XVII
Depuis la mort des chefs de l’école odique, Reichenbach, du Prel et de Rochas, cette étude des fluides a été quelque peu négligée, à tort selon nous, car elle est loin d’être épuisée ; mais il y a des modes en métapsychie comme en toutes choses. La « Society for Psychical Research », notamment, durant ces dernières années, s’est occupée presque exclusivement de la question des « Correspondances croisées », et son enquête, si elle n’a pas donné des résultats absolument péremptoires, permet du moins de soupçonner de plus en plus sérieusement la présence, autour de nous, d’entités spirituelles, invisibles et intelligentes, désincarnées ou autres, qui s’amusent, c’est le mot, à nous prouver qu’elles se jouent de l’espace et du temps et poursuivent un dessein qu’on ne démêle pas encore. Je sais bien que l’on peut, à la rigueur, attribuer ces communications insolites aux facultés inconnues du subconscient ; mais l’hypothèse devient de jour en jour plus précaire, et le moment n’est peut-être pas très éloigné où nous serons enfin forcés d’admettre l’existence de ces désincarnés, de ces doubles, de ces esprits errants, de ces élémentaires, de ces « Dhyan-Choans », de ces « Dévas », de ces esprits cosmiques, dont les occultistes d’autrefois n’avaient jamais douté.
Dans cet ordre d’idées, pour ne pas parler du Raymond de Sir Oliver Lodge, des très intéressantes expériences spirites de P.-E. Cornillier ni d’une foule d’autres, ce qui nous entraînerait trop loin, les récents travaux du Dr W. Crawford, qui ont fait sensation dans le monde métapsychique, sont venus apporter à la théorie des « Invisibles », un sérieux appui. Il est vrai, comme nous le verrons, que cet appui lui vient moins des faits mêmes que de l’interprétation qu’on leur donne.