Le quart chappitre.

Cellui qui a les fievres quartaines face tant qu'il treuve le tesffle a quatre fueilles/ et s'en desjune par quatre jours/ et pour vray elles le laisseront.

Le .v.e chappitre.

Femme qui est malade de la rougereule doit prendre de l'eaue qui aura esté benoite le dimence et d'icelle en faire un chaudeau et en humer/ et pour certain elle en garira.

Le .vi.e chappitre.

Pluiseurs gens parlent de la maladie des fievres blanches qui gaires ne scevent que c'est/ mais elles sont pires que doubles quartes. touteffois se pevent elles garir par faire une souppe ou vaissel sainct george.

Le .vii.e chappitre.

Pour garir fievres continues il fault escripre trois les premiers mos de la paternoster sur une fueille de sauge nostree et icelle mengier par trois matineez et il garira.

Le .viii.e chappitre.

Se une femme se mespasse le pied telement qu'il soit estors et comme hors du lieu. il convient que son mari voise en pelerinage a monseigneur sainct martin pour sa santé et qu'il raporte des lavemens du pied du cheval sainct martin. et d'iceulx lavemens en lave son pied et tantost elle garira.

Le .ix.e chappitre.

Se une femme est malade des varoles il convient que son mari achate un noir aigneau de l'annee et qu'il couche et lye sa femme en la peau d'icellui agneau toute chaude/ et qu'il face son pelerinage et offrande a saincte arragonde et pour certain elle en garira.

Le .x.e chappitre

Se un cheval s'est estors la gambe ou le pied/ il convient le chevauchier vers l'ostel du prestre et le appeller pardehors et sans parler a lui tantost s'en retourner et pour certain le cheval yra tout droit comme devant sans sentir aucune douleur.

Le .xi.e chappitre.

Je vous diroie merveilles des chevaux et de leurs medecines. Mais pour ce que les hommes ne le prengnent a leur prouffit/ je m'en tairay et parleray d'autre chose/ mais touteffois je vous vueil bien aincoires tant dire que quant vous veez un cheval si terrible qu'il ne vuelt souffrir qu'on monte sur lui/ ou ne veult entrer en un navire/ ou sur un pont/ dittes lui en l'oreille ces parolles. Cheval aussy vray que meschine de prestre est cheval au dyable/ tu vueilles souffrir que je monte sur toy. Et tantost il sera paisible et en ferez vostre volenté.

Le .xii.e chappitre.

Mes amies et voisines aincoires vous dy pour verité que se un homme avoit sur lui ou portoit en bataille la petite peau qu'il apporte du ventre sa mere: sachiez qu'il ne porroit estre blechiez ne navrez en son corps.

Glose. Lors sourdy une vielle matrone d'entr'elles nommee jehanne tost vestue/ et dist oyant toutes que se un homme portoit sur lui quant il doit aler en bataille les haulz noms qui sont telz.

Tart y va

loing te tien.

S'on s'i combat/

si t'en revien.

que jamais bleschiez ne seroit en la guerre.

Le .xiii.e chappitre.

Je ne me puis retraire de toudis parler des choses a l'avantaige des hommes/ et si sçay bien que de nous ne font gaires de compte/ car ilz tiennent leurs parlemens et gengle de nous toudis en la reproche de nostre sexe mais tant vous vueil aincoires bien dire que a femmes qui a nouvellement pris les fievres s'elle oingt tous ses conduis de miel le premier jeudy aprés qu'elles les aura eues: sachiez qu'elle en sera quitte et delivre.

Le .xiiii.e chappitre.

Quant vous voyez arondelles faire leur nyd en aucune maison sachiez que c'est tout signe de povreté. Et se les moissons y font leur nyd/ c'est signe de prosperité et de toute bonne fortune.

Le .xv.e chappitre.

Je vous dy aincoires pour verité que qui veult boire de toutes manieres de vins et avec toutes manieres de gens sans estre yvre sachiez qu'il ne fault que se desjuner d'une pomme sure au matin et boire un trait de fresche eaue et sans faulte il ne sera ce jour yvre.

Glose. Joly treu le fille de mouscaille dist a ce propos que son pere pour vin qu'il beust oncques ne fut yvre/ mais il reclamoit tousjours sainct nycolas en toutes ses requestes.

Le .xvi.e chappitre.

Mes amies pour la conclusion finale de mon euvangile/ ensemble pour l'onneur du saint dimenche qui nous approche/ je vous vueil dire un merveilleux secret que pou d'hommes scevent. je vous dy pour certain que les cygoignes qui en l'esté se tiennent en ce pays et en yver s'en retournent en leur pays/ qui est entour le mont de synay: sont pardela creatures comme nous. Et qu'il appere qu'elles ayent raison elles donnent tousjours et paient leurs dismes a dieu quant elles ont fait des petis de l'un d'iceulx.

Glose. A ceste conclusion affermer se leva dame abreye l'enfflee vielle a merveilles/ et dist qu'il estoit vray ce que dame berthe de corne avoit dit. Car elle avoit souvent oy dire a son tayon/ clais van triere que quant il avoit esté a sainte katherine du mont de synay/ et en passant les desers avoit perdu par mortalité toute sa compaignie/ il vey de loing une creature a laquele il ala et commença a demander son chemin en flameng. Celle creature lui respondi tantost et lui enseigna son chemin et de fait ala longuement avec lui. Et lui devisa tout son estat/ et comment elle estoit cygoigne par deça/ et faisoit son nyd en flandres sur l'ostel de son voisin. Clais qui ceste chose ne voloit croire lui pria qu'elle lui baillast certaines enseignes affin que s'il povoit jamais retourner ou pays qu'il la remerciast de sa courtoisie. Adont la cygoigne tira un annel d'or qu'elle avoit recueillie en la place delez sa maison et lui monstra/ et tantost que clais le vey il le recongneut/ car c'estoit l'annel duquel il avoit espousé mal cenglee sa femme. La cygoigne lui rendy son annel par tel si qu'il deffenderoit aux porchiers et vachiers de son hostel qu'ilz ne lui feissent plus de moleste comme paravant ilz avoient acoustumé a faire. Et aprés ces promesses prist mon tayon congié et s'en retourna a bruges ou depuis vesqui si bien qu'il estoit gros de .xiiii. palmes de tour quant il morut.


Grande risee fut illec faitte de toutes les assistentes/ que desja avoient lavé leurs cheveulx et desvuidié leurs fuseez/ et estoient prestes de trousser leurs quilles et agoubilles dont je fus moult joyeux/ car certes je m'en commençoie fort a taner/ pour ce que ce qu'elles avoient dit me sembloient choses toutes sans aucune raison ou aucune bonne consequence/ comme j'avoie au commencement pensé. Mais pour me monstrer non parcial ne aussi vilipendeur ne despriseur de leurs volentez/ je a demy chiere joyeuse/ et non pas trop attendi entr'elles quele fin elles metteroient en leurs euvangilles et auctoritez: et comment mon honneur sauvé je prenderoie congié d'elles. Il n'estoit aincoires apparent que silence fust entr'elles/ pourquoy je me mis en la veue d'elles affin que par mon regard elle eussent aucune vergoingne et honte de leur affaire que certes estoit moult desriglé comme d'une bataille faillie. Enfin les six qui avoient esté inventeresses et presidentes toute la sepmaine vindrent vers moy/ et me remercierent moult de la paine que prise avoie pour elles/ et pour mon salaire me promirent ayde se les requeroie de me avanchier envers quelque damoiselle. Dont je les remerciay en moy excusant par une auctorité joyeuse qui se dist communement. C'est que quant un cheval va boire sans qu'on lui maine/ et un homme va a complie atout un baston: Certes ces deux ont passé leur temps: de ces deux bestes j'en suis l'une.