DICTIONNAIRES DE LANGUES
= Dictionnaires imprimés en ligne
Le premier dictionnaire de langue française en accès libre est le Dictionnaire universel francophone en ligne, qui répertorie 45.000 mots et 116.000 définitions tout en présentant «sur un pied d’égalité, le français dit "standard" et les mots et expressions en français tel qu’on le parle sur les cinq continents».
Issu de la collaboration entre Hachette et l’AUPELF-UREF (devenu depuis l’AUF: Agence universitaire de la Francophonie), il correspond à la partie «noms communs» du dictionnaire imprimé disponible chez Hachette. L’équivalent pour la langue anglaise est le site Merriam-Webster OnLine, qui donne librement accès au Collegiate Dictionary et au Collegiate Thesaurus.
En mars 2000, les 20 volumes de l’Oxford English Dictionary (OED) sont mis en ligne par l’Oxford University Press (OUP). La consultation du site est payante. Le dictionnaire bénéficie d’une mise à jour trimestrielle d’environ 1.000 entrées nouvelles ou révisées.
Deux ans après cette première expérience, en mars 2002, l’Oxford University Press met en ligne l’Oxford Reference Online (ORO), une vaste encyclopédie conçue directement pour le web et consultable elle aussi sur abonnement payant. Avec 60.000 pages et un million d’entrées, elle représente l’équivalent d’une centaine d’ouvrages de référence.
= Répertoires de dictionnaires
Le répertoire Dictionnaires électroniques est un excellent répertoire établi par la section française des Services linguistiques centraux (SLC-f) de l'Administration fédérale suisse. Cette liste très complète de dictionnaires monolingues (allemand, anglais, espagnol, français, italien), bilingues et multilingues est complétée par des répertoires d'abréviations et acronymes et des répertoires géographiques, essentiellement des atlas.
Marcel Grangier, responsable de la section française des Services linguistiques centraux, écrit en janvier 1999: «Travailler sans internet est devenu tout simplement impossible: au-delà de tous les outils et commodités utilisés (messagerie électronique, consultation de la presse électronique, activités de services au profit de la profession des traducteurs), internet reste pour nous une source indispensable et inépuisable d'informations dans ce que j'appellerais le "secteur non structuré" de la toile. Pour illustrer le propos, lorsqu'aucun site comportant de l'information organisée ne fournit de réponse à un problème de traduction, les moteurs de recherche permettent dans la plus grande partie des cas de retrouver le chaînon manquant quelque part sur le réseau.»
Comment voit-il l'avenir? «La multiplication des langues présentes sur internet est inévitable, et ne peut que bénéficier aux échanges multiculturels. Pour que ces échanges prennent place dans un environnement optimal, il convient encore de développer les outils qui amélioreront la compatibilité. La gestion complète des diacritiques ne constitue qu'un exemple de ce qui peut encore être entrepris.»
Quelques années après, le répertoire Dictionnaires électroniques rejoint le site de la Conférence des Services de traduction des États européens (CST).
= yourDictionary.com
Robert Beard, professeur de langues à la Bucknell University (États- Unis), crée d'abord en 1995 A Web of Online Dictionaries (Un web de dictionnaires en ligne), qui est un répertoire de dictionnaires en ligne (avec 800 liens en automne 1998) dans de nombreuses langues, auquel s'ajoutent d'autres sections: dictionnaires multilingues, dictionnaires anglophones spécialisés, thésauri et vocabulaires, grammaires en ligne, et enfin outils linguistiques pour non spécialistes.
Robert Beard écrit en septembre 1998: «On a d'abord craint que le web représente un danger pour le multilinguisme, étant donné que l'HTML et d'autres langages de programmation sont basés sur l'anglais et qu'on trouve tout simplement plus de sites web en anglais que dans toute autre langue. Cependant, les sites web que je gère montrent que le multilinguisme est très présent et que le web peut en fait permettre de préserver des langues menacées de disparition. Je propose maintenant des liens vers des dictionnaires dans 150 langues et des grammaires dans 65 langues. De plus, ceux qui développent les logiciels de navigation manifestent une attention nouvelle pour la diversité des langues dans le monde, ce qui favorisera la présence d'un nombre encore plus grand de sites web dans différentes langues.»
Robert Beard co-fonde ensuite le portail yourDictionary.com, qui intègre son site précédent, avec mise en ligne du portail en février 2000.
Il écrit en janvier 2000: «Nos nouvelles idées sont nombreuses. Nous projetons de travailler avec l'Endangered Language Fund aux États-Unis et en Grande-Bretagne pour rassembler des fonds pour cette fondation et nous publierons les résultats sur notre site. Nous aurons des groupes de discussion et des bulletins d'information sur les langues. Il y aura des jeux de langue destinés à se distraire et à apprendre les bases de la linguistique. La page Linguistic Fun [qui propose des éléments de linguistique pour les non initiés, NDLR] deviendra un journal en ligne avec des extraits courts, intéressants et même amusants dans différentes langues, choisis par des experts du monde entier. (…) Si l'anglais domine encore le web, on voit s'accentuer le développement de sites monolingues et non anglophones du fait des solutions variées apportées aux problèmes de caractères.»
En septembre 2003, yourDictionary.com, devenu un portail de référence, répertorie plus de 1.800 dictionnaires dans 250 langues, ainsi que de nombreux outils linguistiques: vocabulaires, grammaires, glossaires, méthodes de langues, etc. En avril 2007, le répertoire comprend 2.500 dictionnaires et grammaires dans 300 langues.
Soucieux de servir toutes les langues sans exception, le portail propose comme prévu l'Endangered Language Repository, une section spécifique consacrée aux langues menacées. «Les langues menacées sont essentiellement des langues non écrites, écrit Robert Beard en janvier 2000. Un tiers seulement des quelques 6.000 langues existant dans le monde sont à la fois écrites et parlées. Je ne pense pourtant pas que le web va contribuer à la perte de l’identité des langues et j’ai même le sentiment que, à long terme, il va renforcer cette identité. Par exemple, de plus en plus d’Indiens d’Amérique contactent des linguistes pour leur demander d’écrire la grammaire de leur langue et de les aider à élaborer des dictionnaires. Pour eux, le web est un instrument à la fois accessible et très précieux d’expression culturelle.»
= Le Grand Dictionnaire terminologique
Le Grand dictionnaire terminologique (GDT) est une initiative majeure de l'Office québécois de la langue française (OQLF). C'est en effet la première fois qu'un organisme propose une base terminologique aussi importante en accès libre sur le web, en septembre 2000. Le GDT est précédé par Le Signet, une base terminologique pour les technologies de l'information, dont les 10.000 fiches bilingues français-anglais sont ensuite intégrées au GDT.
Le GDT est un dictionnaire bilingue français-anglais de 3 millions de termes appartenant au vocabulaire industriel, scientifique et commercial. Sa mise en ligne est le résultat d'un partenariat entre l'OQLF, auteur du dictionnaire, et Semantix, société spécialisée dans les solutions logicielles linguistiques. Événement célébré par de très nombreux linguistes, cette mise en ligne est un succès. Dès le premier mois, le GDT est consulté par 1,3 million de personnes, avec des pointes de 60.000 requêtes quotidiennes. La gestion de la base est ensuite assurée par Convera Canada. En février 2003, les requêtes sont au nombre de 3,5 millions par mois. Une nouvelle version du GDT est mise en ligne en mars 2003. Sa gestion est désormais assurée par l'OQLF lui-même, et non plus par une société prestataire.
= Eurodicautom et IATE
Géré par le service de traduction de la Commission européenne, Eurodicautom est une base terminologique multilingue de termes économiques, scientifiques, techniques et juridiques permettant de combiner entre elles les onze langues officielles de l’Union européenne (allemand, anglais, danois, espagnol, finnois, français, grec, hollandais, italien, portugais, suédois), ainsi que le latin, avec une moyenne de 120.000 consultations par jour en 2003.
Fin 2003, Eurodicautom annonce son intégration dans une base terminologique plus vaste regroupant les bases terminologiques de plusieurs institutions de l’Union européenne, notamment EUTERPE, la base du Parlement européen, et TIS, la base du Conseil de l'Union européenne. Cette nouvelle base traiterait non plus douze langues mais une vingtaine, du fait de l'élargissement de l’Union européenne prévu l'année suivante pour intégrer plusieurs pays d'Europe de l'Est.
Un projet de base terminologique commune est évoqué dès 1999 afin de renforcer la coopération inter-institutionnelle. Les partenaires de ce projet sont le Parlement européen, le Conseil de l'Union européenne, la Commission européenne, la Cour de justice, la Cour des comptes européenne, le Comité économique et social européen, le Comité des régions, la Banque européenne d'investissement, la Banque centrale européenne et enfin le Centre de traduction des organes de l'Union européenne.
La nouvelle base terminologique voit le jour au printemps 2004 sous le nom de IATE (Inter-Active Terminology for Europe), d'abord pour un usage interne dans les institutions de l'Union européenne avant de migrer sur le web en juin 2007 en tant que service public, avec 1,4 million d’entrées dans les 23 langues officielles de l'Union européenne, plus le latin. L'Union européenne est en effet passée de 15 à 25 pays membres en mai 2004, pour atteindre 27 pays membres en janvier 2007, d'où la nécessité de 23 langues officielles au lieu des 11 langues officielles présentes dans Eurodicautom.
Le site web de IATE est administré par le Centre de traduction des organes de l'Union européenne à Luxembourg (capitale du pays du même nom), pour le compte des partenaires du projet. Comme expliqué dans la brochure de IATE, elle-même disponible en 23 langues, «les termes sont introduits dans la base de données par les terminologues et les traducteurs de l'Union européenne sur la base des informations fournies par les traducteurs, les administrateurs, les juristes-linguistes, les experts et d'autres sources fiables.» En 2009, IATE comprend 8,4 millions de termes, dont 540.000 abréviations et 130.000 expressions.
= WordReference.com
Le site WordReference.com est lancé en 1999 par Michael Kellogg pour offrir des dictionnaires bilingues gratuits en ligne. En mars 2010, Michael relate sur son site: «L'internet a été un incroyable outil ces dernières années pour rassembler des gens du monde entier. L'un des principaux obstacles à cela reste bien entendu la langue. Le contenu de l'internet est pour une grande part en anglais et de très nombreux usagers lisent ces pages alors que l'anglais est leur deuxième langue et non leur langue maternelle. De par mes propres expériences avec la langue espagnole, je sais que de nombreux lecteurs comprennent une grande partie de ce qu'ils lisent, mais pas la totalité.
J'ai débuté ce site en 1999 pour procurer des dictionnaires bilingues gratuits en ligne et d'autres outils pour tous sur l'internet. Depuis, le site s'est progressivement développé pour devenir l'un des sites de dictionnaires en ligne les plus utilisés, et le principal dictionnaire en ligne pour les paires de langues anglais-espagnol, anglais-français, anglais-italien, espagnol-français et espagnol-portugais. Ce site est toujours classé sans interruption parmi les 500 sites les plus visités du web. Aujourd'hui, je suis heureux de continuer à améliorer ces dictionnaires, les autres outils linguistiques du site et les forums de langues. J'ai vraiment plaisir à créer de nouvelles fonctionnalités pour rendre ce site de plus en plus utile.»
Les dictionnaires les plus populaires sont le dictionnaire espagnol (espagnol-anglais et anglais-espagnol), le dictionnaire français et le dictionnaire italien. On trouve aussi un dictionnaire allemand, un dictionnaire russe et un dictionnaire monolingue anglais. Des tableaux de conjugaison sont disponibles pour l'espagnol, le français et l'italien.
Pour l'anglais, on trouve également des dictionnaires de l'anglais vers les langues suivantes: arabe, chinois, coréen, grec, japonais, polonais, portugais, roumain, tchèque et turc, et vice versa.
Pour l'espagnol, en plus des deux dictionnaires d'Espasa Calpe et d'Oxford complétés par le supplément propre à WordReference.com, on peut consulter un dictionnaire monolingue espagnol, un dictionnaire espagnol de synonymes, un dictionnaire espagnol-français et un dictionnaire espagnol-portugais.
Pour le français et l'italien, outre les dictionnaires d'Oxford, WordReference.com propose deux dictionnaires qui lui sont propres, à savoir un dictionnaire français-anglais de 250.000 termes et un dictionnaire italien-anglais de 200.000 termes.
WordReference.com offre également des forums linguistiques très actifs et de qualité. Si les usagers ont une question sur un problème linguistique donné, ils peuvent faire une recherche dans les centaines de milliers de questions précédentes, avant de poser leur propre question dans l'un des forums si nécessaire, pour être aidés par des gens des quatre coins du monde.
WordReference Mini est une version miniature du site qui permet son intégration dans d'autres sites, par exemple des sites d'apprentissage de langues.
Une version pour appareil mobile est également disponible pour plusieurs dictionnaires: anglais-espagnol, espagnol-anglais, anglais- français, français-anglais, anglais-italien, italien-anglais, avec d'autres paires de langues à venir.