DISTIQUES MOUS
La chauve-souris, à l'aile brune,
Danse grotesquement sur la lune.
Galope le lièvre. La rainette
Verte pousse un mi de clarinette.
Et, dans les fragrances du silence,
La Nuit aux cheveux d'or se balance.
Rousse, de balsames attifée
L'abricotier bleu t'ait décoiffée!
Ton ventre, le nénuphar obscène,
A pipé ma chair comme une seine:
Et je chois sur le gazon des sentes:
O les défaillances lactescentes!
Le cheiroptère à l'aile indécise
Fuit la nue où Sélène est assise.
Dormir, le lièvre. En des champs d'ivraie,
Lamentent la sorcière et l'orfraie.
Moi—tout seul—comme l'onocrotale,
M'imbibe l'extase digitale.
PARABASE SYMBOLIQUE
DANS LA MANIÈRE DES PLUS ACCRÉDITÉS RIMEURS DE CE TEMPS-CI
Pour un exode gagaïque,
Nous nous embarquerons en la
Jonque de plate mosaïque,
Sur l'étang vert du ton de la.
Le trombone fauve, à coulisses,
Pleure l'hymen du nénuphar
Et les délices des lis lisses.
Innocence, ô le premier fard!
La brique cède à la turquoise
Dans l'occidentale splendeur:
Tour chinoise! Rive narquoise!
Mont Tai-chan noir de verdeur!
La lune luit. Hors de sa cage,
L'ibis (qu'on incrimine à tort)
Fuit le sinistre marécage
Hanté du noir bombinator.
Et dans la vasque où la cuscute
Mire ses pistils gracieux,
Le croissant d'or fin répercute
La courbe exquise de tes yeux.