IX

Voilà donc les points, — et ce sont les plus importants, — sur lesquels l’enseignement ésotérique, s’il y eut à l’origine un tel enseignement, devait nécessairement se confondre avec l’enseignement public des religions primitives saisies près de leurs sources. Il est vraisemblable, je l’ai déjà dit, que cet enseignement ne prit un caractère secret que beaucoup plus tard, quand les religions officielles se furent extraordinairement compliquées et profondément corrompues. L’ésotérisme ne fut alors que le retour à la pureté originelle, de même qu’en Grèce, les doctrines ou les hypothèses anté-socratiques, d’origine, quoiqu’on en ait dit, évidemment asiatique, devinrent celles des mystères. Il est donc à peu près certain que sur ces questions, les occultistes de tous les temps et de tous les pays n’en savaient pas plus que nous. Mais il est d’autres domaines où ils paraissent avoir possédé des traditions que les religions officielles ne nous ont pas transmises et dont les successeurs des grands adeptes de l’Inde, de l’Égypte, de la Perse, de la Chaldée et de la Grèce, les Kabbalistes, les néo-platoniciens, les gnostiques et les hermétistes du Moyen âge ont plus ou moins vainement tenté de retrouver le secret.