NOTES

[ [1] Cette édition a paru en 1842.

[ [2] Voy. [p. 5].

[ [3] Voy. [p. 14].

[ [4] Nous avons eu soin d'ajouter en note les variantes les plus importantes que le texte de M. Guessard présente avec celui de Sorel.

[ [5] Voy. le texte complet et la notice qui précède la lettre dans le Bulletin du mois de novembre 1852, p. 343.

[ [6] Le Divorce satyrique.

[ [7] Il est appelé Père Ange dans les Mémoires de Bassompierre.

[ [8] M. Guessard a publié dix-sept lettres de Marguerite à Chanvallon, et deux lettres de celui-ci à la princesse.

[ [9] Henri III disait en pleine cour: «Les cadets de Gascogne n'ont pu soûler la reine de Navarre: elle est allée trouver les muletiers et les chaudronniers d'Auvergne».

[ [10] Le Divorce satyrique.

LA RVELLE MAL ASSORTIE

OV
ENTRETIENS AMOVREVX D'VNE DAME ELOQVENTE,
Auec vn Caualier Gascon, plus beau de corps que d'esprit et qui a autant d'ignorance comme elle a de sçauoir[11].

Vranie.

Ha Dieu vous gard, beau Soleil, Que veut dire qu'auiourd'huy plus tard qu'à l'acoutumée vous ayez esclairé mes yeux?

Le Cavalier Gascon.

Ie ne sais.

Vranie.

Comment ie ne sçay? vos desirs, vos souhaits[12] et toutes vos actions ne tendent-elles pas à me plaire, et ne sçauez vous point qu'absente de vous, ie suis en de perpetuelles tenebres, et en atente continuelle[13] que vous me rameniez le iour?

Le Cavalier Gascon.

Ie biens quand bous me mandez benir.

Vranie.

Et si ie ne vous enuoyois iamais querir[14], vous ne viendriez donc point et me laisseriez consommer parmi mes ennemis[15]. Ie vous aprens qu'vn vray amant doit estre touiours en impatience, bruslant de desir de voir la chose aimee, et n'atendre point de message, de semonce, ny d'heure comme vous.

Le Cavalier Gascon.

Ie suis captif, et ne despens que de bos bolontez.

Vranie.

Vous apelez donc captivité[16] ma prison au lieu d'vn Paradis[17] de delices, et trouuez vne grande contrainte de dependre de mes volontez. Ie veux desormais estre[18] vn peu plus rigoureuse, si ie puis, afin que vous sçachiez quel il fait quand ie suis en mauuaise humeur.

Le Cavalier Gascon.

Ie prendray patience en mon tourmant.

Vranie.

O Dieu! quelle Responce! mais laissons ce discours. Vous estes auiourd'huy trop beau pour se mettre en colere contre vous; Que vos cheueux sont bien frisez[19], et que vostre rabat est bien mis!

Le Cavalier Gascon.

Bous me defrisez et m'auatez[20] toute ma rotonde[21].

Vranie.

Elle en sera mieux toute la iournee, puis que ces belles mains ont passé pardessus; Mais parlons vn petit[22], n'auriez vous point quelque nouueau dessein? Ces Dames, sur qui vous tournez si souuent les yeux, vous auroient elles point donné dans la veuë? Respondez; ie sçay bien ce que peut vn nouuel obiect sur vne ame inconstante.

Le Cavalier Gascon.

Ce sont touiours de bos oupinions.

Vranie.

Mais il faut le sçauoir; En vain auriez vous pris auiourd'huy cette bonne mine; il est croyable[23] que vous auez quelque nouuel Oracle à consulter.

Le Cavalier Gascon.

Cela, moy, rien nullement quelconque.

Vranie.

Mais dites sans mentir, petit rusé, Qui deuez vous voir auiourd'huy?

Le Cavalier Gascon.

Ie ne pense à boir que bous.

Vranie.

Qui moy? Ie vous ay donc semblé plus belle qu'à l'acoutumee; Çà, mon miroir, qu'en dites-vous? certes il me temoigne qu'il en est quelque chose, encor que ma perruque soit toute defrisee, et mon rabat bien noir, que vous en semble, n'ay-ie pas dequoy donner de la passion à vn honeste homme?

Le Cavalier Gascon.

Bous me semblez la velle Benus.

Vranie.

Et vous me semblez son petit Adonis bien plus doüillet et coffeté[24] qu'il n'estoit, mais bien moins amoureux que luy, qu'en est-il? dois-ie croire que vous m'aimiez, et que les demonstrations que vous en faites soient à mon ocasion, ou bien pour l'amour de vous-mesmes? car les ieunes gens de ce temps ont beaucoup de considerations en leurs desseins, et cette douce [Philaftie][25] a vn grand pouuoir sur leur ame[26].

Le Cavalier Gascon.

Que beut dire Filafetie?

Vranie.

Ce sont des mots dont on ne deieune point[27] en vostre pays, demandez le à ces sottes que vous aymez si fort[28]; ie croy qu'elles vous l'interpreteront promptement[29]; mais, mon peton[30], quand ie vous regarde ie vous trouue fort bien vestu, et faut dire qu'à la verité ces couleurs claires donnent vn grand lustre au visage, et les bas d'atache[31] agencent fort vne belle taille.

Le Cavalier Gascon.

Ils contraignent vien en recompenses.

Vranie.

Hô, ie voy bien que c'est, vous voudriez que ie vous laissasse porter des vanitez[32] pour estre à vostre aise; il n'en sera pas ainsi; il vous faut des bas entiers, vne fraize, vne plume, vne espee, et sçauoir parler, si vous voulez ressembler vn homme.

Le Cavalier Gascon.

Il m'est vien abis que ie suis fait comme vn homme.

Vranie.

Vous vous imaginez d'en ressembler vn quand[33] personne ne vous y contredit; mais considerez vous bien; Quand vous ne dites mot, qui est le plus souuent, et vous verrez combien il y a[34] de diference entre vous et vne statuë.

Le Cavalier Gascon.

I'en bois vien d'autres qui ne parlent point.

Vranie.

Ainsi voit-on faire quelques oyseaux et quelques perroquets, qui ne voulant pas parler donnent plus d'enuie de les entendre: Plus la chose est rare plus elle est désiree, mesmement de moy qui suis enfin[35] de l'humeur des bellettes et des coulombes, et qui prens plaisir comme elles à faire l'amour du bec.

Le Cavalier Gascon.

Non pas toussiours non.

Vranie.

C'est donc pour satisfaire à vos brutaux desirs, et pour complaire au corps de ie ne sçay quoy dont il a besoin; car mon inclination ne tend qu'à ces petites voluptez qui prouiennent des yeux et de la parole, qui sont sans comparaison d'vn goust plus sauoureux et de plus de duree que ces plaisirs que nous auons communs[36] auec les bestes.

Le Cavalier Gascon.

Ie prens grand plaisir à faire la veste moy.

Vranie.

Vous auez raison, car c'est sans contrainte et sans y prendre grande peine; croyez qu'il faut bien veu l'antipathie de nos humeurs, la discordance de nos Genies, et dissemblance de nos idées, qu'il y ait quelqu'autre vertu secrette et incognuë[37] qui agisse pour vous; car autrement, à vous bien prendre, vous estes plustost digne de ma haine que de mon affection[38]. Quoy, vous me respondez des espaules, et sacrifiez au silence plustost qu'aux graces? N'entendez vous point ce langage, auez-vous si peu profité aupres de moy, et si peu retenu les preceptes d'amour que vous en ignoriez les principes?

Le Cavalier Gascon.

Yé bous aime vien sans tant filousoufer.

Vranie.

Mais mon mignon[39], ne sçauriez-vous à tout le moins respondre pour me contenter, Que vous reconnoissez en moy[40] de nouuelles graces qui augmentent vostre amour; Que cette amour vous cause des desirs si insupportables que vous estes contraint d'auoir recours à ma misericorde, et que si vous ne la pouuez meriter, vous aimez mieux la mort qu'vne vie si ennuyeuse?

Le Cavalier Gascon.

La beuë en découbre le fait.

Vranie.

La veuë peut errer; car vos souspirs peuuent aussi-tost prouenir de quelque difficulté suruenuë aux conduits de la respiration, comme pour le trop attentif arrest que vous ait causé[41] la contemplation de mes beautez; vostre couleur blesme peut naitre aussi-tost de quelque indisposition cachee, comme de ce que le sang qui deuroit colorer vostre teint, est accouru au secours du cœur qui palpite[42] à mon occasion. Quant aux larmes qu'on voit[43] prendre origine en la propre source d'amour, outre[44] qu'elles peuueut estre aussi-tost feintes que veritables, elles ne sont pas moins indices d'vn cœur colere, despit[45] et malicieux, que d'vn cœur traitable, doux et benin. Ie vous ay tant de fois dit que vous feriez bien mieux d'employer le temps à lire Marius Equicola, Leon Hebreu[46], ou les œuures de nos Poëtes[47], qu'en l'entretien de ces coquettes qui parlent touiours, et ne disent rien qui vaille. O que ie suis lasse de vous tant crier[48].

Le Cavalier Gascon.

Bous ne me donnez pas le loisir de dormir.

Vranie.

Vous le sçauez bien prendre pour entretenir vos maistresses: Ie sçay vos heures, vos reduits, et les bons tours que vous y ioüez, et si ie le soufre, c'est que ie vous dedaigne, et que ie ne desire pas vous punir autrement que de vous voir en mauuaise compagnie[49].

Le Cavalier Gascon.

Mon reduit[50] est ma chambre ou bous me tenez toussiours enfermez.

Vranie.

L'amour est maistre des inuentions; les aisles lui sont donnees pour aller partout; la tour d'airain d'Acrise[51] est mieux[52] fermee que vostre chambre, et toutefois il entre dedans[53]: Tout est remply de Iupiter, et puis où est-ce qu'vn beau Soleil comme vous n'entre point?

Le Cavalier Gascon.

Ne direz bous onques vien d'aucunes femmes?

Vranie.

Ie ne blasme point celles qui se contentent d'estre seruies d'vn honeste homme[54], et lors qu'il ne s'agit que d'vn honeste conversation de la parole et du regard: I'en blasme seulement l'effusion de sang et ceux[55] qui comme vous sont gladiateurs à outrance.

Le Cavalier Gascon.

Sans cela lé reste est jû[56] de petis enfans.

Vranie.

Ainsi le tiennent les grossiers et les ignorans tels que vous qui, comme vrays Satyres et n'ayant pas de quoy[57] continuer longuement vn discours veulent aussi-tost venir aux prises, interrompans mille petites delicatesses qui s'espreuuent[58] dans l'entretien et la communication des esprits.

Le Cavalier Gascon.

I'aime vien autant[59] le corps qué l'esperit.

Vranie.

L'esprit pourtant est bien plus à aimer; c'est luy qui tient le cœur quand la beauté l'a pris: mais il faut malgré la raison que chacun aime son semblable; et pour vous sans tant subtiliser, la cause en est[60] que vous estes tout corps, et n'auez point d'esprit; et ne sçauriez iuger des vrayes voluptez en tant qu'elles prouiennent de l'ame par raison et science[61], mais oüy bien des fausses voluptez, parce qu'elles procedent des sens exterieurs, et encore en iugez vous bien mal le plus souuent, lors que vous vous laissez coifer à toutes les laides qui se presentent.

Le Cavalier Gascon.

Aussi bray[62] yé ne suis coifé que de bous.

Vranie.

Il parest du contraire en vos yeux pleins d'inquietude et d'impatience[63], qui sont toujours en queste de nouuelle proye, et qui semblent aller chantans avec Ronsard, Qu'il n'y a rien si sot qu'vne vieille amitié[64]; mais ie suis encore plus sote de m'en soucier, comme si vous en valiez bien la peine, [moy sous qui tout flechit], moy coutumiere de donner des loix à qui bon me semble, moy qui n'obeïs qu'à moy-mesme[65]. Vraiment ie l'aimerois de vous[66], Monsieur l'ignorant, de me faire seruir de couuerture, vous que i'ay esleué de la poussiere et du limon de la terre: vous que i'ay fait naistre en vne nuit[67] sot, niais, fascheux, melancolique, et bref, pour le dire en vn mot, le plus grossier[68] Gascon qui soit iamais sorty de son pays: Auez vous point encore reconu que ce que i'en ai fait[69] estoit pour me moquer de vous, et pour vous precipiter en mesme temps que vous auriez commencé d'esperer; Aprenez si vous ne le sçauez que ie ne puis ny ne veux aimer vn sot et vn ignorant.

Le Cavalier Gascon.

Si bous poubiez pis, bous le diriez.

Vranie.

Ie suis comme les soldats de Philippe qui nommoient toutes choses par leur nom; tant que vous persisterez en vos folles amours[70], vous n'aurez autre nom de moy que de sot, et tant que vous serez sans sçauoir parler ie vous nommeray ignorant.

Le Cavalier Gascon.

Si yé ne suis sçabant patience.

Vranie.

Si croy-ie qu'en vostre age le temps et la peine pouroient enfin faire quelque chose de bon de vous, et qu'ainsi que d'vn champ fertile i'en retirerois quelque moisson vtile: mais ie m'aperçois bien que vostre terroir est sterile par vostre faute, Qu'en vain i'y seme, puis que vostre rude naturel ne s'est pû deffricher et changer[71]. Voyez vous pas que l'extase vous tient, et qu'aussi muet qu'vn poisson, vous estes le symbole du silence? Estes-vous empierré[72]? l'obiect present est-il si peu digne de vos regards et de vos paroles, que vous teniez ainsi la bouche close, et les yeux fermez? Coupez ce filet de grace, et ne soyez plus si long temps disciple de Pytagore. La Pie Romaine après auoir medité quelques iours, saçuoit imiter les sons qu'elle auoit entendus: C'est en fin faire son profit des leçons que l'on a oüyes, de parler apres s'estre teu[73]. Sçachons donc en vn mot, pourquoy ne parlez vous point?

Le Cavalier Gascon.

Vous en estes la cause.

Vranie.

Comment en serois-ie la cause? ne vous conuiay-ie pas assez de parler, et ne vous en donnay-ie pas assez de suiet[74]? Expliquez vostre Laconisme, ou bien permetez moy que ie iouë[75] deux personages, et que ie responde pour vous. Est-ce qu'offencé de mes veritez, et de ce que[76] ie me moque ordinairement de vous, la colere et le mal que vous m'en voulez vous ostent l'enuie de rien dire, ou bien est-ce que naturellement sot et honteux, vous ne sçachiez ny proferer ni exprimer vos conceptions; ou peut estre que[77] le trop d'amour lie vostre langue, et occupe vos sens, de façon que ce qu'vn autre moins amoureux employeroit à dire, vous l'employez à désirer?

Le Cavalier Gascon.

Boilà la pure berité.

Vranie.

Si n'en croy-ie rien[78] que sur bons gages. Toutefois cette petite rosee qui distile le long de vos ioües veut que i'y adiouste quelque foy; Cà, que ie la ramasse dans ce mouchoir, et que i'en arouse[79] l'autel de ma vanité. Mais auoüez aussi[80] qu'il n'y a que ces belles mains qui soient dignes de cette offrande. Voyez les bien, et encore que ie ne les aye point descrassees depuis huict iours, gageons qu'elles effacent les vostres, et que toutes mal soignees qu'elles sont, elles leur font perdre leur lustre. Causons, causons, ie ne veux plus vous fascher.

Le Cavalier Gascon.

Yé bous en aimeray dabantage.

Vranie.

C'est tout ce que ie demande de vous, car imitant les Dieux, i'aime beaucoup mieux obeïssance que sacrifice, et me plaisant ainsi qu'eux à mes œuures, ie voudrois vous pouuoir rendre tel que i'eusse de l'honneur à ma nourriture[81], et par mesme moyen me payer par mes mains de ma peine, auec le plaisir que ie tirerois de vostre parlante conuersation. Cà donc venez à l'adoration de tant de beautez, et baisant ces mains que ie vous presente, escoutez et retenez ce que vous me deuriez dire[82].

Pourquoy ne voulez vous pas belle Reyne de mes pensees fortifier mon cœur contre tant d'aprehensions qui l'assaillent, affermissant en telle sorte ma felicité, que ie puisse desormais viure sans crainte d'estre depossedé? Pourquoy consentez vous que le doute continuel ou ie suis de vous perdre, rende ma vie moins contente, mon aise moins acomply, et ma gloire moins parfaite. Suis-ie pas cet adorateur de vos graces, qui ne respire que vostre nom, et qui estant en action perpetuelle de desirer ce que ie vois, et d'admirer tout ce que i'oys, suis rauy de tant de merveilles que ie ne scay lequel eslire, ou d'estre tous yeux pour vous regarder, ou pour vous oüyr tout oreilles?

Le Cavalier Gascon.

Bous me labez osté de la vouche.

Vranie.

A la verité c'est tout vostre style: mais voyons comme vous me l'eussiez dit, et auec quelle grace vous sçauez proportionner vos paroles à vostre passion. Dites:

Le Cavalier Gascon.

Pourquoy velle Reyne de mes menues pensees[83], né frutifiez[84] bous mon cœur d'aprehensions, assaillant et affermissant en sorte la mienne felicité, que puisse bibre sans estre poussedé[85], pourquoy consentez bous que doute continuel[86] de bous perdre rende contente ma bie, gloire parfaite et moins accomplie[87]? suis-ie pas cet adorateur de bos Dieu graces, qui empire[88] bostre renom en perpetuel desirer ce que yé bois, ruiner[89] ce que i'oys, qui raby de merbeilles né say lequel lire[90], ou d'estre tous yeux pour bous oüir, ou pour bous regarder tout oureilles.

Vranie.

Voylà bon galimatias, et faut confesser qu'il n'y a pas grande peine à vous faire declarer vne beste, auoüant que i'ay tort de vous faire parler, puis que vous auez meilleure[91] grace à vous taire. Il faut donc employer desormais cette belle bouche[92] à vn autre vsage, et en retirer quelqu'autre sorte[93] de plaisir, pardonant à la nature qui employant tout à polir le corps, n'a peu rien reseruer pour l'esprit; gardez ce beau langage pour vos autres maistresses[94], et tandis que cette ruelle est vuide de ces fascheus qui viendront bien tost interompre nos contentemens, ie veux tirer quelque satisfaction de cette muette qui ne respond point, et n'en pouuant aracher des paroles, ie veux au moins en tirer quelqu'autre douceur. Aprochez-vous donc mon mignon[95], car vous estes mieux prest que loin; et puis[96] vous estes plus propre pour satisfaire au goust qu'à l'oüye. Recherchons d'entre vn nombre infiny de baisers celuy qui[97] sera le plus sauoureux pour le continuer. O qu'ils sont doux et bien assaisonez[98]. Cela me rauit, et n'y a si petite partie en moy qui n'y participe, et ou ne furrette et n'ariue quelque petite etincelle de volupté! mais il en faut mourir: i'en suis toute esmeuë, et en rougis iusques dans les cheueux. Ha, vous excedez vostre permission, et quelqu'vn s'aperceura de vostre priuauté[99]. Hé bien, vous voylà dans vostre element et ou vous paroissez plus qu'en toute autre chose[100]. Ha! i'en suis hort d'haleine, ie ne m'en puis rauoir, et il faut (n'en deplaise à la parole) auoüer que, pour beau que soit le discours, cet esbastement le surpasse, Et peut-on bien dire, sans se tromper, que rien ne se trouueroit de si doux, si cela n'estoit point si court[101].

FIN.