IV

Rudolph Steiner qui, lorsqu’il ne s’égare pas dans les visions peut-être plausibles mais invérifiables de la préhistoire, des clichés astraux et de la vie sur d’autres planètes, est un esprit très juste et très perspicace, a remarquablement mis en lumière le sens de ce jugement et de cette identification de l’âme avec Dieu. « L’Être Osiris, dit-il, n’est que le degré le plus parfait de l’être humain. Il s’entend de soi que l’Osiris qui règne en juge sur l’ordre éternel de l’univers, n’est lui-même qu’un homme parfait. Entre l’état humain et l’état divin, il n’y a qu’une différence de degré. L’homme est en voie de développement ; à la fin de sa carrière il devient Dieu. Dans cette conception, Dieu est un éternel devenir et non pas un Dieu fini en soi.

« Tel étant l’ordre universel, il est évident que celui-là seul peut entrer dans la vie d’Osiris, qui est déjà devenu un Osiris lui-même avant de frapper à la porte du temple éternel. La vie la plus haute de l’homme consiste donc à se changer en Osiris. L’homme devient parfait lorsqu’il vit comme Osiris, lorsqu’il traverse ce qu’Osiris a traversé. Le mythe d’Osiris acquiert par là un sens plus profond. Il devient le modèle de celui qui veut éveiller l’Éternel en lui-même[33]. »

[33] Rudolph Steiner, Le Mystère chrétien et les Mystères antiques. Trad. de J. Sauerwein, p. 170.