V

Cette Osirification, cette déification de l’âme du juste a toujours étonné les égyptologues qui n’en saisissaient pas le sens caché et ne voyaient pas qu’elle rejoignait le Nirvana védique dont elle n’est qu’une réplique dramatisée. Mais les textes authentiques sont là, et même du point de vue exotérique, il n’est pas possible de leur donner une autre signification. Le fond de la religion égyptienne, sous toutes ses végétations parasites qui devinrent peu à peu monstrueuses, est bien le même que celui de la religion védique ; d’un même point de départ dans l’inconnaissable, c’est le culte et la recherche du dieu dans l’homme et le retour de l’homme en dieu. Le juste, c’est-à-dire celui qui durant sa vie s’est efforcé de retrouver l’éternel en lui-même et d’écouter sa voix, délivré de son corps, ne devient pas seulement Osiris ; mais de même qu’Osiris est d’autres dieux, il devient aussi d’autres dieux. Il parle comme s’il était Râ, Tmu, Seb, Chnemu, Horus, et ainsi de suite. « Ni les hommes, ni les dieux, ni les esprits des décédés, ni les hommes passés, présents et futurs, quels qu’ils soient, ne peuvent plus lui faire de mal. Il est celui qui s’avance en sûreté. Son nom est « Celui que les hommes ne connaissent pas ». « Son nom est hier qui voit des jours sans nombre, passant en triomphe sur les routes du ciel. » « Il est le Seigneur de l’éternité. Il est le maître de la couronne royale et chacun de ses membres est un dieu. »