IV

En tout cas, pour ce qui nous intéresse particulièrement, c’est-à-dire l’antériorité de la pensée ou du cerveau, ou la possibilité de la pensée sans cerveau, la question est tranchée par les faits. Avant l’apparition de l’homme et des animaux les plus intelligents, la nature était déjà beaucoup plus intelligente que nous et avait déjà réalisé dans le monde des plantes, des poissons, des sauriens, des oiseaux reptiliens, et surtout dans le monde des insectes, la plupart des inventions merveilleuses devant lesquelles nous nous extasions encore aujourd’hui. Où était à ce moment, le cerveau de la nature ? Probablement dans la matière et surtout hors de la matière, partout et nulle part, comme il est encore aujourd’hui. Vous aurez beau nous objecter que tout cela s’est fait peu à peu, avec une lenteur infinie, à travers des tâtonnements incessants ; c’est entendu, mais le temps ne fait rien à l’affaire. Il est donc évident, à moins que vous n’admettiez que l’effet précède la cause, qu’il y avait quelque part, on ne sait où, une intelligence qui déjà fonctionnait sans organes visibles ou localisables, nous démontrant ainsi que les organes que nous croyons indispensables pour qu’une pensée se produise, ne sont que le produit d’une pensée préexistante, les effets d’une cause antérieure et spirituelle.