SCENE III.
POLIDARQUE, HONORIUS, PHILOXENE, ARISTANDRE, SOSIMENE, & suitte.
POLIDARQUE.
Deux Rivaux, mais Subjets du plus juste des Rois,
Ouy vous voyez Seigneur, vous voyez, grand Monarque,
Philoxene à vos pieds, avecque Polidarque,
Tous deux plains de respect, tous deux victorieux,
Mais tous deux aujourd'huy l'un de l'autre envieux,
Nostre rang est égal, nos charges sont pareilles,
Et mes exploits, Seigneur, égalent ses merveilles:
Car si pour cet Estat il a bien combatu,
J'ay pour vous l'agrandir signalé ma vertu,
D'une pareille ardeur nous avons fait la guerre,
Son bras est une foudre, & le mien un tonnerre:
Un semblable succez a suivy nos combats,
Alaric est vaincu, Stilicon est à bas,
Et nous avons tous deux en cette concurrence,
Et les mesmes desirs, & la mesme esperance.
Tous deux sommes amis, & tous les deux Amans
Tous deux ont mesme coeur & mesmes sentimens,
Et tous deux, grand Monarque, attendent d'Olympie,
Et de vostre faveur, ou la mort, ou la vie.
HONORIUS.
Ce que vous demandez n'est plus en mon pouvoir.