Régles de la Maîtresse du travail.
Chapitre XXXI.
1. La Maîtresse du travail doit être fort zelée pour assister les pauvres Eglises, se representant que Notre-Seigneur y habite dans une grande pauvreté, comme autrefois dans l'étable où il naquit, ayant besoin de couvertures & de quelques petits drapeaux, qu'il la prie elle & ses compagnes de lui vouloir fournir avec le travail des mains que lui-même leur a donné, & qu'elles considerent la singuliere faveur qu'il leur fait, de vouloir que par leur moyen sa divine Majesté soit couverte, laquelle couvre le Ciel d'étoiles, la terre de tant de belles & diverses fleurs, & tous les Anges & les Saints de gloire.
Et par consequent elle aura un soin singulier de tout ce qui est necessaire pour travailler aux Corporaux, & aux Purificatoires destinés pour les Eglises jusques à ce qu'ils soient entierement achevés pour les donner à Monseigneur l'Illustrissime Archevêque, faisant en sorte qu'il y ait toujours du lin pour filer, & lorsque toutes ne le pourront pas faire pour être occupées à quelqu'autre travail de la maison, qu'il y en ait au moins toujours quelques-unes, & le plus qu'il sera possible (conformément au Jugement de la Mere Prieure) qui soient occupées à cet Office.
2. Elle aura encore soin des ouvrages que l'on fera pour l'usage de notre Eglise, prenant garde que l'on n'excede en rien ce qui est prescrit à cet égard dans nos Constitutions, estimant qu'il est de la plus grande gloire de Dieu d'observer la modestie propre à notre Institut, en vûë d'honorer la pauvreté que Notre-Seigneur Jesus-Christ, notre Epoux, embrassa en toutes choses, & pour mortifier notre inclination qui nous porte toujours aux choses hautes & les plus honorables aux yeux du monde, quoique quelque fois elle soit couverte du prétexte de la plus grande gloire de Dieu.
3. Les ouvrages qui seront faits pour l'usage de la maison seront à ses soins, & elle donnera avis du necessaire prévenant les tems, afin que rien ne vienne jamais à manquer, conferant de tout avec la Mere; elle aura encore soin de rapiecer les vêtemens, tant ceux d'esté, que ceux d'hyver, ôtant ceux qui seroient trop vieux, & en faisant de neufs quand il sera besoin; ne donnant pourtant rien de neuf sans l'ordre de la Mere Prieure.
4. Et s'il arrive que la pauvreté contraigne à travailler pour les personnes de dehors, elle recevra elle-même les ouvrages, les rendra, & en recevra le prix en argent, marquant le tout ainsi qu'il convient sur un livre fait exprès à cet effet, & remettra l'argent à la Procureuse, comme les Constitutions ordonnent.