer aux barres, puis chez la Reine; mis au lit, il écrit lui-même et donne les relais pour courir le cerf le jour d'après.
Le 9, samedi.—Il part de Saint-Germain, va à l'assemblée en Vésinet, où il dîne. A Maisons, le Roi y passe en Sept
1617 bac, revient à Paris à quatre heures. Il va chez la Reine après son souper, revient à huit heures.
Le 10, dimanche.—Le Roi va voir le général des Capucins.
Le 11, lundi.—Il va chez la Reine, où se font les fiançailles de M. de Luynes avec Mlle de Montbazon[275]. M. l'archevêque de Tours, auparavant évêque de Bayonne, y fit la cérémonie.
Le 13, mercredi.—A son lever il monte en la chambre de M. de Luynes, et à cinq heures le mène à la chapelle de la Tour, près de l'antichambre de la Reine, où, par M. l'archevêque de Tours, il est épousé. Après son dîner il va chez la Reine, au conseil, va au souper que donne M. de Luynes.
Le 15, vendredi.—Ce jourd'hui, à midi, M. le prince de Condé a été sorti de la Bastille et mené au bois de Vincennes avec Madame sa femme[276].
Le 21, jeudi.—Il va mettre la première pierre au pont Saint-Michel. En ce temps-là il alloit souvent à l'assemblée de Joyenval.
Le 22, vendredi.—Mis son habit de satin; il recorde son ballet, va chez la Reine, va au conseil, puis part pour Saint-Germain.
Le 23, samedi.—Il va à l'assemblée à Maisons; le Roi passe la rivière à gué devant la maison de M. le président Chevalier, courant après le cerf.
Le 25, lundi.—Il va à l'assemblée à Vaucresson, y dîne, soupe à Saint-Germain.
Le 26, mardi.—Il revient à Paris, va chez la Reine.
Le 8 octobre, dimanche, à Saint-Germain.—Il va par la terrasse à pied à la garenne, où il chasse aux lapins à coup de sa petite pièce, en tue un par la tête.
Oct
1617
Le 18, mercredi.—Chez la Reine, dans la chapelle de la Tour, il y tient à baptême le fils aîné de M. de Vendôme, duc de Mercœur, avec la Reine[277].
Le 24, mardi.—Il donne audience aux ambassadeurs de Venise et de Savoie, qui prennent congé.
Le 27, vendredi.—Il va à l'assemblée à Joyenval, où il a dîné, arrive à neuf heures et demie, va faire la recette de son poisson, et donne dix écus au pourvoyeur et une pistole à ses serviteurs.
Le 1er novembre, mercredi.—Il touche les malades en la galerie; à onze heures il va chez la Reine.
Le 11, samedi.—Il va chez la Reine, au conseil; à midi il entre en carrosse, part de Paris allant à Rouen, arrive à Saint-Germain, il pleuvoit. Il s'amuse à faire lui-même un petit fourneau de forge, de brique et de mortier.
Le 14, mardi.—Il part de Saint-Germain; à l'entrée du bourg, M. d'Épernon, revenant de Guise, lui fait la révérence. Il soupe à Mantes pour la première fois, y joue à la paume; il dîne à Fresnède.
Le 15, mercredi.—Il arrive à Vernon pour la première fois, y dîne, arrive à Gaillon[278], va soudain à pied visiter le jardin, puis soupé.
Le 16, jeudi.—Il va en son cabinet, au conseil, où il n'y avoit que le président Jeannin.
Le 23, jeudi.—Il part de Gaillon et va à Pont-de-l'Arche pour la première fois; à Rouville dîné. Il va à Pont-de-l'Arche, où le sieur de Marsillat lui donne la collation de confitures.
Nov
1617
Le 24, vendredi.—Il part de Rouville pour aller à Rouen, la première fois, à quatre heures, sans cérémonie, va descendre à l'église de l'évêché, où il fut reçu par M. de Harlay, archevêque. A cinq heures à Saint-Ouen où il logea[279].
Le 25, samedi.—Il va à la messe et aux vêpres à Saint-Ouen. Il pleuvoit, il languit et s'amuse à jouer au volant en son cabinet.
Le 27, lundi.—Il part de Rouen pour aller à Dieppe, dîne à Tote et soupe à Baqueville, va se promener partout.
Le 28, mardi.—Il arrive à Dieppe pour la première fois, va au derrière de son logis pour y voir la mer, va voir le port.
Le 29, mercredi.—Il monte à cheval, va au-dessus du Pollet, monte au fort de Lunes, à main gauche sur le bord de la mer, où il fait mouiller et mouille lui-même, faisant avancer le piquet. M. le duc de Mayenne rencontra un piquet qui le fit tomber et fut couvert d'eau.
Le 30, jeudi.—A son dîner, Mathurine[280] y emmène son hôtesse qui dit au Roi: «Dieu vous donne bonne vie et longue, Sire; autrefois j'ai baisé votre père, mais je vois bien que je ne vous baiserai pas. Que Dieu vous bénisse, Sire, et vous maintienne longuement.» C'étoit l'hôtesse de l'Écu de Bretagne. Il retourne au bord de la mer, fait jeter dans l'eau le sieur de Frasque, écuyer de la Reine, et le sieur Bernard, s'amuse, achète beaucoup de petites besognes.
Le 1er décembre, vendredi.—Il part de Dieppe, soupe le lendemain à Rouen.
Le 4, lundi.—Il va à la messe à Notre-Dame, et puis faire l'ouverture des Notables qu'il avoit fait venir pour Déc
1617 donner ordre aux affaires de l'État, et prononça ces mots: Messieurs, j'ai dit mon intention à monsieur le chancelier; il vous la fera entendre; asseyez-vous.
Le 5, mardi, à Rouen.—Il va au collége des Jésuites, pour voir les préparatifs qu'ils avoient faits pour jouer des jeux.
Le 10, dimanche.—Il va chez M. de Luynes, va au conseil, à la messe à Saint-Ouen.
Le 12, mardi.—Il entre en carrosse, va à l'hôtel de Ville à sa collation. Ce jourd'hui M. de Villeroy est décédé, à quatre heures après midi.
Le 17, dimanche.—Dîné chez M. de Luynes; il ne boit pas du muscat.
Le 23, samedi.—Il donne audience à M. le président de Hacqueville[281], accompagné de M. le président Fayet, députés de la cour du parlement de Paris, pour faire remontrances pour la continuation du droit annuel à messieurs des comptes, cour des aides de Paris et trésorier de France.
Le 26, mercredi.—Il reçoit les avis par écrit des notables. M. le cardinal du Perron porta la parole.
Le 28, samedi.—Il va au conseil, où étoient les princes, ducs et pairs et officiers de la couronne, pour lui communiquer les avis de l'assemblée et demander le leur. Le lendemain il donne congé à messieurs les notables, au conseil. A deux heures messieurs de la cour du parlement prennent congé de lui.
Le 29, vendredi.—Il part de Rouen après l'assemblée, et dîne à Pont de l'Arche, revient souper à Gaillon, et y a couché.
Le 30, samedi.—En chassant il arrive à Mantes, où il soupe et couche.
Le 31, dimanche.—Il va à la messe à Notre-Dame Déc
1617 et à sept heures entre en carrosse, et part de Mantes; va à Fresne, où il arrive à neuf heures et où il a dîné: ensuite il va à cheval en chassant jusques à Saint-Germain-en-Laye, où il arrive à deux heures et un quart. La Reine, qui ne faisoit que d'arriver[282], le reçoit à l'entrée de la salle; il va chez la Reine, puis au petit cabinet de la galerie, où il s'amuse à faire des fusées. A six heures et demie soupé; il va après chez la Reine, en revient à huit heures trois quarts.