MUSIQUE LOINTAINE
La voix, songeuse voix de lèvres devinées,
Éparse dans les sons aigus de l’instrument,
A travers les murs sourds filtre implacablement,
Irritant des désirs et des langueurs fanées.
Alors, comme sous la baguette d’un sorcier,
Dans mon esprit flottant la Vision se calque :
Blanche avec des cheveux plus noirs qu’un catafalque,
Frêle avec des rondeurs plus lisses que l’acier.
Dans le Jade se meurt la branche de verveine.
Les tapis sont profonds et le vitrail profond.
Les coussins sont profonds et profond le plafond.
Nul baiser attristant, nulle caresse vaine.
La voix, songeuse voix de lèvres devinées,
Éparse dans les sons aigus de l’instrument,
A travers les murs sourds filtre implacablement,
Irritant des désirs et des langueurs fanées.
C’est par l’effet trompeur de Maya que le principe intelligent paraît revêtu de tant de formes ; mais la contemplation est comme un glaive avec lequel les hommes sages tranchent le lien de l’action qui enchaîne la conscience.
Bhagavata-Pourana.
Être serein ainsi qu’un roc inaccessible,
Sans souci de chercher l’oubli de ses pensées ;
L’âme close aux sanglots des Lyres cadencées,
Aux rêves hasardeux ne pas servir de cible.
Aux ors incandescents des trésors des Palmyres,
Aux perles des Ophirs — aveugles ses prunelles ;
La vertèbre rétive aux visions charnelles
Éparses dans l’odeur énervante des myrrhes.
Le Temps pétrifié sur les feuillets du Livre.
Le Ciel du Cœur uni comme un métal ; sans rides,
O Sensibilité, tes surfaces virides ;
L’Aube pareille au Crépuscule : O ne pas vivre !