LXXXI
Cet espace se restreint tous les jours dans le mal, parce que forcément les pensées et les sentiments s'y restreignent. Mais l'homme qui s'est élevé quelque peu ne fait plus le mal, parce qu'il n'est aucun mal qui ne naisse, en dernière analyse, d'une pensée étroite ou d'un sentiment médiocre. Il ne fait plus le mal parce que ses pensées sont devenues plus hautes et plus pures et ses pensées deviennent plus pures encore de ce qu'il ne peut plus faire le mal. Ainsi, nos actions et nos pensées, en conquérant le ciel paisible où la vie de notre âme peut s'étendre sans trouble, sont aussi inséparables que les deux ailes de l'oiseau; et ce qui pour l'oiseau n'est encore qu'une loi de l'équilibre, devient ici une loi de la justice.