N
NACRE (DU). Ce mot est féminin.
NAGEOTTER, v. n. Nager un peu, nager avec difficulté. Mon chien a les pattes fort courtes, et il ne peut que nageotter.
NAGER, v. n. Nous disons proverbialement d'une personne qui est dans l'abondance, d'une personne qui est riche, ou qui est en voie de le devenir: Elle nage en pleine eau. L'Académie dit: «Elle nage en grande eau;» et c'est ainsi que s'exprime Le Sage dans son roman de Guzman d'Alfarache: «Quand j'ai nagé en grande eau, j'ai toujours eu le malheur de m'y noyer.» [Livre VI, chap. VIII.]
NAILLER, v. a. Terme des campagnards. Casser les noix et les trier. Nous irons ce soir nailler les noix chez M. l'adjoint. [P. G.]
NAIMBOT, BOTE, subst. Nabot, nabote. Celui ou celle qui est d'une taille ridiculement petite. Un petit naimbot, une pauvre naimbote. Terme vieux français. On dit en Savoie: Nambot.
NAINNAIN, s. f. Terme enfantin. Nourrice.
NAISER (SE), v. pron. Se moisir. On le dit principalement du linge. Un linge naisé est celui qui a souffert de l'humidité et qui en a contracté des taches; ces taches s'appellent taches de naisé. Terme suisse-roman. En Dauphiné, en Franche-Comté, chez nous et sans doute ailleurs, naiser le chanvre c'est: Le faire rouir.
NÂNE, s. f. Nourrice. L'enfant pleure; appelez la nâne. Notre Lili ne veut pas quitter sa nâne.
NANQUINET, s. m. Dites: Nanquinette, s. f.
† NANSE, s. f. Nasse, instrument d'osier ou de fil de fer servant à prendre du poisson. Tendre des nanses; lever les nanses. Terme suisse-roman, savoisien et vieux français.
NANT, s. m. Ravin boisé au fond duquel coule un petit ruisseau. Le nant de Frontenay; le nant de Jargonand; le nant d'Avenchet; le nant de Roulave. Dans le Faucigny (Savoie), un nant est Un torrent; et on le dit particulièrement de certains torrents impétueux qui descendent du Mont-Blanc ou des montagnes voisines; tels sont: le Nant-Noir, le Bon-Nant, le Nant-Bourant. Le dictionnaire de Bescherelle traduit le mot de nant par celui de: Cascade; c'est une grande erreur. Dans le vieux français, nant signifiait: «Vallée,» s'il faut en croire le Dictionnaire du Vieux langage, de Lacombe.
NANT DE BRAILLE, s. m. Usure; usurier. Faire le nant de Braille. Être nant de braille. Cette expression, purement locale, vient d'un nant, près de Coppet, où se commettaient jadis des vols et des assassinats. [Glossaire de Gaudy.]
NANZOU, s. m. Mallemolle, espèce de mousseline ou de toile de coton blanche, claire et très-fine, qui est apportée des Indes orientales.
NAPPAGE, s. m. Linge de table, c'est-à-dire: Nappes et serviettes. Nappage uni; nappage damassé. Terme suisse-roman, lorrain, etc.
NARCISSE (UNE). Une belle narcisse. Ce mot est masculin.
NATOURI, s. m. Batelier. Ce terme vieillit.
NAVETTE, s. f. Petite brioche sucrée.
NAYER, v. a. et SE NAYER, v. pron. Ancienne orthographe et ancienne prononciation des mots «Noyer» et «Se noyer.»
NE, part. négat. Tu as payé ce châle plus qu'il vaut. Dites: Plus qu'il NE vaut.
NÈFE ou NEIFE, s. f. Nèfle, fruit du néflier. Une grosse nèfe; une nèfe molle. Terme parisien populaire, etc.
NEIGEOTTER, v. n. Diminutif de «Neiger.» Le temps devient froid et sombre, il neigeotte, c'est-à-dire: Il neige un peu.
NEIZÉ, ÉE, adj. Voyez [NAIZÉ].
NÉNET, s. m. Terme enfantin. Sein. Se dit en Savoie, dans le Limousin et ailleurs.
NERTIF, adj. m. Musclé. Un lurron nertif.
NETTAYER, v. a. Nettayer des meubles; nettayer un appartement. Ancienne orthographe et ancienne prononciation du mot «Nettoyer.» Dites: Je nettoie; je nettoierai, etc.
NETTAYEUR, s. m. Ne viens pas me rendre visite demain, Adeline, j'ai les nettayeurs. Dites: «J'ai les frotteurs.»
NEUF (À), locut. adv. L'expression genevoise: S'habiller à neuf, appartient au français populaire. Il faut dire: «S'habiller DE neuf.» [Acad.]
NEURET, nom propre d'homme. Nous appelons feinte à Neuret, ou feinte à la Neuret, une feinte grossière et qui saute aux yeux, une grosse bourde, une craque, telle qu'en pourrait faire le plus effronté gascon. Tu crois m'en imposer? Va, va, c'est une feinte à Neuret; tu fais la feinte à Neuret. Cette locution proverbiale, très-connue dans la rue du Rhône et dans les rues avoisinantes, tire son origine de feu Neuret, grand chasseur et grand hâbleur.
NEZ, s. m. (fig.) Nous disons d'une plaisanterie plate et insignifiante, qu'elle n'a point de nez, c'est-à-dire: point d'esprit, point de piquant. Faire des malices à cette pauvre revendeuse, cela n'a véritablement point de nez. Expression savoisienne et méridionale.
NEZ, s. m. Nous disons: À son nez et barbe, pour dire: En sa présence, en face de lui. Elle osa tenir ce langage énergique et franc à son nez et barbe. L'Académie dit: «À son nez et À SA barbe.»
NEZ, s. m. Nous disons proverbialement et dérisoirement à une personne qui se flatte d'un succès qu'elle n'a aucune chance d'obtenir: Tâte voir si le nez te branle.
NEZ DE BOIS. Trouver nez de bois, signifie: Trouver la porte fermée quand on va chez quelqu'un; trouver visage de bois. Nous disons dans le même sens: Avoir nez de bois.
NIÂCE, s. f. Terme enfantin, qui signifie: Caresse, et qui ne s'emploie que dans cette expression: Faire niâce, c'est-à-dire: Caresser. Fais niâce au minon, Antoinette; fais niâce à ce joli chat.
NIÂCER, v. a. Caresser, faire niâce.
NIAFFE ou GNIAFFE, s. m. Savetier. Terme de dénigrement, connu à Paris, en Normandie et sans doute ailleurs. A Chambéry on dit: Niaffre.
NIAFFE ou GNIAFFE, adj. Se dit des personnes et signifie: Flasque, sans énergie, sans courage. Je me sens tout niaffe aujourd'hui. Expression triviale.
NIÂNIOU, s. m. et adj. Niais, dadais, nigaud, personnage dont la démarche et le maintien annoncent déjà la bêtise. Va-t'en, niâniou; va-t'en, bobet, qui ne sais pas seulement relever des quilles. Prenez-y garde, Messieurs: avec son air niâniou il n'est pas aussi bête que vous le pensez. Terme suisse et savoisien. Dans le Berry, Nioniot; en Normandie, niot. A Genève on dit quelquefois dans le même sens: Niânion.
† NIARGUE, s. f. Terme de dépit, de raillerie ou de mépris. Faire la niargue à quelqu'un, c'est le braver avec dédain, lui faire nargue.
NIARGUER, v. a. Faire nargue. Tu me niargues, André, parce que tu es avec ton grand frère, mais tu verras demain.
NIAU ou NIÔ, s. m. Nichet, œuf qu'on met dans un nid pour que les poules y aillent pondre. Dans les dialectes populaires de France on dit: Niai, nieu, niot et niaou.
NIAUQUE, s. f. Voyez [NIÔQUE].
† NIERFE ou NIARFE, s. m. Nerf.
† NIFLER, v. a. Flairer, sentir. Nifler un ragoût. Nifle voir cette rose. Terme savoisien et méridional, recueilli par Cotgrave, qui lui donne le sens de «Renifler.» Dans le patois limousin, niflo, s. f., veut dire: La narine. Au figuré, nifler est synonyme de: Fureter.
NIFFLET, s. m. Nigaud, benêt. Oh! le niflet, qui a peur d'une chèvre.
NIFLE-TANTÔT, s. m. Dadais, nigaud, niais.
NIGODÊME, s. m. Se dit d'un homme simple et borné. Il faut écrire et prononcer: Nicodème.
NIGUEDOUILLE ou NIGUEDANDOUILLE, s. m. Idiot, hébêté, sot, niais, dadais, homme simple et innocent. Niguedouille n'est qu'une légère altération de «Niquedouille,» qu'on trouve dans quelques dictionnaires français.
NILLE, s. f. Articulation, jointure, phalange. En glissant, il s'écorcha la nille du pied. Terme suisse-roman et savoisien.
NILLE, s. f. Terme de boucherie. Nille d'aloyau.
NILLON, s. m. Pain de noix.
NINA, s. f. Ce terme ne s'emploie que dans cette expression populaire: Avoir sa nina, c'est-à-dire: Être ivre.
NINE, s. f. et adj. Naine. Une petite nine; un rose nine. On parlait ainsi en France il y a deux cents ans.
† NINOTTE, s. f. Ninotte royale, ninotte de vignes. La chasse aux ninottes. Le changement de l en n est continuel. Ainsi, dans le langage parisien populaire, on dit: Nentille pour lentille; caneçon pour caleçon; falbana pour falbala; et à Genève nos grand'mamans ne disent-elles pas indifféremment une chaftane et une chaftal? D'autre part le l est souvent mis pour le n. Exemple: Calonnier pour canonnier.
NIOLLE, s. f. Nuage. Les niolles qui s'élèvent lentement et en fuseaux contre les flancs du Jura annoncent la pluie. Terme suisse-roman, savoisien, dauphinois, franc-comtois, etc. En provençal: Nioulo. En français, Nielle signifie: Brouillard, petite pluie froide.
NIOLLE, s. f. Nielle, plante à fleur rouge, laquelle croît dans les blés.
NIOMET, s. m. Niais, benêt. En Normandie, Nio.
NION-NION, s. m. Dadais, hébêté. Faire le nion-nion.
NIÔQUE, s. f. Femme ou fille bête, bornée, sans expérience ni savoir. Ce mot s'emploie aussi adjectivement. Votre apprentie est bien niôque de m'avoir estropié mon corset. Oh! la niôque, à qui on fait croire tout ce que l'on veut. Terme suisse. A Lyon et à Chambéry, on dit: Nioche.
NIÔQUASSE, s. f. Augmentatif du mot niôque.
NIÔQUERIE, s. f. Nigauderie, bêtise.
NIOSET, ETTE, s. et adj. Sot, niais, nigaud. Ce mot de nioset ne serait-il point une corruption du mot Dioset, qui, en patois, est le nom propre Joseph, lequel nom s'emploie souvent comme synonyme de Homme simple et borné?
NIOTTE, s. f. Cache, cachette, réduit. Je trouvai une excellente niotte, et j'y cachai le boursicaut. Ils découvrirent la niotte et enlevèrent le sac.
NI PEU NI TROP, loc. adv. Beaucoup, considérablement. Toute l'école vient d'être punie ni peu ni trop. La pluie nous a surpris à une demi-lieue de la ville, et nous avons été rincés ni peu ni trop.
NIQUER, v. a. Terme d'écolier. Tout gagner, mettre à sec. Être niqué, être flambé, avoir tout perdu, [P. G.]
NIQUET, s. m. Nigaud. En Normandie, niquet signifie: Simple et un peu niais.
NITON. Ne dites pas: Les pierres du Niton, mais: «Les pierres DE Niton,» parce que le nom de Niton est une altération de celui de «Neptune.» Ce sont deux énormes pierres qui se voient à Genève, dans le lac, en face et tout près des Eaux-Vives. [P. G.]
NI VU NI CONNU. Expression elliptique et familière, qui revient à celles-ci: C'est fini; n'en parlons plus; qu'il n'en soit plus question.
NOCE, s. f. Terme enfantin, qui signifie: Petit morceau, petit carré de pain sur lequel on place un peu de tomme ou un peu de chocolat, ou quelque petite sucrerie. Faire des noces. Si vous êtes sages, mes enfants, vous aurez des noces après votre goûter.
† NOËL, s. f. À la Noël. Faute fréquente en Suisse, en Savoie et en France. Dites: A Noël, aux fêtes de Noël.
NŒUD-COURANT, s. m. Nœud coulant, nœud qui se serre ou se desserre sans se dénouer. Le chat fut pris dans le nœud-courant. Terme savoisien et méridional.
NOGAT, s. m. Nougat, gâteau d'amandes au miel ou au caramel. Terme méridional. «Nougat» vient du mot languedocien nougue, sorte de grosse noix dont on faisait originairement ce gâteau. R. nux.
NOGET, s. m. Nigaud, dadais. En Normandie: Nigeon.
NOIR, s. m. (fig.) Avoir du noir, signifie: Broyer du noir, se livrer à des réflexions tristes, à des pensées sombres et mélancoliques. Nous disons dans le même sens: Être dans ses noirs. Hier il était dans ses noirs, le voilà loustique aujourd'hui.
NOIX, s. f. Nous disons figurément et proverbialement à une personne qui fait un plan baroque, une combinaison saugrenue et inexécutable: Vous avez rangé tout cela comme des noix sur un bâton.
NONANTE, adj. numéral. Quatre-vingt-dix. Nous étions à cette assemblée nonante et quelques. L'Académie indique ce mot de nonante comme vieilli, et Boiste l'appelle inusité. Il est d'un usage universel en Suisse, en Savoie et dans le midi de la France. «Il est fâcheux, dit M. Bescherelle, qu'on ait laissé vieillir le mot nonante, et qu'on lui ait substitué un terme aussi barbare et aussi irrégulier que «quatre-vingt-dix.» [Dictionnaire National.]
NONNET, s. m. Homme simple et même un peu nigaud.
NON-NETTE, s. f. C'est ainsi que nous prononçons le mot «Nonnette,» terme peu répandu en France, mais enregistré dans le dictionnaire de Bescherelle et dans le Complément de l'Académie. En Valais on dit: Nanette.
NÔNÔ, s. m. Terme enfantin. Couchette, berceau. Faire nônô, dormir. Aller nônô, aller dormir. Nônô, Fanfan, etc., est un refrain de chanson sur un air ou une note très-capables d'endormir l'enfant le plus éveillé. Terme vaudois, savoisien et provençal. Dans le Limousin on dit: Faire na-na.
NON PAS, loc. adv. Au contraire. Eh bien, André, le concert a été, dit-on, bien mauvais?—Il a été délicieux, non pas.
NON-PLUS (LE). Ne s'emploie que dans cette expression: Être au non-plus, c'est-à-dire: Être dans une position fort critique, être dans une perplexité cruelle, être à quia, être aux abois.
† NOUËL. Noël. À la Nouël prochaine. Cette expression des campagnards est un reste de l'ancien français, et le savant Ménage préférait ce terme (Nouël) à celui de Noël.
NOUER, v. a. (fig.) Joindre. Nous disons figurément et familièrement: Nouer les deux bouts, pour signifier: Avoir de quoi suffire à toutes les dépenses de l'année. Locution méridionale. L'Académie dit: «Joindre les deux bouts.»
NOURME, s. f. Vieux conte, litanie, vieille histoire qui n'a pas le sens commun. Dans l'ancien patois genevois, nourma signifiait: Règle. À voutra nourma, à votre volonté.
NOURRISSAGE, s. m. Les dictionnaires français définissent ce mot: «Soin et manière d'élever les bestiaux.» A Genève, nourrissage signifie: Le temps pendant lequel la mère ou la nourrice allaitent l'enfant. Mme N** s'est mieux portée pendant son nourrissage que jamais auparavant. Nourrissage à la bouteille. Nourrissage au biberon. Le dernier mois du nourrissage se paie double. Expressions utiles, connues à Lyon et sans doute ailleurs.
NOUVEAU (UN), Ce mot signifie: 1o Une nouvelle, c'est-à-dire: Le premier avis qu'on donne d'un événement tout récent; 2o Une chose inaccoutumée, une nouveauté. Eh bien! Messieurs, nous apportez-vous quelque nouveau? Je m'ennuie loin de Genève; écrivez-moi tous les nouveaux que vous pourrez. Quel nouveau de vous voir à cette heure-ci chez nous? Terme suisse-roman et savoisien. Dans le patois rouchi: Un nouviau. En français, on dira fort bien: «Y a-t-il du nouveau? Voici du nouveau.» Mais un nouveau est une expression très-incorrecte et inconnue aux dictionnaires.
NOUVEAU (À), adv. De nouveau, derechef, une seconde fois. La muraille était à peine finie, qu'il fallut l'abattre et l'établir à nouveau. Cet habit n'est pas acceptable, vous le ferez à nouveau. Selon l'Académie et selon tous les dictionnaires, à nouveau est un terme de banque, un terme de commerce, qui signifie: Sur un nouveau compte. «Créditer à nouveau; débiter à nouveau; porter à nouveau.»
NOYAUX (DES), (fig.) De l'argent. Terme connu aussi en Savoie.
NOYER (SE), v. pron. Nous disons proverbialement de quelqu'un qui se laisse effrayer par le moindre obstacle, ou par la moindre difficulté: Il se noie dans un verre d'eau. L'Académie dit: «Il se noie dans un crachat.»
NUIT, s. f. Les expressions: Se mettre de nuit, ou: Se mettre à la nuit, veulent dire: «S'anuiter,» s'exposer à être surpris en route par la nuit. [P. G.]
NUIT, s. f. La nuit tous les chats sont gris. Dites avec le dictionnaire de l'Académie: «La nuit TOUS CHATS sont gris.» Et, avant de faire usage d'un proverbe quelconque, ayez soin de le connaître parfaitement.
† NUMERO, s. m. J'hasarda cinq francs, et j'attrapa un excellent numero. Écrivez et prononcez «Numéro,» avec un accent sur l'é.