Du soin de soi-même pour le regard de l'ame.
Chapitre I.
La Mere Prieure considerera souvent les paroles que notre Pere St Augustin dit dans sa Régle, sçavoir. Qu'elle ne s'estime pas heureuse pour avoir la liberté de commander aux autres, mais parce que par là elle a occasion de les servir en charité.
Qu'elle soit préferée aux Sœurs devant les hommes; mais devant Dieu qu'elle se regarde comme devant être dessous les pieds de toutes, & qu'elle se montre à toutes aussi un exemple de vertus.
Et plus elle paroît dans un lieu éminent, plus elle est en grand danger, comme devant rendre compte à Dieu pour toutes les Sœurs.
Elle ajoûtera à ces considerations, que comme elle a été élûë à cet Office pour faire avancer les Sœurs dans la perfection, & pour leur faire observer les Régles de leur Institut, elle doit faire son possible pur les inviter à cette perfection, plus par les exemples que par les paroles; observant parfaitement les Régles communes, & donnant exemple à toutes des vertus qu'elle désire en elles, agissant en toutes occasions avec charité & douceur. Et comme elle se doit apliquer au gouvernement avec une grande vigilance, ainsi il convient qu'elle s'adonne encore avec un plus grand soin à l'étude de l'Oraison, par laquelle elle doit soutenir le Monastére.