QUALITEZ ET COUPE DE LA PIERRE.

La Pierre dont on se sert dans les batimens à Paris, se tire des Carrières d’Arcueil, Bagneux, fauxbourg S. Jacques, fauxbourg S. Marceau et Vaugirard[1] ; la meilleure de toutes celles que l’on tire aux Carrières du fauxbourg S. Jacques, d’Arcueil et de Bagneux, coûte rendue à l’atelier 10 à 12 sols le pied cube suivant la grandeur des morceaux dont il n’y en a au plus que deux à la voye, ou sinon le prix diminue : car les morceaux de 4, 5 ou 6 à la voye ne passent que pour libages et se payent depuis 4 jusqu’à 5 livres la voye.

[1] « Les meilleures espèces de pierres de taille, libages et moellons, se tirent des carrières d’Arcueil et de Mont-Rouge. — Il y a d’autres carrières, d’où l’on tire d’assez bonnes sortes de marchandise, vers le Marché-aux-Chevaux et à la vallée de Fecan. » (Édit. 1691, p. 38.) Le marché aux Chevaux étoit, où il se trouve encore, au faubourg Saint-Marceau, près du boulevard de l’Hôpital. Quant à la vallée de Fécamp, on appeloit ainsi une partie de la rue de Charenton à son extrémité, dans la campagne. Les carrières de Vaugirard commençoient presque dans Paris, derrière les Chartreux, voisins, comme on sait, du Luxembourg. Les meilleures même étoient dans cette partie. C’est avec le liais de la carrière des Chartreux et celui de Senlis que fut bâti le Louvre.

La meilleure pierre qui se tire encore auxdites Carrières du fauxbourg S. Jacques, d’Arcueil et Bagneux, est le Liais[2], dont il y en a de deux qualitez, sçavoir, Liais doux et Liais faraut[3], le Liais doux est de deux bancs différens dans la Carrière ; le premier est de bas appareil[4] qui vaut 20 à 25 sols le pied carré pris sur son lit, sans avoir égard à sa hauteur, qui n’est que de 7 à 8 pouces.

[2] « La pierre, dit Palissy (édit. Cap, p. 294), que les Parisiens appellent liais. » Buffon (Minéral., t. I, p. 341) en a, comme Félibien cité tout à l’heure, vanté l’excellence et notamment la dureté, « qui lui vient, dit-il, de ce qu’elle est surmontée de plusieurs bancs d’autres pierres, dont elle a reçu les sucs pétrifiants ».

[3] Les ouvriers prononçoient ainsi, mais le vrai mot est « liais-féraut ». Il résiste au feu, et c’est pour cela qu’on l’employoit, au dernier siècle, pour faire les jambages des cheminées.

[4] C’est-à-dire par petits fragments, sans épaisseur.

Et le haut appareil qui porte 12 à 13 pouces vaut 40 à 50 sols le pied carré, le tout rendu à l’atelier.

Cette Pierre coute 40 à 50 sols la toise pour la taille polie au grais, et celle d’Arcueil coute 28 à 30 sols la toise coulante.

Le Liais faraut ne coute que 20 sols le pied carré, mais on n’en employe que rarement, parce qu’il est difficile à travailler.

La Pierre du fauxbourg saint Marceau et Vaugirard coute 4 à 4 livres 10 sols la voye, et coute 18 à 20 sols la toise à tailler.

Le Moellon[5] que l’on tire dans lesdites Carrieres, coute, savoir, celuy du Fauxbourg saint Marceau, saint Jacques, Bagneux, Pacy et Vaugirard[6], 17 à 18 livres la toise selon l’éloignement ; celuy des Carrières d’Arcueil coute 18 à 20 livres.

[5] Blegny donne la véritable orthographe, que n’avoit pas adoptée Richelet, et dont on se départit au XVIIIe siècle pour la reprendre de nos jours. L’abbé Prévost la regrettoit : « On devroit, dit-il, écrire moellon, et non moîlon, puisqu’il vient de moelle. » (Manuel lexique, t. II, p. 97.)

[6] Celui d’Arcueil et celui de Saint-Maur, oubliés ici, passoient pour être les meilleurs, comme on l’a vu plus haut. Celui de Passy étoit le moins estimé.

On employe dans les batimens beaucoup de Pierre que l’on tire des Carrieres de saint Leu, de Serans près Chantilly ; elle n’est bonne qu’à 4 ou 5 pieds de terre : c’est pourquoy on employe la Pierre dure des Carrières précedentes au retz de chaussée et le saint Leu au dessus ; on la vend sur le port vers la porte de la Conférence[7] 4 livres 10 sols à 4 liv. 15 sols le tonneau, lequel contient 14 pieds cubes ; cette Pierre est fort tendre, facile à travailler, et devient dure en œuvre par une croute qui se forme dessus ; elle resiste à la gelée et à tous les autres mauvais temps, elle ne coute à tailler que 8 à 9 sols la toise courante, tous paremens veus sur un pied de haut.

[7] On sait qu’elle étoit située entre la Seine et l’extrémité orientale de la terrasse des Tuileries. Le port où se déchargeoient les pierres de Saint-Leu, comme le constate aussi La Tynna, étoit au bas. Il n’existe plus. Le port aux pierres est transféré de l’autre côté, un peu plus en amont, au-dessous du quai d’Orsay. Les pierres de Saint-Leu et de Senlis étoient à peu près les seules qu’on y débarquât. Les autres étoient apportées à pied d’œuvre des carrières mêmes qui avoisinoient Paris, « car, dit Félibien, p. 65, il semble que la nature même ait de tout temps voulu pourvoir aux besoins de cette grande ville, puisque toutes les choses nécessaires pour les édifices qu’on y fait se trouvent sur le lieu même. »

On scie les Pierres dures dont il est parlé ci-devant[8] afin de menager la pierre et même il est indispensable de le faire pour les apuis des croisées, seuils de portes, pavé de pierre, marelles[9], etc. On paye le sciage toisant un seul parement des deux qui viennent de chaque trait de scie à 4 sols, même 4 sols 6 deniers le pied carré.

[8] On les scioit comme le marbre dans les Pyrénées, d’après le procédé récemment inventé par Misson, avec des scies qui tournoient et scioient le marbre ou la pierre sur place. (Félibien, p. 736.)

[9] Lisez margelle.

Lors que les morceaux que l’on veut scier sont trop courts, on en joint plusieurs bout à bout de la longueur de la scie, ce qui est aussi tôt fait que si on scioit un seul petit morceau.

On scie aussi la Pierre de saint Leu, lorsque les morceaux sont d’une grandeur propre à en tirer deux pour mettre en œuvre, ce qui est d’un grand menage, parce qu’outre que cela epargne la pierre, on profite de deux paremens qui ne sont pourtant pas de conséquence comme à la Pierre d’Arcueil et de Liais, on donne du pied carré pour le Sciage à ne toiser qu’un des deux paremens 9 à 12 deniers.

On employe aussi de la pierre dure que l’on tire des Carrieres de S. Cloud[10], elle est fort blanche et bonne, on la scie comme les précédentes, elle coûte 14 à 15 sols le pied cube.

[10] Il en a déjà été parlé plus haut.

On tire desdites Carrières des pierres fort longues dont on fait des colonnes d’une seule pièce, et qui resistent au fardeau et à la gelée.

OUVRAGES ET FOURNITURES
DE CHARPENTE.

Les Charpentiers Entrepreneurs des batimens du Roy entreprennent aussi pour le public.

Entre les autres Maitres Charpentiers qui font des entreprises considérables, sont Mrs Petit père et fils[1] près la porte Montmartre, Guilbert[2] sur l’aile du Pont Marie[3], le Sage porte saint Antoine, Guesnier, rue   [4], etc.

[1] Antoine Petit et Gaspard Petit. Ils avoient encore, en 1702, leur chantier près la porte Montmartre.

[2] Lisez Gilbert.

[3] C’est l’espace, formant une espèce de port, qui est au bas du Pont-Marie, du côté du quai des Ormes. Gilbert n’y étoit plus en 1702. Il avoit transféré son chantier au faubourg Saint-Antoine, rue de Lappe.

[4] Blegny, qui ignore son adresse, ne savoit guère mieux son nom. Il s’appeloit Jean Guemier, et demeuroit au bout de la Villeneuve, près de la porte Saint-Denis.

Le bois de Charpente arrive pour la plus grand’part au Port au plâtre[5] et à l’Isle Louvier[6].

[5] A Bercy, près d’un cimetière de protestants. C’est aujourd’hui la rue des Charbonniers.

[6] Jusqu’à la fin du règne de Louis XIV, ce ne fut qu’un dépôt pour le foin, les fruits, les bois de menuiserie et de charpente. On n’en fit plus ensuite qu’un immense chantier de bois à brûler.

Mrs Lion et Patissier Marchands de bois Carré, rue des fossez S. Victor, ont beaucoup de bois de Charpente dans leurs Chantiers.

Le prix ordinaire du cent de Bois de Charpente[7] pour combles, planchers, cloisons, pands de bois, escalier, etc., mis en œuvre et toisé aux us et coutume de Paris, est de 330 jusqu’à 340 livres, si ce n’est lorsque le bois des planchers est apparent qu’il va jusqu’à 360 livres[8].

[7] « A Paris, le bois de charpente se vend au cent de pièces. La pièce doit avoir douze pieds de long et six pouces en quarré : de sorte qu’elle contient trente-six pouces sur douze pieds de long. » Félibien, p. 117.

[8] Ce prix, en 1734, c’est-à-dire quarante-trois ans après, avoit presque doublé : « Montant du cent de bois façonné… 612 livres. Prix de 1734. » (Journal du Citoyen, p. 385.)

Les Poutres et tirants au dessus de quatre toises de longueur, et les Solives au dessus de dix huit pieds de long, valent depuis 380 jusqu’à 400 livres le cent, et même depuis 410 jusqu’à 430 livres si les pièces sont apparentes.

On paye depuis 70 jusqu’à 75 livres pour le cent de vieux bois de chêne façonné et mis en œuvre.

Les Charpentiers tiennent compte du vieux Bois de chêne provenant des démolitions sur le pied de 200 livres le cent, celuy de Sapin sur le pied de 150 livres.

Nota, qu’avant la démolition on toise le vieux Bois, que l’on donne en compte aux Charpentiers, mais dans le toisé on ne comprend point le bois au dessous de trois pieds de longueur qui demeure au profit des bourgeois, et les Charpentiers en tiennent compte à 170 livres le cent.

Lorsque tous les ouvrages de Charpente sont de sujettion et d’assemblage, et qu’il n’y a aucuns planchers à faire, on les paye depuis 450 jusqu’à 500 livres le cent.

Le cent de Bois carré de saint Dizier[9] se vend sur les Ports du lieu 150 livres le cent, et il coute d’ailleurs 60 livres de voiture jusqu’à Paris.

[9] On y fait encore, par la Marne, un grand commerce de bois et planches de sapin.

La toise de Bois carré de 18, 20 à 21 pouces de grosseur vaut sur les Ports de Paris[10], 11 à 12 livres.

[10] C’est sur ces ports, dont nous avons parlé plus haut, que les experts-jurés devoient, même à l’exclusion des maîtres, visiter les bois à bâtir et non ouvrés.

Le Bois carré se vend dans les Chantiers de Paris depuis 250 jusqu’à 260 livres le cent, non compris le gros bois, si ce n’est de 15 à 18 pieds de long.

Le cent de Poteaux et Solives se vendent sur le Port environ 200 livres, et dans les Chantiers depuis 230 jusqu’à 240 livres.

Les pièces de Bois carré propre à faire des Poutres de 4 toises de long et de 18 à 20 pouces de grosseur valent environ 100 livres, celles de 4 à 5 toises depuis 45 jusqu’à 50 écus, et celles de 5 à 6 toises environ 200 livres.

OUVRAGES ET FOURNITURES
DE COUVREURS.

Les Entrepreneurs des Couvertures des Batimens du Roy dénommez en l’article fait exprès, entreprennent aussi pour le public.

Entre les autres Maitres Couvreurs de Paris qui font des entreprises considérables, sont Messieurs Rottier rue saint Joseph, Bourgoin rue Françoise près l’Hôtel de Bourgogne[1], etc.

[1] Il s’établit plus tard à l’apport-Paris. Ses noms étoient Pierre Bourgoing.

M. Bidot rue saint Martin au Colombier, tient magasin d’ardoises d’Anjou[2].

[2] On ne se servoit à Paris que de ces ardoises et de celles de Mézières, qui étoient moins estimées.

Il y a d’ailleurs des magasins d’Ardoises sur le quay de la Tournelle[3] et sur le quay neuf[4] où l’on vend encore Briques, Tuiles et Carreaux.

[3] Au port des Miramionnes. On y débarquoit aussi les tuiles et les briques, comme on verra un peu plus loin. Il en avoit pris le nom de « port aux tuiles et ardoises ».

[4] Le quai Le Pelletier, comme on l’a vu plus haut.

La Tuille commune se fabrique en divers endroits du fauxbourg saint Antoine.

Il y a au bas de Passy une Tuillerie où l’on fait une sorte de Thuille meilleure, et plus chère[5].

[5] Les tuileries avoient été nombreuses de ce côté, depuis Passy jusque bien au-delà d’Auteuil. Il en est parlé dans un titre de 1233, à propos d’un droit qu’y percevoient les génovéfains de Paris. Celle dont il est parlé ici fut une des dernières, du moins sous Passy.

La Thuille de Bourgogne se décharge sur le quay de la Tournelle, on tient que c’est la meilleure espèce de Tuilles.

Le bardeau de Douves de tonneau est façonné par les Menuisiers.

Pour ce qui est des Ouvrages de couvreurs, ils se payent ordinairement suivant le tarif qu’on va lire.

La Toise carrée de couverture d’Ardoyses avec lattes et contrelattes de chêne de trois pouces neuf lignes de pureau[6], se paye à neuf livres la toise carrée, ou seulement à vingt cinq sols pour façon en fournissant par l’entrepreneur les ardoises, clouds et lattes.

[6] « Le pureau d’une tuile, dit Félibien, est la partie qui est à découvert et qui n’est pas cachée par les autres. » Des principes de l’Architecture, 1676, in-4o, p. 711.

La Toise carrée de couverture d’Ardoises sortes de cartelettes[7] pour les dômes depuis deux jusqu’à trois pouces de pureau lattées comme aux precedentes à 16 livres.

[7] Ou petites cartelles, c’est-à-dire planchettes.

Le millier d’Ardoises communes vaut vingt huit livres, et le millier de fortes depuis 36 jusqu’à 40 livres.

Les couvertures de tuille neuve du grand moule de Passy ou du fauxbourg saint Germain[8], latées de quatre pouces de pureau ou échantillon, se payent à sept livres la toise carrée.

[8] Le faubourg Saint-Germain avoit eu ses tuileries, qui se rattachoient à celles du Petit-Vaugirard et de Vaugirard. Il en existe encore un souvenir dans le nom de la Cour des vieilles Tuileries, située à l’extrémité de la rue du Cherche-Midi, qui, elle-même, s’étoit longtemps appelée ainsi, depuis la rue du Regard, jusqu’à la rue du Petit-Vaugirard. En 1389, il est déjà parlé des « Tuileries près Saint-Germain des Prés ». Reg. crimin. du Châtelet, 1389-1392, t. I, p. 20.

Pour façon en tout fournissant quinze sols en batimens à lucarnes, et huit sols en simple grange.

Les couvertures de tuilles neuves du grand moule de Passy à claire voye, lattées comme dessus, se payent à quatre livres quinze sols la toise carrée.

La toise carrée de trente six pieds de superficie, se paye de quinze à vingt sols pour les recherches.

La couverture de tuille maniée à bout, latée de neuf, découverte et recouverte, se paye pour chaque toise de trente six pieds de superficie à 4 livres.

Les recherches[9] de couvertures d’Ardoises, et raccommodement des anciennes combles[10] dans les ouvrages neufs, à une livre cinq sols la toise carrée.

[9] « En termes de couvreurs et de paveurs, lisons-nous dans le Manuel lexique de l’abbé Prévost, t. II, p. 339, on appelle recherche de pavé, recherche de couverture, la réparation qui s’y fait lorsque l’on met de nouvelles ardoises ou de nouvelles pierres à la place de celles qui manquent. »

[10] Ce mot avoit été d’abord du féminin, mais l’usage auquel se conforma l’Académie lui avoit donné enfin le genre qu’il a gardé.

OUVRAGES ET BOIS
DE MENUISERIE.

Les Menuisiers Entrepreneurs des Batimens du Roy, cy devant designez, entreprennent aussi pour les particuliers les ouvrages considérables.

Entre les autres Maîtres Menuisiers qui font de pareilles entreprises, sont Messieurs de Sanceaux rue Royale quartier saint Roch, Girard et Senincourt à la Ville neuve, Marteau au coin de Rome[1], Saint Blimont devant saint Martin des Champs, du Coing rue Couture saint Gervais, etc.

[1] On disoit aussi cul-de-sac de Rome. C’étoit une impasse de la rue Frépillon, qui devoit son nom à l’enseigne du « puits de Rome », dont nous ignorons l’origine, et qui se voyoit encore il y a trente ans figuré en or sur plaque de marbre noir.

M. Paillard Menuisier de l’Opéra fort entendu dans les machines[2], demeure rue Fromenteau[3].

[2] Il existe aux Archives Nationales un manuscrit contenant un certain nombre de ces machines de l’Opéra au XVIIe siècle. Elles ont été reproduites en partie dans le Magasin pittoresque de 1867, p. 283, 331, 379.

[3] Ce sont les menuisiers, et non les charpentiers, qui étoient aussi chargés de fournir les estrades et les châssis à tentures pour les grandes cérémonies. Monteil possédoit un manuscrit des Menus plaisirs, année 1678, où on lisoit : « A Nicolas Hertier, menuisier du Roi, la somme de 940 livres pour les menuiseries qui étoient nécessaires à la cérémonie des cinq Te Deum chantés pour les victoires du Roi. »

Le plus grand’ aport du bois carré pour la Menuiserie, arrive à l’Isle Louvier[4].

[4] V. une des notes précédentes, p. [116].

Les planches chevrons et autres bois de batteaux se trouvent à la Grenouillière et sur le Port saint Paul.

Il y a des Chantiers de bois de Menuiserie dans presque tous les quartiers de Paris, où il est débité en détail aux Bourgeois et Menuisiers.

Le prix ordinaire des croisées à panneaux de verre avec chassis dormans et volets brisez aboument[5], de 4 pieds à 4 pieds et demi de large    le pied courant mesuré sur la hauteur seulement.

[5] Lisez « à bouvement ». C’étoit une certaine espèce d’assemblage, pour laquelle on employoit le bouvet, sorte de rabot.

Les Croisées sans volets pour les escaliers de pareilles largeurs et mesurez de même, le pied 30 à 35 sols.

Les Croisées à carreaux de verre, avec volets brisez aboument[6] et de pareille largeur, le petit bois orné d’un quart de rond et deux cartez à chacun, le pied de hauteur 3 l. 5 à 3 l. 10.

[6] Même note que la précédente.

Les Croisées aussi à carreaux de verre sans volets comme les precedens, le pied de hauteur 40 à 45 sols.

Les Chassis à carreaux de verre à coulisse[7] dont le petit bois de chêne semblable au precedent, sur 4 pieds de large, le pied de hauteur 36 à 38 sols.

[7] C’est ce qu’on appela depuis des croisées à guillotines. Le châssis à panneaux de verres étoit immobile et à demeure, tandis que le châssis à carreaux de verres et à coulisse se mouvoit de bas en haut, et vice versâ.

Les Chassis à papier[8] aussi de bois de chêne à coulisse de 4 pieds de large avec meneaux[9] arrondis comme les precedens 25 sols le pied de hauteur.

[8] Richelet, au mot « châssis », nous donne la définition de ce « châssis à papier » : « Clôture de bois qu’on rabotte, et qu’on fait par carreaux, sur laquelle on colle du papier qu’on huile, et qu’on met ensuite aux croisées des fenêtres devant les vitres, afin que la chambre soit plus chaude. »

[9] C’est ce que nous appelons « les montants ».

Le Parquet[10] de bois de chêne dont le basti[11] aura un pouce et demi d’épaisseur, les panneaux et frises un pouce, le tout en œuvre bien assemblé et posé sur lambourdes[12] de 3 à 4 pouces de grosseur la toise carrée 25 livres.

[10] « Le parquet, dit Félibien, p. 682, est un assemblage de pièces de bois qui font un compartiment en quarré, ou d’une autre manière, pour servir au lieu de pavé dans les chambres, sales et cabinets. » L’usage alors en étoit encore nouveau.

[11] « Le bâti », l’encadrement.

[12] Pièces de bois mises de distance en distance sur un plancher, pour servir d’appui au parquet.

Le Parquet de même bois de chêne dont les bastis de 2 pouces d’épaisseur, les panneaux et frises un pouce et demi, le tout en œuvre posé aussi sur même lambourdes, la toise carrée 30 à 36 livres.

Les Planchers d’ais de chêne d’un pouce d’épaisseur en œuvre assemblez à raineure et languette, mis en place sur lambourdes de 3 à 4 pouces de grosseur espacées de 12 à 15 pouces de milieu en milieu, la toise carrée 12 à 13 liv.

Les Planches d’ais[13] de chêne d’un pouce et demi d’épaisseur avec les conditions precedentes, la toise carrée 15 à 16 liv.

[13] « L’ais », comme on voit, n’étoit pas la planche, mais la feuille de bois dans laquelle on tailloit la planche.

Les Cloisons[14] d’ais de chêne de 15 lignes d’epaisseur en œuvre dressées et rabotées des deux cotez, assemblées à reineures et languettes[15] avec coulisses par bas, et par haut, et avec poteaux et linteaux de 3 à 4 pouces de grosseur au droit des portes qui seront compris dans le prix cy-après 15 livres la toise carrée.

[14] Les cloisons ne se faisoient pas encore avec des briques et du plâtre, mais seulement en bois ; aussi les appeloit-on, selon Félibien, p. 531, pans de bois ou colombages. Richelet les définit ainsi : « Séparation qu’on fait par le moyen de quelque charpenterie dans quelque chambre et autre lieu de la maison. »

[15] Par la languette, on assujettissoit « l’ais » dans la rainure.

Lesdites Cloisons rabotées d’un seul coté 14 liv. la toise carrée.

N’étant point rabotée 12 liv.

Les Cloisons d’ais de chêne d’un pouce et demi d’epaisseur avec les qualitez précedentes, la toise carrée 18 liv.

Rabotées d’un coté 16 liv.

Et non rabotées 15 liv.

Les Cloisons d’ais de sapin d’un pouce d’épaisseur, assemblées et rabotées des deux cotez comme cy dessus 8 livres 10 sols la toise carrée.

Rabotées d’un coté 8 liv.

Et non rabotées 7 liv.

Les Lambris à hauteur d’apuy de 3 pieds de haut ou environ de bois de chêne, dont les bastis de quinze lignes d’épaisseur et les cadres un pouce et demi, assemblez à reyneures et languette dans le basti, lesdits cadres remplis de panneaux d’un pouce et demi d’épaisseur, ornez d’astragales[16], plinthes[17], cymaises[18], et socles par bas assemblez dans les montans du bastis, et ornez de moulures, le tout en œuvre la toise courante 12 à 13 liv.

[16] « L’astragale » n’étoit qu’une sorte d’ornement fort simple en forme de « talon », comme l’indiquoit, au reste, son étymologie grecque. Il se plaçoit en bas ou en haut des colonnes, ou servoit à séparer le cordon de l’architrave.

[17] « La plinthe » est, comme on sait, la bande de bois qui règne au pied d’un lambris courant.

[18] « La cimaise » n’étoit alors qu’une moulure mise au sommet d’une corniche, aussi est-elle ici distinguée du socle que l’on confond aujourd’hui avec elle.

Lorsqu’ils excedent la hauteur d’apuy, depuis quatre pieds en sus ils se payent à la toise courante 24 à 25 liv.

Les Lambris à hauteur d’apuy comme les precedens, dont les paneaux sont de sapin, la toise courante 9 liv.

Lorsqu’ils excèdent la hauteur d’apuy[19] comme cy dessus la toise carrée 18 à 20 liv.

[19] C’est ce qu’ils étoient le plus ordinairement, les vrais lambris consistant, pour les appartements sans tapisseries, « en ouvrages de bois, écrit Félibien, p. 628, dont les chambres sont revestues tant par les costez que par le platfond ». V. au Cabinet des Estampes, Hd. 9, Nouveaux dessins de lambris, menuiseries, etc., par le sieur Cottard, architecte.

Les Lambris de bois de chêne à hauteur d’apuy assemblez aboument et ravalez[20] ou élégis[21], avec plinthe et cymaise, la toise courante 9 liv.

[20] Amincis, polis.

[21] « Elégir », dit l’abbé Prévost dans son Manuel-Lexique, « c’est pousser à la main un panneau ou une moulure dans une pièce de bois ».

Lorsqu’ils excedent la hauteur de quatre pieds, on les toise à la toise carrée 18 liv.

Les Lambris de bois de chêne dont les bastis d’un pouce et demi, les cadres de deux pouces, et les panneaux de quinze lignes, le tout en œuvre avec pilastres saillants et arriere corps ornez de moullures, la toise carrée à hauteur d’apuy 16 liv.

Lorsqu’ils excèdent 9 pieds de haut, 30 liv. la toise carrée.

Les Portes de bois de chêne d’un pouce d’épaisseur, colées et emboitées avec goujons, mises en œuvre 5 à 5 liv. 10 sols.

Les Portes de bois de chêne d’un pouce et demi d’épaisseur, collées et emboitées avec clefs[22] et languettes mises en œuvre, la pièce 7 liv.

[22] On appeloit ainsi une sorte de tenon d’assemblage.

Les Portes de bois de chêne comme ci dessus de quinze lignes d’épaisseur, carderonnées[23] et ajustées sur un chassis dormant aussi carderonnées et de trois à quatre pouces de large et d’un pouce et demi d’épaisseur mis en œuvre, la pièce 9 à 10 liv.

[23] Pour « cadronnées », encadrées, bordées. On disoit aussi : « assemblées à cadre ».

Les Portes ordinaires de chêne d’un pouce et demi d’épaisseur entrantes de toutes leurs épaisseurs dans un Chassis de deux pouces et de trois à quatre pouces de large mises en œuvre, la pièce 9 à 10 liv.

Les Portes de bois de chêne collées et emboitées de deux pouces d’épaisseur mises en œuvre 10 à 11 liv.

Les Portes à placard[24] à doubles paremens, dont l’assemblage d’un pouce et demi d’épaisseur, les cadres de deux pouces et les panneaux d’un pouce, le tout orné d’Architecture et mis en œuvre, 27 à 28 livres la toise carrée.

[24] On appeloit « porte à placard » la porte pleine et emboîtée du haut en bas, avec tous ses ornements. On la distinguoit de la porte brisée, ou à double manteau, qui s’ouvroit en deux.

Les Portes à placard dont les assemblages de deux pouces, les cadres de deux pouces et demi, et les panneaux de quinze lignes depuis sept pieds jusqu’à sept pieds et demi, la toise carrée 36 liv.

Depuis neuf jusqu’à dix pieds et demi 40 liv.

Les Portes du bas des escaliers ou perrons dont les batans de six pouces de large et trois pouces d’épaisseur ; les traverses et assemblages de trois pouces, les panneaux de deux pouces, le tout orné d’Architecture mise en œuvre, la toise carrée 40 liv.

Les Placards au dessus des portes et revetemens des mantaux de cheminées[25], dont les battis d’un pouce, les batans deux pouces, et les panneaux de neuf lignes mis en œuvre, la toise carrée sans compter les saillies des corniches 22 liv.

[25] En été, suivant la mode italienne, rappelée par Tallemant dans une de ses Historiettes, l’on fermoit alors les hautes cheminées avec des portes, comme « les revêtements » dont il est parlé ici. Dans quelques hôtels, tels que celui de Chaulne, on remplaçoit ces portes par des buissons de verdure et de fleurs. Boisrobert, Épistres… 1659, in-12, p. 23.

Les revetemens des embrazemens[26] de portes et croisées de bois de chêne, dont les bastis d’un pouce d’épaisseur assemblez aboument[27], et les panneaux de neuf lignes mis en œuvre, la toise carée 15 liv.

[26] Le vrai mot est « embrasure », que, du reste, on employoit déjà.

[27] V. une des notes précédentes.

Les Chambranles des portes[28] de six pouces de large sur trois pouces d’épaisseur, la toise courante depuis six jusqu’à neuf pieds de haut 50 sols.

[28] « C’est, dit Félibien, p. 517, l’ornement qui borde les trois costez des portes, des fenestres et des cheminées. » Le mot ne s’emploie plus guère que pour celles-ci.

S’ils n’ont que deux pouces d’épaisseur, la toise carrée quarante cinq sols.

Depuis neuf jusqu’à douze pieds de haut, de six pouces de large et trois pouces d’épaisseur, la toise carrée 3 liv.

Les Chambranles de huit pouces de large sur quatre pouces d’épaisseur, depuis neuf jusqu’à douze pieds, la toise carrée 5 liv. 10 sols.

Les Tringles de bois de chêne pour attacher les tapisseries[29], de trois pouces de large et un pouce et demi d’épaisseur, la toise carrée 10 sols.

[29] On voit par là comment s’attachoient les tapisseries des chambres, non pas clouées aux murs mêmes, mais tendues sur des tringles assez épaisses, pour que, n’étant pas ainsi en contact avec la muraille, elles se trouvassent à l’abri de l’humidité.

Les Tringles de deux pouces et demi sur un pouce d’épaisseur 6 à 8 sols.

Les Armoires pour les gardes meubles dont les montans et traverses de six pouces de large sur un pouce et demi à deux pouces d’épaisseur, les panneaux d’un pouce à un pouce et demi garnis de leurs fonds et cotez et de Tabletes d’un pied et demi à deux pieds de profondeur, la toise carrée de paremens, du devant et des cotez 25 liv.

Les fonds, le derrière, le dessus et les tablettes, à raison de 12 livres la toise carrée.

Les Armoires ordinaires dont l’assemblage d’un pouce et demi, et les panneaux de neuf lignes, le tout de bois de chêne en œuvre, la toise carrée du devant et des cotez 15 liv.

Le derrière, le fond, le dessus et les tablettes d’un pouce d’épaisseur, la toise carrée 10 à 11 liv.

Les Chambranles d’Alcoves et de cheminées depuis huit pouces jusque à un pied de large sur trois à quatre pouces d’epaisseur, la toise courante mise en œuvre depuis quatre jusqu’à dix pieds, 7 livres.

Depuis dix pieds jusqu’à quinze pieds 8 liv.

Les Chambranles de neuf pouces de largeur sur trois pouces d’épaisseur 5 liv.

Les Chambranles de cinq à six pouces de large, même epaisseur 3 liv.

OUVRAGES ET MARCHANDISES
DE FER[1].

[1] On a plusieurs livres d’art très curieux sur la serrurerie au XVIIe siècle : d’abord La fidelle ouverture de l’art de serrurerie, etc., par Mathurin Jousse, La Flèche, 1627, in-fol. ; puis les Diverses pièces de serrurerie inventées par Hugues Brisville, maître serrurier à Paris, 1663, in-fol., consistant en 16 pièces, dont une est le portrait de Brisville gravé par Ladame, et dont toutes les autres, sauf trois, sont dues à J. Berain ; enfin le Livre de serrurerie nouvellement inventé par Robert Davesne, Me serrurier à Paris, et se vendant chez l’auteur rue neuve Montmartre près Saint-Joseph, 1676, in-fol. Le portrait de l’auteur est en tête, avant la dédicace à l’architecte Bruant.

Les Serruriers qui entreprennent les fournitures pour les batimens du Roy, font de pareilles entreprises pour le public.

Entre les autres Serruriers qui font de grandes fournitures pour les édifices considérables, sont Mrs de la Motte rue saint Honoré,    rue des Tournelles, Corneille fauxbourg saint Antoine, etc.

Le Sieur Dunemare près le Jardin medécinal de Pincourt, fauxbourg saint Antoine, a un particulier talent pour la fabrique des Tenailles et Marteaux de Carossiers[2].

[2] Ce « sieur Dunemare » est bien probablement un des premiers gros « feronniers » qui se soient établis dans le quartier Popincourt, où ils se sont depuis, ainsi que les fondeurs, multipliés en si grand nombre.

Le gros Fer que l’on employe ordinairement dans les batimens consiste en chaines, encres, clavettes, tirants, fantons de fer plat et fendu[3], barres de tremies[4], manteaux de cheminées, barres de seuils de portes, barres de linteaux pour les portes et croisées, corbeaux, grilles à mi-mur et en saillie garnies de barreaux et traverses, barres de contrecœur[5] et de potagers, tout lequel fer sert dans la construction de la Maçonnerie ; et à l’égard du gros Fer pour la Charpenterie, il consiste en arpons[6], boulons, étriers, chevilles et chevillettes que l’on paye à la pièce à raison de leur longueur, comme il sera expliqué ci-après ; le surplus de tout ledit Fer est compté pour gros Fer dont le prix est de dix à dix livres 10 sols le cent mis en œuvre.

[3] Le « fenton », et non fanton, est une sorte de crampon aplati qui sert dans les tuyaux et les souches de cheminée.

[4] « Bandes ou barres de tremie ; ce sont des barres de fer qui servent aux cheminées à porter l’âtre entre la muraille et le chevestre, pièce de bois qui termine la largeur des tuyaux. » Félibien, p. 487, 525.

[5] On appeloit « contre-cœur » la partie de la cheminée où l’on mettoit la plaque, entre les deux jambages en largeur, et l’âtre et le tuyau en hauteur.

[6] Lisez : harpons.

Le cent pesant de Fer coute en barre chez les Marchands 6 livres 10 sols, on donne 105 livres pour cent.

Le Fer doux est plus cher[7], il coûte jusqu’à 10 livres le cent.

[7] Dans un édit de février 1626, le « fer doux », qui ne casse pas facilement, est déjà distingué du « fer aigre », très-facile à casser au contraire.

Le Fer de carillon[8] coûte 7 livres 10 sols à 8 livres le cent.

[8] Fer en ferraille, qui carillonne pour peu qu’on le remue.

Les barres de gros Fer servant de pilliers aux boutiques[9] coutent 4 à 5 sols la livre chez le Marchand, et on paye ensuite la façon à l’ouvrier à raison de 3 à 3 liv. 10 sols le cent pesant.

[9] L’usage de suppléer, pour avoir plus de place, aux supports en maçonnerie par des piliers de fer ou de fonte, n’est pas nouveau, comme on voit. C’est Louis toutefois qui, au siècle suivant, substitua tout à fait les charpentes de fer à celles de bois. Il put ainsi, par un véritable tour de force, établir le péristyle des Variétés Amusantes — à présent le Théâtre François — au-dessous même du parterre.

Les dents de loup pour la charpente, 5 sols la douzaine[10].

[10] Les « dents de loup » étoient une sorte de gros clous dont on se servoit pour attacher les fortes pièces de bois.

Les Chevilles et les Chevillettes trois deniers le pouce de longueur.

Les Crochets à enfaister le plomb des combles, et les Crochets à bavette[11], deux sols pièce.

[11] On leur donnoit ce nom parce qu’ils servoient à fixer sur le bord des chéneaux « la bavette », sorte de bande de plomb.

Les Serruriers de distinction, sont :

Messieurs

Roger à l’Hôtel Royal des Invalides.

Boutet près le vieux Louvre rue Fromenteau.

La Motthe rue saint Honoré.

Corneille fauxbourg saint Antoine.

Lucas pour les balanciers et coins de la monnoye, demeure près les Galeries du Louvre, Hasté place de Cambray, Fordetin à la Monnoye, etc.

Legers ouvrages de Serrurerie achetez chez le Marchand.

Les Verrouils à ressort de trois pieds de long 1 liv. 10.

Ceux de deux pouces et demi 1 liv. 5 s.

Les Verrouils à ressort coudez 1 liv. 5 s.

Un Verrouil à ressort de trois pieds et demi avec sa serrure ovale à panache garnie de toutes ses pièces 5 liv. 10 s.

Un petit Verrouil à ressort pour armoires 3 s.

Les Verrouils à ressort garnis de serrure comme ci devant étamez[12] et de quatre pieds de long 6 liv.

[12] On étamoit à la poêle, comme on le verra plus loin, verrous, serrures, targettes, etc., pour empêcher la rouille, et pour leur donner une apparence argentée. On les étamoit aussi à la feuille.

Les Serrures d’armoires polies, la pièce 2 liv.

Les Serrures communes de portes cochères 12 liv. 0.

Les Serrures de portes cochères à deux pesles[13] et deux clefs polies et bien travaillées 20 liv. 0.

[13] Pesle ou pêle est l’ancienne forme du mot pêne, dont le radical latin pessulus étoit ainsi mieux indiqué. Elle étoit encore en usage et même préférablement à l’autre, qui prévaut aujourd’hui : « On dit pène ou pêle, dit Richelet, mais le plus usité de ces deux mots est pêle. »

Les Serrures ovales de fleaux[14] à deux pesles et deux clefs 6 liv. 0.

[14] Sortes de serrures en usage pour les anciennes portes cochères, dont elles fermoient les deux battants à l’intérieur à l’aide d’une forte barre transversale ou fléau.

Les Serrures polies garnies de tout 5 liv. 0.

Les Serrures communes[15] garnies de tout 4 liv. 0.

[15] Ces serrures de pacotille ne se faisoient pas à Paris, mais à Eu et dans les environs. Elles y étoient fabriquées par les gens du pays, serruriers l’hiver, agriculteurs l’été. La Picardie n’a pas d’ailleurs perdu cette industrie ; on l’y trouve encore florissante dans les mêmes parages, entre la Somme et la Bresle.

Les Fortes Serrures de dix pouces 4 liv. 10 s.

Les Serrures plus communes 2 liv. 10 s.

Les Serrures d’armoires communes 1 liv.

Les Clous à vis 2 s.

Les Grands Clous à vis de porte cochère 4 s.

Une clef pour une serrure commune 15 s.

Une clef pour une porte cochère 1 liv. 10 s.

Les Pattes à lambris, 45 sols le cent.

Les Pattes en plâtre de huit à dix pouces, le cent 7 liv. 10 s.

Les Pattes coudées de Sujettion de 8 pouces de long, le cent 8 liv. 10.

Les Fiches de six pouces 7 sols la pièce.

Les Fiches de guichet de porte cochère 3 liv. la pièce.

Les Fiches à vaze de dix pouces, la pièce 17 s.

Les Fiches de même de quatre pouces 4 s.

Les Fiches à double nœud de cinq pouces 8 s.

Les pareilles Fiches de trois pouces 2 s.

Les Fiches à gond à vase de huit pouces 13 s.

Les petites Fiches à vase de six à sept pouces 7 s. 6 d.

Les Fiches de trois pouces, le cent 10 liv.

Les Fiches de deux pouces et demi, le cent 6 liv.

Les grosses Fiches à chapelet, la pièce 8 liv.

Les Fiches à vase de quinze pouces de haut 1 liv. 15 s.

Les Fiches à double nœud à vase de neuf à dix pouces 1 liv. 10 s.

Un Loquet de porte étamé 1 liv. 5 s.

Un Mantonet étamé 3 s.

Les Locquereaux avec leurs mantonets[16] 15 s.

[16] Lisez : loqueteaux. — Ce sont les petits loquets à ressort, qui, mis en mouvement par une corde et en s’agençant dans le mantonnet, servent à assujettir le haut d’un volet pour le fermer.

Un Bouton à rozette poli 10 s.

Les Couplets à cinq trous[17] 5 s.

[17] Sorte de pentures à deux pièces, avec rivures et charnières, dont on se servoit pour les portes et les fenêtres.

Les Couplets à trois trous 3 s.

Les Pomelles à queüe d’ironde[18] d’un pied 1 liv. 0.

[18] On écrit plutôt « paumelle » et « queue d’aronde ». La paumelle est, comme on sait, une sorte de penture qui tourne sur un gond, à laquelle on donnoit, lorsqu’elle étoit à queue d’aronde, la forme triangulaire d’une queue d’hirondelle.

Les grandes Pomelles avec les gonds 2 l. 10 s.

Les Pivots, bourdonniers et crapaudines[19], fiches à gond, à repos, et equairres pour les portes cochères, la livre 3 s. 6 d.

[19] Le bourdonnier est la penture à gond renversé, et la crapaudine, au contraire, le fer creusé qui reçoit le gond.

Une barre de porte, un moraillon et la serrure 1 l. 10 s.

Les Clous de six pouces faits exprès, la pièce 2 s.

Les Tourniquets longs étamez, la pièce 2 s.

Les Boulons de six pouces avec leurs clavettes 2 s.

Les Poulies de fer 8 s.

Les Targettes, et Locquereaux polis, la pièce 10 s.

Les Targettes étamées communes 3 s.

Les Targettes ovales garnies de crampons 10 s.

Les Targettes à panaches polies avec leurs crampons 1 l. 0.

Les Targettes à panaches et fleurs de lis étamées à la poele, la pièce 5 livres.

Les Targettes et crampons étamez et communs, valent ensemble pris chez le Marchand comme dit est, le cent 14 l.

Les Crampons de targettes, le cent 50 s.

Les Equaires étamées pour portes cochères avec fleurs de lis[20] aux deux bouts, la pièce 3 liv.

[20] On en mettoit alors partout. Félibien, p. 208, nous parle de clous avec « teste en façon de fleur de lys ».

Les Roulettes 15 s.

Les Clous pour attacher ladite serrurie, la livre 6 s.

La serrure d’une porte à placards garnie de deux fiches à gonds de neuf à dix pouces de haut, deux targettes à panaches[21], deux crampons, une serrure, une gâche, un bouton, une rosette et une entrée, le tout de fer poli, treize livres dix sols.

[21] Félibien, pl. XXXIV, donne la figure d’une de ces targettes.

La serrure d’une porte cochère à l’ordinaire de quatre grosses fiches à gonds, une grosse serrure, deux grosses targettes à crampons, deux fiches pour le guichet[22] de quatorze pouces de haut, une boucle, un fleau[23], et à vingt-cinq livres.

[22] C’est la petite porte pratiquée dans la grande et qui peut s’ouvrir quand celle-ci reste fermée.

[23] V. une des notes précédentes, p. [133], que cette explication de Richelet, au mot fléaux, peut compléter : « barres de fer qui tournent sur un boulon et qui servent à fermer les grandes portes. »

La serrure d’une porte d’un pouce, deux fiches à gonds, deux targettes, deux crampons, une serrure à tour et demi avec sa gâche et son entrée, un bouton et une rosette, le tout étamé, à six livres quinze sols.

La serrure d’une porte de quinze lignes garnie comme la précedente, à cinq livres cinq sols.

Les Fiches pour les croisées, à trois sols pièce.

Les targettes fortes étamées à la poëlle et mises en place, cinq sols pièce.

Les targettes communes en ovale, étamées à la feuille et mises en place à trois sols.

Les serrures des portes de caves avec deux fiches à gonds et une forte serrure, à quatre livres dix sols.

Les serrures des portes d’aizances à trois livres cinq sols.

Les pattes en plâtre et en bois[24] depuis six jusqu’à huit pouces de long, à deux sols pièce ; et celles depuis quatre jusqu’à six pouces à un sol pièce.

[24] C’est-à-dire qui se scellent dans le plâtre ou se clouent dans le bois.

Le cloud de toutes grandeurs à cinq sols la livre.

Le cloud à latte, à quatorze sols le millier.

La broquette[25], à sept sols la livre.

[25] On disoit aussi « clous à broquette », comme nous le voyons dans cet amusant passage d’une lettre écrite d’Uzès, le 11 novembre 1661, par Racine à La Fontaine : « Ayant besoin, dit-il, de petits clous à broquette pour ajuster ma chambre, j’envoyai le valet de mon oncle en ville et lui dis de m’acheter deux ou trois cents de broquettes ; il m’apporta incontinent trois bottes d’allumettes. » Pour comprendre la confusion, il faut savoir que le mot qui signifie allumettes dans le patois d’Uzès se rapproche beaucoup de celui de broquettes.

La toise simple de ferrure façonnée suivant le plus ou le moins d’ornemens, à trente, trente cinq, quarante, soixante et soixante dix livres le cent pesant, même jusqu’à cent cinquante livres pour les plus enrichies.

Les contrecœurs[26] de fonte pour les cheminées se payent à un sol la livre.

[26] V., sur ce mot, une des notes précédentes.

Les panneaux de fil de leton se payent à huit sols le pied carré, et ceux de fer[27] à six sols et même à cinq et à quatre pour le grand treiliage.

[27] Ces « treillis de laiton ou de fil de fer », comme on les appeloit aussi, servoient pour les armoires, et surtout pour les bibliothèques. Ils se faisoient chez les épingliers.