STANCES

(Tirées de la Gazette littéraire, 1829.)

I
En Décembre aux lugubres nuits,
Trop heureux, heureux arbre!
Tes branches jamais ne se rappellent
Leur verte félicité;
Le vent du Nord ne peut les détruire
En les traversant de son sifflement endormeur,
Ni les givres glacés ne les engluent assez
Pour obstruer les bourgeons du printemps.
II
En Décembre aux lugubres nuits,
Trop heureux, heureux ruisseau!
Tes bouillons jamais ne se rappellent
L'aspect estival d'Apollon;
Mais, en un doux oubli
Ils arrêtent les frémissements de leur onde cristalline,
Jamais, jamais ne s'encolérant
Parce qu'il gèle.
III
Ah! pût-il en être ainsi pour maintes
Filles et maints garçons aimables!
Mais y en eut-il jamais qui ne furent pas
Torturés par les plaisirs passés?
Constater le changement et en sentir la souffrance,
Lorsqu'il n'est personne qui vous en guérisse.
Et que les sens ne sont pas engourdis pour l'ignorer,
N'a jamais été exprimé en vers.