J
JABOT, s. m. (fig.) Se donner du jabot, signifie: Se pavaner, se glorifier, faire parade de son propre mérite. En voilà un qui ne se donne pas mal de jabot. Locution fréquente chez nous et chez nos proches voisins, mais qui ne se trouve pas dans les dictionnaires.
JACASSE, s. f. Babillarde, causeuse fieffée. Terme parisien populaire, normand, etc.
JACQUES DÉLOGE ou DES LOGES, nom propre d'homme. Prendre Jacques Des Loges est une expression facétieuse qui signifie: Déloger, détaler sans bruit, s'échapper à la sourdine. Je devais le trouver chez lui ce matin, et recevoir mon loyer: bernique! il avait pris Jacques Des Loges. L'expression française populaire est: Il a pris Jacques Déloge pour son procureur.
JAIRE ou JARRE, s. m. Terme de boucherie. Jaire de veau, jarre de veau. Dites: «Jarret de veau.»
JAMBETTE, s. f. Jambon de l'épaule.
JANOT, nom propre d'homme. Battre Janot, déraisonner, radoter. [P. G.]
JAQUETER, v. n. Jacasser, caqueter.
JARAVATTE, s. f. Langue, au sens propre. Mener sa jaravatte, faire aller sa jaravatte, signifient: Jaser, bavarder.
JARICLE, s. f. Babillage, loquacité, verbiage. [P. G.]
JARJET, s. m. Terme de tonnelier. Jable, rainure pratiquée aux douves d'un tonneau pour arrêter les pièces du fond.
JARLE ou GERLE, s. f. Sorte de corbeille ronde. Voyez GERLE et [JERLE].
JARLOT, s. m. Cuvier ou grand baquet, destiné principalement à saler la viande de cochon. En Normandie on dit: Jalot; en vieux français, jale.
JARRETOU, s. m. et adj. Cagneux, qui a les genoux rapprochés et les pieds jetés en dehors. Dans la langue provençale, jarretier se dit des personnes et a le même sens.
JARRETOULE, s. fém. et adj. Cagneuse.
JASERON, s. m. Chaîne d'or à très-petits anneaux. En vieux français: Jaseran.
JASPINER, v. n. Disputer, taquiner, contredire. Terme rouchi, normand, etc. En français, «Jaspiner» signifie: Causer à tort et à travers.
JEAN-JEAN (UN). Un niais, un imbécile. En Normandie on dit: Un Janot.
JERLE, s. f., et JERLON, s. m. Cuve, petite cuve. Dans le Berry on dit: Jarlée.
JE T'EN MOQUE! Sorte de locution adverbiale, qui équivaut à: Point du tout, bernique. Nous comptions sur une lettre d'Alfred: mais je t'en moque! c'est un négligent. Benoît devait me payer ce matin: je t'en moque! Français populaire.
JETER (SE), v. pron. Se dit du bois et signifie: Se déjeter, se tourmenter, se courber, s'enfler, s'étendre. La fenêtre, faite d'un bois peu sec, s'était jetée. Terme français populaire.
JETON, s. m. Forcet, petite corde fort menue et fort pressée, que les cochers et les charretiers mettent au bout de leur fouet.
JICLER, v. a. Voyez GICLER.
JOINTE (UNE). Terme d'ouvrier. Le quart d'une journée de travail. Faire une jointe. La journée se compose de quatre jointes. Le charpentier ne viendra qu'après la première jointe.
JOLERIE, s. f. Poissonnaille, fretin, alevin. En languedocien, jol signifie: Petit poisson.
JOMBRER, v. n. Attendre, attendre avec ennui et avec impatience; nonchalanter; être privé d'une chose. Vous nous avez bien fait jombrer. Que jombres-tu là? Pourquoi jombres-tu ici au lieu d'aller travailler? Tu en jombreras de ces beaux abricots. Se dit aussi des choses. Quand vous aurez coupé ces branchages, laissez-les jombrer pour en ôter plus facilement les feuilles. Terme universellement connu dans les campagnes, et qui a des sens très-divers.
JONCHE, s. f. Arure, attelée de labour, espace de temps durant lequel on laboure sans dételer. Terme savoisien et dauphinois. En provençal on dit: Jhoûncho.
JORAN, s. m. Vent du nord-ouest. Voyez [VENT].
JORDONNER, v. n. et a. L'expression: Une Madame Jordonne, une demoiselle Jordonne, une servante Jordonne, est dans quelques dictionnaires modernes. De cette expression s'est formé notre verbe jordonner. Qu'a-t-elle donc à jordonner? Que vient-elle nous jordonner? Est-ce à elle de jordonner ici? Excellent mot de la langue familière, et qui exprime une nuance précise et délicate, savoir le commandement exercé avec sottise et vanité, à tout propos et hors de propos. M. Bescherelle et M. Francis Wey appellent cette expression un affreux barbarisme. M. Victor Hugo, au contraire, l'emploie et l'apprécie.
JOT, s. m. Endroit du poulailler où se perchent les poules. Les poules sont sur le jot; les poules sont à jot. A Rennes on dit: Joc; en Champagne, en Languedoc et en vieux français, jouc. De ce mot jouc s'est formé le verbe «jucher.»
JOTTU, TUE, adj. Qui a de grosses joues, joufflu.
JOU (EN.) Mettre en jou, coucher quelqu'un en jou. Écrivez et prononcez «En joue.» Mettre en joue, coucher en joue.
JOUAILLER, s. m. Orthographe et prononciation vicieuses (ou plutôt vieillies) du mot «Joailler.»
JOUAILLON, s. m. Jouereau, celui qui ne joue pas bien à quelque jeu ou qui joue petit jeu. [P. G.]
JOUFFLARD, ARDE, adj. et s. Joufflu. Une grosse joufflarde.
JOUIN, s. m. Écrivez et prononcez «Juin.»
JOUISSERIE, s. f. Jouissance, plaisir. Notre voisin Z*** s'est donné la jouisserie d'aller voir la grande Exposition de Londres.
JOUR, s. m. Dans le langage populaire: Au jour d'aujourd'hui signifie: Dans les circonstances actuelles, par le temps qui court. Au jour d'aujourd'hui toutes les carrières sont difficiles. Expression redondante, fort critiquée des grammairiens, mais énergique et d'un emploi continuel.
JOUR, s. m. Nous disons: On voit jour, on y voit jour, pour dire: Il fait jour, on y voit clair. Ces expressions, qui n'ont rien de choquant, manquent dans les dictionnaires.
JOUR, s. m. Au lieu de dire: Vivre du jour au jour; gagner sa vie du jour au jour, il faut dire: Vivre au jour la journée; gagner sa vie au jour la journée; ou bien: Vivre au jour le jour; gagner sa vie au jour le jour. Mais cette dernière expression est moins bonne, quoique reçue dans le dictionnaire de l'Académie.
JOUR, s. m. Nous disons: Du jour au lendemain, pour dire: D'un jour à l'autre. En été le poisson se gâte du jour au lendemain. Cette expression n'est pas française.
JOUR, s. m. Voyez D'UN JOUR L'UN.
JOUR SUR SEMAINE, s. m. Dites: Jour ouvrable. Ne venez pas me voir le dimanche, venez les jours sur semaine. Les Parisiens ne s'expriment pas différemment, et ils opposent aussi la semaine au dimanche. Ils affichent, par exemple, que: «Dans tel ou tel omnibus on paie vingt centimes en semaine, et trente centimes le dimanche.» Un parisien me disait: «En semaine les bals des Champs-Élysées sont plus tranquilles que les dimanches et jours de fête.»
JOURS, s. m. pl. Nous distinguons l'habit des jours de l'habit des dimanches. Quand tu rentres, Alfred, aie soin de mettre ta veste des jours. Le peuple de Paris dit dans le même sens: Cet habit est pour à tous les jours, c'est-à-dire: Pour mettre tous les jours ouvrables.
JUSTE (À), adv. Être à juste de pain, signifie: En avoir tout juste la quantité strictement nécessaire. Si tu invites toute la famille, nous serons à juste de couverts d'argent.