A quoi obligent les presentes Constitutions.
Chapitre XX.
Quoique pour la gloire de Dieu, & de sa très-sainte Mere, nous devions très-volontiers employer nos forces, pour observer très-diligemment tout ce qui est prescrit dans ces presentes Constitutions; nous déclarons cependant pour les consciences craintives, que notre intention n'est point de vouloir obliger aucune à l'observance de quelque chose que ce soit contenuë dans ces Constitutions sous obligation de peché, non pas même véniel; mais seulement sous la peine des coulpes, telles que nous l'avons déclaré ci-dessus aux Chapitres précédens, excepté pourtant les choses qui de leur nature sont pechés à ceux qui les commettent, comme de mentir, d'être impatiente, & autres choses semblables. Excepté aussi si quelqu'une transgressoit lesd. Constitutions, par mépris, pour n'y vouloir pas obéïr, à l'exception encore des vœux & des promesses susdites.
Ces Constitutions seront lûës au Réfectoire au moins trois fois l'année, afin que toutes les puissent aprendre & observer.
La profession se fera sans aucune pompe, & avec les paroles suivantes.
Au nom de Notre-Seigneur Jesus-Christ. Ainsi soit-il.
Je Sœur telle N. fille de tels N. faits profession, & promets à Dieu Tout-Puissant & à la glorieuse Vierge Marie annoncée, sous la protection de laquelle je me suis mise, à notre bien-heureux Pere St Augustin, & à tous les Saints, à vous Monseigneur l'Illustrissime & Reverendissime Archevêque de N. & à vous ma Reverende Mere Prieure de ce Monastére de l'Annonciade, qui tenés la place de Dieu, & à vos légitimes successeurs, perpétuelle pauvreté, chasteté & obéissance, selon la forme de vivre contenuë dans nos Constitutions; je prie l'infinie bonté de Dieu par les entrailles de sa divine miséricorde, & par le sang précieux de Notre-Seigneur Jesus-Christ, par les mérites & intercessions de sa très-sainte Mere, ma Maîtresse & ma Protectrice, de notre Pere St Augustin, & de toute la Cour Céleste, qu'il lui plaise d'accepter cet holocauste en odeur de suavité; & comme par sa pieté, il m'a excitée à le lui offrir, ainsi il daigne me donner abondamment la grace pour l'accomplir, vivant conformément à ma profession. Ainsi soit-il. En tel jour, en tel mois & année.
FIN.
Datum Romæ apud sanctam Mariam majorem sub annulo Piscatoris die 6. Augusti 1613. Pontificatus nostri anno nono.
S. Cobeliutius.