VI
M. de Guermanton parut, en arrivant à son château, plus sombre que de coutume. Sa femme lui demanda avec anxiété des nouvelles de ses enfants, dont l'un, Georges, était en pension à Arcueil et l'autre, Berthe, au Sacré-Cœur. Il lui répondit qu'ils allaient à merveille.
Jeanne insista pour savoir s'il avait fait quelque mauvaise rencontre à Paris. Jacques lui répondit qu'il en avait fait au contraire une excellente, que depuis trop d'années il avait laissé son bien patrimonial de Rouchamp en souffrance, que le hasard lui avait fait rencontrer à Paris un ancien ami malheureux et qu'il l'expédiait en Morvan pour remettre ses terres en valeur.
—C'est un agronome? demanda Jeanne avec sa précision habituelle.
—Non... répondit Jacques, c'est... c'est un employé d'assurances sur la vie!
—Oh! mais, dit la dame, c'est vraiment par trop extraordinaire! Quel rapport y a-t-il entre cet emploi et la culture des betteraves?
—Un immense! C'est qu'il est malheureux à Paris et que, par comparaison avec le Luxembourg, qu'il voit de ses fenêtres, il trouvera les murs de Rouchamp, où il sera heureux, beaucoup plus gais... et il s'y attachera et surveillera plus attentivement les cultivateurs... Comme il est intelligent, il ne sera pas long à se mettre au courant...
—Ce qu'il y a de certain, dit Jeanne, c'est que je n'irai pas souvent lui rendre visite!
Son mari eut sur les lèvres le mot:
—Heureusement!
Il avait sur le cœur la ressemblance de Marguerite et de Pauline et, bien loin d'en parler, il craignait d'y penser lui-même.
Mais la cause de l'aversion de Jeanne pour le Morvan tenait à une autre cause.
Un malheureux accident avait plongé dix ans auparavant sa famille dans le deuil.
Son unique frère s'était tué avec son fusil, en sautant une haie, dans la propriété de Rouchamp.
Cependant, l'événement récent qui l'avait mis en présence de celle qu'au fond de son cœur il tenait bien réellement pour l'ancienne institutrice de ses enfants, lui donna la curiosité de savoir ce que pensait exactement sa femme au sujet de Pauline.
Il amena adroitement un jour la conversation sur le compte de la défunte baronne et il put se convaincre que Jeanne se consolait de la mort de Mlle Marzet par cette réflexion simple, et topique, que cette jolie personne était trop extraordinaire, et que son suicide avait dû être simplement l'explosion d'une maladie mentale qu'elle couvait depuis le temps où elle avait habité la patrie des thugs, des mancenilliers et des serpents.
Jacques se sentit complètement rassuré. Il était impossible qu'un soupçon pût jamais germer dans l'esprit de la châtelaine à l'égard de la compagne de Raymond.
Toutefois, en femme pratique qu'elle était, Mme de Guermanton chercha à deviner le caractère de Darcy, par une lecture attentive des lettres datées du Morvan, car elle ne pouvait admettre qu'il suffit d'avoir été employé d'assurances pour être bon administrateur.
Elle y remarqua une extrême conscience dans la direction des travaux, la recherche des économies, l'application des méthodes nouvelles. Elle y vit, de plus, que l'intendant avait été homme de lettres et, chose dont Jacques avait oublié de lui parler, qu'il était époux et qu'il allait être père. Elle lui pardonna la Compagnie d'assurances, la littérature et le reste, en pensant qu'il allait augmenter les revenus. L'époque des moissons, que Raymond y fût pour quelque chose ou qu'il n'y fût pour rien, amena des résultats magnifiques. En outre, les châtelains de Guermanton reçurent avis que Mme Darcy venait de mettre au monde un superbe garçon auquel on avait donné les prénoms de Jacques-Maurice.
Jacques montra de ces nouvelles une vive satisfaction et, vers la moitié des vacances, à peine avait-il passé un mois avec ses enfants qu'il annonça tout à coup l'intention d'aller ouvrir la chasse à Rouchamp et de s'entendre avec Darcy pour les coupes de bois projetées.
Mme de Guermanton, qui n'avait nulle envie de suivre son mari, chercha en vain à le détourner de ce dessein. Il partit et elle fut quelque temps sans recevoir de lui aucune nouvelle.
Jacques, de son côté, n'avait pas annoncé à Raymond sa visite, de telle sorte qu'il tomba comme une bombe au milieu d'un ménage qui, au lieu de profiter des facilités grandes d'un château vide pour s'étendre, s'était restreint à un ancien pavillon de garde et avait suspendu aux solives du plafond, au-dessus du piano même de Marguerite, des épis de maïs et des fusils de chasse.
Quand M. de Guermanton découvrit l'heureuse maisonnette, la première chose qui frappa sa vue fut un spectacle charmant.
Contre l'ordinaire de ce temps, où l'on voit des villageoises transformées en dames et se plaisant à échanger le fichu rouge, la croix d'or et le bonnet rond contre des parures citadines, Marguerite, belle comme une oréade des métamorphoses d'Ovide, était assise sur le seuil de sa demeure dans un négligé champêtre.
Une paix profonde régnait dans sa physionomie et elle regarda un moment le voyageur sans le voir, mais lui l'avait reconnue.
Sur une chaise de paille, un peu renversée, Marguerite allaitait son enfant. L'un de ses genoux, se croisant sur l'autre, avait fait tomber, du pied suspendu, le petit sabot d'érable à talon qui lui servait de pantoufle et sa chemise de fine toile pour toute robe trahissait des épaules et un sein dignes des pinceaux du Corrège. Ses cheveux noirs étaient négligemment tordus et relevés au sommet de sa tête. Marguerite avait survécu à Pauline, mais à la façon dont l'été survit au printemps.
De même que, dans les rêves de la nuit, une personne en devient une autre sans changer de nom, ou bien change de nom sans changer de figure; de même, dans son rêve tout éveillé, peu s'en fallût que Jacques, à l'aspect de Marguerite, ne l'appelât encore Pauline.
Tout à coup, Marguerite aperçut l'étranger... Elle se leva précipitamment et s'enfuit dans la maison, en rougissant de la simplicité de son costume.
A peine avait-elle disparu que Raymond s'avança, tenant à la main un rabot, qu'il laissa tomber en venant au-devant de Jacques.
—A quoi pensais-tu? demanda M. de Guermanton.
—A toi! répondit Darcy.
Ce simple mot fut dit avec une telle ferveur de reconnaissance et de tendresse que le gentilhomme n'osa plus suivre du regard l'image voluptueuse qui venait de disparaître. Car l'amitié venait de se dresser de toute sa hauteur sur le seuil de l'amour...
Cependant, la situation réciproque allait devenir intenable; Jacques, à n'en plus douter, se trouvait en face de Pauline Marzet.
Darcy ignorait-il les origines extraordinaires de son propre ménage?
Savait-il qu'entre deux unions contractées dans le même pays par une même femme, il y avait un décès imaginaire?
Ce genre de bigamie, qui a des exemples connus dans les Causes célèbres, était-il accepté par Darcy aux risques et périls qui pouvaient en résulter, si Pottemain rencontrait jamais celle qui avait été la baronne?
Il n'y avait qu'une question, résolue affirmativement et de franc cœur par Jacques de Guermanton: Pauline avait bien fait de se soustraire aux persécutions infernales résultant de ce mariage que M. de Guermanton lui-même lui avait fait imprudemment contracter.
D'ailleurs Pauline vivait, c'était assez!
La revoir vivante, après l'avoir pleurée morte, c'était une telle joie pour l'ami de Pauline qu'il ne regardait guère au delà, quoiqu'il fût toujours décidé à lui cacher le degré de sa tendresse, et, par une conséquence naturelle, il ne songea plus qu'à la conduite prudente à tenir vis-à-vis de ce ménage singulier.
Il se dit qu'il devait feindre en face de Darcy et accepter Pauline pour Marguerite.
Mais, pour dissiper le malaise que la jeune femme ne manquerait pas d'éprouver, il se décida à rechercher un entretien avec elle, en vue de la mettre à l'aise, ou du moins de la rassurer.
Aussi, dès qu'il eut échangé avec Darcy les premiers mots indispensables et complimenté son régisseur de l'ordre admirable qui semblait régner dans la propriété, il l'éloigna de la maison sous un prétexte plausible et fit demander à Mme Darcy la faveur de se présenter à elle.
Marguerite s'excusa d'abord sur l'état de sa toilette, mais Jacques insista de telle façon et si gracieusement qu'il fut impossible à Mme Darcy de refuser.
Elle se présenta à M. de Guermanton, son fils Maurice dans les bras, comme pour demander grâce au nom de l'enfant et s'en servir comme d'un bouclier mystique.
Jacques la considérait attentivement avec un rayon de bon vouloir et de consolation dans les yeux et sur les lèvres.
—Pauline, lui dit-il avec une infinie douceur, ne craignez rien de moi! Si votre nom est un mystère, même sous ce toit, vous serez éternellement pour moi Marguerite!
—O mon ami... mon second père! murmura la jeune femme, qui sentait ses genoux plier sous elle.
Jacques comprit la défaillance de son interlocutrice. Il avança rapidement un fauteuil et fit asseoir Pauline, dont l'affaissement, sous le coup d'une émotion si longtemps contenue, était passagèrement complet.
—Je vous ai menti, quand j'étais à Paris, lui dit-elle dès qu'elle put parler; ici, je ne vous attendais pas encore, mais j'avais prévu que ce serait bientôt... et alors j'ai tremblé... Mais je me fiais au souvenir de votre affection... Je suis bien coupable, mais j'étais si malheureuse aussi!... Raymond a tout remplacé et il aurait tout pardonné, s'il savait tout!... Mais je ne lui ai dit que ce qu'il importait à son honneur et à sa tranquillité de savoir... Pour lui, je n'ai jamais été châtelaine de Bois-Peillot et je ne suis jamais morte!... Mais il sait, depuis notre arrivée ici, que je suis une esclave fugitive que le maître ne doit jamais revoir... Une femme mariée en rupture de ban... Raymond ne m'a pas repoussée... Quelque chose me disait que vous, l'auteur involontaire de tous mes maux, vous ne me repousseriez pas non plus... Si jeune et si ignorante de la vie... mariée à un assassin!...
En prononçant ces mots d'une voix entrecoupée, Pauline fondit en larmes. Entendant pleurer sa mère, le petit enfant se mit aussi à pleurer. Alors elle le pressa contre sa poitrine en le berçant avec tendresse.
Le fils de Raymond se tut et s'assoupit, et Pauline, en le contemplant, essuya ses pleurs.
—Comme je l'aime! murmura-t-elle de cette voix profonde que les mères ont toutes en parlant de leur enfant.
—Ainsi, dit Jacques en s'arrêtant à sa contemplation, Darcy ne connait point la baronne Pottemain?
—Pas encore! mais je ferai tout ce que vous ordonnerez! J'avais compté sur vous pour m'éclairer, pour me guider dans ma voie... Avais-je eu raison?
Pour toute réponse, M. de Guermanton prit la main que Marguerite Darcy avait libre et la porta à ses lèvres.
—Je sais, ajouta-t-elle, qu'au point de vue des lois ma situation est très grave et celle de mon enfant peut-être plus encore que la mienne... mais quel intérêt le baron, à qui j'ai laissé ma fortune par le fait de mon décès, aurait-il à persécuter une femme dont il n'a rien obtenu, ni bonheur... car enfin, je l'ai rendu malheureux... ni avantages sociaux, puisque j'étais sans famille, sans naissance...
—Il est vrai, dit Guermanton, mais la haine a sa logique et la vengeance est le plaisir des méchants!...
Au bout de quelques jours d'habitation sous le toit de Marguerite, M. de Guermanton reçut une lettre de sa femme.
Elle lui annonçait que, les vacances des enfants prenant fin, elle allait les reconduire à Paris. Ensuite de là, et puisque l'absence de son mari paraissait devoir se prolonger indéfiniment, elle se proposait de le rejoindre à Rouchamp.
L'inconvénient d'un voyage de Jeanne en Morvan apparut de prime-abord à Jacques.
Confident de l'extraordinaire aventure qui avait fait revivre en Marguerite Darcy la jeune institutrice, il sentit parfaitement l'explosion de jalousie à laquelle un pareil rapprochement donnerait lieu de la part de Mme de Guermanton et il résolut, pour la prévenir, de partir plus tôt qu'il n'en avait le projet.
Dans cette pensée, il répondit à Jeanne qu'il aurait le plaisir de la revoir chez elle à la fin de la même semaine, et, par manière de causerie, il lui demanda si elle avait quelque nouvelle de leurs voisins de campagne, du curé et notamment du baron Pottemain.
La réponse de Jeanne ne se fit pas attendre, mais elle était datée de Paris. Elle donnait des nouvelles du curé de Besson, disait que du baron elle n'avait plus ouï parler depuis le décès ou la disparition de sa femme et elle ajoutait:
«Dès mon arrivée dans la capitale, j'ai rencontré M. de Charaintru, toujours empressé et toujours bavard, racontant partout des histoires conformes à sa fameuse devise: les pieds dans le plat!
«Il affirme avoir rencontré à Paris notre ancienne institutrice Pauline Marzet.
«J'ajoute aussi peu de créance à l'aventure qu'à la plupart des potins du personnage, mais il est fort remarquable que cette confidence à vous faite, paraît-il, par Charaintru lui-même, mon cher Jacques n'ait trouvé nulle place dans aucune de vos causeries avec moi—d'autant plus que les circonstances qui accompagnaient cette soi-disant rencontre étaient au moins bizarres...»
M. de Guermanton maudit une fois de plus l'inopportune indiscrétion du gommeux. Toutefois il montra, sans retard, la lettre qu'il venait de recevoir à Marguerite, qui pleura d'attendrissement en reconnaissant l'écriture de celle qui avait été son amie et son hôtesse et qui versa quelques larmes plus amères, en constatant la froideur glaciale de ces mots: «notre ancienne institutrice...»
Cette communication, faite à Pauline en l'absence de Raymond, ramena fatalement la conversation entre elle et M. de Guermanton sur le pénible et scabreux sujet qu'ils évitaient en présence de Darcy.
Pauline tenait à marquer tout le regret qu'elle éprouvait à cette heure d'avoir souffert l'annexion à Bois-Peillot d'un lot considérable, par suite de la donation que Jacques lui en avait faite à elle, pour la marier, et désormais en pure perte. Aussi lui dit-elle:
—Si jamais nous devenons riches, Raymond et moi, je vous rendrai la valeur de cette parcelle de terre... J'y tiens!
—Votre mari m'a déjà fait cette restitution sans le savoir, en doublant la valeur de la propriété que je lui ai confiée, dit Jacques avec une délicatesse égale à celle de Mme Darcy. Parlons d'autre chose. N'avez-vous pas laissé derrière vous, à Bois-Peillot, en dehors de fâcheux souvenirs, aucune trace que votre intérêt actuel vous commande d'effacer?
—Pardon, mon ami, dit Pauline. Il y en a une qui me trouble excessivement et que j'avais omise d'abord dans les incroyables épreuves que j'ai dû traverser. Un franciscain, qui a reçu ma confession quand j'étais à Bois-Peillot, a été chargé par moi de certains papiers qu'il devait remettre au Procureur de la république sur un avis de moi, ou au bout d'une année expirée... dans le cas où il apprendrait ma mort... Je m'attendais alors à être assassinée... Ces papiers contenaient la preuve des crimes qui ont supprimé l'infortuné Pastouret, ancien intendant du baron, comme la première châtelaine de Bois-Peillot, et qui pouvaient amener ma suppression dans des conditions analogues, si ma vie était jamais devenue un obstacle sérieux pour le baron!... Mais, voulant me réserver de surseoir à l'exécution de cette cruelle justice, et ne m'étant décidée même à la suspendre sur la tête de l'assassin que pour prévenir de nouveaux crimes, il était convenu que sur un simple avis de moi, parvenu dans le courant de l'année, ces dénonciations seraient livrées aux flammes... Or, le terme fatal est dépassé... Depuis quelque temps je ne vis plus... Je ne passe plus un jour sans parcourir dans les feuilles la rubrique: Tribunaux, m'attendant toujours avec terreur à y lire l'arrestation de M. Pottemain, sous la prévention des crimes que j'ai énoncés!... Pour le monde, aujourd'hui, je suis morte... Il m'est donc difficile de communiquer avec le franciscain sous mon nom actuel, et je me souviens exactement des dernières paroles que nous échangeâmes:
—Si, d'ici à un an, à partir de ce jour, vous n'aviez reçu de moi nul avis dans aucun sens, faites parvenir ce pli au Procureur... Aujourd'hui, je ne veux plus savoir si le baron mérite ou non le sort que je lui avais préparé, car moi-même je suis coupable d'une faute, d'un crime peut-être!... A qui pardonne, Dieu a promis le pardon! Ainsi donc, le devoir qui s'impose à moi est de mettre à néant mes dénonciations, laissant Dieu faire désormais justice lui-même, et je ne sais quel moyen choisir pour arriver à cette fin nécessaire... J'ai donc recours, dans cette perplexité... à vos bons conseils...
—Je comprends vos scrupules, répliqua M. de Guermanton, et je les approuve. Je veux tout faire pour les lever... Il y a d'ailleurs là une question de sécurité pour vous-même... Oui, Pauline, il faut, comme vous le dites, arracher le papier fatal des mains de ce capucin... J'irai, je lui parlerai et muni d'un mot de vous, j'arrangerai tout... Comptez sur moi! Il est clair qu'entre mon départ qui aura lieu après-demain et l'heure où nous sommes, rien ne sera survenu du côté de Bois-Peillot, après une année entière de silence et d'oubli.
—C'est bien ce qui m'effraie, dit Pauline, en frissonnant. Il y a maintenant un an que je m'évadais de Bois-Peillot! Le malheur marche si vite! Et puis, vous le dirai-je, je suis, depuis quelque temps, en proie à de sinistres pressentiments... J'ai des cauchemars... Cette nuit encore, je voyais le baron courir à toute bride et fondre sur cette paisible retraite, pour piétiner, sous le sabot de son cheval, le berceau de mon pauvre enfant!
—Les femmes ont des nerfs, dit Jacques en souriant. Elles construisent souvent des drames sur une impression fugitive. Gardez-vous de vous livrer à ces sinistres rêveries! Je suis là, Pauline, et je n'ai que faire de vous dire que l'ancien capitaine retrouverait son épée, un pistolet, un couteau, s'il s'agissait de vous défendre!
—Je n'en ai jamais douté, mon ami! Par malheur, bientôt, je vous appellerais en vain, puisque vous retournez à Guermanton.
—De grâce, bannissez ces folles terreurs! Votre petit nourrisson a besoin de votre lait. Ne le tarissez pas par des appréhensions que rien n'autorise...
—Le malheur marche vite! répéta Marguerite Darcy, en s'abîmant dans une rêverie douloureuse.
Mais l'arrivée du père de son cher enfant lui fit chasser le nuage appesanti sur son beau front.
Une boucle rebelle voltigea sur ses yeux et cacha une larme suspendue à ses cils et Darcy ne put apercevoir, sur les deux visages de ses deux amis, que deux bons sourires!