SCÈNE XII
POUTRÉ, seul
POUTRÉ, entrant—Point de nouvelles! Encore un voyage inutile! . . . Point de nouvelles! . . . Oh! j'en mourrai, sans doute . . . Mon pauvre Félix, le dernier de mes enfants! . . . le seul espoir de mes vieux jours, traîné sur la potence comme un meurtrier, et cela pour avoir trop aimé son pays! . . . Oh! mon Dieu, vous ne le permettrez pas; que je meure plutôt, mais sauvez mon fils! pauvre enfant dont la crainte du supplice a égaré la raison. Je n'ai seulement pas eu la consolation de l'embrasser une dernière fois; il m'a repoussé avec des malédictions . . . Il n'a pas reconnu son vieux père . . . Voilà donc la récompense de soixante et dix années de travail et de probité! . . . Oh! les traîtres! . . . les tyrans! venez contempler votre ouvrage! . . . venez vous repaître de mes souffrances! . . . Venez jouir du désespoir d'un pauvre vieillard à qui l'on a arraché sa dernière consolation! . . . Vous êtes avides des larmes de l'opprimé; eh bien, on pleure ici, et c'est un vieillard aux cheveux blancs qui pleure . . . Venez tous, le spectacle est digne de vous! . . .