SUR LA GLOIRE
Combien fiévreux est l'homme qui ne peut jeter les yeux
Sur ses jours mortels avec un sang calme,
Qui froisse toutes les feuilles du livre de sa vie,
Et dépouille son beau nom de sa virginité;
De même la rose se cueillerait elle-même,
Ou la prune mûre s'enlèverait sa fleur bleutée,
De même une Naïade, tel un elfe maladroit,
Assombrirait la clarté de sa grotte d'une fangeuse obscurité;
Mais la rose émerge de l'églantier
Pour baiser les aquilons et nourrir les reconnaissantes abeilles,
Et la prune mûre demeure revêtue de sa buée;
Pourquoi donc l'homme, importunant le monde pour une grâce,
Risquerait-il son salut pour une croyance erronée et excessive?
30 avril 1819.