CITÉ
Les belles maisons coloniales sur pilotis, toutes blanches, ripolinées, les vérandas ajourées et les bouquets de palmes ! Le hall regorge de marchandises, et il y a des paniers pleins de riches piments rouges. A la « Ice House » on boit du stout frais. Une grande salle sombre ; des arcades blanches dans lesquelles se découpent, balancées, les feuilles des bananiers. Odeur de rhum. Un billard. Des nègres jouent avec des rires éclatants, renversant le torse.
Domimant le billard, une sorte d’estrade ; d’autres noirs jugent les coups, une jambe rejetée par-dessus l’autre.
Dans la rue, des Hindous, pouilleux, vêtus de loques, avec des yeux brûlants et des traits fins. Un grand vieillard à barbe blanche, coiffé d’un turban. Il porte une tunique de coton déchirée et traîne ses pieds nus dans des souliers délacés. C’est un puissant : le grand-maître des Boucheries.
Le long de la route, des Hindous ont allumé des feux. Ils sont tous presque nus, mais en turban. Leurs femmes ont de minces visages incrustés d’or.
Un cocher de fiacre nègre en chapeau haut de forme, livrée bleue et bottes à l’écuyère.
Le parc. Terre rouge. Feuillages gras et grappes d’orchidées.
Des nurses noires et des babies blancs.