NOTES:

[1] Page 5 de notre édition.

[2] Page 100 de notre édition.

[3] Notice sur madame de La Fayette, collect. Petitot, t. LXIV, page 360.

[4] Page 115 de notre édition.

[5] Comparez, pour mieux sentir cela, la relation de la mort d'Henriette par madame de La Fayette et la relation de la mort de madame de Beaumont par Chateaubriand (dans les Mémoires d'Outre Tombe).

[6] Page 33 de notre édition.

[7] «Estant à Sainte-Marie de Chaliot où elle a pratiqué beaucoup de vertus, nous l'avons veue prendre sens répugnance et sens chagrin le soin de sa despence quy a esté en certains temps fort petite; elle en fesoit les contes, et s'occupoit à cela dens un esprit de pénitence et d'humilité». (Mémoire ayant servi à Bossuet pour l'Oraison funèbre de Henriette-Marie de France, Londres, 1880, in-4o, pp. 27-28). Ce mémoire, fort curieux, a été publié pour la première fois par M. Gabriel Hanotaux.

[8] Le 14 juillet 1648. Mémoires de madame de Motteville, collect. Petitot, t. XXXVII, p. 414.

[9] Voir le mémoire publié par M. G. Hanotaux:

«Nous luy avons veu vendre touttes ses hardes l'une après l'autre, ces meubles et le reste de ces piéreries, et engager jusques aux moindres choses pour pouvoir subsister quelques jours de plus. Elle nous fit l'honneur de nous dire un jour, estant dans les grandes Carmélites, qu'elle n'avoit plus ny or ny argent à elle qu'une petite tasse dens quoy elle buvoit.» P. 28.

[10] Elle était de dix mille écus par mois, mais ne suffisait pas à soutenir la foule des pauvres royalistes.

[11] Mémoires du cardinal de Retz, publ. par A. Feillet, édit. A. Regnier, t. II, p. 197.

[12] Mémoires de mademoiselle de Montpensier, collect. Petitot, t. XLIII, p. 157.

[13] Mémoires de La Fare, collect. Petitot, t. LXV, p. 176.

[14] «On trouva... le poumon adhérant aux côtes du côté gauche, rempli d'une matière spumeuse, le côté droit meilleur, mais non pas tout à fait bon.» (Mémoire d'un chirurgien du roi d'Angleterre qui a été présent à l'ouverture du corps de Madame. Biblioth. nat., ms. franç. no 17052.)

[15] Lettres de Guy Patin, Paris, 1846, in-8o, t. II, p. 127.

[16] Mémoires de Cosnac, t. I, pp. 420-421.

[17] Cosnac, loc. cit., pp. 420-422.

[18] Mémoires de madame de Motteville, collect. Petitot, t. XXXVIII, p. 317.

[19] Choisy dit, il est vrai, que les yeux de Madame étaient noirs. Mais les yeux bleus, ceux surtout qui sont d'un bleu de saphir, et ce sont les plus beaux, paraissent noirs quand la pupile est dilatée. Voici d'ailleurs, si peu qu'il vaille, le portrait tracé par l'abbé: «Jamais la France n'a vu une princesse plus aimable qu'Henriette d'Angleterre, que Monsieur épousa: elle avoit les yeux noirs, vifs et pleins du feu contagieux que les hommes ne sauroient fixément observer sans en ressentir l'effet; ses yeux paroissoient eux-mêmes atteints du désir de ceux qui les regardoient. Jamais princesse ne fut si touchante, ni n'eut autant qu'elle l'air de vouloir bien que l'on fût charmé du plaisir de la voir. Toute sa personne étoit ornée de charmes; l'on s'intéressoit à elle et on l'aimoit sans penser que l'on pût faire autrement. Quand quelqu'un la regardoit, et qu'elle s'en apercevoit, il n'étoit plus possible de ne pas croire que ce fût à celui qui la voyoit qu'elle vouloit uniquement plaire. Elle avoit tout l'esprit qu'il faut pour être charmante, et tout celui qu'il faut pour les affaires importantes, si les conjonctures de les faire valoir se fussent présentées, et qu'il eut été question pour lors à la Cour d'autre chose que de plaire.»

(Mémoires de Choisy, collect. Petitot, t. LXIII, pp. 385-386.)

[20] La Princesse ou les amours de Madame, dans l'Hist. amoureuse des Gaules, 1754, t. II, p. 119.

[21] La Princesse, loc. cit., p. 108.

[22] Buste. «Madame Henriette-Anne, Princesse de la Grande-Bretagne. CM del.»—Nous reproduisons ce portrait ci-contre. Des épreuves postérieures portent «Henriette-Anne d'Angleterre, duchesse d'Orléans, née à Exeter le 16 juin 1644, morte à Saint-Cloud le 30 juin 1670. Cl. Mellan G. del. et sc.»

[23] «Henriette d'Angleterre, dernière fille de Charles Ier, Roy de la Grande-Bretagne, et de Henriette-Marie de France, née à Excester, le 15 juin 1644, accompagna la Reine sa mère, lors qu'elle se sauva par mer en France. A Paris, chez L. Boissuin.» Non signé.

Le même:—«Van der Werff pinxit. J. Audran sculpsit.»

Plus récemment les graveurs Tavernier et Dieu ont donné chacun une copie très-infidèle de ce portrait de Van der Werff. On le trouve reproduit à l'eau forte, en tête de ce volume, par M. Boulard fils.

[24] De face. «Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans, dernière fille de Charles Ier du nom, roy de la Grande-Bretagne, et de Henriette-Marie de France, nasquit à Exceter le 15 juin 1644, accompagna la reine sa mère lors qu'elle se sauva par mer en France, espousa Philippe de France, duc d'Orléans, frere unique du Roy.»

[25] De trois quarts. Elle porte une guimpe empesée et montante; le costume est sévère. C'est ainsi que la reine accouchée aurait voulu voir Madame à ses relevailles (v. p. xvj). Au fond, une draperie dont un coin soulevé laisse voir à gauche une chasse en forêt.

[26] De trois quarts. «Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans.»

[27] De face. «Henriette Stuard, Desroches sc.»

«Cette princesse à qui tout avoit concouru,

«Pour lui gagner les cœurs et se voir adorée

«Semble n'avoir paru

«Que pour estre pleurée.»

[28] De face. «Henriette-Anne d'Angleterre épouse de Philippe de France duc d'Orléans. G. Schouten f.» Plusieurs épreuves non signées. Ce portrait a été mis dans l'édition de 1720.

[29] No 2083 du catalogue.—Ecole française, XVIIe siècle.—H. 0,72-L. 0,62. On lit en haut du tableau: HENRIETTE-ANNE DANGLETERRE DUCHESSE DORLÉANS.

[30] No 2502 du catalogue.—Ecole de Mignard.—H. 0, 76-L. 0, 63. Elle est représentée assise, vêtue d'une robe bleue fleurdelisée. On lit sur le tableau: HENR. D'ANGL. D. DORLans.

[31] No 3503 du catalogue. H. 1,75.-L. 1,39.

[32] No 2157 du catalogue. «Famille de Louis XIV par Jean Nocret.» Madame y porte le costume et les attributs du Printemps.

[33] Discours au roi, 1666.

[34] L'abbé se faisait appeler, comme on sait, madame de Sancy. Sur la fausse dame de Sancy, voir la chanson:

Sancy, au faubourg Saint-Marceau,

Est habillé comme une fille.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Tout le peuple de Saint-Médard

Admire comme une merveille

Ses robes d'or et de brocard,

Ses mouches, ses pendants d'oreille,

Son teint vif et ses yeux brillants.

Il aura bientôt des amants.

(Ms. de Choisy, t. III, fo 57.)

[35] Mémoires de Choisy, collect. Petitot, t. LXIII, p. 127.

[36] Page 44 de notre édition.

[37] Mémoires, coll. Petitot, t. XXXIX, p. 117.

[38] Oraison funèbre d'Henriette d'Angleterre.

[39] T. II, p. 2, avec le fac-simile en regard.

[40] Sur madame de Monaco, voir page [40], la note [164].—Sur madame de Thianges, voir page [16], note [124].

[41] Catalogue Chambry, par Etienne Charavay, 1881 no 381.

[42] Mémoires de Cosnac, t. I, p. 415.

[43] Voir p. [139] de notre édition.

[44] Dictionnaire de Furetière, au mot galanterie.

[45] Remarques sur la langue françoise, utiles à ceux qui veulent bien lire et bien écrire. 1647, in-4o.

[46] Dans le Trévoux, au mot galant. Voir aussi La Bruyère: «Une femme galante veut qu'on l'aime, etc., etc.»

[47] Mémoires de mademoiselle de Montpensier, coll. Petitot, t. III, p. 389.

[48] Remarquons en passant que Molière fait parler Mascarille et Jodelet, non comme des valets qui singent leurs maîtres, mais comme des marquis véritables. Ce qu'ils disent est ridicule, mais n'est nullement de mauvais ton. Il n'est pas extraordinaire qu'en les écoutant Cathos et Madelon crussent entendre des personnes de qualité. Mademoiselle de Scudéry ou quelque autre «illustre» de l'hôtel de Rambouillet s'y fût trompée comme elles.

[49] «Il avoit épousé la fille du duc de Sully, petite-fille, par sa mère, du chancelier de France [Séguier], bien faite, sage et riche; mais jusqu'alors (1665), elle avoit été mariée sans l'être.» (Mémoires de madame de Motteville, collect. Petitot, t. XL, p. 227.) Si l'on était sous Louis XV, cela ne voudrait rien dire, puisqu'il s'agit d'une femme, non d'une maîtresse. Mais nous sommes en 1665, et le mot est significatif. D'ailleurs madame de Sévigné est plus nette encore, à propos d'une maîtresse. (Voir plus bas, p. [XLIV].)

[50] Un sottisier lui fait dire aux dames:

. . . . . je n'ai point d'armes

Pour vous servir, comme le grand Saucourt.

Je ne commente point, voyez aussi la chanson citée plus loin page V.

[51] Lettre du 15 janvier 1672.—Elle écrivait trois mois auparavant: «Le comte de Guiche est à la Cour tout seul de son air et de sa manière, un héros de roman, qui ne ressemble point au reste des hommes (Lettre du 7 octobre 1671).»

[52] Les deux lettres qu'on trouve pour la première fois dans l'édition de 1754 de l'Histoire amoureuse des Gaules (t. II, pp. 120 et 148) sont apocryphes. Voir Appendice I, à la fin de ce volume.

[53] Lettre du 15 janvier 1672.

[54] Lettre du 29 avril 1672.

[55] Ermeland, en latin Varmia, petit pays dans le palatinat de Marienbourg, qui appartint à la Pologne de 1466 à 1772. L'évêque avait le titre de Prussiæ regiæ primas.

[56] Elles nous ont été communiquées par M. Etienne Charavay.

[57] Cela nous ramène encore aux Précieuses ridicules et à la «furieuse plaie» de Mascarille. Je le répète, ce Mascarille est un vrai marquis.

[58] Page 99 de cette édition.

[59] Mémoires de madame de Motteville, coll. Petitot, t. XL, p. 232.

[60] Lettre du 13 janvier 1672.

[61] Lettre du 27 avril 1672.

[62] L'archevêque de Rouen était Harlay de Chanvallon.

[63] Mémoires du maréchal de Gramont, édit. Petitot, t. LVII, p. 95.

[64] Page 65 de notre édition.

[65] La Princesse, voir la note de la page [LVIII].

[66] Voir p. [138] de ce volume.

[67] Tome II, p. 99.—On en connaît au moins trois manuscrits, tous plus complets que l'imprimé de 1754. Un de ces manuscrits a servi à M. Charles Livet pour sa publication de La Princesse dans le troisième volume de l'Histoire amoureuse des Gaules, édition Jannet. La bibliothèque nationale en possède deux; l'un fait partie d'un recueil de pièces satiriques et a pour titre: Histoire de Madame et du comte de Guiche, de Madame la comtesse de Soissons et de M. de Wardes (In-4o, f. fr. 15229). L'autre, intitulé Histoire des amours de Madame, est précédée d'une relation confuse et erronée des relations de Louis XIV avec Madame qui ne peut être du même auteur que le reste (In-8o, f. fr. 13777). Nous donnons en appendice deux fragments de ce libelle.

[68] Sur Montalais, voir p. [60].

[69] L'habit de cour qu'on ne pouvait porter sans brevet.

[70] Lettre du 26 mai 1683.

[71] Voir la Princesse, à la fin de ce volume.—Je cite ici d'après le ms. de la biblioth. nat., f. fr. 13777.

[72] Voir p. [116].

[73] Lettre à madame de Saint-Chaumont, Cosnac, loc. cit., p. 407.

[74] Lettre de Louis XIV, septembre 1669.

[75] Dans la dédicace d'Andromaque, en 1667.

[76] «Bérénice fut un duel dont tout le monde sait l'histoire. Une princesse fort touchée des choses de l'esprit, et qui eût pu les mettre à la mode dans un pays barbare, eut besoin de beaucoup d'adresse pour faire trouver les deux combattants sur le champ de bataille sans qu'ils sussent où on les menoit.» (Fontenelle, Vie de Corneille, dans l'Histoire de l'Académie françoise, par Pellisson, 1729, in-4o, p. 195.)

[77] Voir p. [118] de cette édition.

[78] Voir Appendice II, à la fin de ce volume.

[79] Edit. Chéruel, 1856, t. III, p. 180 et suiv.

[80] Saint-Simon dit, par exemple, qu'un garçon de la chambre de Madame fit l'eau de chicorée, et madame de La Fayette, qui était de la maison et savait comment tout s'y passait, dit précisément que madame Desbordes, première femme de chambre de Madame, prépara l'eau de chicorée. Il fallait que Saint-Simon fût bien mal renseigné sur madame, car il dit dans ce récit qu'elle «étoit d'une très bonne santé». La lettre de Guy Patin qu'on a lue plus haut, le sentiment de Monsieur Vallot sur la mort de Madame (ms. de Conrart, t. XIII), l'abominable propos de Monsieur, pendant le voyage de Flandre (Voir p. [120] de notre édition), prouvent que Madame n'avait pas même les apparences de la santé. Mademoiselle de Montpensier qui la vit après le voyage de Douvres fut effrayée: «Elle (Madame) entra chez la reine comme une morte habillée, à qui on auroit mis du rouge, et comme elle fut partie, tout le monde dit, et la reine et moi nous nous souvînmes que nous avions dit: «Madame a la mort peinte sur le visage.» (Mémoires de mademoiselle de Montpensier, collection Petitot.)

[81] Voir la note [244] page [123]. Lisez cette note en mettant une virgule au lieu d'un point à la ligne 5 (entre t. III et l'abbé Bourdelot).

[82] 1872, in-8o, pp. 429 et suiv. Cette étude avait d'abord été publiée dans la Philosophie positive, en septembre-octobre 1867.—M. Littré a mis Valet pour Vallot et le chevalier du Temple pour le chevalier Temple.

[83] Madame de La Fayette dit que cette eau était dans une bouteille. Saint-Simon dit qu'elle était dans un pot. Cela n'a l'air de rien et pourtant trahit l'arrangement. D'Effiat pouvait jeter très vite le poison dans un pot. Le couler dans une bouteille était plus difficile et plus long. On risquait d'être surpris pendant l'opération. La métamorphose de la bouteille en pot a donc son intérêt.

[84] Lefèvre d'Ormesson dit, dans son journal: «Les dames qui étoient avec elle (Madame) avoient bu de cette même eau et ne l'avoient point trouvée si mauvaise.» (t. II, p. 593). Mais Lefèvre d'Ormesson ne fut pas témoin et madame de La Fayette l'était. Ce qui est rapporté à ce sujet dans une lettre de Bossuet, citée par Floquet, est encore moins croyable, car la lettre elle-même est véhémentement soupçonnée d'être fausse. «Monsieur, est-il dit dans cette lettre, Monsieur qui avoit donné à boire à Madame de Meckelbourg, qui s'y trouva, acheva de boire le reste de la bouteille pour rassurer Madame.» On voit dans la relation de madame de La Fayette qu'il était lui-même peu rassuré et nullement disposé à tenter une épreuve de ce genre.

[85] Et comme le curare.

[86] Ulcère simple de l'estomac (Cruveilhier), ulcère perforant de l'estomac (Rokitansky).

[87] Mémoire d'un chirurgien du roi d'Angleterre, voir plus haut, page [XV], note [9]

[88] Pathologie, 1877, t. II, p. 159.

[89] Les 2, 3 et 4 novembre.

[90] Loc. cit. p. 309.

[91] Jaccoud, loc. cit., p. 162.

[92] Jaccoud, loc. cit., p. 160.

[93] Voir p. 123, note 1.

[94] Histoire de madame Henriette d'Angleterre, première femme de Philippe de France, duc d'Orléans, par madame la comtesse de La Fayette, publiée par feu A. Bazin. Paris, Techener, M. D. CCC. LIII, in-16, avec un portrait qui n'est que le cuivre des Galeries de Versailles découpé en médaillon ovale.

[95] Il ne remarqua pas, par exemple, une certaine note de la page [VIII] qui donne à l'héroïne même de l'histoire les prénoms de sa mère, et il laissa madame Desbordes, première femme de chambre de Madame, devenir madame Descois.

[96] Voir la note [156] de la page [33].

[97] En 1644.

[98] Louise Motier de La Fayette, née vers 1616, morte en 1665, fille d'honneur de la Reine; après avoir inspiré à Louis XIII une passion qui resta innocente, elle se retira au couvent des Filles Sainte-Marie ou de la Visitation, à Paris, y prit le voile et fut en religion la mère Angélique. Elle mourut âgée d'environ cinquante ans dans une maison du même ordre qu'elle avait établie à Chaillot et dont elle était la supérieure. (Voir: Mémoires de madame de Motteville, collection Petitot, t. XXXVI, p. 387 et suiv.)

[99] François Ier de La Fayette, abbé de Dalon, évêque de Limoges du 19 mars 1628 au 3 mars 1695, oncle de l'amie de Louis XIII et du mari de l'auteur de ce livre.

[100] Marie-Catherine de La Rochefoucauld, veuve, en 1622, de Henri de Bauffremont, marquis de Senecey. Elle mourut en 1677, âgée de quatre-vingt-neuf ans.

[101] Madame de Motteville donne à croire qu'il n'en fit guères. Le père Caussin, qu'elle cite, rapporte, dans ses Mémoires, qu'à la nouvelle de la retraite de madame de La Fayette, le roi pleura, mais fit cette réponse résignée: «Il est vrai qu'elle m'est bien chère; mais si Dieu l'appelle en religion, je n'y mettrai point d'empêchement.»

[102] Le 15 février 1655.

[103] Henriette-Anne. Voir p. [33], note [155].

[104] «Ni la surprise, ni l'intérêt, ni la vanité, ni l'appât d'une flatterie délicate ou d'une douce conversation qui souvent, épanchant le cœur, en fait échapper le secret, n'étoit capable de lui faire découvrir le sien; et la sûreté qu'on trouvoit en cette princesse, que son esprit rendoit si propres aux grandes affaires, lui faisoit confier les plus importantes.» (Bossuet, Oraison funèbre d'Henriette d'Angleterre.)

[105] Le texte de 1720 porte, par erreur, 1664.

[106] Armand de Gramont et de Toulongeon, comte de Guiche, fils aîné d'Antoine III et arrière-petit-fils de la belle Corisande, né en 1638, mort le 29 novembre 1673. Il avait épousé, le 23 janvier 1658, Marguerite-Louise-Suzanne de Béthune-Sully.

[107] Madame avait lu sans doute la Princesse de Montpensier, Paris, Cl. Barbin, (ou Th. Joly, ou de Sercy), 1662, in-8o. Zayde ne parut qu'en 1671, et la Princesse de Clèves qu'en 1678.

[108] Anne-Marie d'Orléans, quatrième enfant de Madame, née le 27 août 1669, épousa, le 9 avril 1684, Victor-Amédée, duc de Savoie, puis roi de Sicile et de Sardaigne. Elle mourut à Turin le 26 août 1728. Si ces mots «aujourd'hui régnante» n'ont point été ajoutés au texte, il faut faire descendre la rédaction de cette préface jusques après 1684.

[109] Ces marques n'ont malheureusement pas été conservées à l'impression. Nous en parlons dans la Notice.

[110] Comparez ce qu'elle écrit à madame de Sévigné le 30 juin 1673: «Il y a aujourd'hui trois ans que je vis mourir Madame; je relus hier plusieurs de ses lettres, je suis toute pleine d'elle.»

[111] Olympe Mancini (1640-1708), qu'on vit en faveur auprès du jeune roi, dans l'hiver de 1656. Loret parle, dans la Muse historique du 6 février 1657, de

Cette Olympe au divin esprit

Et dont, sur le cœur des monarques,

Le pouvoir peut graver ses marques.

Mais en ce moment ce pouvoir finissait. Elle épousa, le 20 février de la même année, le prince Eugène de Carignan, qui prit le titre de comte de Soissons.

[112] Marie Mancini, autre nièce du cardinal (1640-1715), inspira à Louis XIV un sentiment très-vif. Elle épousa, en 1661, le connétable Colonna. (Voir: Apologie ou Les véritables mémoires, Leyde, 1678).

[113] Le 9 juin 1659.

[114] Le 9 mars 1661. «Il mourut enfin, moins chrétien que philosophe, avec une constance admirable.» (Mémoires de Choisy, coll. Petitot, t. LXIII, p. 208.)

[115] Armand-Charles de La Porte, marquis de La Meilleraye, né en 1632, mort en 1712.

[116] Sœur puinée de Marie. Le mariage eut lieu le 28 février 1661.

[117] Gabrielle d'Estrées, dame de Liancourt-Damerval, puis marquise de Monceaux et duchesse de Beaufort, maîtresse de Henri IV.

[118] Le texte de 1720 porte, ici, en titre: «Portrait de la Reine mère, Anne d'Autriche» et, plus loin, aux endroits que nous indiquerons, des titres analogues qui sont évidemment une interpolation de l'éditeur et qui présentent l'inconvénient d'interrompre la suite du récit. C'est pourquoi nous ne les avons pas conservés. Ces titres ont été mis avec si peu de discrétion qu'il s'en trouve un pour madame de Thianges que l'auteur ne fait que nommer. On n'a qu'à se reporter à la page 29 de notre édition pour se convaincre que ces titres n'entraient pas dans les intentions de madame de La Fayette, puisque la phrase qui commence par ces mots «Il y avoit encore» et la suivante ne souffrent pas qu'on les sépare, le mot ceux qui est dans la seconde se rapportant au mot yeux qui est dans la première.

[119] Dans le texte de 1720, en titre: «Portrait de madame Thérèse d'Autriche.» Il faut lire «Marie-Thérèse.»

[120] Née en 1628.

[121] Dans le texte de 1720, en titre: «Portrait de Philippe de France, duc d'Orléans.»

[122] Philippe, duc d'Orléans, né en 1640.

[123] Dans le texte de 1720, en titre: «Portrait de madame de Thianges.»

[124] Gabrielle, fille de Gabriel, duc de Rochechouart-Mortemart, et sœur aînée de madame de Montespan, mariée, en 1655, à Claude-Léonor de Damas, marquis de Thianges.

[125] Dans le texte de 1720, en titre: «Portrait de Louis XIV encore jeune».

[126] Nicolas Foucquet, surintendant des finances, né à Paris en 1615, mort détenu à Pignerol en 1680.

[127] Michel Le Tellier, secrétaire d'État, puis chancelier de France, père de Louvois, né en 1603, mort en 1685.

[128] Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, ministre et secrétaire d'État, né à Reims le 29 août 1619, mort le 6 septembre 1683.

[129] Dans le texte de 1720, en titre: «Portrait de M. Foucquet.»

[130] Dans le texte de 1720, en titre: «Portrait de M. Le Tellier.»

[131] Dans le texte de 1720, en titre: «Portrait de M. Colbert.»

[132] Dans le texte de 1720, en titre: «Portrait de la comtesse de Soissons.»

[133] Olympe Mancini. Voir la note de la page 10.

[134] «Elle étoit brune; elle avoit le visage long et le menton pointu. Ses yeux étoient petits, mais vifs, et on pouvoit espérer que l'âge de quinze ans leur donneroit quelque agrément.» (Mémoires de madame de Motteville.)

[135] Louis-Marie, marquis de Villequier, duc d'Aumont, né en 1632, mort en 1704.

[136] François-René Crespin du Bec, marquis de Vardes, comte de Moret, gouverneur d'Aigues-Mortes, capitaine des Cent-suisses, mort le 3 septembre 1688.—Dans le texte de 1720, en titre: «Portrait de la connétable Colonne.»

[137] Voir la note [112] de la page [11].

[138] En 1658.

[139] Pendant la campagne de 1658, il fut atteint de la petite-vérole.

[140] Juin 1659.

[141] Petite ville et port de mer de la Basse-Saintonge (Charente-Inférieure).

[142] Cette réponse de Mademoiselle Mancini à Louis XIV a été mise par Racine dans la bouche de Bérénice (1670):

Vous êtes empereur, seigneur, et vous pleurez!

(Bérénice, acte IV, scène V.)

Comparez aussi la petite pièce suivante:

PREUVES D'AMOUR.

Alcandre étoit aux pieds d'Aminte,

Le cœur gros de soupirs, la langueur dans les yeux;

Et mille serments amoureux

Accompagnoient sa triste plainte.

Elle, ne se payant de pleurs ni de sanglots,

Bannissant alors toute crainte,

Lui répondit en peu de mots:

«Je crois que mon départ vous touche,

Qu'il vous accable de douleur

Et que vous avez dans le cœur

Ce que vous avez dans la bouche;

Je croy tous vos sermens et tout ce que je voi;

Mais enfin je pars, Sire, et vous êtes le roi.»

(Sentimens d'amour tirés des meilleurs poëtes modernes, par le sieur de Corbinelli. Paris, 1665, t. II, p. 194.)

[143] Le 6 juin 1660.

[144] Charles de Lorraine, fils du duc Nicolas-François (1643-1690).

[145] Charles IV, comte de Vaudemont, duc de Lorraine (1604-1675).

«Quant aux assiduités que M. de Lorraine et le prince Charles, son neveu, avoient pour mademoiselle Mancini, M. le Cardinal les désapprouva, et leur fit dire qu'il les remercioit, qu'il avoit pris d'autres mesures; de sorte que le prince Charles n'eut plus d'entrées chez mademoiselle de Mancini.» (Mémoires de mademoiselle de Montpensier, collect. Petitot, t. XLII, p. 533).

[146] Hortense Mancini, voir notes 115 et 116 de la page [12].

[147] Dans le texte de 1720, en titre: «Portrait de madame Mazarin.»

[148] Le texte de 1720 porte en titre: «Portrait de madame d'Armagnac et de mademoiselle de Tonnay-Charente.»

[149] Catherine de Neufville de Villeroi, femme (en 1660) de Louis de Lorraine, comte d'Armagnac, grand écuyer de France. Elle mourut en 1707, âgée de soixante dix-huit ans.

[150] Françoise-Athénaïs de Rochechouart, née en 1641, au château de Tonnay-Charente (Saintonge), mariée en 1663 au marquis de Montespan, morte le 28 mai 1707.

[151] Mariée le 11 avril 1661, elle partit le 13 du même mois.

[152] Le 31 mars 1661.

[153] Charles Ier, roi d'Angleterre, décapité le 9 février 1649.

[154] Dans le texte de 1720, en titre: «Portrait de Madame.»

[155] Henriette-Anne d'Angleterre, duchesse d'Orléans, née à Exeter le 16 juin 1644, morte à Saint-Cloud le 29 juin 1670, fille de Charles Ier et de Henriette de France. C'est l'héroïne de cette histoire.

[156] Henriette-Marie de France, troisième fille de Henri IV et de Marie de Médicis, née le 15 novembre 1609; elle épousa, en mai 1625, Charles Ier qui venait de succéder à Jacques Ier sur le trône d'Angleterre. Elle mourut à Colombes (Seine) le 10 septembre 1669.

[157] La Fare dit qu'elle avait tout l'agrément possible, «bien qu'un peu bossue». (Voir notre Introduction).

[158] Charles II, rétabli sur le trône d'Angleterre en 1660.

[159] George Villiers, duc de Buckingham, fils de George, né en 1627, ambassadeur et ministre en 1671, auteur de comédies, mort en 1688. Son père fut, non pas décapité, mais assassiné à Portsmouth par John Felton, le 23 août 1628. Les deux membres de cette famille qui eurent le sort que madame de La Fayette attribue au favori de Charles Ier sont Henri, duc de Buckingham, qui eut la tête tranchée sous Richard III, en 1483, et Edmond, fils de Henri qui mourut par le même supplice, sous Henri VII, en 1521.

[160] Henriette-Marie, fille de Charles Ier, veuve, en 1650, de Guillaume de Nassau, prince d'Orange.

[161] Dans le texte de 1720, en titre: «Portrait du comte de Guiche.»

[162] Voir la note 3 de la page 6. Ajoutons que madame de Sévigné, plus détachée, trouvait au comte de Guiche un air précieux, un langage obscur, beaucoup d'affectation.

[163] Anne-Marie de La Trémoille, née vers 1641, mariée en 1659 à Adrien-Blaise de Talleyrand, prince de Chalais, plus tard princesse des Ursins, (Degli Orsini), par son second mariage avec Flavio Orsini, duc de Bracciano (1675), morte le 5 décembre 1722.

[164] Catherine-Charlotte de Gramont, mariée en 1660 à Louis Grimaldi, duc de Valentinois, prince de Monaco, morte en 1678, à trente-neuf ans.

[165] Anne-Armande de Saint-Gelais de Lansac, femme de Charles III, duc de Créquy, morte en 1709.

[166] Isabelle-Angélique de Montmorency, né, en 1626, veuve, en 1649, de Gaspard de Coligny, duc de Châtillon.

[167] Marie-Charlotte de La Trémoille épousa, en 1662, Bernard de Saxe-Weimar.

[168] L'auteur de cette Histoire.

[169] 1661.

[170] Premier aumônier de Madame.

[171] Bonne de Pons, mariée, en 1666, à Michel Sublet, marquis de Heudicourt, grand louvetier de France, morte en 1709, à soixante-cinq ans.

Le maréchal d'Albret était baron de Pons.

[172] Elle épousa, en 1665, Portail, conseiller au Parlement.

[173] Françoise-Louise de La Baume Le Blanc, duchesse de La Vallière, née en 1644, morte en 1710.

[174] Mascarille parle ainsi chez Cathos et Madelon: «Moi je dis que nos libertés auront peine à sortir d'ici les braies nettes...»

(Les Précieuses ridicules, scène XII.)

Et l'impromptu du faux marquis ressemble beaucoup aux galanteries de M. de Guiche.

Oh! oh! je n'y prenais pas garde:

Tandis que, sans songer à mal, je vous regarde,

Votre œil en tapinois me dérobe mon cœur.

Au voleur! au voleur! au voleur! au voleur!

(Loc. cit.)

C'est un rapprochement qu'il est intéressant de faire dans une édition de Molière.

[175] Marie de Rohan, née en 1600, veuve, en 1621, du connétable de Luynes et, en 1657, de Claude de Lorraine, duc de Chevreuse.

[176] Geoffroy, marquis de Laigue, né en 1614, mort en 1674. (Voir Mémoires de madame de Motteville, coll. Petitot, t. XL, p. 113.)

[177] Chez la duchesse de Chevreuse.

[178] Le 17 août 1661.

[179] François de Beauvillier, comte, puis duc de Saint-Aignan, né en 1607, mort en 1687.

[180] De Lionne, Le Tellier, Colbert.

[181] Christophe de Lévis, comte de Brion, duc de Damville en 1648.

[182] Antonin Nompar de Caumont, marquis de Puyguilhem, depuis duc de Lauzun, cadet de la maison de Caumont, et non de Lauzun, né en 1633, mort en 1723. Quand madame de La Fayette écrit Peguilin, elle figure la prononciation de Puyguilhem. De même Racine écrit dans une de ses lettres Chammelay le nom de la Champmeslé qu'il connaissait pourtant bien.

[183] Par sa grand'mère qui était de Gramont.

[184] Mademoiselle de Montalais, fille de Pierre de Montalais, seigneur de Chambellay, et de Renée Le Clerc de Sautré, sœur de madame de Marans.—Le texte de 1720 porte en titre: «Portrait de Montalais.»

[185] Marguerite de Lorraine, veuve de Gaston, duc d'Orléans.

[186] Intendant de la maison de Gaston d'Orléans.

[187] Françoise Le Prévost, mariée successivement à messire Bernard Rosay, conseiller en la cour du Parlement de Paris, à Laurent de La Baume Le Blanc, chevalier, seigneur de La Vallière, dont elle eut Louise-Françoise, qui devint maîtresse de Louis XIV, et à M. de Saint-Remi, premier maître d'hôtel de Gaston d'Orléans. Voir page 46, lignes 14 et suivantes.—Bazin écrit, je ne sais pourquoi, «La Valière».

[188] Germain Texier, comte de Hautefeuille, baron de Malicorne, gentilhomme ordinaire du Roi, conseiller d'État d'épée, marié, en 1665, à Catherine Marguerite de Courtarvel, fille du premier lit de Jacques de Saint-Remi, mort en 1694.

[189] Louis-Alexandre de La Trémoille, né en 1642.

[190] Philippe IV, roi d'Espagne.

[191] Dona Maria Molina.

[192] Suzanne de Baudean de Neuillan, femme de Philippe de Montault-Bénac, duc de Navailles, dame d'honneur de la Reine.

[193] Le 27 mars 1662.

[194] Claude-Marie du Gast d'Artigny épousa en 1666 Louis-Pierre-Scipion de Grimoard de Beauvoir de Montlaur, comte du Roure, cousin du duc de Créquy. «C'était, dit Saint-Simon, une intrigante de beaucoup d'esprit et que la faveur de mademoiselle de La Vallière avait accoutumée à beaucoup de hauteur. Elle se trouva mêlée dans beaucoup de choses avec la comtesse de Soissons, qui les firent chasser chacune de la Cour, puis avec la même dans les dépositions de la Voisin.... Elle en fut quitte pour l'exil en Languedoc où elle a passé le reste de sa vie.»

[195] Françoise de Barbezières Chemerault, mariée en 1645 à Macé Bertrand de la Basinière, baron de Vouvans et du Grand-Précigny, trésorier de l'Epargne.

[196] Colombe Le Charron, femme de César, duc de Choiseul, maréchal du Plessis, première dame d'honneur de Madame.

[197] Anne-Lucie de La Mothe-Houdancourt, nièce d'Antoine de La Mothe, marquis d'Houdancourt, maréchal de France.

[198] Philibert, chevalier et plus tard comte de Gramont, le héros des Mémoires d'Hamilton, frère du maréchal Antoine III, duc de Gramont.

[199] Paul d'Escoubleau, marquis d'Alluye et de Sourdis, gouverneur d'Orléans.

[200] Bénigne de Meaux de Fouilloux, épousa Paul d'Escoubleau marquis d'Alluye, en 1667. «Amie intime de la comtesse de Soissons et des duchesses de Bouillon et Mazarin, [la marquise d'Alluye] passa sa vie dans les intrigues de la galanterie, et quand son âge l'en exclut pour elle-même, dans celles d'autrui.... D'estime elle ne s'en étoit jamais mise en peine, sinon d'être sûre et secrète au dernier point; avec cela tout le monde l'aimoit, mais il n'alloit guère de femmes chez elle.» (Saint-Simon). Elle mourut en 1720, âgée de plus de quatre-vingts ans.

[201] Julie-Lucie d'Angennes, duchesse de Montausier, femme de Charles de Sainte-Maure, marquis de Salles, puis duc de Montausier, première dame d'honneur de la reine.

[202] Suzanne-Charlotte de Gramont, marquise de Saint-Chaumont, tante de M. de Guiche, préférée à madame de Motteville comme gouvernante des enfants de Monsieur. Elle fut remplacée dans cette charge par la maréchale de Clérembaut. Madame de Saint-Chaumont mourut le 31 juillet 1688.

[203] Elle ne l'a pas dit.

[204] Le ballet royal des Arts, 8 janvier 1663.

[205] François VII, prince de Marsillac, duc de la Rochefoucauld, fils aîné de François VI, duc de la Rochefoucauld, auteur des Maximes. François VII, né en 1634, était grand maître de la garde-robe et grand veneur de France.

[206] De 1663.

[207] Armand de Bourbon, prince de Conti, frère du grand Condé, mort le 9 novembre 1685. «Il est le fils d'un saint et d'une sainte, il est sage naturellement, et par suite de pensées emmanchées à gauche, il joue le fou et le débauché et meurt sans confession, et sans avoir eu un seul moment, non-seulement pour Dieu, mais pour lui, car il n'a pas eu la moindre connoissance.» (Madame de Sévigné, 24 novembre 1685.)

[208] Henri-Jules de Bourbon, duc d'Enghien, puis prince de Condé, fils du grand Condé. On l'appela Monsieur le Duc jusqu'à la mort de son père, puis Monsieur le Prince.

[209] Alexandre de Choiseul, comte du Plessis-Praslin, fils de César de Choiseul, maréchal de France, et de Colombe Le Charron, tué devant Arnheim, en 1672.

[210] Jean Corbinelli, l'ami de madame de Sévigné. L'auteur de l'Histoire d'Henriette d'Angleterre le connaissait bien. Madame de Sévigné nous apprend qu'il dîna avec elle chez madame de la Fayette le jeudi 3 février 1689, et qu'on y mangea «des perdrix d'Auvergne et des poulardes de Caen.» En 1678, il écrivit à Bussy: «J'ai lu vos réflexions sur la Princesse de Clèves, Monsieur. Je les ai trouvées excellentes et pleines de bon sens.» Or, plusieurs invraisemblances sont relevées dans ces réflexions. Mais la première partie (le 1er volume) y est traitée «d'admirable.» (Lettre du 29 juin 1678.)

[211] Le 25 août 1663.

[212] Marsal, place forte de Lorraine, cédée à la France en 1663.

[213] Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, sacré coadjuteur en 1645, archevêque de Sens du 16 août 1646 au 19 septembre 1674. Il était oncle du marquis de Montespan.

[214] Isabelle-Angélique de Montmorency Bouteville, veuve de Gaspard de Coligny, duc de Châtillon, mariée en secondes noces à Christian-Louis, duc régnant de Mecklembourg. Madame de Sévigné écrit, comme madame de La Fayette, Meckelbourg.

[215] Catherine de Neufville, mariée, en 1660, à Louis de Lorraine, comte d'Armagnac, grand écuyer de France.

[216] Françoise-Madeleine d'Orléans, fille de Gaston, première femme (en 1663) de Charles-Emmanuel II, duc de Savoie.

[217] M. le Grand, c'est-à-dire M. le grand écuyer, le comte d'Armagnac.

[218] François-Henri de Montmorency, duc de Luxembourg, né en janvier 1628, à Paris, maréchal de France en 1675, mort, à Versailles, le 4 janvier 1695.

[219] Madame de Beauvais, femme de chambre de la reine mère. Elle n'avait aucune alliance avec la famille de la Cropte de Beauvais dont était Uranie, femme de chambre de Madame. Le texte de 1720 porte: «M. de Beauvais»; c'est une faute que A. Bazin a corrigée.

[220] Mars 1664.

[221] Dans la Princesse de Montpensier, de madame de La Fayette, le comte de Chabanes, amoureux de la princesse, la sert pourtant dans ses amours avec un rival. L'édition de 1720 porte: «chabanier», ce qui est un non sens que A. Bazin a corrigé très-heureusement par conjecture.

[222] Bazin a corrigé à tort le texte pour mettre «une médianoche» et plus loin «de la médianoche.» Sur le genre de ce mot cf. madame de Sévigné, lettre du 26 avril 1671.

[223] 15 mai 1664.

[224] Juin 1664.

[225] Philippe-Charles, duc de Valois, né le 16 juillet 1664, mort le 8 décembre de la même année. Le texte de 1720 porte fautivement: «mademoiselle de Valois.»

[226] Elisabeth Hamilton, épousa, en Angleterre, en mars 1664, Philibert chevalier, puis comte de Gramont frère du maréchal et oncle du comte de Guiche.

[227] Jacques Rouxel, comte de Grancey, maréchal de France, eut, de son mariage avec sa seconde femme, Charlotte de Mornay, deux filles que madame de Sévigné nomme les Anges, l'aînée Elisabeth, connue sous le nom de comtesse de Grancey, morte en 1711, à cinquante-huit ans (c'est de celle-ci qu'il s'agit); l'autre, Marie-Louise, mariée en 1665 au comte de Marey, veuve en 1668.

[228] Françoise-Marie de Vienne, comtesse de Chateauvieux, femme, en 1649 de Charles IV, duc de la Vieuville, morte en 1669.

[229] Le 7 janvier 1665.

[230] Elle accoucha, le 9 juillet 1665, d'une fille qui ne vécut pas. «La Cour alla à Saint-Germain et faisoit souvent des voyages à Versailles. Madame s'y blessa, et y accoucha d'une fille qui étoit morte il y avoit déjà dix ou douze jours; elle étoit quasi pourrie; ce fut une femme de Saint-Cloud qui la servit: l'on n'eut pas le temps d'aller à Paris en chercher une. On éveilla le Roi, et l'on fit chercher le curé de Versailles, pour voir si cette fille étoit en état d'être baptisée. Madame de Thianges lui dit de prendre garde à ce qu'il feroit: qu'on ne refusoit jamais le baptême aux enfans de cette qualité. Monsieur, à la persuasion de l'évêque de Valence, vouloit qu'on l'enterrât à Saint-Denis. J'étois à Paris; j'allai droit à Versailles pour rendre ma visite à Madame. Dès le même soir Monsieur alla coucher à Saint-Germain, où je trouvai la Reine affligée de ce que cette fille n'avoit pas été baptisée, et blâmoit Madame d'en être cause par toutes les courses qu'elle avoit faites sans songer qu'elle étoit grosse. Madame disoit qu'elle ne s'étoit blessée que de l'inquiétude qu'elle avoit eue que le duc d'York n'eût été tué, parce qu'on lui avoit parlé d'une bataille qu'il venoit de donner sur mer, sans lui dire s'il en étoit revenu. On laissa Madame dès le même jour de ses couches, parce que la Reine mère d'Angleterre arrivoit et qu'on vouloit lui laisser le logement de Versailles.» (Mémoires de mademoiselle de Montpensier, collect. Petitot, t. XLIII, p. 87).

[231] Philippe, chevalier de Lorraine, frère puîné du comte d'Armagnac, né en 1643.

[232] François de Neufville, marquis puis duc de Villeroi, appelé le Charmant par madame de Sévigné, né en 1644.

[233] Il alla dans son gouvernement d'Aigues-Mortes, au sortir de la Bastille où il n'était resté que quelques jours. On voit par une lettre de Corbinelli à Bussy (23 août 1673) combien son exil fut rigoureux.

[234] Le comte de Guiche fut accusé d'avoir voulu empêcher la vente de Dunkerque qui fut faite par l'Angleterre à la France en 1662.

[235] Dont il était colonel.

[236] Vardes fut arrêté à Aigues-Mortes en mars 1665 et mis dans la prison de Montpellier.

[237] Sur ce passage, qui semble bien être une note écrite par Madame, voir le paragraphe I de notre Préface.

[238] 1668.

[239] Jacques, fils naturel de Charles II (du moins il était tenu pour tel) et de Lucy Waters, né à Rotterdam le 9 avril 1649, décapité le 15 juillet 1685. Choisy s'étend davantage sur l'accueil que Madame fit à son jeune neveu de la main gauche: «Le duc de Monmouth passa d'Angleterre à la Cour dans ce temps-là (1667). C'étoit un prince mieux fait et plus beau qu'il n'étoit aimable. L'intérêt que Madame parut prendre à ce prince, qu'elle honoroit du nom de son neveu et auquel elle eut soin d'ordonner les plus magnifiques habits de France, la manière dont il dansoit les contre-danses qu'il apprit à Madame, la familiarité que donne la commodité de parler quelquefois une même langue que les autres n'entendent pas, l'assiduité de ce prince à se trouver aux heures auxquelles Madame étoit visible, les manières de cette princesse toujours charmantes, tout cela fit croire qu'il y avoit entre eux une sorte de jargon dont il n'est que trop aisé de soupçonner ceux qui sont naturellement galans. Le chevalier de Lorraine, dont la faveur auprès de Monsieur subsistoit avec plus d'éclat que jamais, eut le malheur d'être regardé comme celui qui entretenoit les petites divisions qui renaissoient souvent entre Monsieur et Madame... Le Roi fit ce qu'il put pour empêcher l'éclat que ces divisions préparoient dans sa maison... Il exila pour quelque temps le chevalier de Lorraine, qui se retira en Italie; et le duc de Monmouth repassa en Angleterre.» (Mémoires de l'abbé de Choisy, collection Petitot, t. LXIII, pp. 397, 398.)

[240] Janvier 1669.

[241] Lors du mariage de Monsieur avec la princesse d'Angleterre, le château de Villers-Cotterets fut compris dans les apanages de la maison d'Orléans.

[242] 1670.

[243] Mémoires de mademoiselle de Montpensier, collection Petitot, t. XLIII, pp. 121-184.

[244] Les relations de la mort de Madame sont assez nombreuses et concordantes. Mademoiselle de Montpensier (Mémoires, coll. Petitot, t. XLIII, p. 192), l'abbé Feuillet (Relation de la mort de Madame dans les Mémoires intéressants pour servir à l'Histoire de France, par Poncet de la Grave, 1789, t. III). L'abbé Bourdelot, médecin (Relation de la maladie, mort et ouverture du corps de Madame, mêmes Mémoires), Daniel de Cosnac (Récit inséré à la page xlvij du tome Ier des Mémoires) confirment le récit de Madame de La Fayette et le complètent sur quelques points. Cosnac seul n'est point un témoin oculaire mais il paraît bien informé. Consultez aussi: Relation de la mort de Madame, envoyée par le marquis de Lionne à M. de Pomponne, ambassadeur en Suède; juillet 1670, mss. Arsenal, no 598 in-fo, et Journal d'Olivier Lefèvre d'Ormesson, t. 2, pp. 592-593.

[245] Elle avait passé vingt jours auprès du roi Charles II, son frère, du 26 mai au 15 juin 1670. Le but de cette entrevue était de détacher le roi d'Angleterre de la Sainte-Alliance, pour l'allier à la France. Ce but fut atteint et un traité secret fut conclu entre Louis XIV et Charles II.

Dans la suite de Madame était cette belle bretonne, Louise-Rénée de Penancoët de Kéroualle «dont l'étoile, dit madame de Sévigné, avoit été devinée avant qu'elle partît.» Charles II en fit ce qu'on avait souhaité; elle devint duchesse de Portsmouth et, moyennant finance, elle servit auprès du roi d'Angleterre les intérêts du roi de France, son maître.

[246] Madame de La Fayette admire à trois reprises la douceur de Madame. A trois reprises aussi Bossuet la vante dans son Oraison funèbre. «Votre mémoire vous la peindra mieux, avec tous ses traits et son incomparable douceur, que ne pourront jamais faire toutes nos paroles.»—«Toujours douce, toujours paisible autant que généreuse et bienfaisante.»—«Oui, Madame fut douce envers la mort comme elle l'étoit envers tout le monde.» L'évêque de Valence, qu'elle estimait avec raison, parle de cette douceur qui ne s'est point démentie: «Puis, ayant demandé un peu de repos, avec ce même sourire et cette même douceur dont elle accompagnoit ordinairement ses paroles...» (Cosnac, Relation de la mort de Madame). «Elle mêloit dans toute sa conversation une douceur qu'on ne trouvoit point dans toutes les autres personnes royales.» (Cosnac, Mémoires, t. I, p. 420). Ajoutons que Molière, qui lui dédia l'Ecole des femmes, en 1663, alors qu'elle avait à peine dix-neuf ans, loue «cette douceur, pleine de charmes» dont elle tempérait la fierté de ses titres (L'Ecole des femmes, épître).

[247] C'est après cette phrase que, dans l'édition originale, se trouve ce titre: Relation de la mort de Madame. Il est pourtant évident que la relation commence plus haut par ces mots: «Madame étoit revenue...» Nous avons placé ce titre de manière à ce qu'il commandât le récit au lieu de le couper. De la sorte le lecteur distinguera, à première vue, d'une part ce qui a été écrit sous l'inspiration de la princesse et le petit supplément emprunté à madame de Montpensier, de l'autre part, la relation que Madame de La Fayette ajouta à son histoire interrompue.

[248] 27 juin.

[249] Marie-Louise, née le 27 mars 1662.

[250] Serait-ce le peintre Pierre van der Faes, si célèbre en Angleterre sous le nom de Lely et peintre ordinaire du roi Charles II?

[251] Marie du Cambont, veuve de Bernard de Nogaret, duc d'Épernon.

[252] «L'on sut que... Madame estant à Saint-Cloud avec Monsieur [le dimanche 29], avoit diné en public, s'étoit amusée avec madame de La Fayette à la décoiffer, pour voir les blessures qu'elle avoit eues à la tête d'une chute de chassis sur la tête; qu'elle lui avoit demandé si elle avoit eu peur de la mort; que, pour elle, elle ne croyoit pas qu'elle en eût eu peur.» (Journal d'Olivier Lefèvre d'Ormesson, t. 2, p. 593).

[253] Marie-Antoinette de Loménie de Brienne épousa en 1642 Nicolas-Joachim Rouault, marquis de Gamaches; elle mourut en 1704 à l'âge de quatre-vingts ans.

[254] «Rappelez-vous en pensée ce qu'elle a dit à Monsieur. Quelle force! quelle tendresse! O paroles qu'on voyoit sortir de l'abondance d'un cœur qui se sent au-dessus de tout.» (Bossuet, Oraison funèbre.)

[255] Monsieur de Valois, son fils, mort à vingt-huit mois.

[256] C'étoit «un homme qu'elle ne connoissoit pas», à ce que rapporte mademoiselle de Montpensier.

[257] Antoine Vallot, né en 1594, mort le 9 août 1671. D'abord premier médecin d'Anne d'Autriche, il remplaça Vautier auprès du roi en 1652. Il préconisait l'émétique, le quinquina et le laudanum. Malheureux dans les soins qu'il donna à Henriette de France en 1669, il acheva de perdre au lit de mort de la fille le crédit qu'il avait compromis au lit de mort de la mère. Pourtant il avait mal auguré de la santé de Madame. Il disait que depuis trois ou quatre ans, «elle ne vivait que par miracle». (Mignet: Négociations relatives à la succession d'Espagne, t. III, p. 207).

[258] Charles III, duc de Créquy, premier gentilhomme de la Chambre du Roi, mort en 1711 à l'âge de quatre-vingt cinq ans.

[259] Bossuet.—Il faut entendre sur ce point mademoiselle de Montpensier qui vint avec le roi: «Monsieur s'approcha; je lui dis: «On ne songe pas que Madame est en état de mourir, et qu'il lui faudroit parler de Dieu.» Il me répondit que j'avois raison; il me dit que son confesseur étoit un capucin qui n'étoit propre qu'à lui faire honneur dans un carrosse, pour que le public vît qu'elle en avoit un; qu'il falloit un autre homme pour lui parler de la mort. Qui pourroit-on trouver qui eût bon air à mettre dans la gazette pour avoir assisté Madame?» Je lui répondis que le meilleur air qu'un confesseur dût avoir dans ce moment-là etoit celui d'être homme de bien et habile. Il me dit: «Ah! j'ai trouvé son fait: l'abbé Bossuet, qui est nommé à l'évêché de Condom. Madame l'entretenoit quelquefois; ainsi ce sera son fait (t. XLIII p. 191).»

[260] Nicolas Feuillet, chanoine de Saint-Cloud, né en 1622, mort en 1693. «Il s'était, dit Moréri, acquis le droit de parler avec une entière liberté aux premières personnes de la Cour et de les reprendre de leurs dérèglements.» Appelé au chevet de Madame, il fut envers cette jeune femme courageuse et douce, qui se mourait, d'une odieuse dureté.

[261] «En vain Monsieur, en vain le Roi même tenoit Madame serrée par de si étroits embrassements. Alors ils pouvaient dire l'un et l'autre, avec saint Ambroise, stringebam brachia, sed jam amiseram quod tenebam: «Je serrois les bras; mais j'avois déjà perdu ce que je tenois.» La Princesse leur échappoit parmi des embrassements si tendres.» (Bossuet, Oraison funèbre d'Henriette d'Angleterre).

[262] Celui dont Monsieur disait qu'il n'était propre qu'à faire honneur à Madame dans un carrosse pour que le public vît qu'elle avait un confesseur (voir la note de la page [138]).

[263] Lord Montagu «qui était des amis de Madame», dit La Fare. Voir plus bas, aux «Lettres.»

[264] «Elle donnoit non-seulement avec joie, mais avec une hauteur d'âme qui marquoit tout ensemble et le mépris du don et l'estime de la personne. Tantôt par des paroles touchantes, tantôt même par son silence, elle relevoit ses présents; et cet art de donner agréablement, qu'elle avoit si bien pratiqué durant sa vie, l'a suivie, je le sais, jusqu'entre les bras de la mort.» (Bossuet, Oraison funèbre.)

L'inventaire des meubles de feu messire J.-B. Bossuet, évêque de Meaux, commencé à Paris, le 20 mai 1704, porte désignation «d'un anneau d'or dans lequel est enchâssée une émeraude verte, garnie, aux côtes, de cinq petits diamants,..... trois cents livres.»

C'était l'anneau donné par Madame. Le Dieu dit qu'il valait cent louis. (Voir Floquet, Etudes sur Bossuet, t. III, p. 406).

[265] Il semble que Dieu ne lui ait conservé le jugement libre jusqu'au dernier soupir, qu'afin de faire durer les témoignages de sa foi....

«J'ai vu sa main défaillante chercher encore en tombant de nouvelles forces pour appliquer sur ses lèvres ce bienheureux signe de notre rédemption....» (Bossuet, Oraison funèbre.)

[266] «Comme Dieu ne vouloit plus exposer aux illusions du monde les sentiments d'une piété si sincère, il a fait ce que dit le Sage; «il s'est hâté.» En effet, quelle diligence! en neuf heures l'ouvrage est accompli.» (Bossuet, Oraison funèbre.)

[267] Ces lettres, qui figurent dans l'édition de 1720 et qui n'ont pas été reproduites dans l'édition publiée par Bazin, complètent si heureusement le récit de Madame de la Fayette que nous n'avons pas cru pouvoir les en détacher.

[268] Henri Bennet, comte d'Arlington, né en 1618, à Arlington, dans le comté de Middlesex, trésorier et premier secrétaire d'État de Charles II, depuis 1662. C'est seulement en 1672 qu'il fut créé comte d'Arlington. Il mourut le 28 juillet 1685.

[269] Ralph Montagu, second fils d'Édouard lord Montagu. Ambassadeur en France (1669), admis au conseil privé (1672), créé marquis de Monthermer et duc de Montagu (1705). Mort le 7 mars 1708.

[270] Sir William Temple, né en 1628, à Londres, résidant à Bruxelles en 1667; ambassadeur extraordinaire auprès des États généraux, à La Haye, en 1668, mort le 27 janvier 1699.

[271] Il y a à la Bibliothèque nationale, dans les manuscrits français, au no 17052 une pièce qui porte pour titre: Mémoire d'un chirurgien du roi d'Angleterre qui a été présent à l'ouverture du corps de Madame. Il résulte de ce document que le péritoine portait les traces d'une inflammation suraiguë, que l'estomac était percé d'un petit trou, que le bas-ventre était plein d'huile (l'huile qu'elle avait bue comme contre-poison et qui s'était épanchée hors de l'estomac perforé). Il est vrai que le chirurgien du roi d'Angleterre, surpris de la netteté de cette lésion, l'attribua à un coup de scalpel donné par mégarde pendant l'autopsie; «sur quoi, dit-il, je fus le seul qui fis instance.» Mais M. Littré démontre que ce trou n'a pas été accidentellement fait après la mort. Il y reconnaît une modification pathologique et, tant d'après cette lésion que par une interprétation méthodique des autres symptômes qui ont marqué la maladie de Madame, il diagnostique l'ulcère simple de l'estomac, qui n'était pas connu au XVIIe siècle. Nous avons consacré à l'examen de la maladie de Madame tout un paragraphe de notre Préface.

[272] Bernardin Gigault, marquis de Bellefonds, né en 1630, maréchal de France le 8 juillet 1668, ambassadeur extraordinaire en Angleterre en 1670 et en 1673, mort au château de Vincennes, dont il était gouverneur, le 4 décembre 1694.

[273] C'est cette première femme de chambre que Madame de la Fayette et Cosnac nomment Desbordes.

[274] Ce passage étoit écrit en chiffres (note de l'éditeur de 1720, qui met ce passage, à partir de: «Je n'écris présentement», en italiques, pour le distinguer).

[275] C'est Bernard de Manicamp, un ami de M. de Guiche, qui est censé parler. Sur Manicamp, voir Bussy: «Pour l'esprit, il l'avoit assez de la manière du comte de Guiche.... Naturellement ils avoient tous deux les mêmes inclinations à la dureté et à la raillerie: aussi s'aimoient-ils fortement, comme s'ils eussent été de différents sexes.» (Histoire amoureuse des Gaules, édit. Boiteau, t. I. p. 69).

[276] Voir p. [46].

[277] Voir p. [60].

[278] «MM. de Biscaras, de Cusac et de Rotondis étoient trois frères que M. de La Chataigneraie, grand père de M. de La Rochefoucauld, quand il étoit capitaine des gardes de Marie de Médicis, avoit fait entrer dans sa compagnie, parce qu'ils lui étoient parents. Depuis, Biscaras fut officier dans la compagnie des gendarmes de Mazarin. Un démêlé qu'il eut avec M. de La Rochefoucauld, du temps qu'il étoit encore M. de Marsillac, amena pour lui une série de mésaventures; d'abord ils furent mis l'un et l'autre à la Bastille, Marsillac conduit par un exempt et Biscaras par un simple garde. Marsillac sortit le premier, et quand leur différend fut porté devant le tribunal d'honneur des maréchaux, on continua à mettre entre eux une grande différence; on fit même des recherches sur la noblesse de Biscaras; elle fut enfin confirmée, et ce fait explique et autorise sa présence ici auprès du roi.» (Note du premier éditeur).

[279] Voir pp. [VII]-[VIII] et [33].

[280] Anne de Gonzague, née en 1616, morte en 1684.

[281] C'est-à-dire de donner à ce voyage l'agrément de Monsieur.

[282] Mort en bas âge.

[283] «Autrefois on disait, et aujourd'hui encore le peuple dit, je lairrai pour je laisserai, je lairrais pour je laisserais.» Littré.

[284] Cette lettre a été publiée dans les Archives de la Bastille t. IV, p. 33.