I.—LES SILHOUETTES
La mer est tachée de barres grises, le vent morne
et funèbre chante faux, et pareil à une feuille flétrie,
le reflet de la lune est chassé à travers la baie
orageuse.
Dessiné par un contour net sur le sable pâle, gît le
noir bateau. Un mousse, dans sa joie insouciante,
grimpe à bord. On voit le rire sur sa face et la blancheur
de sa main.
Et là-haut s'entend le cri des courlis, là où par
la prairie enténébrée des hauteurs, passent les
jeunes moissonneurs aux cous hâlés, silhouettes
qui se dessinent sur le ciel.