CHAPITRE XXII.

L'amnistie.—Détails sur les Vendéens fugitifs.

Ma mère insistait toujours pour l'amnistie. Madame Dumoustiers fit venir le maire de Redon, qui était de ses amis, pour avoir quelques détails. Il nous confirma tout ce que l'on disait des mesures de douceur qu'on avait adoptées envers les Vendéens. Je ne me décidai point encore. Je voulus aller à Nantes, pour voir comment tout s'y passait. J'étais malade d'un dépôt de lait; mais rien ne put m'arrêter; j'étais animée, et ne sentais rien que l'agitation où jette une grande résolution à prendre; je me débattais contre elle sans vouloir me dire qu'elle était inévitable. Je montai à cheval; je pris un paysan pour guide; je fis douze lieues sans m'arrêter, et j'entrai à Nantes, en habit de paysanne, un bissac sur le dos et des poulets à la main. J'arrivai chez une amie de madame Dumoustiers; j'y trouvai mesdemoiselles Carria et Agathe, qui venaient de sortir de prison: madame de Bonchamps était encore détenue; j'allai la voir. Les prisons étaient presque vides; madame de Bonchamps elle-même allait bientôt être libre; elle m'engagea à profiter de l'amnistie, et à m'adresser à M. Haudaudine, un des prisonniers épargnés à Saint-Florent, et qui était le grand protecteur des Vendéens. J'appris aussi que M. de Charette était en pourparler pour la paix.

En effet, il n'y avait rien d'humiliant dans les relations qui s'établissaient entre les républicains et les insurgés. Les officiers vendéens venaient à Nantes armés et portant la cocarde blanche; plusieurs même étaient assez imprudens pour insulter publiquement à toutes les choses qui tenaient aux opinions et aux habitudes républicaines; ils avaient craché sur la cocarde tricolore, et avaient fait des provocations fort déplacées. M. de Charette, qui voulait la paix, désapprouvait hautement ces procédés. Les représentans du peuple, qui étaient venus à Nantes pour traiter, ne s'offensaient que faiblement de tout cela; ils craignaient seulement que cette conduite ne causât du trouble et ne retardât la pacification. Cependant un jour, impatientés du ton de M. Dupérat, que M. de Charette leur avait envoyé, ils lui dirent: «Mais, Monsieur, il est bien extraordinaire que vous répugniez à traiter avec la république; les rois de l'Europe négocient bien avec elle.—Est-ce que ces gens-là sont Français?» répondit M. Dupérat.

Il n'y avait sorte d'accueil qu'on ne fît aux Vendéens qui sortaient des prisons, ou que ramenait l'amnistie; on les traitait avec distinction, et même il fut interdit, sous peine de trois jours de prison, de les nommer brigands. Dans le langage pompeux d'alors, les représentans ordonnèrent de nous donner le nom de frères et soeurs égarés[17].

[Note 17: Le nom de Vendéens n'était pas encore usité.]

Enfin je me déterminai, non sans peine, à imiter tout le inonde, et à suivre le parti que chacun disait le seul raisonnable. Je repartis pour le Dréneuf. Le froid était très-rigoureux: c'était le soir; je voyageai toute la nuit. Ma mère fut satisfaite de ce que je lui racontai et de ma résolution. Il fut convenu que nous partirions dès le lendemain pour Nantes. J'avais un grand regret de ne point emmener ma petite fille; mais elle était trop jeune pour l'exposer à voyager dans un hiver si rigoureux. Mademoiselle Carria devait rester auprès d'elle pour la soigner.

Ma mère monta en voiture avec madame Dumoustiers. Je pris un cheval pour aller à Prinquiaux dire adieu à mon enfant, que je n'avais pas vu depuis sept mois. Je m'égarai dans la campagne, je souffris horriblement du froid. Je trouvai ma fille belle et bien portante, mais fort délicate: je la recommandai bien à sa nourrice; puis j'allai rejoindre ma mère à Nantes. Il n'y avait plus personne en prison. Nous revîmes plusieurs Vendéennes. On nous recommanda à M. Mac-Curtin, bon royaliste, qui sortait lui-même de prison, et que le représentant Ruelle avait pris pour son secrétaire, afin de bien montrer un esprit de conciliation. Il promit de nous faire signer notre amnistie sans éclat et sans retard. Nous nous rendîmes dans le cabinet du représentant: il n'y était pas. Je trouvai là M. Bureau de la Batarderie, ancien membre de la Chambre des comptes, dont l'esprit actif et conciliant a été la principale cause de cette paix; il en conçut le premier la possibilité, et en vint à bout en donnant de bons conseils aux deux partis, et prenant soin d'adoucir à chacun les paroles de l'autre. Il allait et venait sans cesse de l'armée à Nantes, pour travailler à la pacification. Il nous dit qu'elle était convenable, qu'on devait la désirer vivement, et que cela tournerait bien. Il mettait beaucoup de chaleur et de persuasion dans ses démarches et ses discours.

Le représentant arriva avec un air empressé, et nous dit: «Mesdames, vous venez jouir de la paix.» Il s'approcha pour m'embrasser; je reculai d'un air de mauvaise humeur: il n'insista pas. J'étais toujours habillée en paysanne. Il signa l'amnistie. Nous passâmes ensuite dans un bureau, on nous demanda où nous étions cachées; nous répondîmes: «Aux environs de Blain,» et on nous remit cet acte d'amnistie; il était ainsi conçu: «Liberté, égalité, paix aux bons, guerre aux méchans, justice à tous. Les représentans ont admis à l'amnistie telle personne, qui a déclaré s'être cachée pour sa sûreté personnelle.» Nous ne voulions pas rester long-temps à Nantes, et surtout nous voulions y être obscurément; mais il nous fut doux de revoir nos compagnons de misère, d'apprendre comment ils étaient échappés à tant de dangers; nous attachions aussi un douloureux intérét à savoir comment avaient péri ceux que nous avions perdus.

Madame de Bonchamps, lors de notre séjour à Ancenis, s'était procuré un batelet, et avait essayé de passer la Loire avec ses deux enfans: les barques canonnières avaient tiré sur elle; un boulet avait percé le batelet; cependant elle eut le temps de regagner la rive droite: des paysans l'avaient sauvée à la nage, et elle s'était alors cachée dans une métairie des environs, où, le plus souvent, elle habitait le creux d'un vieux arbre. La petite vérole l'avait attaquée, ainsi que ses enfans, pendant cet état de misère; son fils en était mort. Au bout de trois mois, elle fut prise, conduite à Nantes et condamnée à mort: elle était résignée à périr, lorsqu'elle lut sur un billet qu'on lui faisait passer à travers la grille de son cachot: «Dites-vous grosse.» Elle fit en effet cette déclaration, qui fît suspendre le supplice. Son mari était mort depuis long-temps; elle fut obligée de dire que ce prétendu enfant était d'un soldat républicain: elle resta enfermée, et chaque jour elle voyait sortir les malheureuses femmes qui allaient mourir sur l'échafaud, et qu'on déposait toujours la veille dans son cachot, après le jugement. Au bout de trois mois, on vit bien qu'elle n'était pas grosse, et l'on voulut l'exécuter: elle obtint encore deux mois et demi pour dernier terme. La mort de Robespierre arriva et la sauva; ensuite on essaya de lui faire obtenir sa liberté, ce fut M. Haudaudine qui mit le plus d'ardeur à lui rendre ce service.

M. Haudaudine était un honnête négociant de Nantes, zélé républicain, mais vertueux et de bonne foi; il avait renouvelé le trait de Régulus. M. de Charette l'avait fait prisonnier; il obtint de retourner chez les républicains, avec un autre Nantais, pour leur proposer de ne plus fusiller les prisonniers, et de consentir à un cartel d'échange. M. Haudaudine fut fort mal reçu à Nantes; on s'emporta beaucoup contre la lâcheté de sa proposition, et on lui signifia qu'il était dégagé de la parole qu'il avait donnée aux brigands. Au risque d'être victime des deux partis, M. Haudandine vint retrouver M. de Charette qui le fît remettre en prison. L'autre Nantais ne revint point. Lorsque M, de Charente fut repoussé jusqu'à Tiffauges, M. Haudaudine fut mêlé avec nos prisonniers, et épargné comme eux à Saint-Florent. Cette générosité excita sa reconnaissance; et dès qu'il put rendre service aux Vendéens, il s'y employa avec zèle. Pour sauver madame de Bonchamps, il fit certifier par plusieurs prisonniers de Saint-Florent, qu'elle avait obtenu de son mari mourant la grâce de cinq mille républicains.

Madame de Bonchamps s'excusa de fort bonne grâce d'avoir pris pour elle une gloire qui appartenait à toute l'armée, et me dit que, si j'avais été en prison avec elle, le certificat eût été pour toutes deux. Elle y avait acquis plus de droits qu'aucune autre, en apaisant M. d'Argognes et les soldats ameutés contre les républicains prisonniers.

Madame d'Autichamp, mère de M. Charles d'Autichamp, parvint à se déguiser si bien, qu'elle entra au service d'un administrateur de district, pour garder les vaches par charité; elle fit un métier aussi pénible pour elle, tout comme aurait pu le faire une paysanne, ne confiant à personne un secret qui ne fut jamais soupçonné. Au bout d'un an, elle entendit parler d'amnistie; mais elle n'osa de long-temps faire des questions à ce sujet, ni chercher à savoir précisément ce qui en était; enfin un jour elle se détermina à demander à son maître s'il était vrai qu'il y eût une amnistie. «Et qu'est-ce que cela vous fait, bonne femme? lui dit-il.—Monsieur, répondit-elle, c'est que j'ai connu des brigands. Comment les reçoit-on?—A bras ouverts.—Mais, Monsieur, les personnes marquantes sont-elles aussi bien reçues?—Encore mieux.» Alors madame d'Autichamp lui dit qui elle était. Cet homme, qui avait véritablement beaucoup de bonté, fut saisi de surprise et de chagrin, et lui reprocha, les larmes aux yeux, un si long mystère et une défiance si complète. Plusieurs dames vendéennes eurent des aventures semblables, et devinrent, pendant leur proscription, de véritables paysannes, cultivant la terre, gardant les troupeaux, et remplissant en réalité tous les devoirs de leur nouvelle condition. Une demoiselle de la Voyerie se coupa un doigt avec sa faucille, en faisant la moisson. Cette manière d'être caché était bien pénible; mais c'était aussi la seule qui pût donner quelque sécurité[18]. Il y eut aussi beaucoup de personnes sauvées dans la ville de Nantes, malgré l'horrible terreur qui y régnait. Le petit peuple y était fort bon, et l'on pourrait citer les plus beaux traits de courage et de dévouement envers les proscrits. Tous les riches négocians se montraient aussi pleins d'humanité: ils avaient adopté les opinions du commencement de la révolution; mais ils en détestaient les crimes; aussi étaient-ils persécutés autant que les royalistes: cent neuf d'entre eux furent conduits à Paris pour y être guillotinés; mais ils arrivèrent après la mort de Robespierre; ce qui les sauva. La classe féroce, qui s'empressait aux massacres et aux noyades, était composée de petits bourgeois et d'artisans aisés, dont beaucoup n'étaient pas Nantais.

[Note 18: M. et madame Morisset de Chollet ont eu plusieurs aventures des plus intéressantes et des plus terribles. Je n'en citerai qu'une, que j'ai apprise dernièrement de madame Morisset: elle est trop admirable pour être passée sous silence.

Ils se tinrent tous deux cachés dans un arbre du côté d'Ancenis pendant cinq semaines; ils ne pouvaient s'asseoir que l'un après l'autre: elle était grosse. Un jour qu'une vieille métayère, veuve, l'avait envoyé chercher pour se chauffer, les bleus entrèrent. Ils sommèrent cette femme de déclarer le nom et l'état de tous ceux qui étaient dans sa maison, et la prévinrent que si elle avouait qu'il y eût quelqu'un de suspect, elle ne serait pas punie; mais que si l'on en découvrait sans qu'elle l'eût déclaré, sa maison serait brûlée et tout le monde passé au fil de l'épée. Elle pâlit, passa dans une autre chambre, puis revint dire aux bleus, avec le plus grand sang-froid, le nom de chacun, et ajouta que madame Morisset était une de ses filles. Quand les bleus furent partis, cette dame lui dit: «J'ai eu bien peur; en vous voyant si troublée, je me suis crue perdue, et j'ai été bien surprise du courage que vous avez montré après.—C'est vrai, mon enfant, répondit la bonne femme, j'ai ouvert la bouche pour vous dénoncer, mais j'ai couru me jeter à genoux, j'ai dit un Veni Craetor, et ma peur s'est passée.»]

D'autres dames furent oubliées, comme par miracle, dans les prisons: on y trouva madame de Beauvolliers, madame et mademoiselle de la Marsonnière, mademoiselle de Mondyon, etc.; mais la plupart de celles qui furent prises, périrent sur l'échafaud ou furent noyées: elles montrèrent toutes en mourant un noble courage, ne désavouant en rien leur conduite et leurs opinions. Les paysans et les paysannes n'avaient pas moins de dévouement et d'enthousiasme; ils répétaient en mourant, «Vive le roi! nous allons en paradis!» et périssaient avec un calme extraordinaire.

Je n'oublierai point de rapporter deux histoires plus touchantes encore que les autres. Madame de Jourdain fut menée sur la Loire pour être noyée avec ses trois filles: un soldat voulut sauver la plus jeune, qui était fort belle; elle se jeta à l'eau pour partager le sort de sa mère: la malheureuse enfant tomba sur des cadavres, et n'enfonça point; elle criait: «Poussez-moi! je n'ai pas assez d'eau!» et elle périt.

Mademoiselle de Cuissard, âgée de seize ans, qui était plus belle encore, s'attira aussi le même intérêt d'un officier qui passa trois heures à ses pieds, la suppliant de se laisser sauver; elle était avec une vieille parente que cet homme ne voulait pas se risquer à dérober au supplice: mademoiselle de Cuissard se précipita dans la Loire avec elle.

Une mort affreuse fut celle de madame de la Roche-Saint-André. Elle était grosse: on l'épargna; on lui laissa nourrir son enfant; mais il mourut, et on la fit périr le lendemain. Au reste, il ne faut pas croire que toutes les femmes enceintes fussent respectées; cela était même fort rare; plus communément les soldats massacraient femmes et enfans: c'était seulement devant les tribunaux que l'on observait ces exceptions; on y laissait aux femmes le temps de nourrir leurs enfans, comme étant une obligation républicaine. C'est en quoi consistait toute l'humanité des gens d'alors.

Ma pauvre Agathe avait couru de bien grands dangers. Elle m'avait quittée à Nort pour profiter de l'amnistie prétendue dont on avait parlé dans ce moment; elle vint à Nantes, et fut conduite devant le général Lamberty, le plus féroce des amis de Carrier. La figure d'Agathe lui plut: «As-tu peur, brigande? lui dit-il.—Non, général, répondit-elle.—Eh bien! quand tu auras peur, souviens-toi de Lamberty, ajouta-t-il.» Elle fut conduite à l'entrepôt: c'est la trop fameuse prison où l'on entassait les victimes destinées à être noyées. Chaque nuit on venait en prendre par centaines pour les mettre sur les bateaux; là, on liait les malheureux deux à deux, et on les poussait à coups de baïonnettes. On saisissait indistinctement tout ce qui se trouvait à l'entrepôt, tellement qu'on noya un jour l'état-major d'une corvette anglaise, qui était prisonnier de guerre. Une autre fois Carrier, voulant donner un exemple de l'austérité des moeurs républicaines, fit enfermer trois cents filles publiques de la ville, et les malheureuses créatures furent noyées. Enfin on estime qu'il a péri à l'entrepôt quinze mille personnes en un mois. Il est vrai qu'outre les supplices, la misère et les maladies ravageaient les prisonniers qui étaient pressés sur la paille, et qui ne recevaient aucun soin; à peine les nourrissait-on. Les cadavres restaient quelquefois plus d'un jour sans qu'on vint les emporter. Agathe, ne doutant plus d'une mort prochaine, envoya chercher Lamberty. Il la conduisit dans un petit bâtiment à soupape, dans lequel on avait noyé les prêtres, et que Carrier lui avait donné; il était seul avec elle, et voulut en profiter: elle résista. Lamberty menaça de la noyer: elle courut pour se jeter elle-même à l'eau. Alors cet homme lui dit: «Allons, tu es une brave fille; je te sauverai.» Il la laissa huit jours seule dans le bâtiment, où elle entendait les noyades qui se faisaient la nuit; ensuite il la cacha chez un nommé Sullivan, qui était, comme lui, un fidèle exécuteur des ordres de Carrier.

Sullivan avait eu un frère Vendéen. Dans les commencemens de la guerre, ayant été fait prisonnier par les insurgés, ce frère lui sauva la vie et le fit mettre en liberté. Après la déroute de Savenay, le Vendéen vint à Nantes, et demanda un asile à son frère: Sullivan le dénonça et le fit périr. Cependant les remords s'emparèrent bientôt de lui; il croyait sans cesse être poursuivi par l'ombre de son frère, et s'étourdissait en commettant de nouveaux crimes. Sa femme était belle et vertueuse; elle le prit dans une horreur facile à concevoir: elle lui reprochait sans cesse son abominable crime; et ce fut dans l'espoir d'adoucir un peu sa femme, que Sullivan eut l'idée de sauver une Vendéenne et de la lui amener.

Quelque temps après, la discorde divisa les républicains de Nantes; on prit le prétexte d'accuser Lamberty d'avoir dérobé des femmes aux noyades, et d'en avoir noyé qui ne devaient pas l'être. Un jeune homme, nommé Robin, qui était fort dévoué à Lamberty, vint saisir Agathe chez madame Sullivan, la traîna dans un bateau, et voulut la poignarder pour faire disparaître une preuve du prétendu crime qu'on reprochait à son patron. Agathe se jeta à ses pieds, parvint à l'attendrir, et il la cacha chez un de ses amis, nommé Lavaux, qui était honnête homme, et qui avait déjà recueilli madame de l'Épinay: mais on sut dès le lendemain l'asile d'Agathe, et on vint l'arrêter.

Cependant le parti ennemi de Lamberty continuait à vouloir le détruire. Il résulta de cette circonstance, qu'on jeta de l'intérêt sur Agathe; on loua Sullivan et Lavaux de leur humanité, et l'on parvint à faire périr Lamberty. Peu après, arriva la mort de Robespierre. Agathe resta encore quelques mois en prison, puis obtint sa liberté. Dans les derniers temps, elle eut, à notre insu, fort souvent de nos nouvelles par des paysans qui venaient à Nantes voir leurs parens prisonniers. Le bon Cottet, qui avait aussi échappé par miracle, et qui s'était fait mettre en liberté de bonne heure comme républicain suisse, eut alors la généreuse idée de nous chercher dans notre retraite pour nous emmener en Suisse, comme ses parentes. J'ai raconté comment son zèle avait été pour nous l'occasion de vives inquiétudes, et avait pensé aussi lui coûter la vie.